Tazmamart n'existe pas". C'est ce qu'ont prétendu pendant près de vingt ans les autorités marocaines. Et pourtant. Après dix-huit ans de détention, quand s'ouvrent les portes de cette prison d'un autre âge, vingt-huit détenus survivants sortent de l'enfer. Ahmed Marzouki, qui a occupé la cellule dix de ce mouroir, témoigne. Au début des années soixante-dix, 58 officiers et sous-officiers impliqués, à leur corps défendant, dans deux tentatives de coup d'État, sont enfermés à Tazmamart. Détenus dans des conditions inhumaines, à la merci d'un directeur et de gardiens sadiques, torturés et laissés à l'agonie, à la folie et à la mort, seuls 28 survivront. C'est un récit douloureux, atroce, à la limite du soutenable. Comment l'Homme peut-il infliger pareil traitement à ses semblables ? Comment peut-on survivre à de telles conditions de vie, "amputé de sa jeunesse", de tout espoir ? Telles sont les questions qui surgissent à la lecture de ce livre. Point de haine ni de volonté de revanche pourtant dans les propos d'Ahmed Marzouki. Mais le témoignage d'un homme contre l'indifférence et l'oubli, pour qu'un tel supplice ne se reproduise pas. --Maya Kandel
Nombre de pages
436
Date de parution
12/09/2001
Poids
215g
Largeur
108mm
Plus d'informations
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EAN
9782070419913
Titre
Tazmamart. Cellule 10
Auteur
Marzouki Ahmed
Editeur
FOLIO
Largeur
108
Poids
215
Date de parution
20010912
Nombre de pages
436,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Au soir du quatrième jour, un détenu, qui ne partait plus depuis longtemps, cria soudain : " Faraj est là ! " Tous les camarades qui pouvaient encore tenir debout s'approchèrent du trou de leur lucarne, le souffle coupé, pour assister au retour de ce petit pigeon, étrange et têtu, qui n'admettait pas que sa place fût avec les vivants, mais voulait revenir avec nous, les morts-vivants. Il allait et venait sur le grillage, et tentait maladroitement d'entrer. Il me regardait pour me demander de l'aide ; personne ne pouvait rien faire, mais nous avions tous le cœur serré d'émotion... Faraj se laissa tomber tout entier dans le trou du grillage et atterrit devant la cellule n°10, la cellule de son enfance, tellement exténué qu'il échoua plusieurs fois avant de se poser sur la main que je lui tendais. Lorsqu'il y parvint, les détenus les plus proches de ma cellule purent m'entendre pleurer à chaudes larmes. Pendant longtemps les autorités marocaines ont nié l'existence du bagne de Tazmamart situé en plein désert dans le Sud du pays. Pourtant, cinquante-huit officiers et sous-officiers, fantassins ou aviateurs, y furent enfermés pour avoir été impliqués, à leur corps défendant, dans les deux tentatives de coup d'État de juillet 1971 (Skhirat) et août 1972 (attaque contre l'avion du roi). Après dix-huit ans de détention dans des conditions inhumaines, quand s'ouvrent les portes de Tazmamart, vingt-huit d'entre eux avaient survécu. Celui qui occupait la cellule 10, Ahmed Marzouki, témoigne au nom de tous, disparus et survivants.
Ahmed Marzouki était sous-lieutenant au moment de son arrestation. Son témoignage débute avant-même le coup d'état manqué de juillet 1971 et s'achève sur son apprentissage renouvelé de la vie au dehors après sa libération, dans un Maroc encore aux prises avec certaines pratiques très peu démocratiques. Mais l'essentiel bien sûr reste le quotidien des prisonniers de Tazmamart. Avec une remarquable distance, sans haine ni acharnement, Ahmed Marzouki retrace les journées sans espoir de ces hommes condamnés à vivre l'innommable.
Cet ouvrage à deux mains est le fruit d'une fréquentation assidue de l'oeuvre d'Albert Memmi et d'une double proximité personnelle avec l'écrivain. Ses chapitres éclairent chaque pan de l'oeuvre littéraire, chaque ouvrage étant analysé par l'un ou l'autre des auteurs ou soumis à leur double investigation de façon à proposer au lecteur une vue précise de l'itinéraire littéraire de Memmi, fondé, comme son itinéraire d'essayiste et de sociologue, sur les notions d'identité/altérité et tournant constamment autour des rapports de l'individu et des communautés auxquelles il appartient ou dont il tente de se détacher. Préfacé par Albert Memmi et suivi d'un entretien avec cet auteur, l'ouvrage est un essai sur l'écrivain et son oeuvre littéraire de même qu'un hommage scientifique que lui rendent deux universitaires de son pays natal, ce pays qui n'a jamais cessé d'habiter son imaginaire et de nourrir sa création.
Après avoir raconté, dans le premier tome de ses Mémoires, son enfance dans le Maroc d'avant-guerre et son arrivée en France en 1945, Driss Chraïbi reprend le fil de son récit autobiographique. Au début des années 50, il découvre une autre planète, l'Alsace, et s'y installe avec sa femme dans une sorte d'ermitage amoureux voué à l'écriture. Puis ses premiers succès d'écrivain le ramènent à Paris et la communauté maghrébine trouve en lui l'une de ses premières voix dans le milieu littéraire. Défilent ensuite les années France Culture, les années canadiennes, les années à l'Ile d'Yeu, les amis et les rencontres (François Mitterrand, Lucien Bodard...), les paysages, les livres et les femmes de sa vie.
Oui, j'y avais repensé. Qu'est-ce qu'il s'imaginait. Je n'avais pratiquement fait que penser à ça depuis ce matin, mais y penser avait fini par prendre la forme d'une ville, d'un premier amour, la forme d'un porte-conteneurs." Le corps d'un homme est retrouvé au pied de la digue Nord du Havre, avec, dans sa poche, griffonné sur un ticket de cinéma, un numéro de téléphone, celui de la narratrice. Convoquée par la police, elle prend le train pour Le Havre, ville de son enfance, de sa jeunesse, qu'elle a quittée il y a longtemps. Durant ce jour de retour, cherchant à comprendre ce qui la lie à ce mort dont elle ignore tout, elle va exhumer ses souvenirs mais aussi la mémoire de cette ville traumatisée par la guerre, ce qui a disparu, ce qui a survécu, et raviver les vestiges d'un amour adolescent.
Dans l'East Texas profond de la Grande Dépression, la pauvreté règne et dévaste la région comme une tornade. Le jeune Harry Crane découvre le corps mutilé d'une femme noire sur le bord de la rivière Sabine. Il est convaincu que le meurtre est l'oeuvre de l'Homme-chèvre, un monstre de légende. Le nombre de victimes s'alourdit, un homme est lynché et le père de Harry, l'homme de loi local, enquête.
Brontë Emily ; Bellour Raymond ; Lacretelle Jacque
Emily Brontë possède donc le plus singulier des pouvoirs : celui de sa dépendance à l'égard des faits. Avec quelques touches, elle sait évoquer l'âme d'un visage et rendre le corps superflu ; en parlant de la lande, elle fait souffler le vent et gronder le tonnerre. Virginia Woolf. Quand, parmi tous les arbres, je cherche celui dont la forme s'harmonise le mieux avec le cadre du roman tragique d'Emily Brontë, c'est l'image d'un vieux robinier tortueux qui me vient à l'esprit, d'un vieux robinier tordu par le vent qui souffle toujours dans la même direction ; l'écorce est noire, le tronc est creux et, dans ce creux, la pluie a formé une petite flaque où baignent quelques feuilles mortes. John Cowper Powys