Avec la crise du COVID, les êtres humains ont pris conscience de l'importance des espaces dont ils ont été privés : espaces intimes et publics, espaces culturels et collectifs. Cet ouvrage révèle comment la langue s'insinue de façon insolite dans tous les recoins de la vie sociale. Avec la crise du covid, les êtres humains ont pris conscience à quel point l'espace est une composante essentielle de leur personne. Les contraintes de déplacement et les fameuses "distances sociales" avaient réinterrogé la place de chacun au sein de la collectivité. Cette prise de conscience a naturellement incité la linguistique à s'intéresser à toutes les dimensions spatiales de la langue des locuteurs : espaces de la parole et de la page, espaces sociaux et culturels et surtout espaces de soi et de ses semblables.
Ouvert, incomplet, " troué ", le texte de théâtre se donne à lire tout en affichant en creux la place vide destinée à être investie par ceux qui le transformeront en spectacle vivant proposé à des spectateurs. C'est le processus théâtral, dans toute l'" épaisseur " des " signes " (Barthes) qui le fondent, que les auteurs de l'ouvrage ont voulu étudier, contribuant au renouveau des problématiques en matière d'approche du texte dramatique qui ont surgi depuis une vingtaine d'années. Les études rassemblées ici s'attachent à décrire la " grammaire " spécifique du genre, à en montrer les échappées belles et à dégager les modes de construction de la signification d'un art où fusionnent plusieurs systèmes sémiotiques.
Le scepticisme de Montaigne a jusqu'à présent dominé le débat sur la portée philosophique des Essais. C'est pourtant le concept épicurien du plaisir qui oriente la pensée philosophique tout entière de Montaigne. En tant que force motrice principale régissant les actions humaines, le plaisir constitue en effet la seule mesure des choses, le tamis par lequel doit passer tout contenu existentiel, quelle que soit sa nature: religieuse, philosophique ou passionnelle.
Les oiseaux chanteurs ont toujours été source de questionnements, car ils ont des compétences vocales considérées comme spécifiques aux humains. Les ornithologues les étudient, et plus récemment, les éthologistes ont démontré que les oiseaux sont les seuls animaux à présenter des analogies neurobiologiques avec l?apprentissage du langage chez les humains. De leur côté, les chercheurs en sciences humaines et sociales étudient aussi le chant des oiseaux à partir des objets archéologiques, des arts, des manuscrits enluminés, des archives, des textes, des traités, des instruments et de la musique dans les sociétés anciennes. L'originalité de ce livre est de réunir les spécialistes de ces deux grands champs disciplinaires et de comparer les perceptions, les pratiques sociales et culturelles, les savoirs du passé et les découvertes actuelles sur le chant des oiseaux.
Le regain actuel d'intérêt pour les animaux résulte de profonds changements socioculturels, de préoccupations environnementales et des progrès considérables de la recherche scientifique - qui donne désormais accès, au moins partiellement, à la subjectivité et aux cultures animales. Dans le domaine littéraire, cet intérêt se manifeste également : en France, émergent "les études animales", et même une "zoopoétique" sous l'impulsion d'Anne Simon. Dans cette nouvelle perspective, le temps est venu de s'intéresser à des sujets (la campagne, la pêche, la chasse...) considérés en France comme désuets voire réactionnaires, et souvent cantonnés aux genres rustique ou animalier. Or, que ce soit dans des oeuvres du début du XXe siècle ou dans des oeuvres postérieures et même contemporaines, le monde rural - de plus en plus bouleversé socialement et économiquement - favorise les "communautés hybrides" (Lestel) et ouvre à des "mondes animaux" (Uexkull), ce qui permet de poser d'autant mieux la question cruciale des liens entre hommes, bêtes et écriture.
Cet ouvrage propose une analyse d?un pan de la littérature trop souvent oublié ou méconnu : le roman de l?employé de bureau. A travers l?étude d?un large corpus couvrant deux siècles de littérature, l?auteur retrace l?évolution d?un mode de narration. Le sujet est étonnant mais il s?impose : objet littéraire qui monte dans le roman du XIXe siècle, l?employé de bureau (en qui l?on peut voir des avatars de l?écrivain) est le prisme d?une vision sociale, morale, voire philosophique. A partir de ce presque rien, de cette présence discrète, désolée et désolante, tout un monde se lève et se révèle.
On connaît Frédéric Dard romancier, on connaît moins Frédéric Dard auteur dramatique, scénariste ou dialoguiste. L?auteur a pourtant écrit de nombreux textes pour le théâtre. Certaines pièces sont parues en livres ou dans des revues (L?homme traqué, La dame de Chicago, Baby-meurtre, etc.), mais la plupart d?entre elles ont été jouées sans que le texte ne fasse l?objet d?une publication. C?est le cas de la pièce Les salauds vont en enfer. Montée au théâtre du Grand- Guignol à Paris en 1954 et mise en scène par Robert Hossein, cette pièce en 2 actes et 7 tableaux a connu un destin particulier car elle a fait l?objet de trois transpositions particulièrement intéressantes. Dès 1955, en effet, l?adaptation cinématographique de la pièce est confiée à Robert Hossein. Il s?agit là de son premier film en tant que réalisateur. Parallèlement, et sur les conseils de son éditeur, Frédéric Dard écrit l?adaptation romanesque de la pièce. Le roman sort en 1955 sous le même titre. En 1971 Abder Isker propose enfin une dernière adaptation des Salauds vont en enfer, cette fois pour la télévision. La présente édition offre au lecteur un texte inédit, annoté et accompagné d?un dossier critique. Ce dernier présente l?oeuvre dans son contexte et étudie ses différentes variantes dans le cadre de sa transmédialité.