Cette étude systématique veut restituer dans le foisonnement des écrits de Walter Benjamin la logique interne des formes, des thèmes et des conceptions qui se chevauchent et se succèdent, évaluer, à travers les prémisses, les impasses et les changements d'orientation, la contribution de Benjamin aux disciplines qu'il a affrontées : philosophie du langage, esthétique, pensée de l'histoire. Partisan au départ d'une esthétique du sublime inspirée notamment par Hölderlin, Benjamin change deux fois d'orientation : à partir de Sens unique (1928), il se tourne vers les avant-gardes et tente de mettre son écriture au service de la politique, au point de sacrifier l'art dans son essai sur la reproductibilité technique ; puis, avec le Narrateur (1936) et dans ses écrits sur Baudelaire, il cherche au contraire, dans son évaluation du prix de la modernité, à restaurer l'autonomie esthétique. Sans doute ces changements de direction contribuent-ils à rendre inachevable le grand projet des Passages parisiens. Mais ils conduisent pour finir aux Thèses sur l'histoire et à leur volonté de rétablir des significations oubliées ou occultées, des voix étouffées sans lesquelles il ne saura y avoir d'humanité réconciliée. Alors se révèle le caractère éthique et politique de la critique d'art, qui prétend repérer dans les oeuvres les signes historiques d'un salut possible.
Nombre de pages
360
Date de parution
25/09/1992
Poids
438g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070727773
Titre
Désenchantement de l'art
Auteur
Rochlitz Rainer
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
438
Date de parution
19920925
Nombre de pages
360,00 €
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Résumé : Excès d'honneur, excès d'indignité. L'art contemporain, dans sa réception par la critique comme par le public, est décidément voué à ces deux écueils. La critique a renoncé à toute évaluation, le public à toute compréhension, l'esthétique à toute légitimation. Assurément, arguant de l'introduction d'un urinoir dans un musée par Duchamp, les artistes prétendent décider seuls de ce qui est ouvre d'art, grâce à la subversion de tous les critères établis du jugement esthétique. Cette subversion fait désormais l'objet d'une subvention attentionnée par les musées d'Etat et les galeries, soucieux de prouver leur libéralisme à une critique aveuglément acquise le plus souvent. Ce jeu ambigu, fait de complicités et d'antagonismes, artistes et institutions s'y livrent depuis les années soixante. Plus que jamais, pourtant, bien que l'alliance de la subversion et de la subvention vise à le mettre hors jeu, le jugement esthétique demeure nécessaire. Objet industriel détourné ou dupliqué, intervention militante, proclamation politique, une ouvre n'est d'art que si la qualité artistique qu'elle ambitionne peut être justifiée et partagée. Il est donc urgent, aujourd'hui, tout autant de prendre les ambitions des artistes en considération que d'élaborer à nouveaux frais une argumentation esthétique attentive à la logique interne de l'ouvre contemporaine, à la fois profane et distincte du principe de plaisir, exigeante sans prétendre à la vérité absolue, libre d'obligations sociales mais susceptible d'être l'enjeu de critiques rigoureuses.
La déroute des théories dogmatiques de l'art dictant une hiérarchie a priori des appréciations est avérée : elle laisse le champ libre à une esthétique ouverte à toutes les époques et à tous les monde de l'art - traditionnel, moderne ou contemporain, art d'élite ou art de masse. Or, arguant de la relativité des goûts et des plaisirs, une esthétique libérale entend prendre simplement acte du différend des jugements, tous par nature individuels et subjectifs. Rarement pourtant, s'est fait à ce point sentir le besoin de juger, de critiquer, de sélectionner.Comment y répondre, dès lors que l'esthétique, distincte de la critique engagée dans l'interprétation et l'évaluation d'oeuvres particulières, n'est plus en mesure de proposer un jugement d'autorité ?. L'esthétique est nécessaire à l'intelligence de nos divergences, elle aide à fonder notre compréhension et nos jugements, elle saisit la logique de la critique que nous pratiquons tous de façon plus ou moins experte. Loin de se résigner aux descriptions empiriques et aux classifications, elle peut reconstruire la rationalité des argumentations et la nature performative des relations de sollicitation, de compréhension et d'évaluation que les individus engagent avec les oeuvres d'art.
Résumé : La philosophie doit désormais partager ses prérogatives avec les compétences des historiens et des sociologues, des politistes et des psychologues, des linguistes et des anthropologues. Que lui reste-t-il en propre, et qu'apporte-t-elle aux recherches spécialisées dans ces différents domaines ? L'?uvre de Jürgen Habermas donne à cette question une multiplicité de réponses tout en contribuant elle-même avec technicité à plusieurs de ces disciplines. Elle propose une réflexion sur la façon dont les solutions rationnelles et les idées nouvelles naissent de discussions sans entraves. Dans son ?uvre la plus récente, Habermas, en débat critique avec Rawls et Dworkin notamment, propose une théorie de la démocratie, régime fondé sur le droit moderne allié au principe de discussion. Pour les démocraties contemporaines, en Europe notamment, il fait apparaître la formation d'une identité post-nationale. Venant d'horizons divers, les contributions à ce recueil, à commencer par celle d'Habermas lui-même, reflètent le va-et-vient entre une autoréflexion de la raison philosophique, en débat avec quelques-uns des principaux penseurs contemporains, et sa double projection, théorique et pratique, dans l'espace public politique.
Je crois que certains êtres ne nous quittent pas, même quand ils meurent. Ils disparaissent, or ils sont là. Ils n'existent plus, or ils rôdent, parlant à travers nous, riant, rêvant nos rêves. De même, quand on pense les avoir oubliés, certains lieux ne nous quittent pas. Ils nous habitent, nous hantent, au point que je ne suis pas loin de croire que ce sont eux qui écrivent nos vies. La Haute-Folie est un de ces lieux. Toute notre histoire tient dans son nom". Haute-Folie raconte la vie de Josef, un homme dont la famille a été frappée, alors qu'il venait de naître, par une série de drames qui ne lui ont jamais été rapportés. Peut-on être en paix en ignorant tout de sa lignée ? Où chercher la sagesse quand un feu intérieur nous dévore ? Qu'est-ce que la folie, sinon le pays des souffrances qui n'ont nulle part où aller ? Servi par un style fulgurant, ce roman cruel et lumineux explore la marginalité et les malédictions qui touchent ceux dont l'histoire est ensevelie sous le silence.