Comment les Barcelonais sont-ils devenus Catalans ? La question peut paraître provocatrice. Pourtant, entre le moment où l'Etat libéral se construit et la veille de la Guerre civile, Barcelone connaît un bouleversement identitaire sans précédent qui change sa manière de se sentir catalane. Les politiques de mémoire, c'est-à-dire l'ensemble des usages politiques du passé, offrent un point de vue original sur ce phénomène : à l'aide de monuments commémoratifs et de plaques de rue, de nouvelles références au passé racontent une autre histoire de la Catalogne et de l'Espagne. Mais la détermination d'une mémoire hégémonique, avalisée par les autorités locales, est l'objet d'innombrables conflits politiques que ce livre se propose de décrire. C'est au fond à une évocation inédite de Barcelone. de sa vie politique, sociale et culturelle que le lecteur est invité ici. Au-delà de celle histoire, il reste une passion " statuomaniaque ", qu'il s'agit de comprendre. Une sociologie de la mémoire conduit à décrypter les fondements de la société commémorante, cette partie de la société catalane qui prend en charge pour l'ensemble de la collectivité la gestion des souvenirs collectifs. Qui sont les entrepreneurs de mémoire ? Quelles stratégies déploient-ils pour plier l'ensemble de la société à l'exercice du souvenir ? A quelle époque est née la commémoration ? Quel intérêt les Barcelonais de la fin du XIXe siècle trouvent-ils à multiplier les rites commémoratifs ? Quel sens ce geste revêt-il à leurs yeux ? Quel rapport existe entre la commémoration et les différentes formes de mobilisation collective qui surgissent au XIXe siècle, telles la grève et la manifestation ? Quels sont les lieux urbains privilégiés de cette activité mémorielle ? A travers ces questions, on constate que la mémoire n'est pas seulement un discours sur le passé d'un groupe mais aussi une pratique sociale ancrée clans une époque. Barcelone, mémoire et identité est un essai d'histoire de la mémoire qui tente de saisir les lentes variations du rapport social au passé.
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Nombre de pages
350
Date de parution
08/11/2007
Poids
647g
Largeur
154mm
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EAN
9782753504813
Titre
Barcelone. Mémoire et identité 1830-1930
Auteur
Michonneau Stéphane
Editeur
PU RENNES
Largeur
154
Poids
647
Date de parution
20071108
Nombre de pages
350,00 €
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Janus avait deux visages ; Franco, lui, en affichait bien une centaine. "Paquito" pour les intimes, "Miss Canarias" pour ses compagnons d'armes en 1936, "Generalísimo", "Caudillo" ou "Son Excellence" au faîte de son pouvoir. Jusqu'à "El Abuelo" - le grand-père - dans les années 1960. Autant de surnoms, autant de figures, pour un seul homme. Mais qui était vraiment Franco derrière ces différents masques ? Stéphane Michonneau retrace l'implacable construction d'une légende, savamment orchestrée par le dictateur lui-même, puis remodelée par les générations successives. Du héros autoproclamé au fantôme embarrassant, chaque époque a réinventé "son" Franco, en fonction de ses peurs, de ses oublis ou de ses besoins. Entre culte officiel, mémoire républicaine, silences familiaux et falsifications assumées, Franco a survécu à sa propre mort, infiltrant les esprits et les paysages. Reste l'énigme d'un homme, et, plus encore, celle d'un pays tout entier. Inquiète, divisée, l'Espagne d'aujourd'hui continue de porter l'empreinte du Caudillo. Ce livre en explore les traces. Il invite à regarder Franco non plus comme une ombre du passé, mais comme une présence persistante qui continue d'agiter les débats et de fracturer le présent.
Résumé : Se promener le long d'une plage ; heurter une bouteille jetée à la mer par un inconnu, il y a près de cinquante ans ; l'ouvrir, piqué par la curiosité ; se croire, au départ, le simple passeur d'une histoire qui n'est pas la sienne ; puis, se laisser gagner par la lecture de cet ouvrage inédit ; mener des recherches pour comprendre : voilà mon histoire. Cette bouteille que je n'ai pas eu le courage de rejeter, ce sont deux gros volumes verts cousus main dont j'apprends fortuitement l'existence par un courrier, le 22 décembre 2001. Retrouvées dans le grenier d'un pasteur du sud-est de la France, ces cinq cents pages écrites en castillan resurgissent après cinquante ans d'oubli. Elles s'avèrent être l'un des premiers témoignages, capital, du système concentrationnaire franquiste. Sans le vouloir, je suis happé par le mystère de cette présence du passé qui est mémoire. Qui est l'auteur ? Quelle est l'histoire de ce manuscrit ? Par quel étrange chemin s'est-il retrouvé sur mon bureau ? Que raconte ce récit qui s'affiche comme un roman historique ? Que puis-je en faire en historien ? Pendant dix ans, je mène une enquête décousue, pleine de pièges et de rebondissements. Unique lecteur de cette oeuvre oubliée, je comprends bientôt que, malgré moi, je fais partie de cette histoire. Mais alors, comment la raconter sans remettre en question ce que je croyais savoir de mon métier d'historien ? Histoire d'une enquête où l'enquêteur devient l'enquêté.
Belchite, bourg situé à 40 kilomètres au sud-est de Saragosse, a été un lieu de combats extrêmement violents entre les républicains et les nationalistes pendant la guerre civile espagnole. Y cohabitent désormais deux espaces. Le village détruit, en ruines, et conservé depuis dans son état originel. Et, en contrebas, le nouveau bourg dans lequel la population a été transférée entre 1940 et 1963 et où vit désormais " une petite communauté rurale en sursis ". Vitrine du franquisme, Belchite est le lieu à partir duquel Franco avait annoncé en 1938 la construction d'un monde nouveau sur les débris de l'ancien. Stéphane Michonneau analyse les usages politiques, sociaux et culturels de ces ruines. Les mémoires, les émotions s'entrechoquent dans ce village fantôme où les morts semblent continuer à dialoguer avec les vivants. L'auteur nous invite à parcourir ce site où le passé est à fleur de sol et à comprendre la place de Belchite dans les grands lieux de mémoire de l'Espagne contemporaine.
Résumé : Certains intellectuels ont annoncé que la seconde moitié du XXe siècle inaugurerait l'ère " post-nationale ". Les conflits nationaux et ethniques des années 1990 ont invalidé cette vision. Si le XIXe siècle marque l'émergence et la consolidation des nations en Europe occidentale, le XXe siècle est bien celui de la diffusion du modèle national à toute l'Europe comme celui de l'exacerbation des nationalismes. L'approche thématique et transversale de ce dictionnaire invite à comprendre comment les nations européennes ont été " inventées " et conduit à réfléchir aux effets des nationalismes. Les 28 notices explicitent des notions fondamentales et contiennent des références nourries aux histoires des différentes nations européennes. Trois index détaillés permettent une entrée dans l'ouvrage soit par noms propres, soit par institutions, soit par lieux et peuples, faisant de ce livre un outil de référence. Une bibliographie et de nombreuses cartes fournissent des repères pour compléter les analyses.
Humbert-Amemiya Hiroko ; Cabel Eflamm ; Numajiri R
Le japonais... comme au Japon. Chotto Nihongo vous offre : des explications en français facilitant l'auto-apprentissage, un lexique de plus de 1 300 mots et une centaine d'idéogrammes (Kanji) pour découvrir et pratiquer l'écriture japonaise ; un accès aux structures de base de la langue et de la grammaire japonaises avec des exercices corrigés ; des dialogues et de petits textes inspirés de la vie quotidienne avec les expressions usuelles pour se débrouiller dans la vie réelle. Ils sont suivis par des exercices de compréhension et leurs corrigés en fin de volume ; des présentations du contexte socioculturel japonais comme dans aucun autre manuel. Chotto Nihongo est un excellent outil interactif entre étudiants et enseignants dans un cursus d'apprentissage du japonais. C'est dans un tel cadre qu'il a été élaboré, au cours de plusieurs années, par l'auteur.
Cohen Evelyne ; Gangloff Anne ; Giuliani Jean-Domi
Comment fabrique-t-on des héros et des héroïnes ? Comment expliquer que certains processus d'héroïsation aboutissent à la reconnaissance publique d'un individu comme supérieur, digne d'un culte (au sens propre ou métaphorique), alors que d'autres échouent ? Le livre qui étudie à la fois des textes et des images fixes ou en mouvement porte sur le phénomène de l'héroïsation conçu comme un processus de construction développé par un réseau d'acteurs. Il s'attache aux processus d'héroïsation eux-mêmes en examinant divers attributs, acteurs et obstacles. Il analyse différentes figures d'héroïnes et de héros à une période donnée, dans le temps long ou bien dans une perspective genrée. Il interroge la temporalité des héroïsations : certaines périodes historiques, certains régimes politiques, certaines sociétés ont été plus propices que d'autres au phénomène de l'héroïsation, et c'est précisément le cas de notre époque où l'on parle de plus en plus souvent de héros, comme on le constate depuis la Covid et la guerre en Ukraine. Il s'inscrit de façon pluridisciplinaire dans une vaste perspective chronologique, depuis l'Antiquité grecque, grande pourvoyeuse de héros, jusqu'à Zelenski, héros de la série télévisée "Serviteur du peuple" . Publié dans le cadre de la chaire Jean Monnet FABER de l'université Rennes 2
Fille aînée de Louis XV, Louise-Elisabeth (1727-1759), dite Madame Infante après son mariage avec Don Philippe, fils cadet de Philippe V d'Espagne, est sans doute l'une des princesses européennes les plus mystérieuses et les moins connues du XVIIIe siècle. Cette femme de tête connaît une destinée particulière en devenant, à l'issue de la guerre de Succession d'Autriche (1740-1748), duchesse de Parme, Plaisance et Guastalla. Cependant, Madame Infante ne voit dans ces Etats qu'un séjour de transition dans l'attente d'un établissement plus digne de sa naissance. Aussi n'a-t-elle qu'un seul souci, les échanger ou les agrandir. Jamais elle ne se résigne au rang modeste que lui assigne le traité d'Aix-la-Chapelle. Pour autant, elle ne se désintéresse pas des duchés et s'efforce d'y vivre en tentant de recréer la splendeur de la cour de Versailles, tout en cherchant à s'émanciper de la tutelle espagnole pour mieux défendre ses intérêts. Pour mener à bien sa politique de grandeur, elle cultive sans relâche son réseau de correspondants (ministres, diplomates, maîtresse royale) dont elle espère tirer les plus grands bienfaits. Eprise d'un amour filial, elle conserve aussi des relations très étroites avec sa famille et n'hésite pas à revenir à plusieurs reprises à Versailles pour plaider sa cause. Situé à la charnière de l'histoire des femmes de pouvoir et des relations internationales, l' ouvrage a pour ambition de dresser le portrait d'une souveraine en action, omniprésente tant dans la politique parmesane qu'européenne.
Les années Milliat" forment un moment particulier de l'histoire des femmes en France. Dans le contexte de la Grande Guerre et de ses suites, des femmes s'organisent de manière autonome pour braver les interdits qui pèsent sur leur corps, et revendiquent le droit au mouvement, au sport, à l'accès aux compétitions. Alice Milliat représente le pendant féminin, féministe et populaire de Pierre de Coubertin et d'un CIO hostile aux femmes. De l'échelle du club à celle de la fédération internationale, elle organise des réseaux de sportives permettant l'accès aux sports jugés trop masculins (football, rugby), au plein air, aux rencontres amicales ou de haut niveau, aux voyages... une vie plus libre pour les jeunes femmes des grandes villes provoquant l'ire des plus conservateurs. "La présidente" , comme on l'appelle, n'est pas seule. Elle sait s'entourer, et les sportives bénéficient aussi de l'aide de "la doctoresse" Marie Houdré, de la directrice de l'Ecole de haut enseignement commercial pour jeunes filles Louli Sanua, de la journaliste féministe Jane Misme, de la championne d'athlétisme et aviatrice Sophie Eliott-Lynn : toute une génération de militantes convaincues que l'égalité passera aussi par le sport.