Un esclave entre deux empires. Une histoire transimpériale du Maghreb
Oualdi M'hamed
SEUIL
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EAN :9782021515930
Florence, fin juin 1887, un dénommé Husayn rend l'âme. C'est le point d'orgue d'une trajectoire hors du commun d'un ancien esclave, né dans le Caucase, affranchi et devenu général de l'Empire ottoman ; l'achèvement d'une vie à circuler entre les empires bordant la Méditerranée. Tout a commencé quelques décennies plus tôt. Husayn est vendu sur un marché d'Anatolie comme esclave, avant de l'être de nouveau à Istanbul, puis à Tunis. Là, il est éduqué et promu jusqu'à atteindre le rang de dignitaire de l'Empire ottoman avant que la colonisation de la Tunisie par la France en 1881 ne le contraigne à l'exil, en Italie. Mais l'histoire ne s'arrête pas là, car sa mort en Toscane provoque une série de conflits autour de sa succession qui mettent aux prises le sultan ottoman, ses vizirs, des fonctionnaires français, des juristes européens et des membres de communautés musulmanes et juives sur les deux rives de la Méditerranée. Mobilisant des sources françaises, tunisiennes, italiennes, britanniques et ottomanes, Un esclave entre deux empires revient sur les pas de Husayn pour révéler les dimensions transimpériales de l'histoire de l'Afrique du Nord entre la seconde moitié du XIXe siècle et les années 1920. A travers ce destin singulier, ce livre montre en effet que l'histoire contemporaine du Maghreb ne saurait être lue au seul prisme de l'histoire coloniale française, mais qu'elle doit être appréhendée d'après l'histoire des sociétés maghrébines et au croisement de multiples puissances méditerranéennes. Professeur à Sciences-Po Paris, M'hamed Oualdi est spécialiste de l'histoire du Maghreb moderne et contemporain (XVIe-début du XXIe siècle). Il a publié en français Esclaves et maîtres (Publications de la Sorbonne, 2011) et dirige un programme de recherches européen (ERC) sur les fins d'esclavages au Maghreb.
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Nombre de pages
272
Date de parution
24/03/2023
Poids
343g
Largeur
153mm
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EAN
9782021515930
Titre
Un esclave entre deux empires. Une histoire transimpériale du Maghreb
ISBN
2021515931
Auteur
Oualdi M'hamed
Editeur
SEUIL
Largeur
153
Poids
343
Date de parution
20230324
Nombre de pages
272,00 €
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Au cours de la dernière décennie, la présence de certaines formes d' "esclavage moderne" en Lybie ou au Qatar a été fortement médiatisée, donnant matière à une série de controverses sur la traite d'esclaves au sein des mondes musulmans. Cet ouvrage de M'hamed Oualdi s'attache à ébranler les représentations erronées qui entourent ce phénomène historique. L'historien réfute le lieu commun qui voudrait que l'esclavage soit tabou au sein des sociétés musulmanes contemporaines. Il souligne la diversité des traites qui prennent place depuis la période médiévale au sein des mondes musulmans, loin de la vision homogénéisante d'un esclavage "islamique" unifié. M'hamed Oualdi remet ainsi en cause les historiographies cherchant à comparer cette forme d'esclavage à la traite atlantique dans le but de relativiser la gravité historique de cette dernière. Pour ce faire, il décrit la pluralité des fonctions exercées par les esclaves au sein des mondes musulmans. En se concentrant ensuite sur la période moderne, M'hamed Oualdi analyse les processus d'affranchissement de ces esclaves. Il rend ainsi saillant le caractère ambivalent des politiques abolitionnistes alors mises en oeuvre par les puissances européennes, notamment lorsqu'il s'agit de préserver un équilibre colonial précaire. En parallèle, il présente les pensées abolitionnistes musulmanes, souvent méconnues, qui se sont développées dans l'ensemble de ces régions. Enfin, l'historien interroge la présence de l'esclavage dans les sociétés musulmanes.
La nationalité est devenue une clé d?accès à des droits sociaux. économiques et politiques : marchés du travail, élections, possibilité de se déplacer dans le monde... Du fait de cette centralité dans nos vies contemporaines, la nationalité a surtout suscité pour le monde arabe des études juridiques de sociologie voire de sciences politiques tandis que l'écriture de son histoire a longtemps été reléguée, éclipsée par celle de la nation, jugée plus fascinante. Dans la lignée de récentes recherches sur la nationalité dans le monde arabe, ce présent dossier propose d'explorer les dimensions historiques de cette notion comme lien légal noué entre des Etats et des individus. Les études ici réunies permettent de confronter les appréhensions et usages de la nationalité au Maghreb et au Proche Orient des années 1830 au cours des années 1960, de la fin de l'emprise ottomane aux lendemains des temps coloniaux. Deux premiers articles suivent des trajectoires de vie du second XIXe siècle selon les effets et usages du droit de la nationalité. Un second ensemble de contributions se situe à l'échelle des empires ottoman, britannique et français afin d'explorer les capacités d'actions de sujets et de groupes, dans des successions d'Etats, lorsque des normes juridiques d'appartenance aux Etats sont transformées ou renégociées. Un troisième et dernier volet explore enfin l'enjeu qu'ont constitué les migrants et la migration pour les Etats, pour la définition de leur souveraineté et de leurs limites d'action.
Résumé : Le dossier de recherches 2014 de cette revue de sciences sociales de référence est consacré aux "Historiographies et régimes d'historicité au Maghreb à l'aune des révolutions arabes". Le surgissement de la révolution en Tunisie, en Egypte puis en Libye, inonde depuis des mois les agendas des scientifiques. Séminaires, journées d'études et colloques internationaux, ouvrages, publications collectives et numéros de revue , au Maghreb, en France ou ailleurs. Dans cette profusion de discours, différentes références ont servi de grilles de lecture pour appréhender l'événement. Ce numéro s'inscrit dans ce courant d'interrogations, à sa manière, en faisant de l'histoire, de ses expressions et de ses usages, son fil rouge. Les multiples recours sociaux et politiques au passé qui, au Maghreb, accompagnent ou font écho à ce moment révolutionnaire, ont en effet des résonances temporelles plus anciennes. Ce volume comporte également les habituelles rubriques qui, pays par pays, reviennent sur l'actualité politique de l'année.
Des esclaves convertis à l'islam devenant maîtres de musulmans: c'est à travers ce paradoxe que furent pendant longtemps perçus les mamelouks appelés à exercer de hautes charges administratives et militaires dans le monde arabe, de leur émergence dans l'entourage des califes omeyyades puis abbassides au VIIe siècle jusqu'à leur disparition plus d'un millénaire plus tard dans la seconde moitié du XIXe siècle. Le livre de M'hamed Oualdi présente ce corps mamelouk, vu dans son hétérogénéité sociale - tout à la fois vizirs et gardes, généraux et pages -, au sein de l'Empire ottoman, dans la province de Tunis, aux côtés des beys gouvernant cette province, de la première dynastie des beys au début des années 1630 à l'établissement du Protectorat français sur la Tunisie au début des années 1880. Nourri de chroniques, de correspondances et de registres administratifs en langues arabe, française et anglaise, cet ouvrage va à l'encontre de certaines études qui ont présenté les mamelouks comme de simples esclaves étrangers servant des pouvoirs musulmans en manque de légitimité et qui préféraient s'appuyer sur ces recrues plus que sur leurs sujets "autochtones". Les mamelouks ne coupaient pas les beys de Tunis de leurs sujets. Détachés de leurs foyers, mariés à des descendantes des beys et parfois liés aux intérêts de notables du pays, les dignitaires mamelouks permettaient à la fois de distinguer et d'associer leurs maîtres aux différents groupes sociaux de la province qu'ils étaient amenés à gouverner. Mais cet usage dynastique des mamelouks par les beys de Tunis prit fin avec l'interdiction de la traite des esclaves et la promotion de serviteurs tunisiens aux plus hautes fonctions administratives dans la seconde moitié du XIXe siècle.
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Avant, il y avait l'enfance. Je le sais". Mais, Judith Godrèche, quelle enfant fut-elle ? Qui pour le dire ? Que lui a-t-on fait ? Et surtout qu'en a-t-elle fait ?
L'an dernier nous avons rencontré une de mes amies, Berthe. Ma fille, Mathilde, qui avait alors treize ans, connaissait Berthe, n'ignorait pas qu'elle avait été à Auschwitz. Pourtant, cet été-là, elle eut un choc en voyant son numéro sur son avant-bras gauche, tatoué d'une encre bleue un peu délavée. Ce qui m'a frappée, quand j'ai tenté de répondre à Mathilde pour lui expliquer ce qu'était Auschwitz, c'est que ses questions étaient les mêmes que celles que je me posais moi-même indéfiniment, ou qui traversent depuis plus d'un demi-siècle la réflexion des historiens et des philosophes et auxquelles il est si difficile de répondre. Car s'il m'est facile comme historienne d'expliquer comment s'est déroulé le génocide des Juifs, il reste un noyau proprement incompréhensible : pourquoi les nazis ont-ils voulu supprimer les Juifs de la planète ?
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