L'Amérique de Mingus. Musique et politique, les "Fables of Faubus" de Charles Mingus
Levallet Didier ; Martin Denis-Constant
POL
23,20 €
Épuisé
EAN :9782867441912
Le 20 octobre 1960, Charles Mingus enregistre, en quartette et pour une petite compagnie de disques, Candid, ce que lui-même considère comme la version originale des "Fables of Faubus" . A ses côtés : Eric Dolphy, Ted Curson, Dannie Richmond. Les "Fables" ont déjà connu, quelques mois auparavant, une première naissance au disque. Gravées le 5 mai 1959 dans les studios de Columbia mais alors amputées de leur texte, jugé trop virulent par les dirigeants de la firme. Ces paroles, où colère, sarcasme, angoisse se tressent en un chant grinçant, évoquent les agissements ségrégationnistes du gouverneur Orval Faubus qui en 1957 provoquèrent, dans l'Arkansas, les affrontements de Little Rock - l'un des temps premiers, des temps essentiels de la lutte pour les droits de la population noire aux Etats-Unis. Cet essai prend exemple sur les "Fables" , certainement composées l'année même sous le coup des événements, pour tenter de répondre à la question : "Quel est le sens des sons ? " , qui pose le problème du rapport entre politique et musique. Didier Levallet et Denis-Constant Martin mettent d'abord en situation l'homme-Mingus, son monde, dans l'histoire et dans l'esthétique. Puis ils s'adonnent à une analyse combinant dans ses approches sémiologie musicale et sociologie, ouvrant ainsi des perspectives neuves à la littérature jazzistique. Exercée sur l'enregistrement canonique de 1960 et, surtout, les cinq versions live de la tournée européenne de 1964 actuellement éditées (Mingus présentait à cette occasion un sextette comprenant, outre Dolphy et Richmond, Johnny Coles, Clifford Jordan et Jaki Byard), la méthode a vocation d'être reprise, appliquée à d'autres moments d'importance de l'histoire du Jazz. Elle s'avère apte à mettre au jour toute la richesse sémantique d'une oeuvre qui, peu ou prou, ne s'en est pas tenue à sa vocation proclamée d'exprimer la révolte. Eclairant leur dynamique de tensions, les contradictions qui les animent, désignant le territoire d'ambiguïté qui les fonde et comme les racines de leur hétérogénéité, elle montre en quoi ces "Fables de Faubus" , devenues relance quasi mythique du jazz moderne, symbolisent le rapport complexe au monde blanc et sa culture, à ses valeurs, d'une communauté par lui "négativée" , sinon niée.
Nombre de pages
216
Date de parution
01/01/1991
Poids
390g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782867441912
Titre
L'Amérique de Mingus. Musique et politique, les "Fables of Faubus" de Charles Mingus
Auteur
Levallet Didier ; Martin Denis-Constant
Editeur
POL
Largeur
155
Poids
390
Date de parution
19910101
Nombre de pages
216,00 €
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Cette nuit-là, rassemblés tous les trois autour de notre mère, nous avons pour la dernière fois fait kolkhoze.Notes Biographiques : Emmanuel Carrère est né en 1957. D'abord journaliste il a publié un essai sur le cinéaste Werner Herzog en 1982 puis L'Amie du jaguar Bravoure (prix Passion 1984 prix de la Vocation 1985), Le Détroit de Behring essai sur l'Histoire imaginaire (prix Valery Larbaud et Grand Prix de la science-fiction française 1987),Hors d'atteinte ? et une biographie du romancier Philip K. Dick : Je suis vivant et vous êtes morts. La Classe de neige prix Femina 1995 a été porté à l'écran par Claude Miller et L'Adversaire par Nicole Garcia. En 2003 Emmanuel Carrère réalise un documentaire Retour à Kotelnitch et adapte lui-même en 2004 La Moustache avec Vincent Lindon et Emmanuelle Devos. Il a depuis écrit Un roman russe, D'autres vies que la mienne, Limonov prix Renaudot 2011, Le Royaume prix littéraire Le Monde, lauréat-palmarès Le Point, Meilleur livre de l'année, Lire 2014, Il est avantageux d'avoir où aller et Yoga. En 2020 il a réalisé un nouveau film Ouistreham d'après le livre de Florence Aubenas avec Juliette Binoche et des actrices non professionnelles. Ses livres sont traduits dans une vingtaine de langues.
Quand j'ai débarqué à Tours (Indre-et-Loire) au printemps 1968, c'était pour enquêter sur ce que mes parents y avaient vécu pendant la guerre. J'étais très loin d'imaginer que, ce printemps-là, tout le pays serait secoué par une révolte étudiante et paralysé par une grève générale, que je tomberais amoureuse, et que mon histoire d'amour me transporterait en 1942, dans la France de l'Occupation ! Vous allez peut-être trouver surprenant que je me décide à raconter mon histoire d'amour, de résistance et de voyage dans le temps à l'âge de quatre-vingt-trois ans. Mais je crois que c'est le bon moment : en 2026 comme en 1942, il ne faut pas laisser les discours de haine et les mensonges devenir les récits dominants.
Je ne cherche pas ailleurs. Rahmat, le Kabuliwalla, c'est moi. Je ne le filme pas comme un autre, je n'écris pas pour fuir. Je raconte mon histoire à travers lui. Car ce que je poursuis, ce que je veux sauver, ce que je veux comprendre - c'est moi-même, dans ce regard d'exilé, dans ce corps en marche, dans ce silence d'avant la parole.
Plus je lui écrivais de lettres, plus mon affection pour Ilaria grandissait. Il me fallait en savoir plus sur elle. Mais je n'étais pas certaine qu'elle souhaitât que je dévoile les anecdotes intimes que la lecture de son herbier m'avait apprises. Dans le même temps, certains de ses textes sur les plantes laissaient transparaître un désir de percer les secrets de Venise.