Comment les Barcelonais sont-ils devenus Catalans ? La question peut paraître provocatrice. Pourtant, entre le moment où l'Etat libéral se construit et la veille de la Guerre civile, Barcelone connaît un bouleversement identitaire sans précédent qui change sa manière de se sentir catalane. Les politiques de mémoire, c'est-à-dire l'ensemble des usages politiques du passé, offrent un point de vue original sur ce phénomène : à l'aide de monuments commémoratifs et de plaques de rue, de nouvelles références au passé racontent une autre histoire de la Catalogne et de l'Espagne. Mais la détermination d'une mémoire hégémonique, avalisée par les autorités locales, est l'objet d'innombrables conflits politiques que ce livre se propose de décrire. C'est au fond à une évocation inédite de Barcelone. de sa vie politique, sociale et culturelle que le lecteur est invité ici. Au-delà de celle histoire, il reste une passion " statuomaniaque ", qu'il s'agit de comprendre. Une sociologie de la mémoire conduit à décrypter les fondements de la société commémorante, cette partie de la société catalane qui prend en charge pour l'ensemble de la collectivité la gestion des souvenirs collectifs. Qui sont les entrepreneurs de mémoire ? Quelles stratégies déploient-ils pour plier l'ensemble de la société à l'exercice du souvenir ? A quelle époque est née la commémoration ? Quel intérêt les Barcelonais de la fin du XIXe siècle trouvent-ils à multiplier les rites commémoratifs ? Quel sens ce geste revêt-il à leurs yeux ? Quel rapport existe entre la commémoration et les différentes formes de mobilisation collective qui surgissent au XIXe siècle, telles la grève et la manifestation ? Quels sont les lieux urbains privilégiés de cette activité mémorielle ? A travers ces questions, on constate que la mémoire n'est pas seulement un discours sur le passé d'un groupe mais aussi une pratique sociale ancrée clans une époque. Barcelone, mémoire et identité est un essai d'histoire de la mémoire qui tente de saisir les lentes variations du rapport social au passé.
Nombre de pages
350
Date de parution
08/11/2007
Poids
647g
Largeur
154mm
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EAN
9782753504813
Titre
Barcelone. Mémoire et identité 1830-1930
Auteur
Michonneau Stéphane
Editeur
PU RENNES
Largeur
154
Poids
647
Date de parution
20071108
Nombre de pages
350,00 €
Disponibilité
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Se promener le long d'une plage ; heurter une bouteille jetée à la mer par un inconnu, il y a près de cinquante ans ; l'ouvrir, piqué par la curiosité ; se croire, au départ, le simple passeur d'une histoire qui n'est pas la sienne ; puis, se laisser gagner par la lecture de cet ouvrage inédit ; mener des recherches pour comprendre : voilà mon histoire. Cette bouteille que je n'ai pas eu le courage de rejeter, ce sont deux gros volumes verts cousus main dont j'apprends fortuitement l'existence par un courrier, le 22 décembre 2001. Retrouvées dans le grenier d'un pasteur du sud-est de la France, ces cinq cents pages écrites en castillan resurgissent après cinquante ans d'oubli. Elles s'avèrent être l'un des premiers témoignages, capital, du système concentrationnaire franquiste. Sans le vouloir, je suis happé par le mystère de cette présence du passé qui est mémoire. Qui est l'auteur ? Quelle est l'histoire de ce manuscrit ? Par quel étrange chemin s'est-il retrouvé sur mon bureau ? Que raconte ce récit qui s'affiche comme un roman historique ? Que puis-je en faire en historien ? Pendant dix ans, je mène une enquête décousue, pleine de pièges et de rebondissements. Unique lecteur de cette oeuvre oubliée, je comprends bientôt que, malgré moi, je fais partie de cette histoire. Mais alors, comment la raconter sans remettre en question ce que je croyais savoir de mon métier d'historien ? Histoire d'une enquête où l'enquêteur devient l'enquêté.
Belchite, bourg situé à 40 kilomètres au sud-est de Saragosse, a été un lieu de combats extrêmement violents entre les républicains et les nationalistes pendant la guerre civile espagnole. Y cohabitent désormais deux espaces. Le village détruit, en ruines, et conservé depuis dans son état originel. Et, en contrebas, le nouveau bourg dans lequel la population a été transférée entre 1940 et 1963 et où vit désormais " une petite communauté rurale en sursis ". Vitrine du franquisme, Belchite est le lieu à partir duquel Franco avait annoncé en 1938 la construction d'un monde nouveau sur les débris de l'ancien. Stéphane Michonneau analyse les usages politiques, sociaux et culturels de ces ruines. Les mémoires, les émotions s'entrechoquent dans ce village fantôme où les morts semblent continuer à dialoguer avec les vivants. L'auteur nous invite à parcourir ce site où le passé est à fleur de sol et à comprendre la place de Belchite dans les grands lieux de mémoire de l'Espagne contemporaine.
Janus avait deux visages ; Franco, lui, en affichait bien une centaine. "Paquito" pour les intimes, "Miss Canarias" pour ses compagnons d'armes en 1936, "Generalísimo", "Caudillo" ou "Son Excellence" au faîte de son pouvoir. Jusqu'à "El Abuelo" - le grand-père - dans les années 1960. Autant de surnoms, autant de figures, pour un seul homme. Mais qui était vraiment Franco derrière ces différents masques ? Stéphane Michonneau retrace l'implacable construction d'une légende, savamment orchestrée par le dictateur lui-même, puis remodelée par les générations successives. Du héros autoproclamé au fantôme embarrassant, chaque époque a réinventé "son" Franco, en fonction de ses peurs, de ses oublis ou de ses besoins. Entre culte officiel, mémoire républicaine, silences familiaux et falsifications assumées, Franco a survécu à sa propre mort, infiltrant les esprits et les paysages. Reste l'énigme d'un homme, et, plus encore, celle d'un pays tout entier. Inquiète, divisée, l'Espagne d'aujourd'hui continue de porter l'empreinte du Caudillo. Ce livre en explore les traces. Il invite à regarder Franco non plus comme une ombre du passé, mais comme une présence persistante qui continue d'agiter les débats et de fracturer le présent.
Résumé : Certains intellectuels ont annoncé que la seconde moitié du XXe siècle inaugurerait l'ère " post-nationale ". Les conflits nationaux et ethniques des années 1990 ont invalidé cette vision. Si le XIXe siècle marque l'émergence et la consolidation des nations en Europe occidentale, le XXe siècle est bien celui de la diffusion du modèle national à toute l'Europe comme celui de l'exacerbation des nationalismes. L'approche thématique et transversale de ce dictionnaire invite à comprendre comment les nations européennes ont été " inventées " et conduit à réfléchir aux effets des nationalismes. Les 28 notices explicitent des notions fondamentales et contiennent des références nourries aux histoires des différentes nations européennes. Trois index détaillés permettent une entrée dans l'ouvrage soit par noms propres, soit par institutions, soit par lieux et peuples, faisant de ce livre un outil de référence. Une bibliographie et de nombreuses cartes fournissent des repères pour compléter les analyses.
Pourquoi établir des liens entre des images de films radicalement différents, au-delà des auteurs, des pays et des époques ? Parce que ces images convoquent des motifs visuels qui hantent le cinéma depuis ses origines : la fenêtre, la nuque, l'escalier, le miroir, le labyrinthe, le téléphone, le chat, le cri, et tant d'autres... Ces motifs ont des affinités profondes avec le langage et le récit cinématographiques. Ils sont de ce fait universels, pluriels, ambigus, et chaque cinéaste est incité à les adopter, les transformer et les réinterpréter. Les motifs de cinéma ont une grande agilité à se mouvoir : migrer d'un film à l'autre, d'un cinéaste à l'autre, d'une époque à une autre. Par le jeu des reprises et des différences, ils imprègnent la mémoire émotionnelle du spectateur et ouvrent une nouvelle perspective à l'histoire du cinéma. Les soixante motifs analysés et le millier de films cités donnent la mesure de l'impact visuel et narratif de ces images séminales, souvent reliées à la tradition picturale. Ce livre établit des liens comparatifs entre des créateurs qui ont confronté leur art à un même motif, permettant ainsi d'identifier leur singularité, leur rapport intime et personnel à ce motif, et leur rapport à l'histoire commune des images cinématographiques. Une des ambitions principales de cette riche collection de textes, adossés à des photogrammes choisis par les auteurs eux-mêmes, est de susciter l'émergence d'une possible théorie du motif en cinéma.
La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ...A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre Hirsch4e de couverture : La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ...A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre HirschNotes Biographiques : Jean-Luc Mastin est maître de conférences en histoire économique et sociale contemporaine à l'université Paris 8.
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.