Mental N° 50, novembre 2024 : Gourmandise du surmoi
MENTAL
REVUE MENTAL
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EAN :9791090482227
Les formes sous lesquelles le surmoi se présente varient en fonction des discours dominants, mais sa voracité, qui est consubstantielle à l'être parlant, persiste et signe l'irréductible du malaise dans la civilisation. Nous sommes passés d'un régime d'interdiction de la jouissance à celui de l'impératif de jouissance ? tout autant impossible à satisfaire. Cette bascule entre l'interdiction et la prescription n'est pas sans modifier les formes que revêtent les inhibitions, symptômes et angoisses contemporaines, qui portent désormais la marque de l'excès plutôt que celle du manque. Les discours actuels, charriant leur lot d'injonctions à la consommation, à la réussite, à la beauté, à l'autodétermination, alimentent la gourmandise du surmoi et laissent le sujet aux prises avec l'impossible à jouir. Derrière cette liberté apparente, on voit poindre un nouvel « ordre de fer », gouverné par des mots d'ordre souvent porteurs de haine. Mais en deçà de ces changements de discours, ce qui ne se modifie pas et que le surmoi révèle, c'est que l'être parlant est dès l'origine soumis à la contrainte de signifiants insensés, qu'une analyse peut permettre d'isoler afin de tempérer la jouissance qu'ils sécrètent.
Nombre de pages
208
Date de parution
12/11/2024
Poids
310g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9791090482227
Titre
Mental N° 50 : Gourmandise du surmoi
Auteur
MENTAL
Editeur
REVUE MENTAL
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150
Poids
310
Date de parution
20241112
Nombre de pages
208,00 €
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Pour Lacan, le corps morcelé est la condition primitive du sujet, antérieure à toute unité imaginaire. C'est le langage qui, découpant le corps, en fait un « amas de pièces détachées » et de circuits pulsionnels. Cependant, les discours fragmentent le corps de manière différente selon les moments de la civilisation. À la Renaissance, l'émergence du discours scientifique, qui ne tient pas compte de la belle forme du corps ou de sa prise dans le signifiant, ouvre à la possibilité d'opérer des dissections sur le réel de l'organisme. Les progrès de la médecine scientifique font aujourd'hui exister un corps toujours plus quantifiable, mesurable, percé à jour par l'imagerie, segmenté par l'hyperspécialisation, réparé voire augmenté par les prothèses. Mais, derrière ce corps objectivé persiste le corps subjectivé, dont le morcellement par le signifiant et la jouissance est pour chacun toujours singulier. Dans le contexte du déclin des traditions, le corps devient lieu d'inventions originales et multiples. Notre époque est en outre marquée par la prolifération de gadgets connectés aux organes ? mais l'angoisse ne manque pas de surgir lorsque le corps ou la technique font défaut. Ce numéro explore ainsi une clinique très contemporaine : corps débordés par l'agitation ou désertés par le désir, corps fatigués ou mis à l'épreuve dans le sport extrême, corps exhibés, corps addicts? Ces symptômes ne peuvent être lus ni traités qu'à la lumière du concept lacanien de jouissance, entendue comme l'effet de la parole sur le corps.
L'inclusion est devenue un véritable idéal de notre époque qui circule dans tous les pans de notre société à l'école bien sûr, mais aussi dans le champ médico-social et psychiatrique et également au-delà, dans l'architecture par exemple sans oublier la langue. Comment la psychanalyse peut-elle éclairer une telle tendance qui produit de nouvelles lois, normes et règles qui loin de favoriser le lien social vers lequel elles tendent semblent paradoxalement le mettre à mal ...
Ce nouveau numéro de Mental explore les multiples résonances de la figure du père aujourd'hui, pour montrer l'usage qu'en font au quotidien les analysantes et analysants qui inventent dans le dispositif analytique une manière de se servir de leur version du père. â?¢des textes d'analystes sur le tout dernier enseignement de Lacan et la façon dont il dépassa la version freudienne du père symbolique pour montrer son usage au-delà de l'Oedipe, sans céder pour autant sur la nécessité de faire lien autrement qu'avec la référence au père universel. « Clinique et critique du patriarcat » : résonances de la figure du père dans la culture et la civilisation, et présentations cliniques sur la question de l'usage du père par des praticiens exerçant dans toute l'Europe. â?¢Deux entretiens avec deux grands intellectuels, l'ethnologue Pierre Lemonnier, et la romancière Gwenaëlle Aubry
Les maladies de la mentalité se distinguent des maladies mentales sérieuses, telles que Jacques Lacan les qualifiait. Elles concernent ces « fous normaux qui constituent notre ambiance », ces inclassables qui échappent aux catégories psychiatriques classiques. Elles ne forment pas pour autant une nouvelle entité diagnostique, mais un concept qui nous permet de saisir une série de phénomènes qui, du fait du déclin de l'ordre social traditionnel, prennent de l'ampleur dans la clinique contemporaine : errance, quête identitaire, hypertrophie de l'image et du narcissisme, fascination pour le monde virtuel et les développements de l'intelligence artificielle.