Le cancer, si l'on en croit la formule consacrée, est une " longue maladie ". Cet ouvrage de sociologie analyse in situ les différents temps de cette maladie si particulière. Le plus souvent, se soigner implique une relation sur la durée avec la médecine : démarche diagnostique, temps des traitements, des soins, et enfin temps du contrôle des résultats s'échelonnant encore sur une dizaine d'années si aucune récidive n'apparaît entre-temps. Chaque patient voit son existence soumise à un contact régulier avec la médecine anticancéreuse et s'emploie à mettre en œuvre un travail (le plus souvent solitaire) d'ajustement à ce dispositif de traitements. Cet ouvrage examine la façon dont les malades sont soignés par une médecine hautement spécialisée mais encore loin d'être adaptée aux maladies de longue durée. Marie Ménoret a souhaité rendre compte de la dimension, non plus individuelle, mais sociale et collective de l'expérience du cancer. Elle s'est alors immergée dans un centre de lutte contre le cancer. Elle a vécu l'expérience du patient dans la continuité, se faisant parfois agent de service hospitalier pour les besoins de son observation, et a analysé en sociologue la totalité des étapes que le malade doit franchir.
Nombre de pages
292
Date de parution
17/11/2007
Poids
376g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782915651706
Titre
Les temps du cancer
Auteur
Ménoret Marie ; Spire Antoine
Editeur
BORD DE L EAU
Largeur
140
Poids
376
Date de parution
20071117
Nombre de pages
292,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Les personnes qui se font soigner pour un cancer sont le plus souvent soumises à un contact de longue durée avec la médecine. Il y a d'abord tout ce qui relève de la démarche diagnostique en amont des soins à proprement parler ; il y a ensuite les traitements ; enfin le temps du contrôle des résultats qui s'échelonne encore sur une dizaine d'années si aucune récidive n'apparaît entre-temps. C'est ce contact et l'incertitude qu'il génère qui sont analysés dans cet ouvrage. A partir d'une enquête ethnographique dans un centre anticancéreux, Marie Ménoret a étudié l'épreuve du cancer au croisement de l'exercice de la médecine et de l'expérience des patients. Comment les médecins et les soignants s'engagent-ils dans leur activité professionnelle, sachant que l'état actuel du savoir médical génère beaucoup d'incertitude par rapport à la guérison ? Comment les malades composent-ils, dans ce contexte, avec les conditions d'existence qui leur sont faites ? Cette recherche permet de comprendre comment un système de soins fonctionne afin de gérer les contraintes spécifiques à une longue maladie dont l'issue est toujours incertaine. A travers ce questionnement, c'est à un débat plus large auquel nous sommes conviés. Entre rémission et guérison, quelle est la place d'une maladie comme le cancer dans une expérience humaine et quel traitement social lui réserve-t-on ...
A partir du cas du cancer, ce livre traite des grands enjeux contemporains de la santé : ceux de la médecine de prévention, du dépistage, des relations aux soignant. es ou des effets indésirables des traitements médicaux. Ce livre présente une synthèse des recherches sociologiques sur la médecine et l'expérience du cancer menées par Marie Ménoret pendant une trentaine d'années. Il répond aux grandes questions de la sociologie de la médecine et de la santé : médecine de prévention, dépistage, inégalités sociales dans l'accès et dans les parcours de soin. Il traite aussi des relations entre patient·es et soignant·es, de la production des savoirs ou encore des effets des traitements médicaux. L'ouvrage aborde la notion d'autonomie des patient·es et de ses usages dans le champ de l'oncologie. A partir d'enquêtes sur le dépistage des cancers du sein et de l'ovaire, il interroge les effets potentiellement destructeurs de la recherche oncogénétique sur les patientes et examine la controverse sur l'usage systématique de la mammographie. Enfin, il questionne la définition médicale de la guérison et comment la notion d'incertitude s'est imposée dans la médecine contemporaine. Ce livre s'adresse aux enseignant·es, aux chercheur·es en sociologie et aux professionnel·les de santé. Il offre aussi un éclairage précieux à celles et ceux ayant fait ou faisant l'expérience de près ou de loin du cancer.
Les questions de la maladie et de la santé sont parmi les plus vives aujourd'hui. Elles se posent au croisement des préoccupations individuelles et d'un débat public qui, outre une remontée assez faible des points de vue exprimés par les "clients" du système de soin, ne tend que trop à s'enclore dans des cadres soit biologiques et techniques, soit politiques et gestionnaires. Alors même que le système de santé est appelé à évoluer, il est essentiel, à l'appui des décisions à venir, de clarifier les diverses dimensions et implications sociales de ces questions majeures. C'est ce à quoi s'emploie, avec une ampleur inédite, le présent ouvrage. S'appuyant sur une très vaste littérature, principalement anglo-saxonne et française, il propose une lecture sociologique particulièrement éclairante, structurée autour de trois grands thèmes (institutions, professions, maladies) et fournit tout l'outillage conceptuel prescrit pour penser le lourd et complexe processus de médicalisation à l'?uvre dans nos sociétés. Cette synthèse critique remet aussi en perspective le rôle des divers acteurs médicaux et paramédicaux ainsi que celui des nouveaux protagonistes apparus dans l'arène sociale de la santé - qu'ils soient issus du monde politique, du journalisme ou de l'univers associatif. Cet ouvrage constituera une référence, un outil de travail et un support de réflexion pour les universitaires (enseignants, chercheurs et étudiants en sciences sociales et en médecine) comme pour l'ensemble du public soucieux d'affronter en connaissance de cause les mutations du monde de la médecine, de la maladie et de la santé.
Tout en décrivant une population cachée de femmes insérées qui consomment et revendent des drogues, l'ouvrage aborde la manière dont les usagères-revendeuses jouent avec les critères des profilages policiers pour limiter les risques répressifs, et gèrent leurs usages sans recourir à des structures de prise en charge des addictions.
C'est dans le double sens de la formule "â¯Le corps à l'oeuvreâ¯" que réside l'originalité de l'ouvrage. Il s'agit aussi bien de mettre l'accent sur le fait que c'est le corps de l'écrivain ou de l'artiste qui fait effectivement oeuvre, qui est au travail dans le processus créatif, que de penser la création comme un trajet qui va du corps jusqu'à l'oeuvre réalisée, puis l'oeuvre reçue, lue, vue ou écoutée.
Cet essai examine la discrétion comprise comme vertu sociale essentielle dans une société décente: elle est étudiée non pas en tant que qualité morale individuelle, mais comme un concept social qui permet de penser les phénomènes d'invisibilité sociale choisie, et non seulement subie. La discrétion caractérise les grands esprits, qui construisent leur oeuvre dans l'ombre et le silence. Ils préfèrent la patience du penser à la fébrile agitation de l'opinion médiatique. Et si cette sagesse se transfusait un peu à tous les citoyens...