Les caméléons de Peiresc - Histoire d'une passion curieuse
Marrache-Gouraud Myriam
ANAMOSA
Nouveauté
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EAN :9782381911618
Avec son ?il fixe en forme d'étoile, sa peau tachetée qui change de couleur, sa queue et son pouce pour s'agripper, le caméléon est un incontournable des cabinets de curiosités des collectionneurs européens aux XVIe et XVIIe siècles. Myriam Marrache-Gouraud plonge au c'ur de la relation fascinante de l'un d'entre eux, Nicolas-Claude Fabri de Peiresc, avec cet animal étrange. Les caméléons suscitent émerveillement et commentaires depuis l'Antiquité. L'écrivain carthaginois Tertullien parle de lui comme d'" une peau vivante ", Montaigne dit qu'il " prend la couleur du papier où on le couche ". Pour les collectionneurs de curiosités des XVIe et XVIIe siècle, cette extravagance de la nature continue d'intriguer. Où mène la curiosité ? Peut-être à cet ultime item qu'est le caméléon. Le cas des caméléons montre qu'après s'être intéressé à tout, Nicolas-Claude Fabri de Peiresc, surnommé " le prince des curieux " par le mathématicien Pierre Gassendi, s'est pris de passion pour ces êtres fragiles à la fin de sa vie. Il s'en faisait porter de tout le bassin méditerranéen. Il les observait, les nourrissait, les soignait et s'y attachait personnellement... jusqu'à les disséquer après leur mort, ou les naturaliser pour la science. Examinant leurs excréments, il conteste qu'ils soient aérovores comme le prétendent les observateurs de l'Antiquité. Leur activité sexuelle et leur sommeil suscitent son émoi. Surtout, leur peau à la gamme chromatique changeante est-elle la manifestation (extérieure) d'une émotion (intérieure), ou une surface réfléchissante du monde qui les entoure ? Ont-ils peur, ont-ils froid, sont-ils mélancoliques d'avoir quitté les rives du Nil ? Bien avant Madeleine de Scudéry et sa fameuse Histoire de deux caméléons, Peiresc a livré la chronique de ses vertiges dans une correspondance abondante. Spécialiste de littérature et de culture de la Renaissance, Myriam Marrache-Gouraud s'intéresse depuis longtemps aux collectionneurs, les " curieux ", à leur rapport aux objets, à la fois savant et empreint d'affects. Elle voit dans la rencontre entre le caméléon et Peiresc le précipité d'une " relation ", au sens de relater, d'échanger, de faire connaissance. Elle s'interroge dans ce livre sur la manière dont Peiresc absorbe les savoirs sur l'animal et les renouvelle, en le regardant vivre au jour le jour. Elle situe le discours empathique du curieux (de cura , prendre soin) à l'intersection de celui des naturalistes (qui décrivent l'animal), et de celui des moralistes (pour qui le caméléon serait un courtisan). La reproduction en fin d'ouvrage de la correspondance de Peiresc autour de son expérience vécue auprès des caméléons permet d'explorer aussi l'écriture épistolaire même, qui, parce qu'elle s'adresse à différents interlocuteurs et s'inscrit dans le quotidien, est l'expression d'un certain rapport au savoir : collectif, précaire et empirique, ouvert à l'étrangeté, au contact rapproché avec son terrain. Avec ses caméléons, Peiresc pose les bases d'une relation au monde et d'une éthique de la connaissance.
Nombre de pages
304
Date de parution
08/10/2026
Poids
450g
Largeur
143mm
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EAN
9782381911618
Auteur
Marrache-Gouraud Myriam
Editeur
ANAMOSA
Largeur
143
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20261008
Nombre de pages
304,00 €
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Priape, Mercure, des têtes tranchées pour une cognée d'or, des moutons ordinaires (les plus fameux de la littérature), un âne qui change de couleur. Trois jeunes licornes, un monstre marin, un combat d'andouilles, une tempête. Des paroles gelées, une tragique farce, du safran d'Hibernie. Un grand voyage, très loin, tout près. Le Quart Livre, d'îles imaginaires en situations périlleuses, fourmille d'étrangetés. Son auteur s'annonce en page de titre comme docteur en médecine; après trois livres, en proie à la calomnie d'infâmes accusateurs, il affirme qu'il était sur le point de cesser d'écrire. Au lieu de cela, il « met la plume au vent » et embarque l'histoire en un voyage, qui est d'abord celui du chemin retrouvé de l'écriture. Les aventures auxquelles il convie ses héros se dérouleront, cette fois, sur mer. On s'en ira aux confins des mondes connus, des mondes possibles. Mais si tous embarquent dans l'allégresse, il y a Panurge, celui qui attend vraiment quelque chose de ce voyage: il est parti en quête du mot de la bouteille, un mot qui pourra résoudre toutes ses interrogations.Ce volume accompagnera les agrégatifs de lettres dans leur lecture du Quart Livre. La première partie propose un cours de littérature et un cours de langue destinés à poser les principaux enjeux du texte. Une seconde partie est consacrée à une approche méthodologique guidée, avec un exemple corrigé pour chaque type d'exercice (dissertation, leçon, étude littéraire, étude grammaticale et stylistique, explication de texte et question de grammaire), afin que chacun puisse se préparer aux épreuves des concours.
Des livres intelligents pour tables basses. Une gageure ? Mettre à disposition de "l'honnête homme" des textes rares. des analyses interdisciplinaires exigeantes. Des ouvrages illustrés de drôles d'images dans un format décalé. Une pensée et un objet agréables à manier. Les momies, savoirs et représentations Un parcours neuf sur la momie, de l'Egypte antique à Hollywood en passant par la médecine à l'Age classique, la pharmacopée, les cabinets de curiosité, la littérature romantique, les brocanteurs. Quête d'éternité, la momification en dit autant sur les sociétés qui la produisent que sur celles qu'elle fascine. L'historien, le médecin, le critique littéraire ou de cinéma, l'anthropologue, chacun participe à l'exhumation d'un phénomène complexe. Derrière l'image que l'on se fait de la momie, il y a un corps qui pue, des opérations techniques à opérer rapidement, une scie qui coupe l'os, et des gens... et l'embaumement n'est pas l'apanage de l'Egypte, on le pratique par exemple en France au Moyen Age ou en Californie au XXIe siècle. Les momies sont vivantes. Leur présence même brave l'éternité par delà les chairs décomposées et les faces rongées que l'on retrouve sous les masques d'or et de bois. Elles sont vivaces dans l'imaginaire des différentes époques qui nous séparent de l'Antiquité égyptienne. Des textes inédits du XVIe au XIXe siècle et des images variées sont mis en perspective, reliés et commentés par une équipe croisant approches scientifique, littéraire et historique pour "ouvrir le sarcophage", dérouler les bandelettes et mettre à nu les savoirs et les croyances de différentes époques. des représentations insolites et des pratiques étonnantes.
Champlain Samuel de ; Marrache-Gouraud Myriam ; Le
Dans Folioplus classiques, le texte intégral, enrichi d'une lecture d'image, écho pictural de l'oeuvre, est suivi de sa mise en perspective organisée en six points. Vie littéraire: aux portes du Nouveau Monde. L'écrivain à sa table de travail: Ouvrir l'espace, rapporter l'immensité. Groupement de textes thématique: L'homme et l'espace. Groupement de textes stylistique: Voyages, traversées, découverte de l'autre. Chronologie: Samuel de Champlain et son temps. Fiche: Des pistes pour rendre compte de sa lecture
Peut-on être sérieux et drôle à la fois ? Quelle " substantifique moelle " se cache sous la fantaisie des apparences ? Publié en 1534, Gargantua, qui narre la vie " très horrifique " d'un géant né par l'oreille de sa mère et inventeur du torchecul, est aussitôt interdit. Mais, par-delà la satire, le récit se colore d'humanisme : quelles méthodes d'enseignement adopter pour former l'habile homme ? Quelles doivent être les vertus du prince chrétien, en particulier en temps de guerre ? Puisé aux bonnes sources, le savoir est une gourmandise, tandis que les appétits guerriers, rendus vils et grotesques, sont balayés par une fin utopique. Si rire est encore " le propre de l'homme ", la langue du XVIe siècle ne nous est plus familière. La présente édition accompagne le texte de Rabelais d'une translation en français moderne, afin que tout lecteur puisse s'y plonger avec l'agilité de Gargantua quand il " nageait en eau profonde, à l'endroit, à l'envers, de côté, de tout le corps, des seuls pieds, une main en l'air tenant un livre" . Dossier 1. Utopies et perfections de l'éducation humaniste 2. Idéaux humanistes sur la guerre et la paix Parcours : Le rire, un miroir du savoir.
Valeur travail ", " je cherche du travail "... Les expressions sont légion pour dire combien le travail est au c'ur de nos vies. Pointant les conflits de valeurs qui le traverse afin de les politiser, ce livre questionne la transformation des institutions du travail dans un contexte de désastre écologique, d'injustices sociales accrues et d'épuisement psychique. Depuis dix siècles, le mot travail a pris progressivement pris trois significations principales : activité, production et emploi. Or seules les sociétés capitalistes utilisent ce mot unique pour évoquer autant de dimensions hétérogènes. Déplier le mot permet d'en saisir les enjeux contemporains. Le travail, entendu comme activité, est la peine que nous nous donnons pour faire quelque chose, ce que les sciences cliniques du travail nomment le " travail réel " : une élaboration sensible de l'action, avec et pour d'autres, qui est tendue vers la construction de sens et de santé. L'activité est désirable pour ces valeurs intrinsèques, existentielles. Mais il existe des conditions sociales pour que l'activité puisse se déployer. Or les dispositifs sociaux, et notamment le management, éludent régulièrement cette épaisseur de l'action, réduite à une exécution. Le travail signifie aussi la production concrète réalisée, avec ses qualités et ses valeurs d'usage, et marchandise avec une valeur économique. On peut avoir fait un " beau travail " sans valeur marchande. Ou l'inverse. Savoir ce qu'il est utile de produire et surtout, pour qui c'est utile, est un enjeu constant. Il prend une dimension existentielle dans le contexte d'abondance écocide et d'inégalités matérielles extrêmes. Enfin, le travail désigne aussi, bien sûr, un rapport social d'emploi, et plus particulièrement, depuis un siècle, sa forme dominante dans le Nord : le salariat, devenu l'institution centrale des sociétés capitalistes ayant spécialisé les fonctions et tâches productives. Les actuelles institutions " du travail " (Code, ministère, politiques publiques...) n'encadrent d'ailleurs que l'activité productive salariée. Ainsi, le travail soulève des enjeux existentiels multiples : de sens, de santé, de survie matérielle et écologique, de justice, comme de places sociales. Autant de significations et de valeurs qui sont en rapport, en tension, voire en conflit entre elles. Penser politiquement les rapports entre les valeurs intrinsèques, d'usage et économiques permet de pointer les usages immoraux de la morale du travail. Ce geste offre aussi de questionner les institutions du travail. Quel devrait être leur périmètre, alors que l'essentiel de la production utile pour notre subsistance se fait hors du salariat, et que celui-ci contribue à en réduire la possibilité ? Et quelles utopies concrètes du travail fleurissent, qui répondrait aux enjeux contemporains ... Autant de questions abordées dans ce livre attendu dans la collection " Le mot est faible ".
Une autre histoire de la bande dessinée : pour la première fois, un livre-catalogue, rassemblant les ?uvres et contributions d'une centaine d'artistes du neuvième art, traverse les XXe et XXIe siècles en interrogeant l'émergence des représentations queer et l'apparition des artistes engagé·es à rendre visibles et dicibles les expériences des personnes LGBTQIA+. Cette autre histoire est celle des engagements, des amours et des existences d'artistes LGBTQIA+ ainsi que des représentations qu'iels ont donné à voir. Si au XXe siècle la bande dessinée a été un art sous surveillance, que les censeurs voulaient préserver par une bonne morale, elle a pu, selon certaines conditions, devenir un espace plastique et subversif par l'engagement politique des artistes. Engagé·es, iels font trembler les lignes du genre et de la sexualité en exposant leurs vies, leurs fantasmes, leur révolte, leurs désirs, leurs amitiés et leurs amours. La bande dessinée a pu devenir un terrain d'exploration, parfois au risque de la censure mais bien plus souvent par le biais de moyens de publication personnels ou alternatifs, loin des canaux traditionnels. Cela a été l'occasion d'inventer de nouvelles formes d'expression pour la bande dessinée, avec elle et hors d'elle. Le récit de la BD LGBTQIA+ est toujours en devenir : aujourd'hui dans le monde, les récits de vie queer en bande dessinée font encore l'objet d'interdictions comme celles portant sur les ?uvres de Maïa Kobabe ou encore d'Alison Bechdel. Le livre, et les expositions qu'il accompagne, permet de prendre connaissance du parcours et de l'évolution des représentations mais aussi des carrières d'auteurices LGBTQIA+ dans le milieu de la presse et de l'édition de bande dessinée. Quels sont les moyens de publication dont disposent ces auteurices et selon quelles conditions ? Lorsque le monde de l'édition de bande dessinée, liée historiquement aux publications pour la jeunesse, est dominé par des logiques normatives, quels sont les moyens que trouvent les auteurices pour développer d'autres récits qui leur ressembleraient davantage ? Par la suggestion implicite, par la publication dans une presse communautaire, par la presse et l'édition contre-culturelle, par la formation de collectifs d'auteurices LGBTQIA+, mais aussi au tournant du XXIe siècle par la liberté relative qu'offre le numérique. C'est ainsi toute une histoire de la presse et de l'édition de la BD qui se donne à lire. La reproduction de documents issus des fonds de la Contemporaine à Nanterre (collections de presse, affiches, photographies) permet de comprendre dans quels contextes historiques et culturels ces ?uvres émergent. La centaine d'?uvres reproduites, ainsi que les documents de travail provenant des collections de la Cité internationale de la bande dessinée à Angoulême, d'autres musées et collections à l'internationale, voire directement des archives des auteurices, viennent, quant à eux, révéler l'esthétique des cultures gaies, lesbiennes, trans et queer au sein du neuvième art depuis le début du XXe siècle. Des focus sur des artistes et sur des aires géographiques, ainsi que des interludes thématiques (coming-out, super-héro·ïnes, érotisme, premiers émois...) viendront rythmer l'ouvrage au fil des grandes scansions chronologiques. Un livre en coédition avec la Cité internationale de la bande dessinée (Angoulême) et la Contemporaine (Nanterre).
Qu'ont à voir Marie Curie, un écolier qui s'ennuie sur son pupitre ou Saint-Jérôme ? Une tête posée dans la main, marquant la réflexion et qui peut sembler, plus ou moins, peser. C'est à ce motif iconique que s'intéresse ce livre, venant interroger quels sont les images et imaginaires qui entourent la pratique de la pensée.Qu'ont à voir Marie Curie, un écolier qui s'ennuie sur son pupitre ou Saint Jérôme méditant ...Une tête posée dans la main, signe évident d'une réflexion, d'une cogitation, ou d'une introspection qui peut sembler, plus ou moins, peser. C'est à ce motif iconique que s'intéresse ce livre joyeux et érudit, venant interroger les images et imaginaires qui entourent la pratique de la pensée.Étudier cette pose de la tête pensante sur le temps long relève autant d'une histoire des savoirs qui envisage de manière concrète la production des idées, d'une histoire des corps et d'une histoire des représentations. Depuis l'antiquité, cette mise en scène est devenue une manière, si ce n'est la manière, d'évoquer la réflexion, tout comme la nature du rapport, souvent douloureux et pesant, que nous entretenons avec la connaissance, sa production ou sa transmission.Rythmé par des images en série et organisé en chapitres thématiques, le livre tente de cerner l'émergence de cette pose, dessinant ses premiers contours au travers de la figure du philosophe antique, du poète ou des méditants de la religion chrétienne. S'ensuit une pérégrination historique et anthropologique qui nous fait passer des enfants aux femmes savantes, des érudits mélancoliques aux savants rêveurs, des génies aux scientifiques épuisés de la fin du XIXe siècle.
Résidant en France depuis cinq ans, un étudiant syrien ayant probablement tissé des liens sur place ne sait s'il pourra continuer d'y vivre. Il accumule les preuves écrites de son succès en dentisterie, qu'il paie son loyer et que son oncle est mort pour la France. Tel est le parcours d'un des étrangers ordinaires de ce livre dont l'existence est suspendue à des " papiers ". Arrivé en France depuis cinq ans, un étudiant ayant probablement tissé des liens amicaux et amoureux, ne sait s'il pourra continuer d'y vivre. Il accumule les preuves écrites de ses études réussies, qu'il paie son loyer et que son oncle est mort pour la France... Tel est le parcours d'un des étrangers ordinaires de ce livre dont l'existence est suspendue à des " papiers ". Qu'ils ou elles fuient la persécution dans leurs pays d'origine ou résident en France depuis bien longtemps parfois, y ayant forgé leurs vies de travailleurs, de parents et grands-parents... tous et toutes se trouvent soudainement " irréguliers " ou risquent de le devenir. L'historien Philippe Artières se saisit des lettres de demande d'aide reçues par le Groupe d'information et de soutien des immigrés (Gisti). Ces missives, preuves d'existences bien réelles et symptômes d'une machine bureaucratique " graphomaniaque ", disent à la fois des détresses mais aussi la conviction que, face à l'administration, d'autres plus experts pourront trouver des solutions. Mobiliser cette archive renvoie à un pan de l'histoire des politiques migratoires en France, peu importe le cours des guerres, la situation économique et la vie des individus. Elle est une manifestation flagrante de l'injuste condition des demandeurs, précarisés face à un appareil législatif toujours plus liberticide.