La poésie de François Lallier signale combien l'attention portée à la question du mouvement de la création comme ouverture au monde cherche à approcher et à cerner au plus près les liens tendus entre le moment présent de la perception et ce qui se donne comme son origine lointaine, avec toute son opacité, à travers l'émergence de la langue, de la parole poétique. Que recouvre ce moment si singulier de la perception, ce surcroît de la vision ? Et que signale ce qui se donne comme son origine, dans la remontée de ce que la langue prend en charge, d'aussi loin qu'elle provienne ? Certes, s'il y a recherche d'une origine de la parole et de son pouvoir de captation, dressée autant que traversée par le réel allant à la rencontre de celui-ci, cette parole poétique offre en ses prismes novateurs et parvient d'une manière remarquable à l'adéquation du poème à la fulgurance du dehors perçu. Dans le seul "geste" de regarder, toute cette intimité - et peu importe, en définitive, le prétexte - associée à toute chose du monde, entretient en cette poésie la source que constitue le corps du réel qui jamais ne se dérobe du coeur de la vie. François Lallier, poète, essayiste, né en 1947, a publié 'Les Archétypes' (Le Temps qu'il fait, 2012) ; 'La Semence du feu' (L'Atelier La Feugraie, 2003) ; 'Le Silence et la Vision' (Deyrolle, 1996) ; 'Matière de l'amour' (Thierry Bouchard, 1985) ; 'Etats de la mémoire' (L'Ermitage, 1981) ; 'Vita poetica (sur la poésie latine)' (L'Arbre à paroles, 2010) et trois volumes d'essais sur la poésie moderne et contemporaine (Baudelaire, Mallarmé, Rimbaud, Poe, Jouve, Bonnefoy, Jourdan, Munier, Frénaud) : 'La Voix antérieure' I, II et III (La Lettre volée, 2007, 2010 et 2016). Un récent numéro de la revue 'Nu(e)' lui a été consacré.
Nombre de pages
64
Date de parution
07/11/2025
Poids
130g
Largeur
140mm
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EAN
9782873176624
ISBN
2873176628
Auteur
Lallier François
Editeur
LETTRE VOLEE
Largeur
140
Date de parution
20251107
Nombre de pages
64,00 €
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Ce second volume d'une exploration de la poésie au titre de la "voix antérieure" - notion dégagée, dans un précédent livre, d'une lecture nouvelle de certains textes de Baudelaire - s'intéresse à des écrivains plus proches de notre temps (et dont l'auteur a été, pour presque tous, le contemporain et l'ami). Dans une époque marquée, à la suite de Mallarmé et de Rimbaud, par une radicalisation autant de la liberté du poète que des enjeux de la poésie, il cherche ce qu'elle est devenue. Reliée à une "expérience" par un "dire" qui se réalise comme modalité de la présence, cette voix, une seconde fois invoquée, est-elle bien la même?
Dans cette étude, François Lallier aborde de fond en comble, d'une manière inédite et avec une grande précision, tout le parcours poétique d'Yves Bonnefoy. Pour Lallier cette oeuvre présente à la fois une remarquable continuité et une non moins remarquable capacité à se renouveler dans ses thèmes et son écriture : comme si une même démarche, s'approfondissant, opérait de véritables découvertes dans une matière en quelque sorte indépendante d'elle, bien qu'en accord avec les expériences et les constructions de pensée qui constituent son travail. En douze chapitres, dont le premier est consacré aux notions de " présence " et de " vrai lieu ", originellement choisies par Yves Bonnefoy comme pierre de touche d'une sortie du surréalisme, et le dernier aux relations ultimes de l'image et du nom, ce parcours montre comment la conscience critique, propre à la modernité, en vient à s'approcher d'une manière originale de l'inconscient (le même dont traite la psychanalyse) à travers une recherche de " l'aube du sens " et du " nom perdu ". Il s'agit toujours en effet de discerner le point où le langage cesse d'être à lui-même son propre objet ou son propre horizon - ce qui n'est pas sans poser la question d'un certain type de transfert, propre à la poésie.
Né en 1954, disparu en 2008, Thierry Bouchard fut un des derniers grands imprimeurs-éditeurs-typographes. Sur ses presses, installées à Losne, en Bourgogne, il a réalisé un des plus beaux ensembles de livres dont on puisse rêver, joignant la science des polices et des fontes, des impressions, des papiers, des formats à un engagement éclairé dans la littérature contemporaine, et principalement la poésie, qu'il pratiquera lui-même, discrètement, comme auteur. Il réalisa 115 livres au titre de ses éditions et près de 200 sous forme de coéditions ou d'impressions pour ses amis éditeurs - qui portent les noms de Butor, Bonnefoy, Puel, Juliet, Du Bouchet, Nelli, Hubin, Novalis ou Segalen, entre autres, et ceux d'artistes aussi prestigieux que Zao Wou-Ki, Pierre Alechinsky, Bram Van Velde, Antoni Tapies, Olivier Debré, André Marfaing... Grands illustrés ou petits livres d'une facture extrêment élégante et soignée sortirent des mains de cet artisan exceptionnel dont l'oeuvre, à n'en pas douter, marquera durablement la bibliophilie contemporaine.
Bonn Sally ; Lerichomme Lise ; Ramirez-Blanco Juli
Comment occupons-nous nos espaces de vie, comment occupons-nous notre temps, que faisons-nous de nos corps ? Liées par l'amitié, et un intérêt partagé pour les utopies féministes, Sally Bonn, Lise Lerichomme et Julia Ramirez-Blanco ont imaginé ensemble à partir de ces questions une exposition, un symposium, un workshop et cet ouvrage collectif. 'Le Foyer de la révolte' s'appuie sur l'imaginaire utopique et féministe lié à nos conditions de travail domestique, de vie "privée" et d'expérimentations sociales. Dans les années 1980, l'historienne de l'architecture Dolores Hayden avait réfléchi à certaines de ces questions dans son ouvrage novateur 'The Grand Domestic Revolution'. Reprenant cette impulsion et l'actualisant, les artistes, chercheur·euses et auteur·ices du 'Foyer de la révolte' inventent des pistes et des formes dessinant des présences possibles et des futurs désirables. Depuis les pensées radicales du XIXe siècle jusqu'aux interrogations contemporaines sur nos manières de vivre, des nourriceries du Familistère de Guise aux squats anarcho-féministes berlinois, des bidonvilles de Nanterre aux habitats collectifs des ZAD contemporaines, nous suivons une ligne sinueuse mais décisive parmi des manières d'être et de faire monde. Par touches successives, les modèles familiaux y sont recomposés, le rapport au travail éclaté, la pensée de l'espace ouverte. L'enjeu de cet ouvrage est de faire apparaître la création artistique dans sa dimension engagée et d'entretenir le feu de ces révoltes. Sous la direction de Sally Bonn, chercheuses en esthétique, Lise Lerichomme, chercheuses en arts plastiques, et Julia Ramirez-Blanco, chercheuses en histoire de l'art, avec les contributions d'Anne Creissels, Keren Detton, Marcelo Expósito, Anaïs Feyeux, Edith Gaillard, Jacopo Galimberti, Anne-Valérie Gasc, Noémie Goddard, Monique Hervo, Clovis Maillet & Louise Hervé, Alex Martinis Roe, Morgane Merteuil, Cynthia Montier, Daniela Ortiz, Frederic Panni, Juan Pro, Ghislaine Vappereau.
Ce livre porte sur la façon dont les artistes contemporains tentent d'ajuster leurs moyens de représentation à la situation migratoire actuelle. En analysant ces jeux d'échelle, cet essai vise aussi à appréhender les migrations contemporaines à travers le prisme de leurs représentations artistiques. C'est à éclairer cette dimension que s'attache cet essai, qui se penche en ce sens sur quelques-uns des motifs caractéristiques des imaginaires migratoires de ce début de XXIe siècle que sont le refuge, le mur et le bateau, tels que les artistes d'aujourd'hui tentent d'en restituer les différentes dimensions. En entretissant histoire de l'art et études migratoires, cet ouvrage constitue l'une des premières théories critiques publiées en français sur les relations entre arts et migrations contemporaines.Paul Bernard-Nouraud est historien, théoricien et critique d'art. Docteur en esthétique de l'ÉHÉSS, il est également diplômé de l'Institut d'Études Politiques de Bordeaux, de l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne et de l'Université libre de Bruxelles. Il a également été postdoctorant au sein du Madrid Institute for Advanced Study de Madrid, en résidence à la Casa de Velázquez. Outre ses contributions universitaires dans différentes revues, il est notamment l'auteur d?"Une histoire de l'art d'après Auschwitz" en trois volumes parus à L'Atelier contemporain. Il intervient régulièrement pour le Palais de la Porte dorée en tant que référent scientifique pour la médiation.