« Le bâtiment, en lui-même, était particulier. Il s'agissait d'une ancienne polyclinique située à l'angle d'un carrefour, formée à partir de deux constructions mitoyennes en passe d'être transformées en unités d'habitation. [?] L'accrochage, à proprement parler, n'a pris qu'une journée. Comme à notre habitude, il s'est réalisé avec simplicité et sans mots, selon un protocole tacite maintes fois éprouvé qui relève de ces gestes que l'on connaît par c'ur et que l'on reproduit naturellement, de manière quasi intuitive. Et, dans le cas présent, les emplacements étaient déjà choisis. Après quinze jours passés dans l'enceinte de ce bâtiment, à en habiter mentalement chaque recoin, les dessins, peintures et photographies ont trouvé leur place d'eux-mêmes, pourrait-on dire. En frottant les surfaces, en les scrutant méticuleusement, nous les sentions appeler telle ou telle ?uvre. Les murs ont décidé pour nous, nous n'avions qu'à les écouter. » (Extrait de la postface de Clémentine Davin.)Gudny Rósa Ingimarsdottir, artiste plasticienne islandaise, vit et travaille à Bruxelles. Elle applique une recherche constante et expérimentale par le dessin, le son, la photographie, l'écriture, ? Axé sur le temps, son travail privilégie le développement de l'intensité de l'émotion. Ses ?uvres sont exposées dans divers lieux privés et institutionnels en Islande, Belgique, France, Slovénie...Gauthier Hubert vit et travaille à Bruxelles. Artiste plasticien privilégiant la peinture, il développe un travail fictionnel et narratif soutenu par l'écriture et les bases de la sémantique. Il a régulièrement exposé en solo et en groupe dans divers lieux privés et institutionnels en Belgique, Islande, France, Suisse, Royaume-Uni...Clémentine Davin est historienne de l'art, auteure et chercheuse en art contemporain, membre de l'Association Internationale des Critiques d'Art. Chargée d'enseignement théorique à l'École Supérieure des Arts ? ARTS² à Mons, elle contribue régulièrement aux revues d'actualité artistique 'L'Art même' et 'Flux News'.
Comment occupons-nous nos espaces de vie, comment occupons-nous notre temps, que faisons-nous de nos corps ? Liées par l'amitié, et un intérêt partagé pour les utopies féministes, Sally Bonn, Lise Lerichomme et Julia Ramirez-Blanco ont imaginé ensemble à partir de ces questions une exposition, un symposium, un workshop et cet ouvrage collectif. 'Le Foyer de la révolte' s'appuie sur l'imaginaire utopique et féministe lié à nos conditions de travail domestique, de vie "privée" et d'expérimentations sociales. Dans les années 1980, l'historienne de l'architecture Dolores Hayden avait réfléchi à certaines de ces questions dans son ouvrage novateur 'The Grand Domestic Revolution'. Reprenant cette impulsion et l'actualisant, les artistes, chercheur·euses et auteur·ices du 'Foyer de la révolte' inventent des pistes et des formes dessinant des présences possibles et des futurs désirables. Depuis les pensées radicales du XIXe siècle jusqu'aux interrogations contemporaines sur nos manières de vivre, des nourriceries du Familistère de Guise aux squats anarcho-féministes berlinois, des bidonvilles de Nanterre aux habitats collectifs des ZAD contemporaines, nous suivons une ligne sinueuse mais décisive parmi des manières d'être et de faire monde. Par touches successives, les modèles familiaux y sont recomposés, le rapport au travail éclaté, la pensée de l'espace ouverte. L'enjeu de cet ouvrage est de faire apparaître la création artistique dans sa dimension engagée et d'entretenir le feu de ces révoltes. Sous la direction de Sally Bonn, chercheuses en esthétique, Lise Lerichomme, chercheuses en arts plastiques, et Julia Ramirez-Blanco, chercheuses en histoire de l'art, avec les contributions d'Anne Creissels, Keren Detton, Marcelo Expósito, Anaïs Feyeux, Edith Gaillard, Jacopo Galimberti, Anne-Valérie Gasc, Noémie Goddard, Monique Hervo, Clovis Maillet & Louise Hervé, Alex Martinis Roe, Morgane Merteuil, Cynthia Montier, Daniela Ortiz, Frederic Panni, Juan Pro, Ghislaine Vappereau.
Ce livre porte sur la façon dont les artistes contemporains tentent d'ajuster leurs moyens de représentation à la situation migratoire actuelle. En analysant ces jeux d'échelle, cet essai vise aussi à appréhender les migrations contemporaines à travers le prisme de leurs représentations artistiques. C'est à éclairer cette dimension que s'attache cet essai, qui se penche en ce sens sur quelques-uns des motifs caractéristiques des imaginaires migratoires de ce début de XXIe siècle que sont le refuge, le mur et le bateau, tels que les artistes d'aujourd'hui tentent d'en restituer les différentes dimensions. En entretissant histoire de l'art et études migratoires, cet ouvrage constitue l'une des premières théories critiques publiées en français sur les relations entre arts et migrations contemporaines. Paul Bernard-Nouraud est historien, théoricien et critique d'art. Docteur en esthétique de l'EHESS, il est également diplômé de l'Institut d'Etudes Politiques de Bordeaux, de l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne et de l'Université libre de Bruxelles. Il a également été postdoctorant au sein du Madrid Institute for Advanced Study de Madrid, en résidence à la Casa de Velázquez. Outre ses contributions universitaires dans différentes revues, il est notamment l'auteur d'"Une histoire de l'art d'après Auschwitz" en trois volumes parus à L'Atelier contemporain. Il intervient régulièrement pour le Palais de la Porte dorée en tant que référent scientifique pour la médiation.
Rarement une oeuvre picturale aura été tant imprégnée de foi que celle de Fra Angelico, tout en restant parfaitement ancrée dans son époque. Ce religieux dominicain, né en Toscane à l'orée du Quattrocento, consacre toute sa vie à tisser des liens entre les mondes. Par la grâce de sa peinture, il concilie le mysticisme de la chrétienté médiévale et l'humanisme de la première Renaissance. Sous ses pinceaux, le Ciel transcendant où siège un Dieu d'amour illumine la terre des hommes, tourmentée et fragile. Si Fra Angelico figure fidèlement le réel comme les meilleurs artistes de son temps, il mobilise son talent pour proclamer la présence du divin dans l'humanité, rendant sensible aux regards le mystère insondable de l'Incarnation. Michel Feuillet nous invite à découvrir ce miracle artistique au fil des pages de ce beau livre qui réunit deux volumes de la collection "Un certain regard", Le Maître de l'Annonciation (1994) et Au seuil de l'invisible, Fra Angelico (1997).
Il s'agit de la réédition en un volume des trois tomes de l'ouvrage Soulages, L'Ouvre complet, Peintures ; t. 1 (1946-195) ; t. 2 (1959-1978) ; t. 3 (1979-1997), de Pierre Encrevé. Le volume reprend intégralement le texte qui accompagnait les reproductions des 1 174 toiles référencées du catalogue raisonné des peintures sur toile de Pierre Soulages. Cette édition est augmentée d'un nouveau chapitre consacré à la période 1997-2006, années durant lesquelles Soulages a peint plus de 130 nouvelles toiles dans un renouvellement continu de son travail. Ce texte retrace l'oeuvre de Soulages : l'analyse des toiles produites, les différentes techniques développées et leur évolution, ainsi que sa réception critique et sa diffusion nationale et internationale. Le texte est accompagné de 120 reproductions choisies pour illustrer les analyses proposées et offrir un panorama complet des peintures de Soulages. C'est l'étude la plus complète sur l'oeuvre de ce peintre majeur. Pierre Encrevé, professeur de linguistique à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, est aussi le spécialiste incontesté de l'oeuvre de Soulages. Il publiera à l'automne 2007, au Seuil, des Entretiens avec le peintre dont il est un ami proche depuis trente ans.
Yahne Le Toumelin est peintre, aquarelliste, auteur de décors de théâtre et peintre de costumes. Elle appartient au mouvement de l'abstraction lyrique, tout comme son ami Pierre Soulages. Grandes toiles et couleurs vives, les oeuvres de Yahne Le Tourmelin sont créées par le geste et l'envie de restituer la lumière. A partir d'une sélection d'environ 100 tableaux, le livre retrace sa carrière d'artiste animée par une spiritualité? profonde et engagée. Cet ouvrage est le premier consacré à son travail. Il sera préfacé par un texte de Matthieu Ricard, son fils, philosophe, moine bouddhiste et traducteur du Dalai Lama.
Ce livre est habité par la rencontre de et avec Soulages. Ses rencontres ont marqué à jamais sa vision de l'art : d'abord avec l'archéologie et l'art pariétal, ensuite avec Conques et l'art roman, enfin avec l'abstraction pendant la Seconde Guerre mondiale. Ses grandes rencontres des années 1950-1960, avec Picabia, Hartung, Atlan, Senghor, puis autour de Conques avec Georges Duby et Jacques Le Goff, sont aussi des moments phares de son oeuvre, comme l'est sa rencontre avec le Japon. Michaël de Saint-Cheron et Matthieu Séguéla tracent ici un triangle d'or entre l'art de Soulages, l'Afrique noire et le pays du Soleil levant. Ce livre analyse l'outrenoir à travers une double approche novatrice confrontée à l'histoire du xxe siècle et au dialogue des cultures et des arts.