Jean-Paul Sartre est devenu le caillou du XXe siècle : nul, ou presque, ne le rencontre qui ne se donne le plaisir d'un coup de pied peu pensé. Injustice hâtive, retour de galet, qui est en passe de faire de l'auteur de La Nausée, sinon un philosophe sans invention, du moins un écrivain sans saveur - sans autre goût que politique. C'est donc contre cette méconnaissance littéraire que les études ici rassemblées voudraient prendre position. Elles tentent de relire les oeuvres sartriennes - avant tout La Nausée, " L'Enfance d'un chef ", les biographies existentielles, mais aussi Les Séquestrés d'Altona et Les Mots - en mettant l'accent sur les effets ironiques de leurs structures, sur la connivence qu'elles réclament du lecteur, par un jeu savant mené avec la tradition littéraire, sur la perversion existentialiste qu'elles accomplissent du mysticisme. Car Sartre, s'il a un jour conçu la littérature comme engagement, la définissait encore comme " herméneutique du silence " - cela méritait aussi un coup de plume.
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Nombre de pages
416
Date de parution
13/11/2002
Poids
520g
Largeur
135mm
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EAN
9782858166381
Titre
Silences de Sartre
Auteur
Louette Jean-François
Editeur
PU MIDI
Largeur
135
Poids
520
Date de parution
20021113
Nombre de pages
416,00 €
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Publié en 1952, En attendant Godot a déjà cinquante ans ; on voit mieux le chef-d'?uvre s'inscrire dans l'Histoire. Celle, d'abord, de la violence humaine : cette pièce ressortit à une littérature "lazaréenne", marquée par l'expérience de la guerre et de l'Extermination. Mais En attendant Godot prend sens aussi dans le processus, qui traverse tout le siècle, de contestation de l'art par lui-même : "désesthétisation" qui conduit Beckett à déjouer, par la provocation et la frustration, la communion de la salle avec la scène. Pour replacer cette ceuvre dans l'histoire du théâtre, on analyse ici la filiation qui la rattache à des dramaturges du conflit et de la cruauté : Strindberg, Artaud. Crise du drame (du dialogue intersubjectif), crise de l'art (de la relation au public), crise de la guerre (de la Cité) : En attendant Godot ne connaît d'autre régime, pour le lien interhumain, que celui du déchirement : de l'amitié cruelle.
Résumé : Relire et faire relire les textes narratifs de Sartre (Le Mur, Le Sursis), dans leur profondeur, leur virulence, leurs inventions formelles, voilà le premier objectif poursuivi dans cet ouvrage. Le deuxième est de faire voir l'étroitesse des liens d'écriture qui ont uni Sartre à Simone de Beauvoir, par exemple dans une pièce comme Les Mains sales, dont la richesse n'éclate que si l'on mesure sa proximité de pensée avec Le Deuxième Sexe. Proximité n'est pas identité, ce qui conduit enfin à s'interroger sur les liens, énigmatiques et souvent conflictuels, entre littérature et idées, ou plus précisément entre roman et philosophie - mais là le corpus s'élargit, et l'on se tourne vers Céline et Queneau, Aragon et Nimier, ainsi que vers le très beau et très drôle Molloy de Samuel Beckett.
Les essais rassemblés ici explorent les perspectives nouvelles ouvertes sur l'oeuvre de Sartre par la publication de ses Ecrits autobiographiques dans la Bibliothèque de la Pléiade en 2010. Les contradictions d'un discours autobiographique poursuivi, malgré le refus de l'intime, sur quelque trente ans ; le rejet de l'écoulement pâteux du temps quotidien au profit de l'exploration de l'historicité; le sort qu'un vivant voue à ses morts, la manière qu'il a de les garder vifs et à vif ; l'importance de l'amitié en dépit du goût pour la rupture ; la contestation de l'autobiographie par les tentations de l'essai et des mémoires ; l'invention d'un style mnémonique pour les notes de voyage sur l'Italie, et d'un style mémoriel pour les portraits ou tombeaux de Nizan et de Merleau-Ponty - autant de phénomènes éclairés grâce à des approches qui s'inspirent tantôt de la linguistique (lexicologie, analyse du discours), et de la stylistique des genres, tantôt de l'histoire politique (Castro et la fin des Mots, Sartre et Merleau-Ponty face au communisme), tantôt des gender studies (Sartre et Beauvoir), tantôt de la philosophie (Sartre et la déconstruction de la subjectivité). Toutes elles contribuent à redessiner l'histoire littéraire d'une oeuvre de premier plan.
Les grottes de la Renaissance sont des constructions artificielles évoquant par leur architecture et leur décoration les cavernes naturelles, en se référant aux nymphées de l'Antiquité. Elles ont été bâties à l'intérieur de grandes demeures ou dans des pavillons isolés au milieu des jardins, d'abord en Italie puis dans toute l'Europe du Nord à partir du milieu du xvie siècle. Commande royale ou princière, ces grottes rivalisent par leur richesse ornementale : sculptures, rocailles, coquillages, jeux d'eaux... Des recherches récentes ont permis de redécouvrir quelques-unes des plus importantes réalisations en Allemagne, au Luxembourg, en France et en Italie. Les travaux de restauration menés par des architectes, les fouilles archéologiques, les études historiques conduites dans de nombreux fonds d'archives renouvellent nos connaissances sur ce sujet.