Archives de sciences sociales des religions N° 155, Juillet-septembre 2011 : Le consensus des expert
Marzouki Nadia ; Frégosi Franck
EHESS
22,00 €
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EAN :9782713223037
Le consensus des experts. L'expertise des Etats des pays démocratiques en matière de conflits religieux s'oriente aujourd'hui vers l'énonciation de normes de conduites acceptables dans l'espace public. Qu'il soit universitaire ou théologien, l'expert sollicité évite les choix dictés par des considérations doctrinales. Son activité trouve une utilité en ce qu'elle autorise et fait cohabiter des pratiques opposées et des visions du monde contradictoires. Mais ce pragmatisme éclairé ne peut toujours suffire lorsque sont en jeu des choix éthiques qui relèvent du bien commun. Les think tanks américains et les comités des sages en Europe forment les principaux terrains de cette exploration des lieux de rencontre entre savoirs, confessions et gouvernements laïques. Inattendus pèlerinages. Les pèlerinages de Lourdes, de Saint-Jacques-de-Compostelle, de Fatima, de Jérusalem ou de La Mecque n'épuisent pas la richesse des situations et des formes prises par ce phénomène dans l'histoire passée et présente des sociétés humaines. Tous les pèlerinages se ressemblent, mais certains rassemblements se distinguent par leurs aspects inattendus, hybrides, presque iconoclastes. Il en est par exemple ainsi du pèlerinage islamo-chrétien des Sept Dormants en Bretagne, de l'Assemblée protestante du Musée du Désert dans les Cévennes ou de la Montée laïciste au Mur des Fédérés du cimetière du Père Lachaise. Participant de plusieurs champs d'expression du croire et de la mémoire, ces célébrations ont en commun de transgresser les limites entre les confessions dominantes et de bousculer leurs orthodoxies respectives. Elles rendent également visibles des porosités entre l'espace religieux et des répertoires d'action totalement laïcisés, sociaux et politiques.
Nombre de pages
190
Date de parution
13/10/2011
Poids
333g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782713223037
Titre
Archives de sciences sociales des religions N° 155, Juillet-septembre 2011 : Le consensus des expert
Auteur
Marzouki Nadia ; Frégosi Franck
Editeur
EHESS
Largeur
160
Poids
333
Date de parution
20111013
Nombre de pages
190,00 €
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C'est pas contre vous hein, c'est juste que la politique... Beurk" Qu'est devenue la politique pour que cette mise à distance apparaisse à ce point inévitable ? Comment le terme "apolitique" s'est-il trouvé brandi et revendiqué comme la garantie positive d'une forme de pureté ? Face à ce phénomène, la gauche est tétanisée : elle qui voyait hier "la politique partout" a soudain décrété qu'elle n'en voyait nulle part ! Les banlieues rouges et leurs quartiers populaires sont un lieu témoin de cette déploration. Ils ont été investis par un mythe de la politique issu du XXe siècle, symboles de l'extraction populaire de la gauche et de sa légitimité. Puis ces territoires ont été désignés comme des déserts politiques, lieux hantés par les vieux rêves de la vie collective. Tout ce qui en émergeait politiquement a été disqualifié : la gauche, comme aveuglée, a eu un rôle singulier dans ce processus de non-reconnaissance. Cette expérience, je l'ai vécue à Corbeil-Essonnes, où le milliardaire Serge Dassault a renversé la micro-société du communisme municipal en construisant un système qui exploitait en premier lieu la rupture entre la gauche et les quartiers populaires. Mon combat contre la corruption a été un chemin initiatique : la démystification de l'ordre symbolique de la gauche qui me structurait a fait apparaître des formes nouvelles d'engagement. J'ai voulu reconstituer les histoires individuelles et collectives de ce paradoxe, les liens plus ou moins rompus, les continuités qui se cachent derrière les ruptures. Et si contre toute attente, la politique s'était peu à peu réinventée comme une culture populaire ?
Depuis les années 1970, la société égyptienne est le théâtre d'un renouveau islamique dont le "mouvement de piété" est une composante essentielle. L'enquête ethnographique minutieuse menée en Egypte par Saba Mahmood vise à comprendre la pratique religieuse des femmes, prédicatrices ou participantes, engagées dans ce mouvement. Montrant qu'éthique et politique sont étroitement imbriquées dans ces nouvelles pratiques de piété, elle propose une analyse rigoureuse des formes corporelles des rituels religieux, pour préciser le lien conceptuel entre le corps et l'imaginaire politique. Repenser la "politique de la piété" permet à l'anthropologue, à partir de ce matériau empirique d'une grande richesse, d'engager une critique théorique de la laïcité libérale, dont elle montre les présupposés normatifs. La discussion théorique des travaux de Judith Butler, de Michel Foucault, de Talal Asad et de Pierre Bourdieu débouche sur une réévaluation de la notion d'agency (capacité d'agir): dans quelle mesure l'adhésion de ces femmes à des normes patriarcales remet-elle en question l'universalité des présupposés concernant la liberté individuelle, l'autorité et la définition même du sujet dans la perspective du féminisme libéral? Répondre à cette question, c'est ouvrir la possibilité d'une articulation entre un féminisme nourri des théories du genre et la théorie postcoloniale. C'est aussi une manière de repenser, à travers le cas de l'islam, la dimension politique des formes contemporaines de religiosité.
Pourquoi et comment des jeunes se radicalisent, tandis que d'autres, exposés aux mêmes conditions sociales et partageant un sentiment d'injustice, ne se radicalisent pas ? Pourquoi et comment certaines trajectoires aboutissent à l'extrémisme violent, alors que d'autres ne franchissent pas le seuil de la violence ? Cet ouvrage tente de répondre à ces questions à partir d'une recherche ethnographique réalisée durant trois ans dans une prison française. Évitant de porter une attention exclusive à des jeunes dits radicalisés, cette recherche prend en compte une ample variété de profils et de trajectoires de détenus, et ce afin de décrire et d'analyser également des trajectoires de « non-radicalisation ». C'est notamment en raison de cette focalisation conjointe sur ces diverses trajectoires et leur articulation avec les inégalités et le sentiment d'injustice que ce livre se distingue des nombreuses études sur la radicalisation et l'extrémisme violent, réalisées en France depuis la série d'attentats djihadistes de 2015. Par la voix des personnes détenues, ce livre propose ainsi un autre regard sur l'espace carcéral et nous invite à penser autrement la radicalisation et le basculement dans l'action violente. Présentation de l'auteur Bartolomeo Conti est sociologue, chercheur associé à l'École des Hautes Etudes en Sciences Sociales. Il a été aussi chercheur à l'Institut Universitaire Européen et à l'Université de Berkeley, avant de faire partie du Panel international sur la sortie de la violence à la Fondation Maison des Sciences de l'Homme. Ses recherches portent sur l'Islam dans l'espace public et sur les processus d'entrée et sortie de la violence. Auteur du livre « L'islam en Italie : les leaders musulmans entre intégration et séparation », il a participé au projet européen Dialogue about Radicalisation and Equality, un des projets phares sur la question de la radicalisation en Europe.
Marseille est un laboratoire privilégié. La crise actuelle de son modèle de développement économique est aussi celle de son territoire. Aussi la mise en cause de ses équilibres spatiaux appelait-elle tant une lecture historique de la genèse des structures urbaines qu'une lecture géographique des distributions sociales et spatiales d'aujourd'hui. C'est à cette double démarche que répond ce livre. D'une part, en analysant les dimensions synchroniques des activités économiques et démographiques inscrites dans une morphologie urbaine socialement structurée. D'autre part, en construisant le modèle génétique de l'articulation entre division sociale et trame matérielle de la ville : un modèle " libéral ", fruit de stratégies et de conduites, tôt établi au XIXe siècle, porteur d'effets de longue durée, et qu'échoue à altérer une haussmannisation manquée. L'interaction entre modes d'agir et formes urbaines, entre continuités et discontinuités temporelles, a fait de Marseille un cas d'école : division sociale, morphologie, croissance y sont étroitement liées, dans l'espace comme dans l'histoire. La ville se lit dans les principes tant de sa construction sociale que de sa division sociale. La première est le produit d'une création urbaine portée par des groupes, propriétaires, négociants, entrepreneurs immobiliers, animés par des projets mais aussi soumis à des contraintes, des compromis et des ratages. La seconde dessine des oppositions, entre équerre des beaux quartiers, de Longchamp au Prado, et faubourgs industriels, ville et port, nord et sud, avec la Canebière comme frontière, oppositions qui sont autant de composantes historiquement situées d'une structuration sociale du territoire, Dans un double refus du postulat écologique, pour qui la conduite des hommes est subordonnée à l'influence du milieu, et du postulat sociologiste, pour qui la société se projette simplement et immédiatement sur un sol quasiment vierge, l'ouvrage de Marcel Roncayolo est ainsi exemplaire pour les trois modèles qu'il propose, de genèse historique de la ville contemporaine, d'interprétation des relations entre territoire et société, et de mobilisation croisée des démarches de la géographie et de l'histoire.