Si on ne naît pas femme libre, on peut le devenir, mais c'est beaucoup plus facile quand on nous a tracé le chemin". Des rives de la majestueuse Néva baignant Saint-Pétersbourg à la modeste Huveaune qui se faufile jusqu'à la côte marseillaise, en passant par Riga, Berlin et Paris, Lola Miesseroff suit le cours de sa lignée maternelle du XIXe siècle à nos jours. Des femmes qui ont bataillé contre le régime tsariste, vécu les trois révolutions russes, dû fuir le bolchevisme, connu les grèves du Front populaire, la guerre, Mai 68, triché avec l'état civil et la loi, pratiqué e le nudisme révolutionnaire e et milité pour la liberté d'aimer, de procréer et de mourir à sa guise. Une lignée d'insoumises russes, juives et apatrides mais d'abord citoyennes du monde, tour à tour frondeuses, révolutionnaires, résistantes, féministes, amantes libres, épouses courageuses, cheffes de tribu généreuses et altruistes mais aussi de sacrées emmerdeuses. Après avoir fait parler les francs-tireurs des années 68 dans son Voyage en outre-gauche (Libertalia, 2018) et donné ses a recettes de liberté e dans Fille à pédés (Libertalia, 2019), Lola Miesseroff nous livre à présent les clés de son seul héritage : l'indépendance et le combat obstiné pour l'émancipation de toutes et de tous.
Nombre de pages
160
Date de parution
08/09/2022
Poids
144g
Largeur
108mm
Plus d'informations
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EAN
9782377292554
Titre
Davaï !
Auteur
Miesseroff Lola
Editeur
LIBERTALIA
Largeur
108
Poids
144
Date de parution
20220908
Nombre de pages
160,00 €
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De 1968 en France, on ne retient en général que des clichés chocs ou chics : les barricades au Quartier latin, les voitures qui brillent, la pénurie d'essence, les soixante-huitards baba cool et ceux qui ont depuis "fait carrière". On oublie que Mai 68 n'a été que le point culminant d'un mouvement de révolte des ouvriers et des jeunes qui a débuté bien avant et s'est prolongé largement au-delà, que ce mouvement a été très actif loin de la capitale et que les étudiants n'en ont été que la composante la plus visible, tout comme les groupuscules maoïstes et trotskistes. L'auteure propose une autre vision, celle de la mouvance hétérogène qu'elle appelle "l'archipel outre-gauche", allant des anarchistes indépendants à l'ultragauche en passant par les situationnistes, dans un récit choral fait de vécu et de théorisation, d'anecdotes et de réflexion, d'espérances et de désespérance, sans oublier une bonne pincée d'humour et même un peu de sex, drugs, free jazz and rock'n'roll.
Lola Miesseroff n'avait que 18 ans en 1966 lorsqu'elle s'entendit asséner ce qui devint une évidence : elle aimait vraiment beaucoup se lier d'amitié avec les hommes qui préfèrent les hommes et ceux-ci le lui rendaient bien. Une enfance dégenrée, une éducation naturiste et libertaire, un milieu familial socialement en marge l'avaient sans doute bien préparée à ce destin un peu particulier. Des années 1950 à nos jours en passant par Mai 68, de Marseille à Paris via San Francisco, des boîtes de nuit au mariage homogenré en passant par le Front homosexuel d'action révolutionnaire (FHAR), c'est son aventure picaresque et bigarrée qu'elle conte dans ce récit de vie où l'on rencontre des femmes et des hommes singuliers, homo, hétéro et bisexuels, folles et garçonnes, travestis et transgenres.
L'essentiel est de ne parler que de choses dont la presse naturiste ne veut ou ne peut pas parler : notre bulletin est le premier underground naturiste ! " C'est ainsi que l'auteur définit la ligne de ses "Tribunes libres" envoyées de 1971 à 1977 au cercle restreint des membres des Libres Culturistes de Provence, son association naturiste. "Le naturisme de papa" , "La répression sexuelle chez les naturistes" , "Le naturisme et les homosexuels" , "Le naturisme et le bonheur" , "Le naturisme et la jalousie" , ces quelques intitulés donnent un aperçu de la façon dont il entend aider son entourage à s'épanouir : "Le vrai but de notre club, ce n'est pas de mettre ses membres à poil, mais, comme vous le savez, de les rendre heureux" . Pour cela, il part en guerre sur tous les fronts : les évolutions et le devenir du mouvement naturiste, le conformisme et les tabous, les rapports amoureux, ce qu'on appellerait aujourd'hui les rôles genrés et même, brièvement, l'écologie comme reconversion naturiste et politique. Tout cela avec un humour dévastateur dont on retrouve les aspérités dans les lettres de ses lecteurs, dans une écriture jubilatoire où le rire, bien loin de l'entraver, vient stimuler la réflexion.
Le Parti communiste est créé en France en décembre 1920. Au-delà du seul congrès de Tours, qui voit la scission du Parti socialiste SFIO, il importe de comprendre les dynamiques qui aboutissent à ce résultat. Qui sont les principaux militants à l'oeuvre ? Quels sont leurs objectifs politiques ? Comment la scission s'effectue-t-elle en pratique ? Comment le PC s'organise-t-il à ses débuts ? Quels sont alors les liens avec Moscou ? C'est à ces questions que cet ouvrage entend répondre, en mettant en perspective les événements liés à la révolution russe. La création du PC n'est en effet pas un processus qui s'est réalisé en quelques jours ou en quelques semaines, mais un phénomène bien plus long - que l'on observe, avec d'autres modalités, ailleurs en Europe et dans le monde. S'appuyant notamment sur des archives inédites, ce livre est une synthèse de référence qui renouvelle la compréhension de cet événement majeur de notre histoire politique et sociale.
Diriger un gouvernement était une tâche nouvelle et parfois déroutante pour les gens à Smolny. Ils éprouvaient une certaine admiration mêlée de crainte à l'égard de Lénine ; de sorte qu'ils le laissaient volontiers seul tandis qu'ils s'adressaient à Trotski à la moindre difficulté. Celui-ci travaillait avec acharnement et se trouvait souvent au bord de la dépression nerveuse." Alexandra Kollontaï, Maria Spiridonova, Catherine Breshkovski, mais aussi Alexandre Kerenski, Pavel Dybenko, Julius Martov, telles sont quelques-unes des grandes figures que l'on croise au long de ce récit épique, empathique et didactique écrit à chaud entre septembre 1917 et mars 1918, et traduit pour la première fois en français. Envoyée spéciale du Metropolitan et de Seven Arts, Louise Bryant décrit la société russe en révolution, et s'intéresse tout particulièrement à la condition féminine. Elle cherche à convaincre ses compatriotes de soutenir la jeune République soviétique. Relu avec un siècle de recul, son livre dresse le portrait d'un monde sorti des chaînes où tout semblait possible.
Né en Charente (1752) dans une famille nombreuse, Jacques Roux deviendra prêtre - seul moyen d'éducation pour les pauvres - et vicaire de Saint-Nicolas-des-Champs, section des Gravilliers. Il rallie le clergé constitutionnel en 1791, et devient ce que l'on appellera un "curé rouge". Nommé commissaire chargé d'assister à l'exécution de Louis XVI, il fréquente le club des Cordeliers, qui approuve une adresse lue à la Convention le 25 juin 1793 : le "Manifeste des Enragés". Trois jours après le meurtre de Marat, qu'il a connu et hébergé, Roux publie la suite d'un de ses journaux, Le Publiciste de la République. Il y affirme : "Les productions de la terre [...] appartiennent à tous les hommes." Marx le considérera comme l'un des précurseurs du communisme. Robespierre dénonce Roux comme "exagéré" et l'accuse d'avoir voulu "avilir les autorités constituées". Arrêté, persuadé qu'il sera condamné par le tribunal révolutionnaire, Roux se poignarde et meurt le 10 février 1794. Jacques Roux, le curé rouge est un exemple réussi d'"histoire par en bas", qui confirme l'actualité dans les mouvements sociaux du XXIe siècle des revendications des Enragées : droit de tous aux produits de première nécessité, citoyenneté des femmes, souveraineté populaire et démocratie directe.
C'est du Havre rebelle et populaire dont il est question ici. De ces Havrais-es qui luttent pour exister, pas de ceux qui se calfeutrent derrière leurs volets clos par peur des autres, pas de ceux qui cherchent à faire de l'argent sur le dos du populo. Il est question de manifestations et de grèves, bien sûr, mais aussi d'histoires qu'il ne faut pas oublier, de quartiers et de musique, de Kaurismäki et de Little Bob, de chiffon rouge et de Jules Durand, mais aussi de solidarité et d'entraide." Jean-Pierre Levaray