Réseaux N° 223, octobre-novembre 2020 : Médias et racialisation
Rebillard Franck
LA DECOUVERTE
25,00 €
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EAN :9782348065460
Si le printemps 2020 aura bien sûr été marqué par la pandémie de coronavirus, il aura aussi été traversé sur le plan politique et médiatique par des images de protestations contre les violences policières, doublées de dénonciation du racisme. Depuis les rassemblements Black Lives Matter et les émeutes suivant la mort de George Floyd aux Etats-Unis, jusqu'aux manifestations du comité La vérité pour Adama en France, sur les écrans de télévision comme sur les plateformes de réseaux sociaux, des expressions telles que " racisme d'Etat ", " privilège blanc ", et plus largement celles de " racisation " ou " racialisation ", ont pris une place jusqu'ici inédite dans l'espace public. Depuis une vingtaine d'année déjà, ces notions et concepts, produits de l'univers académique mais bien souvent dans des zones de contact avec les mondes de l'activisme et du militantisme, connaissent de fait un emploi croissant par les sciences sociales. Parce que la " question raciale " constitue ainsi une entrée de plus en plus fréquente pour penser la société, la revue Réseaux a précisément souhaité consacrer un dossier à sa mobilisation pour analyser les médias. Les articles réunis dans ce dossier, en mettant à jour des représentations médiatiques contribuant à altériser certains individus ou groupes sociaux en raison de leurs supposées origines communes ou mêmes couleurs de peau, prolongent ici des travaux qui, autrefois consacrés à l'image des " immigrés " ou des habitants des " banlieues ", n'avaient pas abordé de façon aussi frontale les processus de racialisation. Et ils ouvrent également des voies encore plus originales pour la recherche française, en comparaison notamment de traditions plus établies aux Etats-Unis. Car ces différents articles, en explorant les modalités de production et les positionnements professionnels, au sein des entreprises de médias et plus largement des secteurs d'activité concernés, aident à mieux comprendre comment des biais racialisants peuvent être véhiculés - ou contrecarrés - par les médias.
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Nombre de pages
215
Date de parution
03/12/2020
Poids
372g
Largeur
161mm
Plus d'informations
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EAN
9782348065460
Titre
Réseaux N° 223, octobre-novembre 2020 : Médias et racialisation
Auteur
Rebillard Franck
Editeur
LA DECOUVERTE
Largeur
161
Poids
372
Date de parution
20201203
Nombre de pages
215,00 €
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La formule web 2. 0 a été forgée pour désigner une nouvelle génération d'applications internet dont les plus connues se nomment Youtube, My Space ou Facebook et rassemblent aujourd'hui plusieurs millions d'utilisateurs. Cette formule, pour grand nombre de journalistes, politiques, est la promesse d'une véritable transformation de la société. Le présent ouvrage se place à contre-courant de ce type d'affirmations prophétiques, pour montrer que l'utopie techniciste ne se transforme pas "naturellement" en réalité sociale. Il faut réintroduire de la complexité et de la nuance dans la compréhension d'un avant et un après internet.
Résumé : L'étude du pluralisme et de la diversité a été diversement appréhendée selon les pays. En France, on a souvent considéré séparément la représentation médiatique des opinions et la représentation médiatique des identités, en les désignant par deux termes distincts : pluralisme de l'information et diversité dans les médias. A l'international, en revanche, on a appréhendé l'ensemble du phénomène à partir de l'appareillage conceptuel de la media diversity, peu connu dans l'espace francophone. L'objectif de cet ouvrage est de montrer le caractère heuristique de la media diversity en rendant accessible à un public francophone cette littérature scientifique internationale solidement établie depuis plusieurs années, autant sur le plan théorique qu'empirique. La première partie du livre définit ce concept et remet son évolution en perspective, sous la plume des plus éminents spécialistes internationaux de la question. La deuxième partie, de nature plus empirique, analyse le niveau de pluralisme et de diversité dans plusieurs situations nationales : Allemagne, Canada, Danemark, Etats-Unis, France, Hongrie, Pologne, République tchèque, Royaume-Uni, Slovaquie. La troisième partie, enfin, s'attache aux enjeux contemporains, présentant les résultats de recherches collectives sur le pluralisme de l'information en ligne. Les lecteurs francophones trouveront dans cet ouvrage des éléments théoriques mais aussi des exemples d'application d'un concept en évolution. Les textes rassemblés, inédits en français, pourront donner à la media diversity la place qu'elle mérite au regard de ses enjeux.
Guibert Gérôme ; Rebillard Franck ; Rochelandet Fa
Résumé : La diffusion du numérique a transformé les activités économiques et les pratiques sociales liées aux industries culturelles (cinéma, livre, musique, jeu vidéo) ou médiatiques (presse, radio, télévision) Avec l'internet, la participation du public se manifeste sous des formes variées et prend place dans un environnement dominé par les plateformes de firmes transnationales parmi les plus puissantes au monde (Apple, Facebook, Google...). Cet ouvrage propose une analyse complète et inédite du secteur, illustrée à partir des filières et des écosystèmes qui se développent en ligne autour du journalisme, de la musique et de l'audiovisuel.
La mondialisation en questions La thèse du "choc des civilisations" a été avancée par Samuel Huntington dans un livre éponyme paru en 1996, qui fit beaucoup de bruit. Le professeur de Harvard y proposait un nouveau paradigme pour penser le monde contemporain : les relations internationales y étaient pensées, non en fonction des intérêts des Etats ou des blocs idéologiques, mais à partir de grands bassins de civilisations fondés sur une unité culturelle et religieuse. S. Huntington distinguait ainsi huit grands blocs : la civilisation occidentale (à dominante chrétienne), la civilisation islamique, la civilisation indienne (hindouiste), les civilisations chinoise et japonaise (formant deux traditions distinctes), la civilisation russe (orthodoxe), la civilisation africaine (à dominante animiste). Enfin, les civilisations d'Amérique latine qui auraient, bien que chrétiennes, une culture "corporatiste et autoritaire" spécifique. Quelques conflits semblaient bien recouper les lignes de fractures. La guerre en ex-Yougoslavie, qui fit rage entre 1992 et 1995 et marqua fortement les esprits, révélait, selon S. Huntington, une fracture plus profonde et jusque-là cachée entre civilisations musulmane et chrétienne, que l'idéologie marxiste avait recouvert d'un voile superficiel. La montée de l'islamisme dans le monde peut apparaître comme la réaction globale d'une civilisation humiliée. Ces lignes de fractures entre civilisations ne pouvaient que s'approfondir au rythme de la mondialisation imposée à marche forcée par l'Occident chrétien.
De la fin des années 1990 jusqu'au milieu des années 2000, les mondes du cinéma, de la télévision, de l'art, de la mode et de l'édition s'enthousiasment pour le sexe explicite : c'est la période du " porno chic ". Durant cette poignée d'années, des cinéastes, hommes comme femmes, introduisent des scènes pornographiques dans leurs films. Des directrices de casting écument les clubs échangistes et les soirées BDSM. Les artistes inondent les galeries d'oeuvres pornographiques. Les marques font appel aux égéries de films pour adultes pour leurs campagnes de pub. Le public découvre, éberlué, l'arrivée de la téléréalité et le sexe en direct. Les textes explicites écrits par des femmes battent tous les records de vente. Il ne se passe pas une semaine sans qu'une star du X soit invitée sur un plateau TV. C'est ainsi que des mondes qui n'auraient jamais dû se côtoyer ont fini par fusionner. Ovidie a participé à cette parenthèse du porno chic, un moment charnière antérieur à internet qui a inspiré ce que les millenials nommeront plus tard la " culture porn ". Mais tout change en octobre 2017, lorsque #MeToo vient bouleverser nos regards en nous amenant à relire ces années à travers le prisme des discriminations sexistes et sexuelles. Et, pour une fois, l'industrie du X n'est pas la seule sur le banc des accusés. Car derrière la starification des actrices, il y a eu la stigmatisation, le jugement, le slut shaming. Dans cet ouvrage qui mêle récit intime et réflexions politiques, Ovidie décrypte ce mécanisme marquant au fer rouge les femmes qui, à un moment ou à un autre de leur vie, ont été sexualisées - et l'ont payé très cher.
Résumé : Dans la plupart des sociétés occidentales, la place des loisirs et des activités culturelles s'est sensiblement accrue depuis la fin des années 1960. Cette évolution générale masque toutefois de profondes disparités qui interrogent le bilan des politiques de démocratisation de la culture car celles-ci, notamment en France, inspirent l'essentiel des politiques publiques menées dans ce domaine. L'accès aux biens, aux services et aux équipements culturels continue d'alimenter les inégalités observées dans d'autres domaines de la vie sociale, en particulier dans le domaine scolaire. Marquée par la montée de l'audiovisuel, le recul de l'écrit et la globalisation de l'offre de biens et services culturels, la cartographie des styles de vie culturelle est aujourd'hui perturbée par un certain éclectisme des goûts et des pratiques ; si celui-ci brouille le découpage des frontières symboliques entre les groupes sociaux, il n'est pas nécessairement synonyme d'une disparition des hiérarchies culturelles.
La vie de Frantz Fanon se lit comme un thriller de la décolonisation et de la guerre froide. Elle est aussi un témoignage essentiel des bouleversements politiques et intellectuels du XXe siècle. Après avoir combattu dans les rangs de la France libre pendant la Seconde Guerre mondiale, Fanon, jeune psychiatre martiniquais charismatique et talentueux, publie à 27 ans Peau noire, masques blancs , ouvrage prophétique qui s'imposera avec le temps comme un classique. Il approfondit son expérience clinique au centre hospitalier de Saint-Alban (Lozère), berceau d'innovations thérapeutiques qui marqueront profondément sa recherche d'une psychiatrie désaliénée au service des humiliés. Cette quête de la désaliénation, il la met à l'épreuve de la situation coloniale lorsqu'il est muté en Algérie, à la veille de la guerre de libération. Il s'engage corps et âme dans le combat anticolonial, d'abord à Tunis où il met ses compétences médicales au service du Front de libération nationale (FLN), puis comme ambassadeur itinérant du mouvement en Afrique subsaharienne. Fauché par une leucémie foudroyante au moment même où paraît son livre le plus célèbre, Les Damnés de la terre , Fanon meurt le 6 décembre 1961, laissant derrière lui une oeuvre qui suscite depuis soixante ans une multitude d'interprétations et d'appropriations créatrices dans le monde entier. Servie par la plume élégante d'Adam Shatz, cette biographie politique et intellectuelle s'impose comme un ouvrage de référence.
Partout en Europe, à l'abri des regards, les centres de rétention destinés à organiser l'expulsion des sans-papiers se multiplient. Au nom du contrôle des frontières, des milliers de personnes y voient leurs droits fondamentaux bafoués. Surmontant les difficultés d'accès à ces lieux, Louise Tassin est parvenue à enquêter au coeur et autour de ces dispositifs. Grâce à une immersion inédite dans des centres d'Ile-de-France et sur les îles de Lesbos et Lampedusa, elle livre un tableau vivant et documenté de cet enfermement de masse. Avec elle, on découvre qu'une partie du personnel en charge de la rétention a connu des trajectoires migratoires similaires à celles des " retenu. es ". Autrement dit : pas d'enfermement des étranger. es... sans l'appui d'une main-d'oeuvre immigrée précaire. Le contrôle des frontières est par ailleurs largement délégué à des acteurs privés (entreprises, associations, collectifs locaux), qui travaillent en coopération avec les fonctionnaires de police, quand ils ne s'y substituent pas. Quid de la responsabilité des Etats, des conditions d'enfermement, de la transparence des dispositifs dans ce contexte ? Les expériences des étrangères et des étrangers retenus résonnent d'un centre à l'autre et d'un pays à l'autre. Partout s'exprime le sentiment d'être injustement traités en criminels. Que fait la rétention à celles et ceux qui y sont placés ? Et comment l'existence de ces lieux façonne-t-elle les représentations de l'étranger ?