Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine. Tome 9, Les sciences religieuses
Laplanche François
BEAUCHESNE
84,01 €
Sur commande en 2-4 jours
EAN :9782701013411
Le Dictionnaire des sciences religieuses au XIXè siècle (1800-1914) se présente comme un instrument de travail qui fait le pont des connaissances sur la rencontre entre sciences et religions au XIXè siècle et qui indique les nouvelles recherches à entreprendre. Le programme est rempli grâce à 714 notices biographies (avec bibliographies) consacrées aux clercs et laïcs qui, entre Révolution et Modernisme, ont oeuvré directement ou indirectement dans le champ des sciences religieuses : théologiens, historiens des religions, médecins, savants et philosophes. Les personnages retenus appartiennent à toutes les confessions influentes en France aussi bien qu'aux milieux rationalistes et libres penseurs. Cet ouvrage a été conçu et dirigé et, pour une large part, rédigé, par François Laplanche, le spécialiste reconnu de l'histoire de l'exégèse qui, dans sa plus récente production (La Bible en France en mythe et critique. XVIè-XIXè siècle), a mis en évidence l'originalité d'un XIXè siècle ignoré jusqu'alors. Ce Dictionnaire, qui a exigé la participation de plus de cent auteurs venus de diverses spécialités, comprend encore une introduction, une bibliographie générale et des annexes incluant des listes d'enseignants des Instituts catholiques et de la section des Sciences religieuses de l'Ecole Pratique des Hautes Etudes. Ce Dictionnaire se propose de combler une importante lacune de l'histoire intellectuelle nationale en mettant notamment en valeur la circulation des idées entre la France et ses voisins, hollandais, anglais et plus encore allemands. Dans la longue durée, la rencontre des religions et de la modernité culturelle constitue en effet un vaste champ de problèmes qui agitent encore notre actualité. L'apport du Dictionnaire à cette recherche tient à la fois à la place qu'y occupent des intermédiaires culturels jusqu'ici peu connus, comme les rédacteurs de revues ou d'encyclopédies spécialisées, et à l'approche scientifique des personnages de premier plan, tels Maurice Blondel, le P. de Grandmaison, Louis Duchesne, Louis Veuillot, y compris l'abbé Grégoire, Gerbet ou Loisy, ces derniers trop souvent objets d'appréciations partisanes.
Nombre de pages
678
Date de parution
01/04/1996
Poids
1 118g
Largeur
159mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782701013411
Titre
Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine. Tome 9, Les sciences religieuses
Auteur
Laplanche François
Editeur
BEAUCHESNE
Largeur
159
Poids
1118
Date de parution
19960401
Nombre de pages
678,00 €
Disponibilité
Sur commande en 2-4 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Ce livre ne vise pas à décrire, même pour la France, l'ensemble des pratiques de lecture appliquées à la Bible. Il s'intéresse uniquement à la science des Ecritures dans la France moderne. Mais il n'est pas un manuel d'histoire de l'exégèse. D'abord parce que cet essai ne cherche pas l'exhaustivité. Ensuite et surtout, parce que l'étude des sciences bibliques ne saurait se concevoir comme l'histoire d'une raison exégétique née avec l'humanisme (non avec Richard Simon et Spinoza comme on le croit et on l'écrit encore), puis développant régulièrement ses exigences critiques jusqu'à nos jours. Il s'agira donc, en dix chapitres, de dessiner le parcours selon lequel le récit biblique passe d'un statut où il englobe le sens des existences individuelles et explique les différences socio-culturelles, à un état où il devient assujetti à la maîtrise de la raison et se voit assigner une place dans l'histoire des religions. Comme les historiens des sciences nous l'ont appris, ce n'est qu'au prix de découpages in vivo que l'on réussit à constituer l'histoire de la science passée comme le passé, ou la première étape, de la science actuelle.
Le modernisme catholique, cette tentative d'adaptation du catholicisme au monde moderne, ne fut-il qu'un « rhume des foins », selon un propos de Jacques Maritain ? Ce livre magistral de François Laplanche démontre le contraire. Traversant le XXe siècle, les questions radicales d'Alfred Loisy sur la Bible, refoulées par la sévère répression de 1907, continuèrent leur chemin jusqu'aux réponses de Vatican II et même au-delà. L'histoire de cette décrispation, loin de couler comme un fleuve tranquille, connaît tantôt des temps d'arrêt, tantôt des accélérations précipitées. Elle marche au rythme des mouvements ; oecuménique, elle s'inscrit dans les débats entre les différentes sciences sociales, elle s'ouvre à l'interrogation des catholiques sur la place de leur Église dans la société contemporaine. Dans l'espace de la France laïque et républicaine, ces forces historiques ont contribué à forger le destin de la « science catholique ». De proche en proche, toute l'histoire du catholicisme français au XXe siècle se voit appelée par le récit de François Laplanche à composer une vaste fresque aux multiples personnages.
Dans l'Eglise du Moyen Age central, l'inspiration charismatique n'est pas antinomique de la bureaucratisation : elle en est la condition nécessaire. C'est ce que montre cette étude des mobilisations ecclésiologiques de la référence à l'Esprit. Loin d'oublier l'Esprit dans la routine d'une bureaucratie sans âme, les agents de l'institution de l'appareil ecclésial sont les premiers à y faire référence pour opérer, à partir du milieu du XIe siècle, une centralisation pontificale des différentes tendances réformatrices. La monopolisation pontificale de la référence légitime à l'Esprit permet à la fois d'affirmer l'autonomie - la théonomie - de l'appareil ecclésial et d'en suspendre les règles ordinaires. L'appropriation de ce discours ecclésiologique par les chroniqueurs et réformateurs du XIIe siècle va conduire à une nouvelle perception de l'histoire, fondée sur l'idée d'un progrès inspiré et mené par des hommes spirituels. Moines charismatiques et administrateurs peuvent ainsi s'associer autour du fragile malentendu d'une institution spirituelle. Lorsque celui-ci se délite, les discours prophétiques en font l'aune à laquelle juger le présent ou un projet d'avenir. Au cours des XIIIe et XIVe siècles, ce modèle d'une bureaucratie charismatique se dissocie en conceptions antagonistes de la référence à l'Esprit : un usage intégré dans les rouages de l'administration, qui n'apparaît explicitement que dans les périodes de crise, et une référence de plus en plus eschatologique visant à condamner tous ceux qui persécutent les "spirituels".
Scolastique : dérisoire ou sérieuse ? Savante ou bornée ? Ratiocination ou perfection rationnelle de l'investigation universelle ? Virtuosité intellectuelle ou figement formel ? Peu de mots, assurément, résonnent de manière aussi contradictoire dans notre chambre cognitive. Faut-il s'en étonner ? La scolastique, avec le Sic et non d'Abélard au XIIe siècle, se construit sur l'exploration inextinguible de la contradiction. Elle progresse vers la vérité grâce au kaléidoscope des possibles logiques. En son âge d'or, du XIIIe au XVe siècle, auxquels est consacré ce volume, elle ne structure pas seulement la pensée des intellectuels. Imprimant sa forme et ses processus heuristiques à la littérature - latine ou romane - qu'elle érige en son extension, elle trouve en celle-ci non seulement un réceptacle et un lieu de diffusion, mais un révélateur. Codifiée mais libre comme une forme fixe, elle est littérature à part entière, partageant avec elle les ambitions et les modalités protéiformes d'une architectonique savante dévouée à l'éveil de l'esprit. Les vingt-quatre contributions ici réunies sondent la manière dont la littérature médiévale, tirant partie de sa propre diversité, sérieuse, comique, savante, ambiguë ou critique, s'est emparée de la scolastique pour faire d'un phénomène social qui aurait pu devenir un puissant outil de contrôle, un formidable moteur d'émancipation individuelle.
Une exclamation d'Origène (empruntée à Jérémie) : Tu m'as trompé, Seigneur ! Une autre de saint Anselme : Seigneur, je cherche ton visage ! L'une et l'autre nous a paru valoir d'être scrutée, comme introduisant à une demarche de pensée qui caractérise chacun de ces deux grands esprits, et plus encore au mouvement foncier de leur âme. Deux exemples, propres à faire voir, à travers les différences de deux époques aussi bien que de deux individualités, une parenté plus essentielle. Et nous encore, "nous sommes de leur race" . Tous ceux que nourrit de sa substance indéfiniment féconde une même grande tradition, sont frères. Pour compléter ce sentiment de l'unité dans un incessant pluralisme, nous avons cru pouvoir proposer un troisième exemple, pris à notre siècle même, celui du débat qui fut institué, au cours des années trente, sur les rapports de la foi chrétienne, et de la philosophie. Le lecteur verra de lui-même, sans qu'il soit besoin d'instituer parallèles ou contrastes, combien les questions qui agitaient ce débat sont encore aujourd'hui les nôtres.
En octobre 1703, Claude Poullart des Places, un jeune Rennais, arrive à Paris sans autre intention que de faire sa théologie au collège Louis le Grand. Un an plus tard, simple tonsuré, il fonde un séminaire pour les pauvres écoliers, ces aspirants au sacerdoce dont la misère, par ses conséquences, est la plaie majeure de l'Eglise de France. Il assure à ses élèves une longue et solide formation théologique et sait leur communiquer sa mystique de pauvreté et sa hantise des âmes abandonnées. Il meurt en 1709, prêtre depuis moins de deux ans. Il laisse soixante-dix séminaristes et une petite équipe de directeurs, noyau de cette congrégation du Saint-Esprit qui compte aujourd'hui 4 000 religieux. La Compagnie de Marie de son ami Grignion de Montfort ne voit le jour et ne survit jusqu'à la Révolution que grâce à son affiliation à la congrégation du Saint-Esprit ; pendant près d'un siècle et demi, ses membres se font appeler Prêtres missionnaires du Saint-Esprit. Quant aux Filles du Saint-Esprit, la plus florissante des congrégations bretonnes, elle doit son existence à l'un des premiers disciples de Poullart des Places qui leur forma un règlement sur le modèle de celui qui s'observait au Séminaire du Saint-Esprit. Poullart des Places est le plus jeune fondateur d'ordre et aussi celui qui disposa du délai le plus court pour consolider son oeuvre. Son histoire était une énigme que, grâce aux archives de l' Aa, une congrégation secrète de piété, Joseph Michel réussit à élucider. La cause de canonisation de Poullart des Places a été introduite en 1989.