
Les maladies du bonheur
Cherchant le bonheur sous la bannière de la liberté, de la prospérité et de la justice, les Européens et les Américains se trouvent dans une impasse dont l'évolution des souffrances mentales et des troubles comportementaux du dernier demi-siècle témoignent de manière éloquente. Chez les laissés-pour-compte de la modernisation, les pathologies mentales ordinaires résultent moins des carcans sociaux que de l'extension d'une indépendance qui les a privés de cette seconde peau que constituaient les communautés primaires. Les libertés conquises dans la sphère privée se trouvent désormais en porte à faux avec la déresponsabilisation au travail. Le déclin de l'action collective et les bouleversements technologiques ont favorisé une internalisation du mal-être, des addictions et des troubles comportementaux. Parmi les plus aisés, nos sociétés où le rôle des performances cognitives s'est accru ont nourri des pathologies de la rivalité et beaucoup de frustration. L'accès aux meilleures places est en principe ouvert à tous et bien que l'inégalité des dotations cognitives ruine l'idée de mérite, nombreux sont ceux qui se sentent responsables de leur échec, et développent anxiété, dépressions et addictions. Les familles sont devenues les complices de cette compétition méritocratique par les appariements matrimoniaux sélectifs. Si nous n'y prenons garde, une biopolitique appuyée sur les héritages génétiques et épigénétiques risque de renforcer plus que jamais les inégalités sociales.
| Nombre de pages | 480 |
|---|---|
| Date de parution | 04/03/2020 |
| Poids | 528g |
| Largeur | 136mm |
| EAN | 9782130824275 |
|---|---|
| Titre | Les maladies du bonheur |
| Auteur | Lagrange Hugues |
| Editeur | PUF |
| Largeur | 136 |
| Poids | 528 |
| Date de parution | 20200304 |
| Nombre de pages | 480,00 € |
Pourquoi choisir Molière ?
Du même auteur
-

LA CIVILITE A L'EPREUVE. Crime et sentiment d'insécurité
Lagrange HuguesDu XVIe au XXe siècle, un processus de pacification des moeurs intervient dans la vie civile de la plupart des pays d'europe. Cette réduction des violences interpersonnelles s'opère parallèlement à ce que N. Elias a décrit comme une civilisation des moeurs. Favorisée par la diffusion des manières de cour, la civilisation des moeurs se caractérise par une répression de l'expression publique des émotions et des passions et le développement d'une sphère privée. Pour Elias, la réduction de la violence interpersonnelle est la conséquence d'un processus historique de maîtrise de l'affectivité. Le refoulement des pulsions est venu prendre le relais de la coercition externe, du XVIIe au XIXe siècle, la sanction du crime va perdre son caractère emblématique d'expiation sanguinaire pour s'inscrire dans le cadre d'une économie proportionnée.Au regard du recul historique des violences interpersonnelles dans les rapports civils ordinaires, l'augmentation des agressions et des crimes d'appropriation des trois dernières décennies est remarquable. Cette résurgence de la violence n'aurait pas une telle portée si le développement d'un sentiment d'insécurité - manifeste tant dans les choix politiques que dans les comportements d'ostracisme - et une profonde involution de la vie sociale n'étaient venues s'y associer. Suscité à la fin des années 1980 par la multiplication de la délinquance prédatrice, le sentiment d'insécurité est d'abord le fait des populations peu exposées puis, avec l'explosion des incivilités, il se déplace dans les centres urbains; il touche encore en priorité la fraction la plus âgée et la moins exposée de la population. Dans la phase actuelle, l'inquiétude gagne les gens plus jeunes habitant les zones où la violence interpersonnelle est forte, elle répond à la fois à une violence exogène et à une violence venue de soi-même ou de proches, en quelque sorte endogène.Peut-on évaluer la pacification des moeurs et son involution sans s'interroger sur les conditions qui ont permis l'une et l'autre? Peut-on éluder la question de savoir au prix de quoi la luttre contre les crimes et délits, dont l'augmentation ne paraît pas douteuse, doit être entreprise? A quelle aune apprécier les vicissitudes de la paix civile?Sur commande, 4 à 6 joursCOMMANDER28,90 € -
L'épreuve des inégalités
Lagrange HuguesLa question des inégalités déborde largement le cadre national et même européen. Pour prendre la mesure des enjeux qui lient la cohésion sociale et les inégalités, il faut se situer dans le cadre des rapports entre les différents pays, entre pauvres et riches tels qu'ils se manifestent réellement : des formes extrêmes de rupture de la cohésion sociale face à un déclin de la croissance économique. Une croissance économique retrouvée est la clef d'une réduction de la pauvreté donc des inégalités et le ressort d'une cohésion sociale. Cet ouvrage est composé de deux parties : les inégalités perçues et réelles, l'évolution de la mobilité sociale et des solidarités familiales d'une part puis l'étude des ségrégations associées à ces inégalités et les comportements sociaux qui en découlent.Sur commande, 4 à 6 joursCOMMANDER24,50 € -
Le déni des cultures
Lagrange HuguesHugues Lagrange, sociologue (CNRS, Sciences Po), a notamment publié La Civilité à l'épreuve: Crime et sentiment d'insécurité (PUE, 1995), Emeutes urbaines et protestations: Une singularité française, avec Marco Oberti (Presses de Sciences Po) et En terre étrangère: Vies d'immigrés du Sahel en Ile de France (Seuil, 2013).Sur commandeCOMMANDER9,80 € -
De l'affrontement à l'esquive. Violences, délinquances et usages de drogues
Lagrange HuguesRésumé : Avec le développement du chômage et de la pauvreté, la délinquance a trouvé en France, comme dans d'autres pays d'Europe, pendant le dernier quart de siècle, un aliment substantiel et pas seulement des motifs conjoncturels. Mais la forme de l'affrontement entre l'Etat, la police, et les jeunes est particulière à la France : les violences collectives singularisent, en effet, jusqu'à une date récente notre situation. Les explosions des années 1993-1998 sont l'effet d'un enfermement dans l'espace des cités d'une jeunesse qui se trouve au c?ur du processus de métissage culturel, mais se voit reléguée sur le plan social et politique. D'où l'intérêt majeur de ce livre qui met au jour cette tension et en analyse les conséquences. Hugues Lagrange, s'appuyant sur les résultats d'enquêtes menées dans plusieurs villes françaises (principalement Mantes, Les Mureaux, Amiens, mais aussi Nantes, Nîmes, Bordeaux), montre que les inconduites des jeunes échappent à une grille d'interprétation simple. Certaines peuvent être comprises comme l'expression d'une révolte devant les obstacles à l'accomplissement de soi, mais d'autres échappent à cette interprétation : les violences à caractère sexuel, les usages problématiques de drogues et les tentatives de suicide paraissent indiquer une direction opposée. A la rébellion des jeunes des cités ferait face un repli sur la sphère privée. En réalité, l'excitation et l'ennui, la frustration et le désir de reconnaissance sont des deux côtés. Nous sommes en présence d'un nouveau mixte de retrait et de conflictualité suscités par une société compétitive. Non seulement les deux attitudes ne s'excluent pas, mais elles se superposent et se nourrissent mutuellement. Hugues Lagrange, loin de minorer la part existentielle que ces phénomènes contiennent, suggère de donner toute son importance à l'exigence de reconnaissance et à ses contradictions. Une analyse précieuse pour les professionnels concernés (magistrats, policiers, éducateurs et acteurs des politiques de la ville).Sur commandeCOMMANDER26,00 €
Du même éditeur
-

Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine
Grimal PierreHéraclès, Thésée, Jason, Athéna, Zeus... Tous ces héros et ces dieux nous sont familiers, mais connaît-on véritablement les mythes qui s'attachent à leurs noms? Pourtant, Ceux-ci revêtent une importance considérable pour qui se passionne pour l'histoire de la pensée humaine. Mais l'intérêt de les connaître concerne aussi chacun d'entre nous. Constamment repris, réutilisés dans la littérature antique, médiévale, mais également contemporaine, ils sont devenus des références que nul ne peut ignorer, un patrimoine que chacun se doit de connaître. Pierre Grimal, grand spécialiste des études latines, n'a pas eu pour objectif de proposer un système explicatif de ces mythes, mais de les faire connaître et d'apporter ainsi des éléments indispensables à la compréhension de nombreux textes et oeuvres d'art. Fruit d'un colossal travail d'inventaire et de classement des textes, ce dictionnaire est d'un abord simple, clair et précis. Classés par ordre alphabétique, les mythes sont accompagnés des références des textes qui en font mention. Complet et pratique, cet ouvrage publié en 1951, réédité de très nombreuses fois, est toujours précieux.Sur commande, 4 à 6 joursCOMMANDER54,00 € -

L'éducation postmoderne
Desmet Huguette ; Pourtois Jean-PierreRésumé : L'ouvrage est destiné à tous ceux qui s'intéressent à la question fondamentale : " Est-ce que j'éduque bien ? " Parents, enseignants, éducateurs, responsables politiques, travailleurs sociaux, chercheurs peuvent y trouver matière à réflexion. Un modèle de besoins psychopédagogiques fondamentaux est présenté. Il tente de prendre en compte les dimensions les plus importantes entrant en jeu dans la construction de l'identité d'un individu : besoins affectifs, cognitifs, sociaux, idéologiques. Il donne donc un contenu - et, en cela, il constitue une véritable innovation - à la réponse à la question précitée. Par ailleurs, les auteurs s'interrogent : " Comment, concrètement, répondre au mieux à ces différents besoins ? " Pour cela, ils proposent un " système pédagogique multiréférentiel et intégré " car ils se sont aperçus que les divers courants de pensée pédagogique développent spécifiquement un besoin particulier. Ainsi, ils font correspondre une pédagogie à chaque besoin fondamental. Leur proposition - et c'est en cela que leurs propos sont " postmodernes " - est de ne pas privilégier un courant au détriment des autres. Chaque courant apporte des éléments importants. La multiréférence que chaque adulte doit intégrer dans un modèle pédagogique propre est, selon eux, une démarche incontournable. Leur conception de la formation des adultes est de faire de ceux-ci des sujets-acteurs, voire, mieux, des sujets-auteurs de leur projet éducatif. En d'autres termes, on peut dire que complexité éducative et agir communicationnel sont ici au c?ur des propositions.EN STOCKCOMMANDER21,00 € -

Attachement et perte. Volume 1, L'attachement
Bowlby JohnDans ce volume, le premier d'une trilogie, John Bowlby examine à la lumière de travaux récents les processus qui sous-tendent la relation de l'enfant à sa mère. L'attachement chez le petit de l'homme est considéré comme un schème de comportement instinctif, ayant pour fonction de protéger l'enfant des dangers, en particulier des prédateurs. Son importance est donc équivalente à celle des schèmes aboutissant à la nutrition ou à la reproduction. Biographie de l'auteur De 1946 à 1972, Le Dr Bowlby travailla à plein temps comme psychiatre consultant à la Tavistock Clinic et au Tavistock Institute of Human Relations - pour une grande part sous les auspices du National Health Service joint au Medical Research Council. Il poursuit son oeuvre dans les deux institutions, à la fois comme chercheur et comme enseignant. Il a été président de la Société britannique de Psychanalyse et de l'Association internationale de Psychiatrie infantile et des Professions associées.Sur commande, 4 à 6 joursCOMMANDER46,00 € -

Attachement et perte. Volume 3, La perte : tristesse et dépression
Bowlby John ; Weil DidierLa perte d'une personne aimée est toujours éprouvante et trop souvent aboutit à des perturbations émotionnelles durables et profondes, en particulier à de l'angoisse et de la dépression. Ce livre, troisième et dernier de l'oeuvre que John Bowlby a consacré au concept de l'attachement, décrit les réactions des enfants et des adolescents à la perte d'un parent en les comparant aux réactions des adultes à la perte d'un conjoint ou d'un enfant Une attention toute particulière est accordée aux perturbations du deuil aux différents âges et aux événements récents ou anciens qui les favorisent Les différents types de réactions ainsi que les circonstances qui aboutissent à des évolutions favorables ou perturbées s'avèrent être semblables à tous les âges. John Bowlby intègre à la théorie psychanalytique les notions les plus récentes tirées de l'éthologie, de la cybernétique et de la psychologie cognitive. Sa pensée stimulante est parfois controversée, mais elle a le mérite de conduire les cliniciens à une réflexion renouvelée sur les notions de perte, de deuil, de dépression, permettant des approches thérapeutiques nouvelles.Sur commande, 4 à 6 joursCOMMANDER45,50 €
De la même catégorie
-

Psychologie de la connerie
Marmion Jean-FrançoisRésumé : Vue par Jean-Claude Carrière, Boris Cyrulnik, Antonio Damasio, Howard Gardner, Alison Gopnik, Daniel Kahneman, Tobie Nathan, Emmanuelle Picquet et bien d'autres encore Un monde sans connards est-il possible ? La connerie, chacun la connaît : nous la supportons tous au quotidien. C'est un fardeau. Et pourtant les psychologues, spécialistes du comportement humain, n'ont jamais essayé de la définir. Mieux la comprendre pour mieux la combattre, tel est l'objectif de ce livre, même si nous sommes vaincus d'avance. Des psys de tous les pays, mais aussi des philosophes, sociologues et écrivains, nous livrent ici leur vision de la connerie humaine. Et c'est une première mondiale, profitez-en ! Un ouvrage rafraîchissant et instructif. Quentin Périnel, Le Figaro. Un propos clair et accessible à tous. Pauline Pilaudeau, Lire. Avec quatre contributions inédites.Sur commande, 2 à 4 joursCOMMANDER9,80 € -

Et si l'effondrement avait déjà eu lieu. L'étrange défaite de nos croyances
Gori RolandEt si l'effondrement avait déjà eu lieu. Les croyances, les catégories de jugement et les manières de penser le monde et l'humain qui ont fondé et inspiré les sociétés thermo-industrielles se sont effondrées. Nos malheurs actuels, - pandémie, crise climatique, crises sociales et psychiques -, attestent tels des symptômes de notre impréparation culturelle, sociale et civilisationnelle. Notre sol s'est dérobé, nos fondations s'effondrent, comment alors penser l'avenir ? Les lueurs du présent proviennent d'un astre mort, celui des croyances du XIXe siècle, obscurcies par les tragédies du siècle suivant. Et pourtant, ces valeurs guident encore nos conduites, orientent nos actions, fabriquent nos visions du monde et nos subjectivités. Nous retrouvons ces illusions zombies dans des discours progressistes qui, au nom de la modernité - sélection, compétition, progrès continu, évolution orientée par une conception linéaire et mécanique du temps... font du futur leur paradis perdu. Ce déséquilibre majeur, entre la force de nos découvertes et l'indispensable sagesse qu'elles requièrent, nous fait rater depuis un siècle nos rendez-vous avec l'histoire. Un nouveau langage nous manque pour dire un monde aujourd'hui disloqué, chaotique, fait d'une multitude d'événements inattendus. Or, nous avons plus que jamais besoin de l'histoire, de la philosophie et de la psychanalyse pour nous délivrer de ce passé qui est moins trace qu'actualité d'une histoire méconnue. Il nous faut sans attendre inventer une nouvelle forme d'utopie fabriquée avec l'étoffe de nos rêves, pensée moins comme le projet d'un avenir meilleur sans cesse repoussé aux calendes grecques que comme l'originalité à saisir à tout moment pour inventer un futur inédit.Sur commandeCOMMANDER20,00 € -

Le sacre de l'authenticité
Lipovetsky GillesLe droit d'être soi s'est affirmé, depuis les années 1970, comme une idée-force majeure, un puissant transformateur anthropologique. Il a bouleversé le rapport des individus à eux-mêmes, au genre, à la sexualité et à la famille, au travail et à l'art, à la politique et à la religion. Il a remodelé de fond en comble la façon d'être soi et de vivre en société, façonné une nouvelle condition subjective, enfanté une nouvelle phase de la civilisation des individus. Il a contribué à l'avènement du stade hypermoderne de l'état social démocratique-individualiste : il nous a fait changer de monde. Nous voici au moment où cet idéal est parvenu au zénith de son rayonnement social. Il s'agit désormais d'être soi dans la consommation courante, dans l'alimentation, les voyages, le vêtir, la décoration du chez-soi, les manières de communiquer. Plus aucun secteur n'échappe au fétichisme de l'authentique. Partout nous voulons du sens, du vrai, de la transparence, du naturel, de la sincérité, de la fidélité à soi-même. Nous vivons la phase de parachèvement historique de la culture d'authenticité. Est-elle capable de relever tous les défis de notre siècle anxieux ? Rien n'est moins sûr.Sur commandeCOMMANDER22,50 € -
Connards malgré nous. Comment rester intelligent face à la manipulation de nos émotions
Bas Olivier ; Abiker DavidRésumé : Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, la courbe d'évolution de notre QI s'est inversée. Le monde est devenu fou et ça nous rend idiot. Algorithmes de personnalisation qui radicalisent nos croyances, chaines d'informations abrutissantes, réseaux sociaux stimulant à outrance bons sentiments et bas instincts, profusion d'images qui brouillent nos capacités de discernement. Même les connaissances scientifiques sont remises en cause par des marchands de peur. Comment rester intelligent face à cette manipulation de nos émotions ? Il est temps de raisonner à nouveau en développant notre esprit critique, en déjouant nos biais cognitifs, en ne confondons plus opinion et connaissance. Pour nous y aider, voici le premier livre pour ré apprendre à être intelligent.Sur commandeCOMMANDER14,95 €
