Il existe aujourd'hui une constellation de manières de faire famille : monoparentale, recomposée, homoparentale, adoptive, en co-parentalité sans couple amoureux, choisie entre amis... Mais en quoi ces nouvelles formes familiales témoignent-elles de quelque chose de vraiment nouveau, dans la perspective de l'expérience analytique ? Dès la fin des années 1960, alors que la mondialisation et la libéralisation des moeurs charriaient leur lot d'espérances, Lacan mettait en garde son auditoire en pointant l'échec des utopies communautaires qui prétendaient remplacer la famille. Le mode de jouissance de chaque sujet a un caractère de singularité indissoluble dans le lien social et en premier lieu dans le lien familial, qui en est une forme bien particulière. C'est ce qui cause le malaise dans la famille qui, lui, n'a rien d'inédit : ce qui est nouveau, c'est la forme que prend ce malaise quand dominent des idéaux égalitaristes et individualistes qui effacent l'incarnation du désir. Qu'est-ce qui, dans la famille - qu'elle se rêve néo ou qu'elle se veuille tradi -, pourrait soutenir la séparation des jouissances confuses ? La famille s'illustre par un certain éclatement, voire par un rejet, mais elle n'a pas fini de jeter ses éclats, dans la mesure où la fonction de transmission qu'elle soutient a un caractère irréductible, constituant pour le sujet. Ce numéro montre combien la logification qu'a opérée Lacan sur la famille oedipienne, avec les concepts de fonction paternelle et maternelle, d'objet a et de symptôme, de savoir et de jouissance, de nomination ou encore de lalangue, permet de saisir la manière dont cette transmission opère, ou pas, au cas par cas, dans les familles.
Nombre de pages
208
Date de parution
14/11/2025
Poids
320g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9791090482241
Auteur
MENTAL
Editeur
REVUE MENTAL
Largeur
150
Date de parution
20251114
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208,00 €
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ui, ceci n'est pas un projet de happy few, même si, happy et few, aujourd'hui nous le sommes. Ce n'est pas non plus un projet qui ait la masse pour objet et pour moyen. C'est dès le départ un projet défini par le principe de uno por uno, constitutif du discours analytique, et qui ne dit rien du nombre. Ce n'est pas affaire de nombre, mais de structure. " Jacques-Alain Miller à l'Assemblée générale de l'EEP (Paris, Palais des congrès, le 2 octobre 1992).
Les formes sous lesquelles le surmoi se présente varient en fonction des discours dominants, mais sa voracité, qui est consubstantielle à l'être parlant, persiste et signe l'irréductible du malaise dans la civilisation. Nous sommes passés d'un régime d'interdiction de la jouissance à celui de l'impératif de jouissance ? tout autant impossible à satisfaire. Cette bascule entre l'interdiction et la prescription n'est pas sans modifier les formes que revêtent les inhibitions, symptômes et angoisses contemporaines, qui portent désormais la marque de l'excès plutôt que celle du manque. Les discours actuels, charriant leur lot d'injonctions à la consommation, à la réussite, à la beauté, à l'autodétermination, alimentent la gourmandise du surmoi et laissent le sujet aux prises avec l'impossible à jouir. Derrière cette liberté apparente, on voit poindre un nouvel « ordre de fer », gouverné par des mots d'ordre souvent porteurs de haine. Mais en deçà de ces changements de discours, ce qui ne se modifie pas et que le surmoi révèle, c'est que l'être parlant est dès l'origine soumis à la contrainte de signifiants insensés, qu'une analyse peut permettre d'isoler afin de tempérer la jouissance qu'ils sécrètent.
Pour Lacan, le corps morcelé est la condition primitive du sujet, antérieure à toute unité imaginaire. C'est le langage qui, découpant le corps, en fait un « amas de pièces détachées » et de circuits pulsionnels. Cependant, les discours fragmentent le corps de manière différente selon les moments de la civilisation. À la Renaissance, l'émergence du discours scientifique, qui ne tient pas compte de la belle forme du corps ou de sa prise dans le signifiant, ouvre à la possibilité d'opérer des dissections sur le réel de l'organisme. Les progrès de la médecine scientifique font aujourd'hui exister un corps toujours plus quantifiable, mesurable, percé à jour par l'imagerie, segmenté par l'hyperspécialisation, réparé voire augmenté par les prothèses. Mais, derrière ce corps objectivé persiste le corps subjectivé, dont le morcellement par le signifiant et la jouissance est pour chacun toujours singulier. Dans le contexte du déclin des traditions, le corps devient lieu d'inventions originales et multiples. Notre époque est en outre marquée par la prolifération de gadgets connectés aux organes ? mais l'angoisse ne manque pas de surgir lorsque le corps ou la technique font défaut. Ce numéro explore ainsi une clinique très contemporaine : corps débordés par l'agitation ou désertés par le désir, corps fatigués ou mis à l'épreuve dans le sport extrême, corps exhibés, corps addicts? Ces symptômes ne peuvent être lus ni traités qu'à la lumière du concept lacanien de jouissance, entendue comme l'effet de la parole sur le corps.
365 Pensées impactantes pour vous transformer est une invitation à un voyage intérieur de 365 jours, destiné à réveiller la force, la lucidité et la sagesse qui sommeillent en chacun de nous. A travers une pensée quotidienne, ce livre accompagne le lecteur pas à pas sur le chemin de la transformation personnelle. Chaque page nourrie de philosophie, de métaphores puissantes et d'une vision empreinte de résilience, de discipline et de spiritualité moderne. Ces pensées ont été écrites pour redonner confiance, aider à surmonter les épreuves, renforcer l'estime de soi et développé une mentalité solide face aux défis de vie. Elles invitent à ralentir, à observer, à se recentrer et à agir avec intention. Ce livre ne promet pas des solutions miracles, mais un ancrage quotidien, celui d'un guerrier de lumière, capable d'affronter ses peurs, de transformer ses blessures en force, et de rester fidèle à ses valeurs.
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L'inclusion est devenue un véritable idéal de notre époque qui circule dans tous les pans de notre société à l'école bien sûr, mais aussi dans le champ médico-social et psychiatrique et également au-delà, dans l'architecture par exemple sans oublier la langue. Comment la psychanalyse peut-elle éclairer une telle tendance qui produit de nouvelles lois, normes et règles qui loin de favoriser le lien social vers lequel elles tendent semblent paradoxalement le mettre à mal ...
Alors que la somme des savoirs s'accumule, que les preuves, les chiffres convergent pour dire l'urgence d'agir face à la nouvelle donne climatique et ses conséquences délétères, rien ne semble suffire à penser une action collective : Déni ? Cynisme ? Impossibilité de penser la disparition de l'espèce humaine, en une transposition à l'échelle collective de ce que Freud disait de l'impossibilité de penser sa propre mort ? Comme analystes, nous sommes regardés à plus d'un titre par ce "point où nous en sommes" pour reprendre les mots de Lacan qui n'a pas manqué, tout au long de son enseignement, d'offrir des clefs pour ne pas reculer devant le réel de ce qui vient comme suite logique de l'alliance de la science et du capitalisme, de "la montée au zénith social de l'objet a" et de son envers : l'accumulation des déchets qui sont le signe tangible de toute civilisation, la pollution, l'angoisse du scientifique. Ce nouveau numéro de Mental s'attachera donc à mettre à jour ces moments-phares de l'enseignement de Lacan pour en extraire un savoir qui fasse boussole : plusieurs textes s'emploient à déplier un tel aggiornamento, d'autres constituent une clinique des nouveaux discours, des extrêmes-droites nationalistes qui détournent la question pour l'instrumentaliser aux nouveaux nouveaux récits qui tentent d'ouvrir un savoir y faire affine à l'éthique lacanienne. Deux immenses intellectuels nous frayent également la voie : Bruno Latour qui offre ici les conclusions d'une vie passée à saisir la façon de penser ce "nouveau régime climatique" , et Eloi Laurent qui déconstruit et la croyance en l'économie comme science et l'idéologie de la croissance.
Ce nouveau numéro de Mental explore les multiples résonances de la figure du père aujourd'hui, pour montrer l'usage qu'en font au quotidien les analysantes et analysants qui inventent dans le dispositif analytique une manière de se servir de leur version du père. â?¢des textes d'analystes sur le tout dernier enseignement de Lacan et la façon dont il dépassa la version freudienne du père symbolique pour montrer son usage au-delà de l'Oedipe, sans céder pour autant sur la nécessité de faire lien autrement qu'avec la référence au père universel. « Clinique et critique du patriarcat » : résonances de la figure du père dans la culture et la civilisation, et présentations cliniques sur la question de l'usage du père par des praticiens exerçant dans toute l'Europe. â?¢Deux entretiens avec deux grands intellectuels, l'ethnologue Pierre Lemonnier, et la romancière Gwenaëlle Aubry