Roelens Nathalie ; Vercruysse Thomas ; Claessen Je
KIME
29,00 €
Epuisé
EAN :9782841747368
Cet ouvrage auquel ont contribué des chercheurs en littérature, histoire de l'art, cinéma et urbanisme, interroge les rapports entre la ville et ses représentations, jauge la légitimité de la géocritique et d'autres disciplines récentes qui ont fleuri sur les mutations urbanistiques, mesure l'impact de la fiction sur les politiques d'aménagement. Les villes ont toujours été déformées ou requalifiées par le langage, jusqu'à se demander si l'on peut encore les exempter des textualités dont elles s'assortissent. Ces verbalisations sont à la fois une tare car un écran à une appréhension plus phénoménologique du vécu citadin et des modes d'habiter, et une richesse, car la fiction et les pratiques artistiques peuvent avoir une fonction prescriptive sur les acteurs professionnels et réhabiliter des pratiques cheminatoires lentes et désintéressées (flânerie, balade et poésie urbaine). Dans la longue histoire qui a vu la ville s'étendre du tracé de la charrue au village-global, c'est le vivre-ensemble et l'"urbanité " menacés par l'entropie contemporaine qui retient l'attention des contributeurs. Qu'elle soit lue, écrite ou pratiquée, la ville résistera semble-t-il toujours à ses appropriations théoriques ou empiriques comme une citadelle imprenable, enveloppée d'une aura imaginaire.
Nombre de pages
348
Date de parution
13/01/2016
Poids
440g
Largeur
145mm
Plus d'informations
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EAN
9782841747368
Titre
Lire, écrire, pratiquer la ville
Auteur
Roelens Nathalie ; Vercruysse Thomas ; Claessen Je
Editeur
KIME
Largeur
145
Poids
440
Date de parution
20160113
Nombre de pages
348,00 €
Disponibilité
Epuisé
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A une époque où l'industrie du tourisme est plus que florissante, l'auteur a jugé opportun de se pencher sur les origines du voyage en Europe, sur le Grand Tour comme sa matrice pédagogique et culturelle (de Montaigne à Gracq en passant par de Brosses, Sade, de Staël, Stendhal, Lamartine, Gautier, Larbaud, Proust et d'autres), et notamment sur l'Italie comme étape obligée, à la fois familière par son patrimoine et insolite par ses us et coutumes. Le voyage à l'étranger suscite chez le sujet itinérant la mise à l'épreuve de ses préjugés sédentaires, un ébranlement identitaire, voire un "devenir-autre", tandis que le tourisme (anglais au départ) cherche, malgré sa soif d'exotisme, à satisfaire un horizon d'attente rassurant. Et si le tourisme se nourrit de textualités en amont, tel le Baedeker, le voyage a pour vocation de produire un document en aval, le "récit de voyage" proprement dit. Les acquis de la géocritique ont été mobilisés pour étayer les analyses mais cette nouvelle discipline, qui tente de localiser les espaces auxquels réfèrent les textes, se voit cependant révoquée dès que l'imaginaire des lieux entre en jeu, toujours plus fertile que le "réalème". Se dégage en outre une équation entre voyager et lire, affectés tous deux par une même déprise : le voyageur/lecteur doit être "assez fou pour entreprendre un voyage en lointain pays" et larguer ses amarres. L'ouvrage pose en fin de parcours la question du dépaysement à l'heure actuelle. La découverte de l'ailleurs et de l'altérité est-elle menacée par l'ubiquité virtuelle et les flux globalisants ? Certaines pratiques inspirées par une épistémologie ambulante et nomade allant à l'encontre de la frénésie urbaine - la flânerie, la balade ou la marche - visent à réhabiliter l'égarement comme jouissance et instrument de connaissance. De sorte que l'auteur gage qu'il y aura toujours des recoins propices au dépaysement.
Il y a exactement deux siècles, en 1821, Charles Nodier inventait l'appellation "genre frénétique" pour désigner la face sombre du romantisme, sa part d'horreur et d'excès, et il fustigeait l'immoralité du genre tout en reconnaissant les séductions sulfureuses que celui-ci exerce sur le lecteur. Alors que la critique du XXe siècle, des surréalistes à Annie Le Brun et Jean-Luc Steinmetz, a retourné la condamnation moralisatrice du XIXe siècle en faisant l'éloge de la portée subversive de ces oeuvres qui structurent leurs intrigues autour du conflit entre le bien et le mal, il est temps d'adopter une approche dépassionnée des morales du romantisme noir. Si les oeuvres noires, comme on le leur a parfois reproché, se caractérisent par leur manichéisme, celui-ci peut prendre des formes variées. Les romans valorisant la vertu et l'innocence de l'héroïne s'opposent ainsi aux récits sadiens faisant goûter au lecteur les délices vertigineuses de la cruauté. Dès l'époque romantique se multiplient les oeuvres ambivalentes, qui, infusant l'ironie dans le modèle du roman noir, rendent plus incertaine la frontière entre bien et mal. Quelles sont les valeurs défendues dans ces fictions ? Les variations morales dessinent-elles une évolution historique ? Sont-elles corrélées à des tendances esthétiques particulières ? Les études réunies ici proposent quelques réponses à ces questions, à travers l'analyse de l'axiologie du romantisme noir de Ducray-Duminil à Gaston Leroux, en passant par Nodier, George Sand, Balzac ou Pétrus Borel.
Comment des écrivains qui n'ont pas vécu la Shoah racontent-ils cet événement ? En France, cette question s'est posée de manière polémique à la parution des Bienveillantes de Jonathan Littell (2006) et de Jan Karski de Yannick Haenel (2009). Cet essai est consacré à l'ensemble de la littérature écrite en français par la génération des petits-enfants, soit par vingt-deux auteurs, qu'il s'agisse de descendants de victimes de la Shoah ou d'auteurs qui se sentent héritiers de cette mémoire. L'analyse de ces oeuvres permet de se pencher sur des questions très actuelles, comme la délicate appropriation d'un héritage, les supposés dangers de la fiction, ou encore l'utopie qui consiste à croire que l'on peut se faire témoin du témoin ou réparer le passé.
Si la plus importante figure philosophique du vingtième siècle était une femme, ce serait Simone Weil (1909-1943), comme on commence à le discerner aujourd'hui. En parcourant les lieux par où elle est passée, ce livre tente de reconstituer le chemin intellectuel et spirituel de Simone Weil. A chaque lieu, qui constitue un moment mental, est attaché un questionnement majeur de son oeuvre, si bien qu'à la fin la pensée de la philosophe apparaît dans sa globalité : c'est d'abord une philosophie de l'esprit où le miracle de la pensée tient dans le mystère des inspirations qui nous traversent. Mais Simone Weil ne peut suivre le fil de ses pensées que si elle se confronte à l'actualité de son époque, de 1929 à 1943, et qu'à travers les milieux sociaux très différents où elle sème le trouble (du syndicalisme à la France libre de Londres, en passant par le monde des usines, la guerre d'Espagne, l'exode de Juifs français) et les rencontres qu'elle fait. C'est une pensée à la fois très intérieure (mystique même) et complètement ouverte aux problèmes économiques, sociaux et politiques d'une tranche d'Histoire que ces pages essaient de reconstruire à partir de la géographie concrète que sa vie dessine. Cependant, l'ouvrage refuse d'enfermer Simone Weil en son temps et prend le risque d'actualiser sa pensée en interrogeant ce que sont devenus les campagnes, les villes et les pays qu'elle a traversés, jusqu'à faire un état des lieux de la France d'aujourd'hui. Une lecture des lieux à partir de sa pensée ; une lecture de sa pensée à travers les lieux.