Subversion et subvention. Art contemporain et argument esthétique
Rochlitz Rainer
GALLIMARD
15,50 €
Epuisé
EAN :9782070737918
Excès d'honneur, excès d'indignité. L'art contemporain, dans sa réception par la critique comme par le public, est décidément voué à ces deux écueils. La critique a renoncé à toute évaluation, le public à toute compréhension, l'esthétique à toute légitimation. Assurément, arguant de l'introduction d'un urinoir dans un musée par Duchamp, les artistes prétendent décider seuls de ce qui est ouvre d'art, grâce à la subversion de tous les critères établis du jugement esthétique. Cette subversion fait désormais l'objet d'une subvention attentionnée par les musées d'Etat et les galeries, soucieux de prouver leur libéralisme à une critique aveuglément acquise le plus souvent. Ce jeu ambigu, fait de complicités et d'antagonismes, artistes et institutions s'y livrent depuis les années soixante. Plus que jamais, pourtant, bien que l'alliance de la subversion et de la subvention vise à le mettre hors jeu, le jugement esthétique demeure nécessaire. Objet industriel détourné ou dupliqué, intervention militante, proclamation politique, une ouvre n'est d'art que si la qualité artistique qu'elle ambitionne peut être justifiée et partagée. Il est donc urgent, aujourd'hui, tout autant de prendre les ambitions des artistes en considération que d'élaborer à nouveaux frais une argumentation esthétique attentive à la logique interne de l'ouvre contemporaine, à la fois profane et distincte du principe de plaisir, exigeante sans prétendre à la vérité absolue, libre d'obligations sociales mais susceptible d'être l'enjeu de critiques rigoureuses.
Nombre de pages
240
Date de parution
13/04/1994
Poids
280g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070737918
Titre
Subversion et subvention. Art contemporain et argument esthétique
Auteur
Rochlitz Rainer
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
280
Date de parution
19940413
Nombre de pages
240,00 €
Disponibilité
Epuisé
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La philosophie doit désormais partager ses prérogatives avec les compétences des historiens et des sociologues, des politistes et des psychologues, des linguistes et des anthropologues. Que lui reste-t-il en propre, et qu'apporte-t-elle aux recherches spécialisées dans ces différents domaines ? L'?uvre de Jürgen Habermas donne à cette question une multiplicité de réponses tout en contribuant elle-même avec technicité à plusieurs de ces disciplines. Elle propose une réflexion sur la façon dont les solutions rationnelles et les idées nouvelles naissent de discussions sans entraves. Dans son ?uvre la plus récente, Habermas, en débat critique avec Rawls et Dworkin notamment, propose une théorie de la démocratie, régime fondé sur le droit moderne allié au principe de discussion. Pour les démocraties contemporaines, en Europe notamment, il fait apparaître la formation d'une identité post-nationale. Venant d'horizons divers, les contributions à ce recueil, à commencer par celle d'Habermas lui-même, reflètent le va-et-vient entre une autoréflexion de la raison philosophique, en débat avec quelques-uns des principaux penseurs contemporains, et sa double projection, théorique et pratique, dans l'espace public politique.
Cette étude systématique veut restituer dans le foisonnement des écrits de Walter Benjamin la logique interne des formes, des thèmes et des conceptions qui se chevauchent et se succèdent, évaluer, à travers les prémisses, les impasses et les changements d'orientation, la contribution de Benjamin aux disciplines qu'il a affrontées : philosophie du langage, esthétique, pensée de l'histoire. Partisan au départ d'une esthétique du sublime inspirée notamment par Hölderlin, Benjamin change deux fois d'orientation : à partir de Sens unique (1928), il se tourne vers les avant-gardes et tente de mettre son écriture au service de la politique, au point de sacrifier l'art dans son essai sur la reproductibilité technique ; puis, avec le Narrateur (1936) et dans ses écrits sur Baudelaire, il cherche au contraire, dans son évaluation du prix de la modernité, à restaurer l'autonomie esthétique. Sans doute ces changements de direction contribuent-ils à rendre inachevable le grand projet des Passages parisiens. Mais ils conduisent pour finir aux Thèses sur l'histoire et à leur volonté de rétablir des significations oubliées ou occultées, des voix étouffées sans lesquelles il ne saura y avoir d'humanité réconciliée. Alors se révèle le caractère éthique et politique de la critique d'art, qui prétend repérer dans les oeuvres les signes historiques d'un salut possible.
La déroute des théories dogmatiques de l'art dictant une hiérarchie a priori des appréciations est avérée : elle laisse le champ libre à une esthétique ouverte à toutes les époques et à tous les monde de l'art - traditionnel, moderne ou contemporain, art d'élite ou art de masse. Or, arguant de la relativité des goûts et des plaisirs, une esthétique libérale entend prendre simplement acte du différend des jugements, tous par nature individuels et subjectifs. Rarement pourtant, s'est fait à ce point sentir le besoin de juger, de critiquer, de sélectionner.Comment y répondre, dès lors que l'esthétique, distincte de la critique engagée dans l'interprétation et l'évaluation d'oeuvres particulières, n'est plus en mesure de proposer un jugement d'autorité ?. L'esthétique est nécessaire à l'intelligence de nos divergences, elle aide à fonder notre compréhension et nos jugements, elle saisit la logique de la critique que nous pratiquons tous de façon plus ou moins experte. Loin de se résigner aux descriptions empiriques et aux classifications, elle peut reconstruire la rationalité des argumentations et la nature performative des relations de sollicitation, de compréhension et d'évaluation que les individus engagent avec les oeuvres d'art.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.