Le voyage en son miroir. Essai sur quelques tentatives de réinvention du voyage au 20ème siècle
Ridon Jean-Xavier
KIME
20,30 €
Epuisé
EAN :9782841742905
Le Voyage en son miroir analyse comment certains récits de voyage ont permis de remettre en question des réalités coloniales liées aux anciens empires occidentaux. Ainsi les auteurs étudiés proposent-ils différentes formes de voyage qui, tout au long du XXe siècle, ont préparé l'émergence de ce que l'on appelle aujourd'hui un discours postcolonial. Isabelle Eberhardt, Victor Segalen, Antonin Artaud, François Maspéro, Jean Baudrillard et Édouard Glissant constitueront les différentes étapes de ce parcours. Au-delà de la réalité de leurs déplacements géographiques, ces voyages nous introduisent à un espace d'incertitudes. Par là, ils offrent un outil critique qui permet d'interroger différentes constructions identitaires et idéologiques, ainsi que les mécanismes que ces auteurs utilisent afin de créer et d'imposer certaines vérités. La personne du voyageur s'en trouve fragilisée : toujours en mouvement elle apparaît comme un ensemble de stratégies discursives jamais totalement achevées et dans lesquelles elle se perd parfois. Ainsi le voyage devient-il le reflet d'une écriture consciente d'elle-même. Regard de l'écriture qui investit ses propres territoires inconnus, qui fait face à ses propres limitations. Le voyage en son miroir s'intéresse donc au principe différentiel contenu dans chacun de ces récits de voyage, c'est-à-dire aux perspectives critiques qu'ils offrent sur le voyage, le voyageur et ses discours.
Nombre de pages
175
Date de parution
08/11/2002
Poids
236g
Largeur
145mm
Plus d'informations
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EAN
9782841742905
Titre
Le voyage en son miroir. Essai sur quelques tentatives de réinvention du voyage au 20ème siècle
Auteur
Ridon Jean-Xavier
Editeur
KIME
Largeur
145
Poids
236
Date de parution
20021108
Nombre de pages
175,00 €
Disponibilité
Epuisé
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L'étrangement du voyageur analyse des textes et des films qui tentent de remettre en question le discours traditionnel du voyageur occidental. Si le voyageur reste ici le maître de la représentation de l'autre, il n'est pas totalement l'architecte de son étrangeté. Dès lors, l'étrangement représente le lieu de ce glissement possible où le voyageur perd le pouvoir de dire l'autre et où émerge la possibilité qu'il soit lui-même représenté par l'autre. L'étrangement ne désigne pas tant le fait que le voyageur apparaît déjà comme étranger à ceux qu'il visite que la manière dont cette étrangeté est amenée à changer de nature. C'est donc le mouvement d'une forme d'étrangeté à une autre qui constitue l'essentiel de cette analyse. L'étrangement se définit ainsi dans les fissures d'un système culturel et social dominant, dans les lieux où les voyageurs se déplacent afin de rendre visible ce qui ne peut l'être. L'étrangement est de ce fait inséparable d'un discours critique qui dénonce les forces de disparition liées à une certaine modernité ou à des politiques d'effacement et de mise en silence de ceux et celles qui ne se conforment pas à une culture dominante.
Le Poisson-Scorpion de Nicolas Bouvier est bien plus qu'un récit de voyage. C'est un conte fantastique et un récit autobiographique autour de la dépression d'un voyageur arrivé au bout de sa route. Et cette impasse a pour lieu une île : Sri Lanka. Le Poisson-Scorpion tente de donner un sens à une telle expérience. Nicolas Bouvier engage ses lecteurs à s'interroger sur un genre littéraire, dont il renouvelle les frontières : le récit de voyage, ici, un voyage immobile. C'est d'abord à une expérience humaine qu'il nous convie. Dans cette expérience de "disparition" où l'écrivain voyageur fait face à ses propres démons et à l'ombre de sa mort, Bouvier nous rappelle la nécessité d'apprendre à écouter le monde. Ce livre s'insère dans une collection d'ouvrages au format et au prix poche destinés à faire connaître à un large public le patrimoine littéraire francophone. Sans jargon, ils prolongent le plaisir de lire les livres que l'on a admirés et aimés.
Il y a exactement deux siècles, en 1821, Charles Nodier inventait l'appellation "genre frénétique" pour désigner la face sombre du romantisme, sa part d'horreur et d'excès, et il fustigeait l'immoralité du genre tout en reconnaissant les séductions sulfureuses que celui-ci exerce sur le lecteur. Alors que la critique du XXe siècle, des surréalistes à Annie Le Brun et Jean-Luc Steinmetz, a retourné la condamnation moralisatrice du XIXe siècle en faisant l'éloge de la portée subversive de ces oeuvres qui structurent leurs intrigues autour du conflit entre le bien et le mal, il est temps d'adopter une approche dépassionnée des morales du romantisme noir. Si les oeuvres noires, comme on le leur a parfois reproché, se caractérisent par leur manichéisme, celui-ci peut prendre des formes variées. Les romans valorisant la vertu et l'innocence de l'héroïne s'opposent ainsi aux récits sadiens faisant goûter au lecteur les délices vertigineuses de la cruauté. Dès l'époque romantique se multiplient les oeuvres ambivalentes, qui, infusant l'ironie dans le modèle du roman noir, rendent plus incertaine la frontière entre bien et mal. Quelles sont les valeurs défendues dans ces fictions ? Les variations morales dessinent-elles une évolution historique ? Sont-elles corrélées à des tendances esthétiques particulières ? Les études réunies ici proposent quelques réponses à ces questions, à travers l'analyse de l'axiologie du romantisme noir de Ducray-Duminil à Gaston Leroux, en passant par Nodier, George Sand, Balzac ou Pétrus Borel.
Le numéro du Bulletin de la SHESVIE 28-2 sera consacré à un dossier spécial sur "Les classifications zoologiques d'Aristote à Linné. Approches historiques et lexicologiques" . Les éditeurs scientifiques en sont Meyssa Ben Saâd, Simon Thuault, Yoan Boudes et Axelle Brémont. Il sera découpé en cinq passionnants articles dont le premier explorera "La classification zoologique dans la civilisation arabe classique : approche lexicologique et épistémologique" (Philippe Provençal), puis les lecteurs pourront appréhender la richesse du " lexique de l'échelle des êtres dans le Traité des animaux d'Aristote et le De animalibus d'Albert le Grand" (Grégory Cless) avant de se pencher sur l'histoire du "Genre, maître mot du classement" (Philippe Lherminier) ainsi que sur "Les traités d'Ichtyologie vers 1555- La naissance de la "peinture scientifique" " (Katharina Kolb). Enfin, un groupe de jeunes chercheurs nous proposera une "Etude du lexique et des catégories zoologiques en vietnamien" (Phuong Duyen Nguyen, Arnaud Zucker, Danh Thành Do-Hurinville).
Comment des écrivains qui n'ont pas vécu la Shoah racontent-ils cet événement ? En France, cette question s'est posée de manière polémique à la parution des Bienveillantes de Jonathan Littell (2006) et de Jan Karski de Yannick Haenel (2009). Cet essai est consacré à l'ensemble de la littérature écrite en français par la génération des petits-enfants, soit par vingt-deux auteurs, qu'il s'agisse de descendants de victimes de la Shoah ou d'auteurs qui se sentent héritiers de cette mémoire. L'analyse de ces oeuvres permet de se pencher sur des questions très actuelles, comme la délicate appropriation d'un héritage, les supposés dangers de la fiction, ou encore l'utopie qui consiste à croire que l'on peut se faire témoin du témoin ou réparer le passé.
Si la plus importante figure philosophique du vingtième siècle était une femme, ce serait Simone Weil (1909-1943), comme on commence à le discerner aujourd'hui. En parcourant les lieux par où elle est passée, ce livre tente de reconstituer le chemin intellectuel et spirituel de Simone Weil. A chaque lieu, qui constitue un moment mental, est attaché un questionnement majeur de son oeuvre, si bien qu'à la fin la pensée de la philosophe apparaît dans sa globalité : c'est d'abord une philosophie de l'esprit où le miracle de la pensée tient dans le mystère des inspirations qui nous traversent. Mais Simone Weil ne peut suivre le fil de ses pensées que si elle se confronte à l'actualité de son époque, de 1929 à 1943, et qu'à travers les milieux sociaux très différents où elle sème le trouble (du syndicalisme à la France libre de Londres, en passant par le monde des usines, la guerre d'Espagne, l'exode de Juifs français) et les rencontres qu'elle fait. C'est une pensée à la fois très intérieure (mystique même) et complètement ouverte aux problèmes économiques, sociaux et politiques d'une tranche d'Histoire que ces pages essaient de reconstruire à partir de la géographie concrète que sa vie dessine. Cependant, l'ouvrage refuse d'enfermer Simone Weil en son temps et prend le risque d'actualiser sa pensée en interrogeant ce que sont devenus les campagnes, les villes et les pays qu'elle a traversés, jusqu'à faire un état des lieux de la France d'aujourd'hui. Une lecture des lieux à partir de sa pensée ; une lecture de sa pensée à travers les lieux.