Sociétés contemporaines N° 54/2004 : Les classifications professionnelles en pratiques
Lomba Cédric
L'HARMATTAN
15,50 €
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EAN :9782747568791
Depuis une quinzaine d'années, les négociations sur les classifications professionnelles et les hiérarchies salariales dans les entreprises ont changé de nature. Elles sont de moins en moins l'enjeu de grands conflits collectifs, entre représentants patronaux et syndicaux, et tendent à se restreindre au cadre des relations directes entre employeurs et employés dans chaque entreprise. Les contributions de ce dossier portent sur les façons dont se négocient les classifications et leur mise en œuvre dans des entreprises particulières. Pourquoi aujourd'hui un ouvrier de l'automobile renonce-t-il aux opportunités de sortie de chaîne et de promotion vers la maîtrise ? Quels sont les critères - présentés comme naturels - distinguant un travailleur dit " manuel ", un ouvrier, d'un travailleur dit " intellectuel ", un employé, dans la sidérurgie belge ? Et comment conduisent-ils à séparer ces deux groupes de travailleurs ? Ou encore, comment les métiers du livre, comme ceux des employés de la vente dont la valorisation reposait sur l'ancienneté, sont-ils requalifiés dans de nouvelles grilles de classification qui formalisent les compétences? C'est à ces questions que les articles réunis ici, qui font tous état de l'expérience concrète de groupes de travailleurs, s'efforcent de répondre. Leurs auteurs poursuivent des traditions de recherche qui mêlent enquêtes historiques et ethnographiques dans des milieux aussi variés que l'industrie automobile, la sidérurgie et l'édition. Ainsi se donnent-ils les moyens de considérer les classifications en pratiques.
Nombre de pages
128
Date de parution
01/11/2004
Poids
280g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782747568791
Titre
Sociétés contemporaines N° 54/2004 : Les classifications professionnelles en pratiques
ISBN
2747568792
Auteur
Lomba Cédric
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
155
Poids
280
Date de parution
20041101
Nombre de pages
128,00 €
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Quand on évoque les restructurations industrielles, on pense d'abord aux fermetures d'usines et aux drames sociaux qu'elles engendrent. On oublie toutefois que ces fermetures sont l'aboutissement d'un long processus de restructurations partielles auxquelles ont dû faire face les travailleurs depuis de longues années. Pour comprendre comment les travailleurs vivent dans ce contexte d'incertitudes répétées, Cédric Lomba a multiplié les observations et les entretiens, pendant près de vingt ans, auprès des ouvriers d'usines métallurgiques d'une multinationale (ArcelorMittal) de la région de Liège en Belgique. Il présente ainsi l'évolution des mécanismes gestionnaires qui justifient les restructurations, les ajustements collectifs entre ouvriers dans les usines, les transformations du syndicalisme de base, les effets des réorganisations sur la santé au travail, sur les trajectoires professionnelles et sociales des ouvriers et, de façon plus générale, sur leurs modes de vie.
L'analyse des conflits entre le travail et le capital ne peut ignorer le rôle du monde intellectuel qui semble aussi bien susceptible de renforcer la domination culturelle de la classe ouvrière, que de participer à son émancipation. Ce numéro d? Actes de la recherche en sciences sociales porte sur les relations qui peuvent se nouer, notamment à la faveur de grèves et de conflits sociaux, entre les mondes intellectuels et ouvriers, en en éclairant différentes facettes. Il rassemble des enquêtes sur des professionnels de la culture ou du savoir qui, comme certains sociologues ou médecins du travail, sont spécialisés sur le monde de l'usine, et sur les positions d'entre deux caractéristiques de certains militants ouvriers en contact avec des représentants du monde intellectuel. Le numéro traite de la période qui s'est écoulée depuis l'après-guerre : si les relations entre les univers intellectuel et ouvrier ont connu un moment fort avec les grèves de mai-juin 1968 et leurs suites, elles sont aujourd'hui affectées par l'ensemble des transformations qui affectent l'espace politique et syndical, l'univers scolaire et le monde du travail.
Qui sont les " classes populaires " ? C'est à cette question que répondent les auteurs de " La vie des idées " à travers des prismes variés : travail et emploi, trajectoires résidentielles, conditions de revenus, pratiques culturelles, ressorts moraux. Ils dressent une cartographie des classes populaires, scindées entre, d'une part, des strates qui se rapprochent des classes moyennes et, d'autre part, des groupes qui s'enfoncent dans la précarité voire la pauvreté. Or, cette fragmentation du milieu ouvrier est le principal facteur du désarmement identitaire et politique du groupe.
La désindustrialisation s'inscrit de manière récurrente dans les débats publics comme une des transformations économiques et sociales majeures des pays du Nord depuis la fin des années 1970. Pour autant, elle mérite d'être mieux définie dans ses contours et ses effets. Des historiens relativisent, dans ce numéro, la nouveauté et l'ampleur des désindustrialisations. D'autres articles soulignent les déplacements des industries en fonction des stratégies internationalisées des firmes, notamment dans le secteur de la logistique et dans les zones franches de pays du Sud. Des contributions interrogent également les multiples dimensions des reconfigurations d'anciens bassins industriels et les implications des politiques locales de reconversions de ces espaces. Ce sont enfin les effets des transformations "industrielles" sur les ouvrier.e.s en Europe qui sont présentés. Il s'agit de saisir à la fois la dégradation des conditions d'emploi, de travail et de vie des mondes ouvriers et les formes de résistances individuelles ou collectives qu'elles entraînent.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...