Un homme eut le mérite de précéder Freud dans son explication du "mystère du rêve" : le Viennois Josef Popper (1838-1921), qui se rendit célèbre sous le nom de Lynkeus - ce héros grec à la vue perçante. Freud lui-même lui a rendu hommage, d'abord dans la seconde édition de L'Interprétation des rêves, ensuite dans deux articles consacrés à sa mémoire. Chaque fois il s'est plu à souligner non pas sa dette (qui est nulle), mais sa "rencontre" avec un aîné dont la pensée s'était formée dans un tout autre contexte que la sienne. Josef Popper-Lynkeus, en effet, était un ingénieur génialement doué qui put s'enorgueillir de plusieurs inventions techniques. C'était aussi un réformateur social, dont l'influence ne fut pas négligeable en Europe centrale dans le premier tiers de ce siècle. C'est enfin et surtout l'auteur d'un unique ouvrage littéraire, les Fantaisies d'un réaliste, où, s'inspirant très largement du rêve, il s'est trouvé sans le savoir sur la voie du fondateur de la psychanalyse. Ces contes, souvent naïfs, parfois cruels, conservent le charme des oeuvres écloses loin des courants esthétiques dominants, fruits singuliers d'un tempérament original. On y décèle aussi, non sans surprise, une inspiration qui évoque l'atmosphère mentale des fables du jeune Kafka. L'influence des Fantaisies semble ici évidente.
Nombre de pages
256
Date de parution
20/02/1987
Poids
245g
Largeur
118mm
Plus d'informations
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EAN
9782070708819
Titre
Fantaisie d'un réaliste
Auteur
Popper-Lynkeus Josef
Editeur
GALLIMARD
Largeur
118
Poids
245
Date de parution
19870220
Nombre de pages
256,00 €
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Popper Karl ; Launay Michelle-Irène B. de ; Launay
Il convient, selon moi, de renoncer à cette idée des sources dernières de la connaissance et de reconnaître que celle-ci est de part en part humaine, que se mêlent à elle nos erreurs, nos préjugés, nos rêves et nos espérances, et que tout ce que nous puissions faire est d'essayer d'atteindre la vérité quand bien même celle-ci serait hors de notre portée." Karl R. Popper Cet essai reprend une conférence donnée par Popper le 20 janvier 1960 à la British Academy. Il a été publié par les Editions Payot en 1985 dans le livre Conjectures et réfutations.
Ce livre, écrit au début de la Seconde Guerre mondiale, est un plaidoyer passionné pour la démocratie, contre le totalitarisme de droite ou de gauche. A la société close et immuable à base de tribalisme et de magie, l'auteur oppose la société ouverte, fondée sur la raison, où la volonté de l'individu peut librement s'exercer. A Platon, à Hegel, à Marx, il reproche de ne reconnaître l'histoire que pour ajouter qu'elle obéit à des lois qui déterminent le cours des événements : idée qui paralyse le progrès, en le soumettant à la fatalité historique. Elle a notamment conduit le premier à proposer une cité dirigée par une élite omnipotente et omnisciente, où l'individu n'est rien et où la collectivité est tout.
Ce livre, écrit au début de la Seconde Guerre mondiale, est un plaidoyer passionné pour la démocratie, contre le totalitarisme de droite ou de gauche. A la société close et immuable à base de tribalisme et de magie, l'auteur oppose la société ouverte, fondée sur la raison, où la volonté de l'individu peut librement s'exercer. A Platon, à Hegel, à Marx, il reproche de ne reconnaître l'histoire que pour ajouter qu'elle obéit à des lois qui déterminent le cours des événements : idée qui paralyse le progrès, en le soumettant à la fatalité historique. Elle a notamment conduit le deuxième à se faire le théoricien d'une société dont se réclamera le totalitarisme et le troisième à transformer des hypothèses en dogmes.
Voici un livre de philosophie à la fois classique et déconcertant. On y traite de la liberté et du déterminisme à l'aide de nuages et de bulles de savon. On y construit une théorie du langage à l'aide de miel et de toiles d'araignées. Fort de cinquante ans de discussions avec physiciens, biologistes et logiciens, Popper renouvelle l'approche des questions les plus traditionnelles de la philosophie avec pour fil conducteur le progrès de la science, replacé dans le cadre plus général d'une philosophie de l'émergence du nouveau. Rassemblant des textes rédigés pour la plupart entre 1965 et 1971, La Connaissance objective est l'ouvrage le plus représentatif de la "dernière manière" de Popper. Il y révèle toutes les implications métaphysiques de son rationalisme critique et s'y risque à des conjectures audacieuses. Indispensable pour connaître les inflexions que prend alors la pensée de Popper, ce livre l'est aussi pour comprendre les débats de l'épistémologie contemporaine.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.