La politique dans l'adversité. Merleau-Ponty aux marges de la philosophie
Melançon Jérôme
METISPRESSES
22,00 €
Sur commande
EAN :9782940406593
Modalité d'un rapport aux autres déjà institué autant que manière de fonder, par transformation et création, de nouvelles communautés de faire, l'action politique doit toujours composer avec l'adversité que lui opposent Le monde et les institutions sociales. Face à cette entrave, l'ambiguïté dont toute intention relève par son inscription dans la contingence historique constitue la brèche à travers laquelle peuvent surgir Liberté, vérité et perspectives de changement. En offrant une analyse des structures de l'expérience et de l'action politiques qui reconnaît et assume ce mélange incontournable, Merleau-Ponty ouvre la voie à une attitude qui fait des impératifs d'universalité et de coexistence les guides de toute politique. Jérôme Melançon a patiemment réuni à travers l'ensemble du corpus merleau-pontien les éléments épars de ce qui constitue une véritable philosophie politique. Son ouvrage rend compte des nombreuses analyses que Merleau-Ponty a consacrées à cette dimension centrale de l'existence humaine, et à travers lesquelles, fidèle à l'attitude phénoménologique, le philosophe a interrogé les problèmes universaux de la violence, de l'injustice ou de la réforme selon les conditions concrètes que l'actualité de son époque leur avait conférées. Cette interrogation aux marges de La philosophie, élaborée autant à partir de ses travaux sur la perception, l'expression ou l'ontologie, que sur ses lectures de Montaigne, Machiavel et Marx, poursuit la tâche, à reprendre aujourd'hui, d'une clarification des enjeux politiques à même de saisir les possibilités offertes, encore et toujours, à L'action.
Commandé avant 16h, livré demain
Nombre de pages
284
Date de parution
09/11/2018
Poids
445g
Largeur
140mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782940406593
Titre
La politique dans l'adversité. Merleau-Ponty aux marges de la philosophie
Auteur
Melançon Jérôme
Editeur
METISPRESSES
Largeur
140
Poids
445
Date de parution
20181109
Nombre de pages
284,00 €
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison à domiciledès 5,10 €
Issu d'une journée d'étude organisée par Marc Crépon, Emmanuel de Saint-Aubert et Jérôme Melançon, ce numéro interroge l'oeuvre du philosophe pour en retrouver le sens tant historique que contemporain en faisant retour sur des moments parfois négligés de l'oeuvre de Merleau-Ponty : ses écrits, à la fin de la guerre, sur la relation entre la morale et la politique ; ses références marxistes spécifiques dans la seconde moitié des années 1940 ; la signification politique contemporaine de la Note sur Machiavel ; la critique faite des Aventures de la dialectique ; enfin, sa position politique précise à la fin des années 1950, c'est-à-dire l'idée toujours pertinente d'un nouveau socialisme et d'un nouveau libéralisme. Les contributions réunies dans une première partie procèdent à une relecture de certains textes politiques de Merleau-Ponty afin d'en faire ressortir de nouveaux motifs. C'est ainsi que Cl. Dodeman présente les leçons et le réalisme anti-moraliste que le philosophe tire de la guerre et de l'occupation allemande, qu'A Feron montre comment sa relation de plus en plus critique au marxisme inclut néanmoins un retour à l'idée de dialectique qui prendra un nouveau sens, tandis que D. Belot voit dans Les aventures de la dialectique l'occasion pour Merleau-Ponty d'une redéfinition de son intention philosophique face aux nombreuses lectures critiques qui en ont été faites. J. Melançon exhibe pour sa part le travail politique effectué par le philosophe dans l'accompagnement critique des milieux mendésistes au moment où il s'agira de commencer à imaginer un régime au-delà du socialisme et du libéralisme. Une seconde partie s'inspire de la phénoménologie merleau-pontienne pour interpréter des situations contemporaines. Les luttes de femmes contre le développement hydroélectrique en Turquie (Ö. Yaka), celles des paysans qui se réapproprient des terres au Brésil (D. Furukawa Marques), ou encore les suites d'un conflit armé interne au Pérou (K. I. Mansilla Torres) gagnent ainsi une nouvelle intelligibilité et présentent la violence et le conflit à travers des récits personnels. Enfin, de nouvelles interprétations des thèmes de l'intersubjectivité et de la chair permettent une réévaluation et une réélaboration des idées politiques en Afrique (A. B. Lendja Ngnemzué) et au Japon (S. Matsuba). Ce numéro se veut donc avant tout une contribution à la philosophie politique contemporaine, qui puise à l'oeuvre de Merleau-Ponty pour faire sens du monde et d'une pluralité de rapports au monde.
Tant par son oeuvre politique importante que par le potentiel créateur de son travail sur la perception, l'expression et l'ontologie, Maurice Merleau-Ponty a exercé une influence peu remarquée sur la pensée politique française. Aux lectures des Aron, Sartre et Lefort qui ont déterminé la compréhension et le sens politiques de l'oeuvre de Merleau-Ponty s'ajoute une postérité immédiate chez ses contemporains. Colette Audry, Tran Duc Thao, Jean-Toussaint Desanti, et Frantz Fanon furent marqués par leur proximité à Merleau-Ponty tout autant que par ses écrits, reprenant chacun une attitude à leur propre compte. Une postérité silencieuse, quelque peu différée, se remarque chez Cornelius Castoriadis, Françoise Collin et Jean-François Lyotard, qui construisirent leurs pensées dans une rupture créative avec celle de Merleau-Ponty. Enfin, la postérité politique de Merleau-Ponty se fait sentir dans le moment qui nous est contemporain : Vincent Peillon, Marc Crépon et Luce Irigaray reviennent ici sur leur relation à sa philosophie et sur ce qu'elle permet de penser. A travers ces postérités, les contributrices et contributeurs de cet ouvrage se penchent ainsi sur les questions de l'engagement militant et philosophique, de la relationalité et de l'altérité, de la racisation et des émotions, du corps et de la parole, de la vie esthétique, l'ontologie et la révolution, le républicanisme, le conflit et les épreuves historiques, ou encore le toucher et la culture politique.
A travers cette série d'entretiens et d'articles qui courent de la fin de la guerre au milieu des Trente Glorieuses, on retrouve le Merleau-Ponty d'Humanisme et Terreur et des Aventures de la dialectique, un philosophe engagé dans les questions politiques et sociales de son temps. Après la Libération, dans une France qui entre de plain-pied dans la modernité, prise dans la tourmente de la Guerre froide qui voit s'affronter modèle américain et modèle soviétique, comment trouver une voie nouvelle pour la démocratie sans renoncer aux espoirs d'avant-guerre ? Comment penser la question de l'engagement et le rôle du philosophe dans une société en pleine mutation ? A la notion d'adversaire, qui suppose un conflit, Merleau-Ponty substitue celle d'adversité, inspirée de l'expérience de l'artiste qui, face à la résistance du matériau, ne saurait cependant renoncer à l'élaboration de l'oeuvre. Ainsi, le philosophe engagé s'exerce-t-il en toute chose, en tout événement, à rechercher la voie d'un " progrès de conscience ". Au fil des conversations, il témoigne de l'expérience des Temps modernes et de son compagnonnage avec Sartre, de la genèse de la phénoménologie, de sa passion pour la littérature et les arts, mais aussi de ses réflexions sur la psychanalyse ou de son regard sur l'Afrique et Madagascar à la veille de l'indépendance.
Dès ses premiers symptômes, la pandémie de Covid-19 a chamboulé la vie humaine. Elle a retourné les repères quotidiens, créé un isolement généralisé, suscité une peur souvent dissimulée, et transformé les références esthétiques - du moins pour un moment. A partir de positions diverses dans la géographie de la francophonie mondiale, les poèmes de cette anthologie reprennent le fil de la première vague du coronavirus, ainsi que les cauchemars et autres rêves qu'elle a suscités. Les auteur.e.s, dont les voix pendant cette pandémie ont été très souvent occultées, formulent des expériences et des réflexions qui donnent à voir le Covid-19 autrement, offrant ainsi un discours alternatif aux récits ayant dominé les médias de grande résonance. L'ensemble permet de saisir ce moment historique à travers autant de tentatives de le mettre en sens par la pratique poétique d'écrivain.es établi.es autant qu'émergent.es.
Entre l'art et le témoignage, au moins quatre générations d'écrivains de langue arménienne ont pratiqué une écriture contrastée pendant tout le cours du XXe siècle. Partagés entre le Pays et la Dispersion, entre le reniement et la fidélité, entre le communisme et l'idée nationale, ces écrivains se sont débattus avec leur temps aussi bien qu'avec le singulier destin de leur langue déchirée. Dans le même temps, ils ont su inventer une modernité pour leur propre compte, où intervenaient la Catastrophe, le deuil philologique, le débat continuel avec le témoignage, la critique acerbe de la révolution nationale et, bien sûr, la question récurrente : comment la littérature est-elle encore possible dans ces conditions extrêmes, au bord (ou au-delà) de l'effondrement ? Le présent volume inaugure une série d'études monographiques sur ces écrivains du bout du monde. Il traite de quatre auteurs (Yeghishé Tcharents, Gourgen Mahari, Zabel Essayan, Vahan Totovents) qui ont produit l'essentiel de leur œuvre en Arménie ou qui ont émigré sur le tard pour se voir emportés par la tourmente stalinienne en 1937.