
Etre, essence et contingence. Henri de Gand, Gilles de Rome, Godefroid de Fontaines
Au XIIIe siècle, la Faculté de théologie de l'Université de Paris a été le lieu de débats philosophiques majeurs. Investis de la plus haute autorité en matière d'exégèse, les théologiens ont questionné la philosophie massivement héritée des mondes grec et arabe à partir du XIIe siècle. Ils l'ont confrontée aux standards de la culture latine, dominée par les figures d'Augustin et de Boèce. Les textes traduits ici sont les pièces d'une discussion qui a opposé trois des maîtres les plus influents de ce temps. Ils datent des années 1286-1287 et constituent la version rédigée de la première querelle sur l'être et l'essence en Occident latin. Déjà en 1250-1260, Thomas d'Aquin avait établi une distinction entre l'être - l'acte d'exister -, et l'essence - la détermination qui fait d'une chose ce qu'elle est, un homme, une rose, etc. En 1286, Gilles reformule cette distinction sur de nouvelles bases. Dans le contexte d'un néoplatonisme converti aux exigences de la théologie chrétienne, il considère l'être comme une forme réellement ajoutée à l'essence simple - la rose en soi - pour la faire exister dans la réalité concrète. Henri de Gand combat cette distinction, qu'il juge outrée, en associant Avicenne au souci de la contingence (Dieu est libre de créer le monde qu'il veut). Godefroid de Fontaines rejette aussi la distinction réelle, mais pour revenir à ce qu'il considère comme la stricte orthodoxie philosophique. Convoquant les enseignements des philosophes des années 1270 (Siger de Brabant), il confine la distinction entre " être " et " essence " dans le champ de la sémantique. Au cours de ce débat, la temporalité et la contingence se sont installées au c'ur des questionnements philosophiques.
| Nombre de pages | 424 |
|---|---|
| Date de parution | 08/02/2006 |
| Poids | 492g |
| Largeur | 135mm |
| EAN | 9782251181035 |
|---|---|
| Titre | Etre, essence et contingence. Henri de Gand, Gilles de Rome, Godefroid de Fontaines |
| Auteur | König-Pralong Catherine |
| Editeur | BELLES LETTRES |
| Largeur | 135 |
| Poids | 492 |
| Date de parution | 20060208 |
| Nombre de pages | 424,00 € |
| Disponibilité | Sur commande en 4-6 jours |
Pourquoi choisir Molière ?
Du même auteur
-

La colonie philosophique. Ecrire l'histoire de la philosophie aux XVIIIe et XIXe siècles
König-Pralong CatherineL'histoire de la philosophie est une invention des Lumières. En Allemagne comme en France, cette discipline nouvelle a contribué à façonner l'imaginaire occidental moderne en opérant une double colonisation savante de la pensée. Colonisation du temps, d'une part : l'Européen est considéré dorénavant comme le fruit d'une histoire longue de la pensée qui, grâce aux révolutions scientifique et morale, aboutit à l'âge de la raison, de l'autonomie et de la modernité. Colonisation de l'espace, d'autre part : les historiens de la philosophie, à l'instar des ethnologues ou des linguistes, distinguent désormais l'Europe des autres "culture", qui deviennent le terrain des enquêtes empiriques. L'Europe est ainsi devenue, par le discours de l'histoire de la philosophie aux XVIIIe et XIXe siècles, le territoire exclusif de la rationalité analytique et réflexive. La colonie philosophique propose une enquête interdisciplinaire sur ce tournant aux conséquences profondes pour la fabrique du monde contemporain.Sur commande en 4-6 joursCOMMANDER21,00 € -

La conquête savante. Une histoire intellectuelle des Etats-Unis au XIXe siècle
König-Pralong CatherineLes États-Unis se sont formés au XIXe siècle par la conquête des territoires de l'Ouest, par l'émergence d'un capitalisme brutal et d'un impérialisme culturel, économique et politique qui s'étendrait bientôt à l'échelle du monde. Cette conquête a donné aux sciences humaines américaines une forme profondément originale. La philosophie, qui a été marquée par les débats religieux, s'est engagée dans de grands projets de société. L'anthropologie et la sociologie se sont emparées du passé autochtone du continent et ont transformé les problèmes raciaux en objets d'études. Au moment même où la modernité américaine s'est affirmée, elle a été contestée par des populations qu'elle reléguait dans un passé sauvage. En explorant ces questions dans leurs contextes urbains, sociaux et institutionnels, Catherine König-Pralong montre que l'engagement moral et politique a été constitutif des sciences américaines, leur conférant une forte dimension polémique qui éclaire les "guerres culturelles" de la fin du XXe siècle, mais aussi des controverses plus récentes.En stockCOMMANDER24,90 € -

Prendre congé de Dilthey. Que serait un néohistorisme en histoire de la philosophie ?
Flasch Kurt ; König-Pralong Catherine ; Gregorio FComment écrire une histoire qui présente le passé dans sa dimension étrangère passée? Dans les deux textes traduits ici, Kurt Flasch pose cette question de manière historique, à partir de l'?uvre du philosophe Wilhelm Dilthey (1833-1911). Sa réponse en forme de proposition se dessine sur le canevas d'une discussion de la théorie diltheyenne de la compréhension. Cette théorie raffinée thématise la possibilité d'une rencontre entre l'historien et les "grands hommes" du passé. Selon Dilthey, l'historien peut comprendre le passé dans son présent dans la mesure où ses propres expériences vécues lui permettent de revivre ce qui a été vécu par autrui. La théorie de Dilthey postule donc un vecteur transhistorique et un lieu originaire du sens: la vie de l'esprit ou vie psychique. Dans la lecture de Kurt Flasch, la théorie de Dilthey vient incarner un moment révolu de la réflexion historiographique, antérieur à Verdun, Kafka et l'Ecole des Annales. Kurt Flasch projette dans le passé et pare de sa différence celui qui figure souvent au côté de Martin Heidegger comme l'un des deux principaux fondateurs de l'herméneutique philosophique actuelle. La question initiale est donc reformulée ainsi: comment écrire l'histoire aujourd'hui, en renonçant à "comprendre" les hommes du passé...Sur commande en 4-6 joursCOMMANDER31,01 € -

AVENEMENT DE L'ARISTOTELISME EN TERRE CHRETIENNE
KONIG-PRALONGEntre 1150 et 1280, l'Occident latin hérite de la totalité de l'oeuvre d'Aristote connue aujourd'hui. Cette transmission procède d'une vague de traductions sans précédent, du grec et de l'arabe. Le transfert de la philosophie antique au moyen âge latin est aussi accompagné, parfois précédé, d'interprétations arabes et de médiations néo-platoniciennes. Soudainement enrichis par ce vaste corpus et affrontés à des théories nouvelles et concurrentes, les latins mettent en place des stratégies d'assimilation. Par l'étude des textes et de leurs contextes d'énonciation, ce livre restaure le témoignage de ces entreprises. Il privilégie deux problématiques. La première naît de lectures arabes de la Métaphysique d'Aristote: l'ontologie d'Avicenne pliait le naturalisme aristotélicien aux exigences d'un monothéisme créationniste et faisait place à une pensée de la contingence; à Paris, la réception de cette interprétation promue par la critique qu'en avait faite Averroés génère une succession de débats sur l'être et l'essence. Ces disputes sont fertiles d'élaborations transversales sur la temporalité et l'historicité du monde, sur la possibilité des choses, et sur le statut des relations. Centrée sur la notion de matière, la seconde problématique restitue la matrice de difficultés théoriques que rencontraient les lecteurs latins des Libri naturales d'Aristote pour en mettre les principes au service de leur cosmogonie et de leur anthropologie. De Thomas d'Aquin à Guillaume d'Ockham, la délicate neutralisation de ces difficultés tourne parfois la condamnation, mais provoque aussi la remise en question de présupposés scientifiques et méthodologiques jusque-là inconscients. Biographie de l'auteur Catherine Köning-Pralong est docteur en philosophie (Université de Lausanne, Suisse) et enseigne la philosophie médiévale à l'Université de Lausanne.EpuiséVOIR PRODUIT37,00 €
Du même éditeur
-

Rome - Coffret : La République romaine - L'Empire romain.
Asimov IsaacLes Belles Lettres regroupent dans ce somptueux coffret réalisé par Benjamin Van Blancke les deux volumes d'Isaac Asimov consacrés à l'histoire romaine, de sa fondation à sa chute. C'est sa fascination pour l'histoire du grand Empire romain qui inspira Asimov pour construire son Empire galactique dans le Cycle de Fondation, oeuvre qui s'est rapidement imposée comme un classique et comme une référence de la littérature de science-fiction. Dans La République romaine, Asimov retrace l'épopée d'une petite tribu qui a bâti en l'espace de 500 ans, grâce à son audace et à son ingéniosité, l'une des civilisations les plus brillantes de l'histoire : Rome. De la fondation légendaire par Romulus à l'avènement d'Auguste, Asimov dresse, grâce à sa maîtrise parfaite de la narration, un tableau limpide de cette époque fascinante. Chaque chapitre s'ouvre sur l'une des superbes illustrations de Benjamin Van Blancke, et immerge tout entier le lecteur dans cette « suite extraordinaire de triomphes et de désastres, de faits de bravoure au combat et de bêtise dans la paix, d'intrigues sordides et d'idéalisme glorieux » (Isaac Asimov). Dans le second et dernier volume consacré à l'histoire romaine, Isaac Asimov guide ses lecteurs à travers les quatre siècles durant lesquels Rome assura son hégémonie sur le monde occidental, apportant la paix à une centaine de millions de personnes. L'Empire romain reprend le récit là où La République romaine l'avait laissé, à l'avènement d'Auguste et au début du principat, et couvre toutes les lignées d'empereurs jusqu'aux royaumes germaniques et à la victoire de Clovis à Soissons, qui marque la fin de la tradition romaine, 1239 ans après la fondation de la Ville par Romulus. Se plaçant en chroniqueur lucide, Asimov, au moyen d'anecdotes savoureuses et d'apartés, relie la « grande » histoire, celle des batailles et des dirigeants, à la « petite », celle du quotidien et des masses anonymes. Ce volume est, comme le précédent, illustré par les majestueux dessins de Benjamin Van Blancke.En stockCOMMANDER39,80 € -

Œuvres prophétiques
Claudel Paul ; Caron Maxence ; Soeur Marie de l'asCet ouvrage n'a guère à voir avec ce que l'on publia jusqu'à présent de Claudel (1868-1955). Il est un fait qu'en dehors de quelques titres, l'un des plus célèbres écrivains du monde n'est aujourd'hui connu dans son pays que de nom. Ce volume édite ses livres capitaux. Il est préfacé par Emilie d'Arvieu (Soeur Marie de l'Assomption), dominicaine et arrière-petite-fille du grand homme. Claudel n'est pas un écrivain comme les autres : derrière cette force qui plonge dans le puits de Jacob un bras sculpté par Isaïe, Eschyle et Rimbaud, il est la plus puissante figure fondatrice de l'Histoire contemporaine. Cette figure est encore si proche de nous, que nous commençons seulement d'apercevoir l'ampleur où conduit sa parole. Entrant un jour de Noël à Notre-Dame ce "grand coeur catholique" , qui d'abord ne le fut point, se convertit au christianisme de manière aussi fulgurante qu'inattendue. Il fréquente alors chez Mallarmé où il se rencontre avec la jeune avant-garde. Irréductible aux manières des habitués de la rue de Rome, Claudel crée une oeuvre souverainement affirmative en qui l'art est indissociable de l'annonce de la Vérité. Or, annoncer la Vérité, c'est ce que signifie précisément le mot "prophétie" . Prophétiques, les oeuvres de Claudel le sont par nature : armées de l'héritage de l'immortalité antique dont elles déduisent un symbolisme universel, elles dépassent les avant-gardes. Claudel traverse ainsi les genres littéraires, qu'il soumet à cette exigence prophétique et dont il obtient une parole nouvelle et éternelle. Poète, bien sûr, puis dramaturge dont le théâtre est un poème à plusieurs voix, il est d'abord un penseur au sens le plus pur. Ainsi, après avoir achevé Le Soulier de satin, il laisse le théâtre et consacre trente ans de sa vie à l'invention d'une nouvelle forme : la méditation biblique totale, en qui s'unissent tous les arts au sein d'une seule pensée récapitulant sa plénitude. Ces livres de philosophie, véritablement katholiques, prolongent sa recherche poétique qui, dépassant à présent le cadre d'un "théâtre dont la scène est le monde" , épouse en une langue sublime les contours de l'Ecriture Sainte afin de découvrir le sens de notre monde et la clef de son avenir. Jamais de tels textes n'avaient été écrits. Avant que Claudel ne manifestât cette unité qui mène des Cinq grandes Odes à Un poète regarde la Croix en passant par l'étincelant examen de notre époque au regard de l'Apocalypse, jamais n'avait été établie la cohérence qui va de la poésie à la pensée la plus intense. C'est ce parcours, cette cohérence, cet art, cette unité d'une vie qu'incarne notre ouvrage en réunissant les livres majeurs où, traçant son chemin entre grands poèmes et traités bibliques abyssaux, se révèle la pensée prophétique de Claudel.PréventePRÉCOMMANDER65,00 € -

Les mythes de la création. Les matins du monde du cercle polaire à l'Océanie
Otte Jean-PierrePendant une douzaine d'années, Jean-Pierre Otte s'est attaché à rassembler les mythes premiers du cercle Arctique, des deux Amériques, de l'Afrique noire, de l'Océanie et de l'Australie de l'"Ere du rêve". Ces mythes de création qui, dans le recours à l'imaginaire, demandent à la vie le secret de ses origines, étaient peu connus, dispersés ou fragmentaires, souvent jamais traduits de la langue dois laquelle les grands voyageurs et les premiers ethnographes les rapportèrent. Dans un second temps - et cette démarche fera date -, Jean-Pierre Otte s'est efforcé d'amener ces grands récits de la tradition orale à l'existence écrite. Son travail dans la rigueur n'en est pas moins une transposition poétique, aussi vivante et passionnée que possible. Il s'agissait d'amplifier le sens, d'exalter les couleurs, d'accentuer les contrastes, et de mettre en évidence, sans le dénaturer, le contenu philosophique, métaphysique, religieux, amoureux ou moral des mythes du commencement. Rendus magnifiquement, ces matins du monde ont été choisis pour être représentatifs des grands courants cosmogoniques, lesquels ne sont peut-être, malgré leurs différences, ou plutôt grâce à elles, que la diversité fabuleuse et fertile d'une unité foncière inscrite au plus profond de la mémoire du monde et de la nôtre.EpuiséVOIR PRODUIT31,01 € -

Alexiade. Règne de l'empereur Alexis Ier Comnène (1081-1118) - Edition collector
Comnène Anne ; Frankopan Peter ; Leib Bernard ; KiNon, je n'écris pas cela par complaisance pour mon père. Je l'affirme, toutes les fois que je vois mon père se tromper, et je m'attache à la vérité. XIV, 7, 3Sur commande en 4-6 joursCOMMANDER26,50 €
