Jean Malaquais travailla jusqu'à sa mort en 1998 à la révision du texte de ce roman publié en 1947 dans l'indifférence totale - et que ses admirateurs considèrent clairement comme son plus grand livre. Norman Mailer, dans sa préface, insiste sur les raisons du malentendu : Malaquais s'est toujours arrangé pour avoir un demi-siècle d'avance sur la sensibilité de son temps. Conclusion : il est peut-être temps de le lire. Nous sommes à Marseille au début des années 40. Sale époque. Le grand port du mirage colonial, où naguère encore le Marius de Pagnol rêvait de brûlantes évasions, est devenu cette nasse où sont allés se prendre tous les indésirables pourchassés par Vichy, chacun d'eux rêvant de s'embarquer vers une improbable Amérique. Autour grouille la foule ordinaire des ports : marins en rade, flics en civil, mouchards avec qui l'on trinque au zinc sans méfiance. Et derrière ce petit monde qui se marche un peu sur les pieds, les tireurs de ficelles habituels : fonctionnaires en peine d'avancement, ambitieux de tout poil profitant de l'époque pour frayer d'audacieux raccourcis en eau trouble, délateurs à grande échelle ou à la petite semaine. En cherchant bien on trouve même dans les coins quelques héros, des vrais (pas beaucoup). Malaquais, sans rien perdre de sa verve mais en la jouant sur le registre grave, décide de prendre cette fourmillante matière à bras-le-corps, anges et salopards dans la même étreinte. Et c'est une humaine - trop humaine - comédie qu'il brosse là, avec férocité et pourtant compassion. Il ne juge pas, ou si peu, cherche surtout à comprendre, quitte à se glisser dans la peau du lâche, de tous ces " braves gens " qui furent complices d'un grand crime, le plus grand peut-être, et qui ont cru pouvoir s'en tirer ensuite en disant : " On ne savait pas. " On nous suggère aujourd'hui qu'il faut oublier tout ça, tourner la page. N'obtempéreront que ceux qui ont le secret désir d'amputer leur âme. Relisons plutôt Malaquais : il sait nous raconter des histoires qui ne sont rien d'autre que l'Histoire, quand elle ne ment pas. Car ce livre est d'abord une formidable brassée d'histoires follement emmêlées - où le lecteur est convié à chercher la sienne.
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Nombre de pages
556
Date de parution
08/04/1999
Poids
660g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782859405793
Titre
PLANETE SANS VISA
Auteur
Malaquais Jean
Editeur
PHEBUS
Largeur
140
Poids
660
Date de parution
19990408
Nombre de pages
556,00 €
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Résumé : En Provence, dans les années 1930, des travailleurs venus des quatre coins du monde s'exténuent dans les mines d'argent et de plomb. Ils sont allemands fuyant le Führer, russes en délicatesse avec Staline, espagnols, italiens, mais aussi arméniens, turcs, polonais, lithuaniens, arabes. Le quartier de baraquements où on les parque est vite baptisé "l'Ile de Java" . La vie n'y est pas rose mais on ne s'ennuie pas. L'alcool encourage les élans philosophiques, les putains ont le coeur généreux et les rires défient le tragique. La langue truculente et inventive des Javanais enthousiasma Trotski et fit comparer son auteur qui n'écrivait le français que depuis dix ans à peine à Villon, à Rabelais, à Céline...
Les écrivains français qui ont traversé la guerre (la dernière, s'entend) sont restés dans l'ensemble remarquablement silencieux sur tout ce qui touchait d'un peu près aux déplaisantes réalités de l'époque. Il n'est que de lire la plupart des journaux intimes signés par les grands noms de la littérature d'alors pour le constater, non sans effarement. Rien de tel avec Jean Malaquais (prix Th. Renaudot 1939 pour les Javanais, qui le firent comparer à Céline : un Céline de gauche, et même d'extrême gauche). Juif venu de Varsovie par les mauvais chemins, apatride jusqu'à ce que la République s'avise, à l'été 39, qu'il pourrait faire aussi bien qu'un autre son poids de chair à canon, il n'a jamais pris de gants pour manipuler la matière, souvent peu ragoûtante, dont se bâtit l'Histoire. Son Journal de guerre (août 39- juillet 40), publié en français à New York en 1943, sera vite mis sous le boisseau. Quant au Journal du métèque qui lui fait suite, et qui évoque la survie d'un coupe traqué dans la France du Maréchal, il trouvera le moyen de rester indédit jusqu'à ce jour. Douce France ... Tout citoyen de ladite se devrait pourtant de lire ces pages, où l'on tire sans tricher un portrait d'époque de son cher et vieux pays. Et dans quel style ! On n'oubliera pas de sitôt cette " traversée de la France " que s'offrent en juin 40, en pleine débâcle, le prisonnier Malaquais et son copain Kaldor, qui ont réussi à filer à la barbe de leurs gardes vert-de-gris. Une radiographie sans bavures du corps national. Pas joli-joli, mais instructif. Et annonçant de tristes suites - dont nous n'avons peut-être pas vu le bout.
Les lecteurs et la presse viennent de redécouvrir l'oeuvre de Jean Malaquais (né, Jan Malacki, juif et polonais, en 1908 - toujours bien vivant à ce jour). Les Javanais (prix Renaudot 1939), roman cabochard d'une inventivité de langue parfaitement sidérante, souleva l'enthousiasme de Trotski et de Gide et fit comparer son auteur à Villon, Rabelais, Céline... alors qu'il n'écrivait le français que depuis dix ans à peine. Chronique d'un coin de Provence avant la guerre. Non point la Provence de Pagnol, mais celle des mines de l'arrière-pays où bosse au noir un fameux contingent de métèques... Drôle d'époque, dont les contradictions rejoignent bizarrement les nôtres. Et drôle de bouquin, sur lequel le temps semble ne pas avoir de prise.
Rentrée littéraire 2025 Prix Pulitzer 2024 1874, au lendemain de la guerre de Sécession. Sur les routes de Virginie-Occidentale se croisent civils et soldats, renégats et vagabonds, affranchis et fugitifs. ConaLee, 12 ans, l'adulte de sa famille depuis aussi longtemps qu'elle s'en souvienne, entreprend un voyage avec sa mère, qui n'a pas prononcé un mot depuis des mois, et l'homme qu'on lui a dit d'appeler "papa" . Ce vétéran sudiste, qui s'est imposé dans leur monde, les dépose à l'entrée de l'asile d'aliénés de Trans-Allegheny. Là, loin de leurs proches, se faisant passer pour une dame et sa bonne, mère et fille empruntent le long chemin de la guérison. Une fois de plus, Jayne Anne Phillips tisse un récit envoûtant où la mémoire collective, les secrets familiaux et les fracas de l'Histoire se conjuguent. Dans une prose d'une beauté âpre, elle s'attache à dépeindre avec empathie les victimes, les blessés dans leur chair et leur âme. Et fait revivre une galerie de personnages mémorables : Dearbhla, la guérisseuse irlandaise qui sait lire dans les pierres, O'Shea, le veilleur de nuit amnésique ou encore Mrs Hexum, la cuisinière au grand coeur. Autant de sentinelles qui tentent à leur échelle de protéger un monde qui se délite et de réparer les vivants.
Vous voulez que je vous ouvre ma tête pour aller voir dedans ? Si j'étais vous je voudrais pas savoir." C'est un homme inquiet qui appelle la gendarmerie parce qu'il est sans nouvelles de sa femme. C'est une infirmière aimant marcher seule quand le sommeil la fiait. C'est un petit garçon avec des yeux profonds comme des lacs et qui a perdu sa mère. Mathis a six ans. Il est le dernier témoin du drame qui s'abat sur lui. Alors il répond quand on l'interroge, hésite, se reprend, questionne le vide. Car lorsqu'on disparaît, c'est bien qu'on est encore quelque part, non ? Cette histoire commence dans le Narbonnais, juste avant Noël. Un couple sur le point de se séparer, des étangs fouillés sans relâche, un enfant seul. C'est sa voix que l'on entend. Voix de tête dans ce roman où amour, violence et solitude sont disséqués tour à tour par les principaux intéressés en un long chant qui se déploie jusqu'à l'inexorable. Y a-t-il plus grand trauma que de perdre sa mère du fait de son père ? Partant d'un angle mort des féminicides, Delphine Saubaber nous plonge dans un roman déchirant d'une sidérante vérité.
Rufous Flanagan, cartographe spécialisé dans le recensement des espèces en voie d'extinction, est lui-même sur le point de disparaître. Atteint d'une démence précoce qui s'attaque irrémédiablement à sa mémoire, il se lance un défi : revoir une dernière fois ses frères et soeurs, mais aussi, avant de l'avoir totalement oubliée, la cabane où ils ont trouvé refuge pendant plusieurs mois, des décennies plus tôt. Commence une odyssée périlleuse, sur les sentiers isolés de Colombie-Britannique, alors que les feux de forêt font rage. Car Rufous doit affronter non seulement une nature hostile, mais surtout le démantèlement de son propre esprit. Ses souvenirs, tantôt vivaces, tantôt fugaces, deviennent une carte qui le guide dans un voyage où la frontière entre rêve et réalité s'estompe... Lettre d'amour à un monde en sursis, Ciel noir, coeurs battants nous emmène à la recherche du temps perdu et d'une identité fracturée. Et réaffirme avec mélancolie la puissance des liens, familiaux ou choisis.
Dans un futur proche où le grand dérèglement contraint aux migrations, un père a choisi de fuir la ville pour emmener sa famille sur la Butte, le domaine de ses ancêtres isolé en montagne. Pilha, Dag et Mette, ses trois filles, y endurent une vie de servitude sous les ordres de leur mère. Il y a aussi Finn, le frère, né un jour de tempête, le seul pour lequel le père envisage un avenir. Car viendra le temps où il faudra conduire chacune des filles en haut de la montagne. Ainsi en a décidé la malédiction qui pèse sur la lignée. Ainsi en a décidé le père. Il faudra sacrifier au rituel. Parce que ce qui coule entre les cuisses des filles ne permet pas le doute. Lorsque Pilha, l'aînée, est atteinte de la mystérieuse maladie du sang, elle est escortée jusqu'au Mont. Et Pilha ne revient pas. Dag l'a compris, elle sera la prochaine. Alors, c'est décidé : son sang ne coulera pas. Dans la forêt dont elle a fait son royaume, la tension monte. Et de découvertes macabres en révélations, la jeune fille trouvera le courage de s'arracher à la funeste destinée familiale.