Corée, 1950Le voyage touchait à sa fin.La nuit était inhabituellement glaciale, le vent décuplé par la vitesse du train qui filait vers le sud à travers la vallée assombrie. La couverture en coton que June avait volée était assez grande pour l'étendre comme une bâche et en même temps les envelopper tous les trois, son petit frère, sa petite soeur et elle-même, mais elle était usée jusqu'à la corde, et quand le train accélérait brusquement, le vent les transperçait. La nuit précédente, ils s'en étaient débrouillés, mais là, ils voyageaient sur le toit du wagon faute de places libres à l'intérieur, même si on comptait plus de douze voitures. Une massive cohorte de réfugiés avait pris le train d'assaut à la dernière gare, et le temps que les jumeaux aillent se soulager le long de la voie, ils avaient perdu leurs places; il leur avait fallu gravir l'échelle rouillée qui pendait entre les wagons, June forcée de courir sur une cinquantaine de mètres jusqu'à ce que son frère ait réussi à monter assez haut pour sauter à son tour et prendre pied sur le dernier barreau.Il y avait un peu plus de vingt personnes sur chaque voiture, des groupes qui rassemblaient familles et voisins, pour la plupart des femmes, des vieux et des marmots, et puis une ou deux grappes humaines semblables à la leur, composées d'enfants qui voyageaient seuls. June avait onze ans, Hee-Soo et Ji-Young venaient d'en avoir sept. Ils étaient faux jumeaux, mais ils se ressemblaient autant que le pourraient jamais un frère et une soeur: seules leurs coupes de cheveux permettaient de les distinguer. June savait qu'ils auraient pu attendre le passage d'un autre train avec des places libres, mais il ne faisait pas encore froid quand ils s'étaient arrêtés juste avant la tombée du jour, et elle décida qu'il valait mieux poursuivre leur chemin tant que c'était encore possible. Il était toujours plus sûr de continuer à avancer plutôt que de s'attarder quelque part. Plusieurs soldats dépenaillés buvaient et jouaient aux cartes près de la guérite de la gare, mais leur présence ne présageait rien de bon, même pour une fille de onze ans. De plus, elle était grande pour son âge, et elle craignait les soldats et tous les vagabonds. Ils se trouvaient maintenant à environ deux cents kilomètres au sud de Séoul, bien au-delà de Chongju, et June pensait qu'ils devraient poursuivre leur route jusqu'à Pusan, plus au sud encore, où vivait la famille de son oncle, même si elle ignorait s'ils avaient fui, ou même s'ils étaient toujours en vie.En pente douce, le train prit un peu de vitesse et June passa un bras autour des jumeaux, les serrant fort l'un contre l'autre. Aussi aplatis que possible entre les arêtes métalliques du toit, ils se tenaient à l'avant du wagon, et ils subissaient donc de plein fouet les assauts du vent. Ils pouvaient s'estimer heureux d'avoir une couverture, la plupart des réfugiés n'en avaient pas. Il était trop tôt pour dormir, mais il faisait froid, et il valait mieux que les jumeaux ne dépensent pas trop d'énergie, d'autant plus qu'ils n'avaient avalé que quelques biscuits secs aux premières heures du matin. June, elle, n'avait rien pris du tout. La veille, ils avaient bien mangé, parce que June avait trouvé sous un petit pont une ration de boîtes de conserve abandonnée par un GI, une petite tablette de chocolat, et un paquet de biscuits secs. Les deux petits étaient si affamés qu'ils s'étaient jetés sans attendre sur le chocolat pendant que June cognait les boîtes de conserve contre un rocher pour les ouvrir. (...)
Nombre de pages
540
Date de parution
07/03/2013
Poids
636g
Largeur
147mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782879297514
Titre
Les vulnérables
ISBN
2879297516
Auteur
Lee Chang-rae ; Amfreville Marc
Editeur
OLIVIER
Largeur
147
Poids
636
Date de parution
20130307
Nombre de pages
540,00 €
Disponibilité
Epuisé
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
À Bedley Run, petite ville de l'État de New York où il tient depuis trente ans un magasin de matériel médical, le " docteur " Hata mène une existence calme et respectable. Ce discret célibataire a adopté une fillette d'origine coréenne. Quand elle se révolte contre lui et rejette son code de valeurs, le " docteur " Hata est désemparé. Il remâche cet échec, ressasse sa vie, jusqu'à laisser émerger le drame enfoui dans sa mémoire. Lorsqu'il était officier dans l'armée japonaise durant la Seconde Guerre mondiale, cinq jeunes Coréennes furent amenées dans leur campement pour servir de " femmes de réconfort " aux soldats. Amoureux de l'une d'elles, il tenta d'accomplir un acte héroïque, et précipita la tragédie. Tandis que se dénouent les fils de son existence, Hata comprend que sa conduite exemplaire et sa réserve masquaient un profond sentiment de honte. Et qu'il lui faut maintenant affronter les fantômes. Salué dès sa parution aux États-Unis (en 1999) comme un chef-d'?uvre, ce livre marque l'arrivée d'un écrivain de premier plan sur la scène internationale.
La société qui emploie Henry Park a pour objet la surveillance des groupes ethniques aux États-Unis. Park, d'origine coréenne, espionne le milieu des Coréens ; plus précisément John Kwang, candidat coréen à la mairie de New York. Donc, Park est un traître. Park est marié, mais son couple s'effondre lorsque Mitt, leur petit garçon, meurt accidentellement. Langue natale est l'histoire de cet effondrement, des fêlures qu'il révèle dans le psychisme de Park, et de sa tentative de guérison. Traduit de l'anglais (États-Unis).
Jerry Battle, descendant d'émigrants italiens, habite depuis toujours à Babylon, charmante bourgade de Long Island. Vu d'en haut, à bord de son petit avion, tout semble parfait dans sa vie. À 56 ans, il a quitté la tête de l'entreprise familiale. Son fils Jack l'a reprise et l'a fait prospérer. Sa fille Theresa est une intello avec laquelle il n'entretient qu'une relation distante. Jerry Battle vit seul - Rita, sa compagne depuis vingt ans, vient de le quitter -, et au fond, il ne s'en plaint pas. Lors des fiançailles de Theresa auxquelles il se rend sans grand enthousiasme, Jerry apprend qu'elle est enceinte. Mais aussi qu'elle est atteinte d'un cancer qu'elle a décidé de ne pas soigner car la radiothérapie mettrait en jeu la vie de son bébé. Cette terrible nouvelle et ses conséquences forceront Jerry, expert dans l'art de la fuite, à se confronter à la réalité et à s'impliquer pour sauvegarder ce qui peut encore l'être : les liens du sang.
Le "docteur" Hata tient un magasin de matériel médical et se prépare à une paisible retraite dans une petite ville de l'Etat de New York. Jusqu'au jour où Sunny, la jeune fille d'origine coréenne qu'il a adoptée, s'échappe pour aller vivre avec des délinquants. Cet événement va remettre en cause toute la vie de ce citoyen modèle parfaitement intégré. Désemparé, Hata se remémore un drame qui l'a marqué, lorsqu'il était officier de santé dans l'armée japonaise d'occupation en Birmanie, et que de jeunes coréennes servaient de "femmes de réconfort" aux soldats... Américain d'origine Coréenne, Chang-rae Lee explore la complexité de la double-culture, à l'instar d'une Zadie Smith ou d'un Kazuo Ishiguro. Avec ce premier roman traduit en français, déchirant et d'une virtuosité qui coupe le souffle, il s'est affirmé d'emblée comme un écrivain capital.
Cela fait deux ans que Paul Hansen purge sa peine dans la prison provinciale de Montréal. Il y partage une cellule avec Horton, un Hells Angel incarcéré pour meurtre.Retour en arrière: Hansen est superintendant a L'Excelsior, une résidence où il déploie ses talents de concierge, de gardien, de factotum, et ? plus encore ? de réparateur des âmes et consolateur des affligés. Lorsqu'il n'est pas occupé à venir en aide aux habitants de L'Excelsior ou à entretenir les bâtiments, il rejoint Winona, sa compagne. Aux commandes de son aéroplane, elle l'emmène en plein ciel, au-dessus des nuages. Mais bientôt tout change. Un nouveau gérant arrive à L'Excelsior, des conflits éclatent. Et l'inévitable se produit.Une église ensablée dans les dunes d'une plage, une mine d'amiante à ciel ouvert, les méandres d'un fleuve couleur argent, les ondes sonores d'un orgue composent les paysages variés où se déroule ce roman.Histoire d'une vie, Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon est l'un des plus beaux livres de Jean-Paul Dubois. On y découvre un écrivain qu'animent le sens aigu de la fraternité et un sentiment de révolte à l'égard de toutes les formes d'injustice.
Ils vivent en Suisse, au Japon, à New York, Los Angeles ou Tel-Aviv. Ce sont des hommes et des femmes de tous âges qu'a priori rien ne rapproche. Et pourtant? Saisis à un moment décisif de leur parcours, les personnages d'Être un homme sont poussés à questionner le sens profond de leur existence. Pour certains, il s'agit de leur judéité. Pour d'autres, des liens familiaux, amoureux ou amicaux qui les unissent. Une aura de mystère les entoure, comme si une présence invisible les accompagnait. Dans ce recueil de nouvelles conçu avec l'ampleur d'un roman, Nicole Krauss fait mouche par la justesse et la poésie de son écriture. Elle tient une place à part dans le paysage littéraire américain et le prouve une fois de plus. Magistralement.Traduit de l'anglais (États-Unis) par Paule Guivarch.Née en 1974, Nicole Krauss a publié en 2006 L'Histoire de l'amour (Gallimard, prix du Meilleur livre étranger). En 2011, elle a rejoint les Éditions de l'Olivier avec La Grande Maison. Son dernier roman, Forêt obscure, a connu un très beau succès critique et public en 2018.
Connell et Marianne ont grandi dans la même ville d'Irlande. Il est le garçon en vue du lycée, elle est la solitaire un peu maladroite. Pourtant, l'étincelle se produit : le fils de la femme de ménage et l'intello hautaine connaissent ensemble leur premier amour.Un an plus tard, alors que Marianne s'épanouit au Trinity College de Dublin, Connell s'acclimate mal à la vie universitaire.Un jour, tout est léger, irrésistible?; le lendemain, le drame pointe et les sentiments vacillent.Entre eux, le jeu vient tout juste de commencer.Sally Rooney réussit le tour de force de donner une dimension unique et universelle à cette histoire. Porté par des dialogues saisissants de justesse, Normal People est un roman magistral sur la jeunesse, l'amitié, le sexe, sur les errances affectives et intellectuelles d'une génération qui n'a plus le droit de rêver, mais qui s'entête à espérer.Traduit de l'anglais (Irlande) par Stéphane Roques.Sally Rooney est née en 1991 en Irlande. Autrice de Conversations entre amis (L'Olivier, 2019), qui a rencontré un immense succès dans le monde entier, elle signe avec Normal People un roman phénomène. Il a été adapté en série, qui est diffusée sur France 5.
Ce sont des mots que l'on a entendus derrière une porte et qui nous invitent dans l'intimité des autres. C'est la tête que l'on tourne vers un éclat de rire dans la rue. Le hoquet de tristesse d'une fille apprenant une mauvaise nouvelle au téléphone. C'est la phrase glissée dans une conversation, une phrase qui ne paie pas de mine, prononcée comme on dit ça comme ça et dont, pourtant, on se souviendra toute sa vie. C'est le bruit que font les autres sur le fil des secondes. " Ces autres qui nous entourent, David Thomas excelle à les dépeindre. Son art de la brièveté, son écriture vive et précise font naître des personnages inoubliables. Avec leurs qualités, leurs failles, leurs contradictions, leur noirceur parfois, leur drôlerie aussi. Seul entouré de chiens qui mordent offre une singulière façon de regarder le monde. Avec une pointe d'ironie. Et toujours beaucoup de tendresse.