Manoeuvre, ouvrier agricole, apiculteur, terrassier, ajusteur, correcteur d'imprimerie, Georges Navel (1904-1993) est connu pour être l'auteur de Travaux, un des grands classiques de la littérature ouvrière paru en 1945. Peu savent qu'il poursuivit sa quête autobiographique et humaniste dans d'autres ouvrages tout aussi remarquables. Comme Passages, son ultime livre, paru en 1982, dans lequel il raconte sa jeunesse. Petit dernier d'une fratrie de treize enfants, il a à peine dix ans quand éclate la Première Guerre mondiale. Pour l'éloigner des combats qui grondent dans sa chère campagne lorraine, la Croix-Rouge l'expédie en Algérie où il découvre avec stupeur les affres du colonialisme. Il retrouve ensuite sa famille à Lyon, y exerce ses premiers petits boulots, et s'immerge dans le bouillonnement anarcho-syndicaliste de la ville, ferment de sa future insoumission et de son engagement en 1936 dans la révolution espagnole. L'oeuvre de Georges Navel, estimée aussi bien par des historiens - Gérard Noiriel ou Anne Steiner -, que par des écrivains - Colette, Jean Giono ou Annie Le Brun- est de celles qui illuminent le paysage littéraire du XXe siècle. Et s'"il y a une tristesse ouvrière dont on ne guérit que par la participation politique", ses mots et ses livres sont un doux remède au désenchantement de notre monde.
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Nombre de pages
382
Date de parution
14/02/2025
Poids
462g
Largeur
141mm
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EAN
9782373091632
Titre
Passages
Auteur
Navel Georges ; Bondon Roméo
Editeur
ECHAPPEE
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141
Poids
462
Date de parution
20250214
Nombre de pages
382,00 €
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Dans ce récit d'une rare sincérité, Georges Navel (1904-1993) raconte sa vie. C'est celle d'un enfant d'ouvriers, né au début du siècle, et qui s'élève par ses propres forces, à travers maintes aventures, à la connaissance du monde, de la société et de soi-même. Son enfance, avant et pendant la guerre de 1914, ses apprentissages, ses vaines tentatives pour adhérer de toute son âme à un parti politique qui satisfasse ses aspirations, son non-conformisme, notamment en matière de service militaire, sa participation à la guerre civile espagnole, sa mobilisation en 1939, son installation dernière comme fermier dans le Midi forment autant de tableaux d'une sobriété, d'une pudeur et d'une franchise exceptionnelles. En même temps c'est la découverte des véritables nourritures terrestres, de la joie de vivre, d'exercer ses muscles, de nager et de dormir, mais aussi de manier la pelle, la pioche ou la lime. La sagesse, un peu teintée de résignation, à quoi l'auteur atteint au terme de son livre (en 1943) n'est pas celle qu'inspire une vue métaphysique de l'homme et du monde mais celle qu'enseignent "une existence lourde d'expérience, un itinéraire spirituel singulièrement âpre et vivant" .
Un des livres les plus beaux inspiré par la condition ouvrière. Travaux, paru au lendemain de la guerre, en 1945, est tout de suite devenu un classique. Les critiques ont comparé Georges Navel à Gorki, à Panaït Istrati, à Eugène Dabit, à Charles-Louis Philippe. Mais Navel fait entendre une voix qui n'appartient qu'à lui. Comme l'a écrit Jean Giono: "Cette patiente recherche du bonheur qui est la nôtre, nous la voyons ici exprimée avec une bonne foi tranquille."
Comme dans Travaux, comme dans tous ses livres, Georges Navel exprime dans Passages la vérité de sa vie par la vérité de l'art. Navel se retourne ici sur son enfance et son adolescence, sur le dur passage à travers les troubles de son siècle. En août 1914, son père est manoeuvre depuis trente-cinq ans aux Fonderies de Pont-à-Mousson. "P'pa, l'Allemagne a déclaré la guerre à la France ! " crie joyeusement l'enfant en apportant à son père le panier du repas. C'est un grand malheur, mais pour l'ouvrier et pour l'enfant ce seront aussi - drôles de vacances - les "grandes vacances" . Le petit Goerges assiste au départ des mobilisés, participe à un convoi d'enfants envoyés en Algérie par la Croix-Rouge, puis retrouve ses parents à Lyon. Il est si impatient de quitter son enfance et de rejoindre les "grands" qu'il abandonne l'école et s'embauche à l'atelier où travaille son frère René. "J'avais verrouillé moi-même le carcan qui pesait sur mon épaule". Mais le prisonnier du travail allait conquérir sa liberté, par ces beaux livres où Giono saluait "cette patiente recherche du bonheur qui est la nôtre, exprimée avec une bonne foi tranquille" .
Après avoir fait la mine, marqué une hésitation, Michel m'embaucha pour les foins. Vingt francs par jour, non nourri. Je me récriai, mais il pouvait, dit-il, trouver avec la crise des tas de types en bas qui seraient contents de travailler pour le prix qu'il m'offrait. Avec dix francs en poche et les difficultés que j'avais connues en bas je n'avais pas le choix, j'acceptai". "En faisant les foins", "L'usine", "Chantier en montagne", "Peinture en bâtiment", "Matin de vendanges", "Les cerises", "Retour à l'usine". . . Dix chapitres de l'une des grandes oeuvres de la littérature prolétarienne : Travaux.
Résumé : Calomnié par Marx, dévoyé par l'extrême droite, délaissé par les libertaires eux-mêmes, Pierre-Joseph Proudhon, le fondateur de l'anarchisme, reste aujourd'hui encore un mal-aimé, presque un inconnu. Dans cet essai magistral, Pierre Ansart nous livre la quintessence de sa pensée sociale, tout en la resituant dans son milieu d'origine : le monde de l'atelier et de la petite manufacture, où l'ouvrier-artisan, fier de son savoir-faire, dirige en même temps qu'il exécute. Proudhon ne refusait pas seulement le capitalisme en tant que système d'exploitation. Il récusait le modèle de la grande entreprise, de la mécanisation à tous crins, de l'accélération généralisée. La société dont rêvait ce partisan de l'autogestion était faite d'unités de production de taille modeste, décentralisées, dans lesquelles les a travailleurs maîtriseraient leur activité de bout en bout, en privilégiant les rythmes tranquilles du temps jadis. Parce qu'il reflète l'univers moral de populations qui n'avaient pas encore été complètement englobées par la technologie et l'économie, l'anarchisme de Proudhon est comme une critique du vieux monde adressée au monde moderne. Mais il n'a rien de réactionnaire ni de dépassé. Au contraire : il cherche à inventer des formes sociales nouvelles capables de redonner vie aux libertés anciennes, tout en leur ajoutant l'égalité sociale.
Résumé : Lors de leur parution en 1860, ces essais ont scandalisé la bourgeoisie britannique. En plein culte du progrès industriel, John Ruskin, ce "Don Quichotte du XIXe siècle", s'attaque d'une plume acérée aux idéologues du capitalisme. Sa critique radicale de l'économie politique ébranle les fondements mêmes de cette pseudoscience, jusqu'à la définition de la richesse. Non, une société ne doit pas avoir pour but la croissance illimitée des forces productives, mais l'épanouissement de la vie, affirme ce livre devenu un classique.
Buber Martin ; Levinas Emmanuel ; Marcolini Patric
Résumé : Le mouvement révolutionnaire s'est construit sur un refoulement : celui du socialisme utopique. Dès la fin du XIXe siècle, les propositions de Fourier, Saint-Simon et Owen ont été écartées par les marxistes car considérées comme non scientifiques. Pourtant, ce n'est pas l'Etat ou le marché qui fait société, mais bien les structures communautaires de voisinage, de travail et d'entraide, ainsi que leur capacité à s'associer librement. Elles sont autant d'îlots de socialisme voués à s'agrandir et à se fédérer, pour aboutir à la communauté des communautés.