Dans cet essai qui tient à la fois du roman picaresque et de la saga, Alexis Philonenko, abandonnant les territoires de l'histoire de la philosophie, où il excelle, aborde la question de l'Europe et de son épaisseur métaphysique. Comment saisir la cohésion spirituelle d'archipels, aussi disséminés, où scintillent les promesses d'ères nouvelles ? A la lumière de récits de voyages, de narrations savantes ou de pages inédites de Kant, Philonenko traque le Groënlandais pour montrer qu'en pleine période éclairée, il est la figure emblématique du sous-homme (Untermensch). Puis il désigne les Chevaux de l'Apocalypse contemporaine : les derniers combats d'Europe et la guerre d'Algérie, la peste spirituelle et le statut difficile du débile mental, l'inversion de l'image de Dieu et le problème de l'assassinat ou de la famine agencée en crime de guerre. Ailleurs, le parcours de mondes oubliés permet à Philonenko de sillonner la Mer d'Edgar Poe ou la Terre d'Emile Zola, de montrer comment Parmentier et ses pommes de terre, Bernardin de St-Pierre et ses harengs auraient bien pu sauver la monarchie française sapée par les disettes. Puis d'autres pérégrinations font surgir les méditations sur le sport, la musique ou la philosophie, qui permettent de rencontrer Cassius Clay sur un ring, Ferdinand Alquié à l'université de Genève ou Fichte dans ses oeuvres.
Nombre de pages
314
Date de parution
24/01/1990
Poids
355g
Largeur
130mm
Plus d'informations
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EAN
9782246421511
Titre
L'archipel de la conscience européenne
Auteur
Philonenko Alexis
Editeur
GRASSET
Largeur
130
Poids
355
Date de parution
19900124
Nombre de pages
314,00 €
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La grande pensée moderne qu'inaugure Descartes et que Leibniz conduit à des sommets suppose une lecture transcendantale aboutissant, par Kant, à Schopenhauser. Cette lecture transcendantale offre le principe méthodique qui unit les différentes études ici rassemblées. Les problèmes abordés par Descartes par exemple sont, d'un point de vue méthodique, d'une ampleur telle qu'une lecture kantienne-fichréenne en apparaît non seulement possible, mais nécessaire. C'est donc à une valorisation extrême de la pensée moderne que conduit l'analyse transcendantale. Cette lecture suppose ainsi que les grands principes et problèmes philosophiques ne changent pas et que nous pouvons dialoguer directement avec les morts. La science philosophique n'a pas de passé, elle a seulement une histoire et sans cette histoire elle ne saurait être elle-même. De cette histoire on peut dire, à la différence de la simple histoire, qu'elle ressuscite le passé, qu'elle le rend présent au lieu seulement de le donner à connaître. Tout effort dirigé en ce sens doit mériter l'attention du philosophe.
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Si la littérature est le lieu où la réalité se révèle de la manière la plus saisissante et la plus dérangeante, alors ce roman est un grand livre de littérature ! Un juge du régime des mollahs, condamné à perpétuité, écrit en prison : " Je sais que seuls mes crimes importent, mais mon récit pourrait vous aider à comprendre la fabrique des criminels. " Il raconte son enfance misérable, partageant la chambre d'un grand-père moribond dont il est le " garçon-pipi " , puis l'amour de sa vie, incestueux mais merveilleux, de la perte duquel il ne se remettra jamais. Pour épuiser sa douleur et sa haine, il s'enrôle à la guerre. " J'étais en guerre contre mon destin, et on me donnait une arme et un champ de bataille". Adolescent en quête de martyr, il est envoyé dans une école religieuse pour devenir juge et se prend pour le " Talleyrand iranien " . Il décrit les ressorts d'un régime de terreur, de tortures, de trafic d'organes, d'espionnage généralisé... Un incident va l'inciter à rendre visite à une adolescente en prison, puis, en catimini, à 117 autres jeunes et belles détenues. " Le viol me révulsait, me rebutait, vous comprenez ? J'avais besoin d'être admiré. Je leur apportais des plaisirs à hauteur de liberté. Je les traitais comme des femmes courtisées. Je rendais hommage à leur féminité bafouée. " Alors, ce " violeur attentionné et délicat " , qui reconnaît avoir condamné à mort des innocents, est-il un bouc-émissaire qui paie pour les crimes d'un régime dont les vrais puissants sont exonérés, ou un monstre manipulateur dont la bonne conscience dénonce encore plus la profonde perversion ? Au lecteur de juger. Peut-on être à la fois victime et bourreau ? On se sent mal à l'aise à ressentir de l'empathie pour ce criminel, voire à s'identifier à lui.
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