La révélation et le droit. Précédé de Lettre à Rome
Ortigues Edmond
BEAUCHESNE
36,00 €
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EAN :9782701014869
Edmond Ortigues présentait ainsi, peu avant sa mort, La Révélation et le Droit, qu'il se préparait à publier : Il a fallu des millénaires pour que le droit se différencie peu à peu de la religion, et finalement se laïcise. D'où viennent les difficultés ? La première partie de ce livre étudie les conceptions de la société chrétienne au début et à la fin du Moyen Âge : la question des trois ordres à l'époque carolingienne, puis les traditions au concile de Trente. Il apparaît que la Loi divine est identifiée par référence aux origines de la communauté croyante, suivant le même schéma par lequel les peuples se divisent par référence à leurs origines ancestrales. L'histoire de la religion est la préhistoire du droit. Cependant, au cours des siècles, le sentiment religieux échappe de plus en plus à l'institution à mesure qu'il devient plus personnel. Dans cette perspective, le thème de la deuxième partie montre que les différences entre lois rituelles et lois civiles supposent deux attitudes différentes à l'égard de l'histoire. Finalement la question se résume dans une question centrale : comment identifier un dieu ? Comment le distinguer de ce qui n'est pas lui ? L'identification de la divinité est normative, institutionnelle, législative plutôt que démonstrative. D'où l'interrogation de saint Augustin : Qu'est-ce que j'aime quand j'aime mon Dieu ? (Confessions, XI). À cet ensemble, introduit par Dominique Iogna-Prat, a été adjointe, en ouverture, la fameuse Lettre à Rome de 1950-1952, restée inédite. Dans ce texte vibrant qu'Edmond Ortigues a intitulé Le problème de la liberté d'expression dans les structures actuelles de l'Église , on peut voir un appel à la lutte contre la magie sociale des mots : dans un monde où l'exigence critique est devenue affaire de loyauté, l'inconscience devient une complicité, le refus de voir, refus d'aimer . . . L'oeuvre originale et stimulante d'Edmond Ortigues (1917-2005) explore en profondeur les domaines de la théologie, de l'histoire, de la philosophie, de l'épistémologie, de l'anthropologie, de la logique. de la linguistique et de la psychanalyse. Il a notamment publié oedipe africain (1966, en collaboration avec Marie-Cécile Ortigues), Religions du livre, religions de la Coutume (1981), Le Monothéisme (1999). Sur la philosophie et la religion, les entretiens de Courances (2003), Le Discours et le Symbole (1962, nouvelle édition, Beauchesne, 2007).
Nombre de pages
271
Date de parution
01/10/2007
Poids
498g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782701014869
Titre
La révélation et le droit. Précédé de Lettre à Rome
Auteur
Ortigues Edmond
Editeur
BEAUCHESNE
Largeur
155
Poids
498
Date de parution
20071001
Nombre de pages
271,00 €
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Depuis sa parution en 1962, Le Discours et le Symbole a été considéré comme la référence majeure pour tout ce qui se rapporte à la philosophie de l'analyse structurale : Quant à la philosophie du structuralisme. ce n'est pas Foucault qui l'a donnée dans Les Mots et les Choses, mais Edmond Ortigues dans Le Discours et le Symbole (V. Descombes). Le livre se présente comme une revue générale des formes à travers lesquelles nous nous cherchons nous-mêmes : l'examen patient des rapports entre la forure et le sens donne lieu à une fine méditation sur les concepts d'expression, de signal, de signe, de symbole, de langue et de discours. L'ouvrage est ici proposé au lecteur dans une nouvelle édition, corrigée et augmentée. La préface de Vincent Descombes montre comment Le Discours et le Symbole offre le moyen de surmonter la philosophie de la conscience, sur les trois versions du tournant linguistique . Un entretien inédit avec Pierre Le Quellec-Wolff, réalisé quelques semaines avant le décès du philosophe, témoigne du regard porté par Edmond Ortigues sur son livre, plus de quarante ans après sa première publication. . . L'oeuvre originale et stimulante d'Edmond Ortigues (1917-200.5) explore en profondeur les domaines de la théologie, de l'histoire, de la philosophie. de l'épistémologie, de l'anthropologie, de la logique, de la linguistique et de la psychanalyse. Il a notamment publié oedipe africain (1966, en collaboration avec Marie-Cécile Ortigues). Religions du livre, religions de la Coutume (1981). Le Monothéisme (1999). Sur la philosophie et la religion, les entretiens de Courances (2003), et, aux éditions Beauchesne, La Révélation et le Droit (2007).
Ce recueil rassemble des travaux d'analystes d'origines diverses (freudiens, kleiniens, lacaniens) qui se sont réunis en 1982-1983 pour tenter une expérience de travail en commun autour des thèmes : un Mallarmé pour les analystes ; l'identification et le champ de la métaphore ; les repères identificatoires dans la formation de la personnalité ; les premiers niveaux d'identification : clinique des psychoses précoces ; les métaphores de l'acte interprétatif dans l'interprétation des rêves. Ces conférences et débats sont reproduits ici, rendant compte de positions théoriques différentes articulées autour d'une expérience clinique commune. Rendant compte aussi du mouvement allant de la pratique analytique à une réinterrogation de la théorie.
Dans l'Eglise du Moyen Age central, l'inspiration charismatique n'est pas antinomique de la bureaucratisation : elle en est la condition nécessaire. C'est ce que montre cette étude des mobilisations ecclésiologiques de la référence à l'Esprit. Loin d'oublier l'Esprit dans la routine d'une bureaucratie sans âme, les agents de l'institution de l'appareil ecclésial sont les premiers à y faire référence pour opérer, à partir du milieu du XIe siècle, une centralisation pontificale des différentes tendances réformatrices. La monopolisation pontificale de la référence légitime à l'Esprit permet à la fois d'affirmer l'autonomie - la théonomie - de l'appareil ecclésial et d'en suspendre les règles ordinaires. L'appropriation de ce discours ecclésiologique par les chroniqueurs et réformateurs du XIIe siècle va conduire à une nouvelle perception de l'histoire, fondée sur l'idée d'un progrès inspiré et mené par des hommes spirituels. Moines charismatiques et administrateurs peuvent ainsi s'associer autour du fragile malentendu d'une institution spirituelle. Lorsque celui-ci se délite, les discours prophétiques en font l'aune à laquelle juger le présent ou un projet d'avenir. Au cours des XIIIe et XIVe siècles, ce modèle d'une bureaucratie charismatique se dissocie en conceptions antagonistes de la référence à l'Esprit : un usage intégré dans les rouages de l'administration, qui n'apparaît explicitement que dans les périodes de crise, et une référence de plus en plus eschatologique visant à condamner tous ceux qui persécutent les "spirituels".
Scolastique : dérisoire ou sérieuse ? Savante ou bornée ? Ratiocination ou perfection rationnelle de l'investigation universelle ? Virtuosité intellectuelle ou figement formel ? Peu de mots, assurément, résonnent de manière aussi contradictoire dans notre chambre cognitive. Faut-il s'en étonner ? La scolastique, avec le Sic et non d'Abélard au XIIe siècle, se construit sur l'exploration inextinguible de la contradiction. Elle progresse vers la vérité grâce au kaléidoscope des possibles logiques. En son âge d'or, du XIIIe au XVe siècle, auxquels est consacré ce volume, elle ne structure pas seulement la pensée des intellectuels. Imprimant sa forme et ses processus heuristiques à la littérature - latine ou romane - qu'elle érige en son extension, elle trouve en celle-ci non seulement un réceptacle et un lieu de diffusion, mais un révélateur. Codifiée mais libre comme une forme fixe, elle est littérature à part entière, partageant avec elle les ambitions et les modalités protéiformes d'une architectonique savante dévouée à l'éveil de l'esprit. Les vingt-quatre contributions ici réunies sondent la manière dont la littérature médiévale, tirant partie de sa propre diversité, sérieuse, comique, savante, ambiguë ou critique, s'est emparée de la scolastique pour faire d'un phénomène social qui aurait pu devenir un puissant outil de contrôle, un formidable moteur d'émancipation individuelle.
Une exclamation d'Origène (empruntée à Jérémie) : Tu m'as trompé, Seigneur ! Une autre de saint Anselme : Seigneur, je cherche ton visage ! L'une et l'autre nous a paru valoir d'être scrutée, comme introduisant à une demarche de pensée qui caractérise chacun de ces deux grands esprits, et plus encore au mouvement foncier de leur âme. Deux exemples, propres à faire voir, à travers les différences de deux époques aussi bien que de deux individualités, une parenté plus essentielle. Et nous encore, "nous sommes de leur race" . Tous ceux que nourrit de sa substance indéfiniment féconde une même grande tradition, sont frères. Pour compléter ce sentiment de l'unité dans un incessant pluralisme, nous avons cru pouvoir proposer un troisième exemple, pris à notre siècle même, celui du débat qui fut institué, au cours des années trente, sur les rapports de la foi chrétienne, et de la philosophie. Le lecteur verra de lui-même, sans qu'il soit besoin d'instituer parallèles ou contrastes, combien les questions qui agitaient ce débat sont encore aujourd'hui les nôtres.
En octobre 1703, Claude Poullart des Places, un jeune Rennais, arrive à Paris sans autre intention que de faire sa théologie au collège Louis le Grand. Un an plus tard, simple tonsuré, il fonde un séminaire pour les pauvres écoliers, ces aspirants au sacerdoce dont la misère, par ses conséquences, est la plaie majeure de l'Eglise de France. Il assure à ses élèves une longue et solide formation théologique et sait leur communiquer sa mystique de pauvreté et sa hantise des âmes abandonnées. Il meurt en 1709, prêtre depuis moins de deux ans. Il laisse soixante-dix séminaristes et une petite équipe de directeurs, noyau de cette congrégation du Saint-Esprit qui compte aujourd'hui 4 000 religieux. La Compagnie de Marie de son ami Grignion de Montfort ne voit le jour et ne survit jusqu'à la Révolution que grâce à son affiliation à la congrégation du Saint-Esprit ; pendant près d'un siècle et demi, ses membres se font appeler Prêtres missionnaires du Saint-Esprit. Quant aux Filles du Saint-Esprit, la plus florissante des congrégations bretonnes, elle doit son existence à l'un des premiers disciples de Poullart des Places qui leur forma un règlement sur le modèle de celui qui s'observait au Séminaire du Saint-Esprit. Poullart des Places est le plus jeune fondateur d'ordre et aussi celui qui disposa du délai le plus court pour consolider son oeuvre. Son histoire était une énigme que, grâce aux archives de l' Aa, une congrégation secrète de piété, Joseph Michel réussit à élucider. La cause de canonisation de Poullart des Places a été introduite en 1989.