Proposer un écrit sur "la règle fondamentale" de Freud, qui touche la parole, confine au paradoxe. Pour le soutenir, il m'a fallu tenter d'expliciter l'ensemble des recommandations non écrites qui accompagnent l'exercice de cette règle dans la psychanalyse d'aujourd'hui, qu'elles concernent le lieu, le temps ou l'argent. L'entreprise, jamais tentée, n'était-elle pas un peu folle ? En m'y risquant, j'ai pu découvrir que toutes ces règles visent à contraindre la parole analysante à faire le sacrifice de l'écrit, en passant par les nécessités d'un praticable où se met en scène le couple de l'analysant et de l'analyste, devenu le véritable moteur de la cure. Une conclusion pouvait facilement s'en tirer : c'est bien la situation théâtrale qui offre le contrepoint le plus précis de l'acte analytique. Elle n'était pas annexe puisque, grâce à la lecture de deux pièces de Shakespeare et de Goldoni, il est possible de démontrer l'inexplicité de Freud. Il se situe dans la dichotomie entre "théorie" et "technique", et la conception d'un appareil de la psychanalyse, que je présente, peut permettre peut-être d'en surmonter les effets.
Nombre de pages
288
Date de parution
30/01/1992
Poids
310g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782700721638
Titre
Le bon mariage. L'appareil de la psychanalyse
Auteur
Nassif Jacques
Editeur
AUBIER
Largeur
135
Poids
310
Date de parution
19920130
Nombre de pages
288,00 €
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Cet ouvrage, écrit en 1977 par un jeune psychanalyste élève de Lacan, étudie de manière complète, précise et intelligente la naissance de la psychanalyse. Il montre dans quel climat intellectuel un médecin viennois, formé à la fin du siècle dernier à la neuropsychologie, va suivre à Paris les leçons de Charcot, pour découvrir du nouveau. S'initiant à la pratique de l'hypnose et rassemblant toutes les données de l'étude des névroses, y compris celles, neurologiques, d'un "appareil à langage", il pourra progressivement former un concept neuf d'Inconscient et formuler une découverte radicale.
La psychanalyse, a-t-on coutume de dire, serait née de l'abandon de l'hypnose, donc du renoncement au pouvoir de la voix. Pour Freud, lui succède le texte du rêve qui, déchiffré dans la cure, fait de l'inconscient une chose qui s'écrit. Lacan dénude la voix comme cause du désir, le dire comme seul avènement de la vérité; mais, à son tour, il refoule sa propre découverte en rêvant d'un langage sans parole: l'écrit. Pourtant, comme l'atteste le retour à la voix qui s'annonce dans ce livre, c'est bien elle seule qui, dans la cure, ouvre l'accès à l'inconscient. C'est elle seule qui se fait entendre dans toute lecture, que ce soit celle du rêve, de la séance ou de ces ?uvres littéraires qui, loin d'effacer le pouvoir de la voix, comme l'ont toujours fait les récits de cas cliniques (impossible d'entendre la voix de l'Homme aux rats ou de l'Homme aux loups), restituent l'effet de la voix même, comme révélation du monde et de la vie. L'enjeu est de taille, on le voit, puisqu'il s'agit de rien moins que du fondement de la psychanalyse elle-même et de la possibilité de sa transmission
Petits dialogues familiers, naturels, presque à bâtons rompus - on les dirait parfois tenus au coin du feu : ces entretiens d'hier et d'aujourd'hui sont ceux de Gitta avec son Ange. Pour la première fois, celle qui fut le scribe des quatre Messagers avoue une intimité qu'elle n'avait jamais révélée jusqu'ici ; après avoir voulu, pendant des années, transmettre l'Enseignement d'une façon aussi rigoureuse et structurée que possible, elle nous raconte enfin à visage découvert comment elle vit, quotidiennement, la présence de son Maître intérieur. Ici se joue une pièce à deux personnages, où il n'est question que de l'essentiel ; tragique par moment, mais avec des pauses, des moments de repos souriant, des face à face tranquilles : " Je lis justement un article scientifique, et je te sens prêt à entamer une petite conversation à ce sujet... " Les grands thèmes des Entretiens s'y retrouvent, bien sûr : l'amour et la joie, la culpabilité et la peur, la naissance de l'homme de demain, la nécessité vitale du don de soi ; mais sous un éclairage différent, qui nous permet d'aller plus loin, d'y découvrir une autre nourriture. Gitta n'a jamais prétendu avoir tout saisi consciemment des paroles de vie qu'elle avait entendues : même si elle sait les Dialogues par c?ur, elle n'en comprend, comme tous les lecteurs, que ce qu'elle est capable d'intégrer, de faire sien. Avec ce nouveau livre, elle vient aujourd'hui nous faire partager ses dernières découvertes.
L'âge d'or du duel en France. ce n'est pas l'époque des mignons de Henri III. mas le siècle du fer et de la vapeur: après la Révolution française, plus besoin d'être noble pour porter l'épée et provoquer un adversaire aussi bien né que vous. Tout le monde peut se battre, et tout le monde se bat, à l'épée, au sabre, au pistolet; à propos d'un pied écrasé par mégarde, d'un article de journal venimeux, ou d'un adultère trop voyant. A force de se battre, on commence à se tuer moins: le dernier duel meurtrier connu a lieu en 1903. Et puis, après la boucherie de la Grande Guerre, le duel s'étiole, même si quelques combats ont encore lieu jusque dans les années 50 - notamment celui qui opposa Defferre à Ribière, indigné d'avoir été traité d'"abruti". Fourmillant de récits de rencontres légendaires ou méconnues, ce beau livre raconte la saga du duel sous toutes ses formes, sociales, littéraires ou politiques.