Extrait de l'introductionSi l'école buissonnière n'est pas une pratique nouvelle, ce n'est que très récemment que l'«absentéisme scolaire» est devenu une question digne d'intérêt sur la scène politico-médiatique, un problème social exigeant une mobilisation collective. Depuis la fin des années 1990, et plus encore depuis 2002, «absentéisme» rime en effet avec risques, déshérence, manques et inaptitudes de l'élève, carences familiales, etc. L'approche dominante qui s'est ainsi cristallisée se caractérise par un renoncement à toute entreprise sérieuse de connaissance du phénomène dans sa consistance, au profit d'une logique essentiellement gestionnaire, axée sur le comptage et la répression. Dans cette introduction, un retour sur la manière spécifique dont s'est construite cette approche déficitaire permettra de comprendre l'échec des principaux dispositifs de «lutte» contre l'absentéisme qu'elle a inspirés. Chemin faisant, le lecteur sera invité à entrer dans une autre lecture du phénomène s'appuyant sur les apports de la sociologie de l'éducation et de la socialisation, centrée sur ce qui définit «en plein» les parcours des élèves concernés. L'approche théorique qui sera alors proposée dans la suite de l'ouvrage se présente comme une contribution à une connaissance de l'absentéisme, susceptible de nourrir des axes de travail pour les acteurs éducatifs et politiques désireux d'agir sur la question.La fabrique d'un problème socialCe soudain intérêt, à la fin des années 1990, des politiques et des médias pour un phénomène jusqu'ici largement ignoré ne doit rien au hasard. Le contexte général est d'abord celui de l'extension récente de la dynamique séculaire de «scolarisation de la France» Être hors l'école, c'est alors rompre avec le statut d'élève ou d'apprenti qu'il est aujourd'hui normal d'avoir lorsqu'on est jeune, c'est courir le risque d'une déscolarisation prématurée sans avoir obtenu une qualification, laquelle n'a jamais été aussi indispensable pour s'insérer professionnellement. Ce contexte, rappelons-le, est aussi celui du maintien effectif au collège de tous les élèves. Depuis le milieu des années 1990, la possibilité d'orienter vers l'apprentissage professionnel les élèves les plus en difficulté à l'issue de leur cinquième est en effet supprimée. La part des élèves qui semble a priori la plus éloignée de la culture scolaire augmente donc dans certains établissements du secondaire, en particulier dans les collèges de quartiers populaires. Cette contradiction culturelle (hypothèse qui sera discutée dans l'ouvrage) s'accompagne d'une augmentation, ou d'une sensation d'augmentation, de pratiques contraires aux normes scolaires: l'école, qui exige des enfants présents, calmes et attentifs, se heurterait aujourd'hui de plus en plus à différentes formes de résistance, dont l'école buissonnière est l'une des modalités.
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Nombre de pages
208
Date de parution
24/02/2011
Poids
290g
Largeur
140mm
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EAN
9782843032035
Auteur
Douat Etienne
Editeur
SNEDIT LA DISPU
Largeur
140
Date de parution
20110224
Nombre de pages
208,00 €
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Régulièrement au centre de débats sur les manières de l'appréhender, le handicap est une question sociale complexe. Est-il une réalité médicale ou une construction sociale ? Y-a-t-il une " universalité " du handicap, de ses modes de reconnaissance, de l'objectivité de ses catégories ? S'agit-il d'une déficience qu'il reviendrait à la société et aux institutions de pallier au travers de politiques d'inclusion guidées par un présupposé validiste ? Faut-il à tout prix gommer la différence pour faire du handicapé une personne " comme tout le monde " ? Ce sont toutes ces questions qu'analysent finement les chercheurs réunis dans cet ouvrage pour, non pas apporter une réponse, mais donner à voir le handicap dans toute sa variété et sa complexité.
Résumé : Se relever, après un burn-out professionnel, reprendre possession de sa santé physique et mentale, est un processus qui peut durer des années. Se relever et se tenir debout, c'est aussi, dans l'entreprise, oser prendre la parole et résister à la détérioration des conditions de travail. Aujourd'hui, 2,5 à 3 millions de salariées en France estiment avoir vécu un burn-out. Si ce dernier est considéré comme le mal du XXIe siècle, les souffrances psychiques liées au travail existent depuis très longtemps. Dès les années 1930, on parlait déjà de "fatigue nerveuse". Ce livre raconte l'histoire méconnue de celles et ceux, salariées, scientifiques, syndicalistes, qui se sont efforcées de se tenir debout, de lutter durant des décennies pour faire reconnaitre ces maux. Il propose un regard nouveau sur les défis actuels pour prévenir les souffrances au travail, malgré les apparences de progrès.
Résumé : Impossible de déjouer l'ascension électorale du Rassemblement national sans comprendre le soutien que lui apportent un ensemble d'organisations non partisanes, extraparlementaires, d'intellectuels ou encore d'influenceurs, bref sans regarder du côté de cette nébuleuse identitaire qui lui sert de marchepied. Restés en marge de l'arène électorale, les identitaires se sont progressivement placés au coeur d'un écosystème médiatique en se fondant dans les cadres du néolibéralisme pour gagner en respectabilité. Par la politisation des affects, ils construisent une altérité radicale entre un "nous" (les Français "de souche", les hommes, le vrai peuple) et un "eux" (les musulmans, les féministes, les trans, les "woke"), qui contribue à rendre populaires les idées réactionnaires. Ce livre est le fruit d'une enquête au long cours. Débutée par une immersion chez les identitaires en 2010, elle est enrichie par l'analyse sociologique de leur médiatisation, de leurs filiations idéologiques et de leurs réseaux.
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