
La colonie philosophique. Ecrire l'histoire de la philosophie aux XVIIIe et XIXe siècles
L'histoire de la philosophie est une invention des Lumières. En Allemagne comme en France, cette discipline nouvelle a contribué à façonner l'imaginaire occidental moderne en opérant une double colonisation savante de la pensée. Colonisation du temps, d'une part : l'Européen est considéré dorénavant comme le fruit d'une histoire longue de la pensée qui, grâce aux révolutions scientifique et morale, aboutit à l'âge de la raison, de l'autonomie et de la modernité. Colonisation de l'espace, d'autre part : les historiens de la philosophie, à l'instar des ethnologues ou des linguistes, distinguent désormais l'Europe des autres "culture", qui deviennent le terrain des enquêtes empiriques. L'Europe est ainsi devenue, par le discours de l'histoire de la philosophie aux XVIIIe et XIXe siècles, le territoire exclusif de la rationalité analytique et réflexive. La colonie philosophique propose une enquête interdisciplinaire sur ce tournant aux conséquences profondes pour la fabrique du monde contemporain.
| Nombre de pages | 252 |
|---|---|
| Date de parution | 14/03/2019 |
| Poids | 327g |
| Largeur | 140mm |
| EAN | 9782713227721 |
|---|---|
| Titre | La colonie philosophique. Ecrire l'histoire de la philosophie aux XVIIIe et XIXe siècles |
| Auteur | König-Pralong Catherine |
| Editeur | EHESS |
| Largeur | 140 |
| Poids | 327 |
| Date de parution | 20190314 |
| Nombre de pages | 252,00 € |
| Disponibilité | Sur commande en 4-6 jours |
Pourquoi choisir Molière ?
Du même auteur
-

Etre, essence et contingence. Henri de Gand, Gilles de Rome, Godefroid de Fontaines
König-Pralong CatherineAu XIIIe siècle, la Faculté de théologie de l'Université de Paris a été le lieu de débats philosophiques majeurs. Investis de la plus haute autorité en matière d'exégèse, les théologiens ont questionné la philosophie massivement héritée des mondes grec et arabe à partir du XIIe siècle. Ils l'ont confrontée aux standards de la culture latine, dominée par les figures d'Augustin et de Boèce. Les textes traduits ici sont les pièces d'une discussion qui a opposé trois des maîtres les plus influents de ce temps. Ils datent des années 1286-1287 et constituent la version rédigée de la première querelle sur l'être et l'essence en Occident latin. Déjà en 1250-1260, Thomas d'Aquin avait établi une distinction entre l'être - l'acte d'exister -, et l'essence - la détermination qui fait d'une chose ce qu'elle est, un homme, une rose, etc. En 1286, Gilles reformule cette distinction sur de nouvelles bases. Dans le contexte d'un néoplatonisme converti aux exigences de la théologie chrétienne, il considère l'être comme une forme réellement ajoutée à l'essence simple - la rose en soi - pour la faire exister dans la réalité concrète. Henri de Gand combat cette distinction, qu'il juge outrée, en associant Avicenne au souci de la contingence (Dieu est libre de créer le monde qu'il veut). Godefroid de Fontaines rejette aussi la distinction réelle, mais pour revenir à ce qu'il considère comme la stricte orthodoxie philosophique. Convoquant les enseignements des philosophes des années 1270 (Siger de Brabant), il confine la distinction entre " être " et " essence " dans le champ de la sémantique. Au cours de ce débat, la temporalité et la contingence se sont installées au c'ur des questionnements philosophiques.Sur commande en 4-6 joursCOMMANDER43,00 € -

La conquête savante. Une histoire intellectuelle des Etats-Unis au XIXe siècle
König-Pralong CatherineLes États-Unis se sont formés au XIXe siècle par la conquête des territoires de l'Ouest, par l'émergence d'un capitalisme brutal et d'un impérialisme culturel, économique et politique qui s'étendrait bientôt à l'échelle du monde. Cette conquête a donné aux sciences humaines américaines une forme profondément originale. La philosophie, qui a été marquée par les débats religieux, s'est engagée dans de grands projets de société. L'anthropologie et la sociologie se sont emparées du passé autochtone du continent et ont transformé les problèmes raciaux en objets d'études. Au moment même où la modernité américaine s'est affirmée, elle a été contestée par des populations qu'elle reléguait dans un passé sauvage. En explorant ces questions dans leurs contextes urbains, sociaux et institutionnels, Catherine König-Pralong montre que l'engagement moral et politique a été constitutif des sciences américaines, leur conférant une forte dimension polémique qui éclaire les "guerres culturelles" de la fin du XXe siècle, mais aussi des controverses plus récentes.En stockCOMMANDER24,90 € -

Prendre congé de Dilthey. Que serait un néohistorisme en histoire de la philosophie ?
Flasch Kurt ; König-Pralong Catherine ; Gregorio FComment écrire une histoire qui présente le passé dans sa dimension étrangère passée? Dans les deux textes traduits ici, Kurt Flasch pose cette question de manière historique, à partir de l'?uvre du philosophe Wilhelm Dilthey (1833-1911). Sa réponse en forme de proposition se dessine sur le canevas d'une discussion de la théorie diltheyenne de la compréhension. Cette théorie raffinée thématise la possibilité d'une rencontre entre l'historien et les "grands hommes" du passé. Selon Dilthey, l'historien peut comprendre le passé dans son présent dans la mesure où ses propres expériences vécues lui permettent de revivre ce qui a été vécu par autrui. La théorie de Dilthey postule donc un vecteur transhistorique et un lieu originaire du sens: la vie de l'esprit ou vie psychique. Dans la lecture de Kurt Flasch, la théorie de Dilthey vient incarner un moment révolu de la réflexion historiographique, antérieur à Verdun, Kafka et l'Ecole des Annales. Kurt Flasch projette dans le passé et pare de sa différence celui qui figure souvent au côté de Martin Heidegger comme l'un des deux principaux fondateurs de l'herméneutique philosophique actuelle. La question initiale est donc reformulée ainsi: comment écrire l'histoire aujourd'hui, en renonçant à "comprendre" les hommes du passé...Sur commande en 4-6 joursCOMMANDER31,01 € -

AVENEMENT DE L'ARISTOTELISME EN TERRE CHRETIENNE
KONIG-PRALONGEntre 1150 et 1280, l'Occident latin hérite de la totalité de l'oeuvre d'Aristote connue aujourd'hui. Cette transmission procède d'une vague de traductions sans précédent, du grec et de l'arabe. Le transfert de la philosophie antique au moyen âge latin est aussi accompagné, parfois précédé, d'interprétations arabes et de médiations néo-platoniciennes. Soudainement enrichis par ce vaste corpus et affrontés à des théories nouvelles et concurrentes, les latins mettent en place des stratégies d'assimilation. Par l'étude des textes et de leurs contextes d'énonciation, ce livre restaure le témoignage de ces entreprises. Il privilégie deux problématiques. La première naît de lectures arabes de la Métaphysique d'Aristote: l'ontologie d'Avicenne pliait le naturalisme aristotélicien aux exigences d'un monothéisme créationniste et faisait place à une pensée de la contingence; à Paris, la réception de cette interprétation promue par la critique qu'en avait faite Averroés génère une succession de débats sur l'être et l'essence. Ces disputes sont fertiles d'élaborations transversales sur la temporalité et l'historicité du monde, sur la possibilité des choses, et sur le statut des relations. Centrée sur la notion de matière, la seconde problématique restitue la matrice de difficultés théoriques que rencontraient les lecteurs latins des Libri naturales d'Aristote pour en mettre les principes au service de leur cosmogonie et de leur anthropologie. De Thomas d'Aquin à Guillaume d'Ockham, la délicate neutralisation de ces difficultés tourne parfois la condamnation, mais provoque aussi la remise en question de présupposés scientifiques et méthodologiques jusque-là inconscients. Biographie de l'auteur Catherine Köning-Pralong est docteur en philosophie (Université de Lausanne, Suisse) et enseigne la philosophie médiévale à l'Université de Lausanne.EpuiséVOIR PRODUIT37,00 €
Du même éditeur
-

Le salariat dans l'artisanat parisien aux XIIIe-XVe siècles. Etudes sur le marché de la main-d'oeuvr
Geremek BronislawSur commande en 4-6 joursCOMMANDER18,00 € -

Les maîtres du marbre. Carrare, 1300-1600
Klapisch-Zuber ChristianeSur commande en 4-6 joursCOMMANDER20,00 € -

Les grammaires d'une ville. Essai sur la genèse des structures urbaines à Marseille
Roncayolo MarcelMarseille est un laboratoire privilégié. La crise actuelle de son modèle de développement économique est aussi celle de son territoire. Aussi la mise en cause de ses équilibres spatiaux appelait-elle tant une lecture historique de la genèse des structures urbaines qu'une lecture géographique des distributions sociales et spatiales d'aujourd'hui. C'est à cette double démarche que répond ce livre. D'une part, en analysant les dimensions synchroniques des activités économiques et démographiques inscrites dans une morphologie urbaine socialement structurée. D'autre part, en construisant le modèle génétique de l'articulation entre division sociale et trame matérielle de la ville : un modèle " libéral ", fruit de stratégies et de conduites, tôt établi au XIXe siècle, porteur d'effets de longue durée, et qu'échoue à altérer une haussmannisation manquée. L'interaction entre modes d'agir et formes urbaines, entre continuités et discontinuités temporelles, a fait de Marseille un cas d'école : division sociale, morphologie, croissance y sont étroitement liées, dans l'espace comme dans l'histoire. La ville se lit dans les principes tant de sa construction sociale que de sa division sociale. La première est le produit d'une création urbaine portée par des groupes, propriétaires, négociants, entrepreneurs immobiliers, animés par des projets mais aussi soumis à des contraintes, des compromis et des ratages. La seconde dessine des oppositions, entre équerre des beaux quartiers, de Longchamp au Prado, et faubourgs industriels, ville et port, nord et sud, avec la Canebière comme frontière, oppositions qui sont autant de composantes historiquement situées d'une structuration sociale du territoire, Dans un double refus du postulat écologique, pour qui la conduite des hommes est subordonnée à l'influence du milieu, et du postulat sociologiste, pour qui la société se projette simplement et immédiatement sur un sol quasiment vierge, l'ouvrage de Marcel Roncayolo est ainsi exemplaire pour les trois modèles qu'il propose, de genèse historique de la ville contemporaine, d'interprétation des relations entre territoire et société, et de mobilisation croisée des démarches de la géographie et de l'histoire.Sur commande en 4-6 joursCOMMANDER58,00 €

