Entre 1150 et 1280, l'Occident latin hérite de la totalité de l'oeuvre d'Aristote connue aujourd'hui. Cette transmission procède d'une vague de traductions sans précédent, du grec et de l'arabe. Le transfert de la philosophie antique au moyen âge latin est aussi accompagné, parfois précédé, d'interprétations arabes et de médiations néo-platoniciennes. Soudainement enrichis par ce vaste corpus et affrontés à des théories nouvelles et concurrentes, les latins mettent en place des stratégies d'assimilation. Par l'étude des textes et de leurs contextes d'énonciation, ce livre restaure le témoignage de ces entreprises. Il privilégie deux problématiques. La première naît de lectures arabes de la Métaphysique d'Aristote: l'ontologie d'Avicenne pliait le naturalisme aristotélicien aux exigences d'un monothéisme créationniste et faisait place à une pensée de la contingence; à Paris, la réception de cette interprétation promue par la critique qu'en avait faite Averroés génère une succession de débats sur l'être et l'essence. Ces disputes sont fertiles d'élaborations transversales sur la temporalité et l'historicité du monde, sur la possibilité des choses, et sur le statut des relations. Centrée sur la notion de matière, la seconde problématique restitue la matrice de difficultés théoriques que rencontraient les lecteurs latins des Libri naturales d'Aristote pour en mettre les principes au service de leur cosmogonie et de leur anthropologie. De Thomas d'Aquin à Guillaume d'Ockham, la délicate neutralisation de ces difficultés tourne parfois la condamnation, mais provoque aussi la remise en question de présupposés scientifiques et méthodologiques jusque-là inconscients. Biographie de l'auteur Catherine Köning-Pralong est docteur en philosophie (Université de Lausanne, Suisse) et enseigne la philosophie médiévale à l'Université de Lausanne.
Date de parution
24/10/2005
Poids
700g
Largeur
240mm
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EAN
9782711617524
Titre
AVENEMENT DE L'ARISTOTELISME EN TERRE CHRETIENNE
ISBN
2711617521
Auteur
KONIG-PRALONG
Editeur
VRIN
Largeur
240
Poids
700
Date de parution
20051024
Nombre de pages
0,00 €
Disponibilité
Epuisé
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La philosophie médiévale est en général mieux connue que ses auteurs. Ce livre s'intéresse aux auteurs, vrais acteurs intellectuels qui fournirent les textes ayant servi de matériaux à l'histoire de la philosophie médiévale. Qui sont-ils? Dans quels lieux institutionnels et dans quelles conditions culturelles ont-ils travaillé? Quelles conceptions se faisaient-ils de leur mission, de ses intérêts et de ses fins? Démentant un préjugé répandu, les scolastiques se révèlent intéressés à la politique culturelle; ils avaient une conscience aiguë des enjeux épistémiques, éthiques et sociaux de leurs pratiques professionnelles. Cette étude documente ces autoreprésentations et les met en regard de la description des pratiques savantes des auteurs scolastiques, reconstruisant ainsi leurs différentes conceptions du savoir et de la société chrétienne. La lecture de textes issus de divers milieux et temps, permet de poser les distinctions, entre clerc et laïc, évêque et docteur, arts libéraux et arts mécaniques, sédentaires et pérégrins, adulte et enfant, homme et femme, centre et périphérie, chrétien et non chrétien, théologie et philosophie. Conditions culturelles du savoir et contenus doctrinaux sont approchés par des méthodes irréductiblement différentes, qui convergent cependant sur un même objet, le texte qualifié de "philosophique" par son auteur ou par ses historiens.
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Au XIIIe siècle, la Faculté de théologie de l'Université de Paris a été le lieu de débats philosophiques majeurs. Investis de la plus haute autorité en matière d'exégèse, les théologiens ont questionné la philosophie massivement héritée des mondes grec et arabe à partir du XIIe siècle. Ils l'ont confrontée aux standards de la culture latine, dominée par les figures d'Augustin et de Boèce. Les textes traduits ici sont les pièces d'une discussion qui a opposé trois des maîtres les plus influents de ce temps. Ils datent des années 1286-1287 et constituent la version rédigée de la première querelle sur l'être et l'essence en Occident latin. Déjà en 1250-1260, Thomas d'Aquin avait établi une distinction entre l'être - l'acte d'exister -, et l'essence - la détermination qui fait d'une chose ce qu'elle est, un homme, une rose, etc. En 1286, Gilles reformule cette distinction sur de nouvelles bases. Dans le contexte d'un néoplatonisme converti aux exigences de la théologie chrétienne, il considère l'être comme une forme réellement ajoutée à l'essence simple - la rose en soi - pour la faire exister dans la réalité concrète. Henri de Gand combat cette distinction, qu'il juge outrée, en associant Avicenne au souci de la contingence (Dieu est libre de créer le monde qu'il veut). Godefroid de Fontaines rejette aussi la distinction réelle, mais pour revenir à ce qu'il considère comme la stricte orthodoxie philosophique. Convoquant les enseignements des philosophes des années 1270 (Siger de Brabant), il confine la distinction entre " être " et " essence " dans le champ de la sémantique. Au cours de ce débat, la temporalité et la contingence se sont installées au c'ur des questionnements philosophiques.
Les États-Unis se sont formés au XIXe siècle par la conquête des territoires de l'Ouest, par l'émergence d'un capitalisme brutal et d'un impérialisme culturel, économique et politique qui s'étendrait bientôt à l'échelle du monde. Cette conquête a donné aux sciences humaines américaines une forme profondément originale. La philosophie, qui a été marquée par les débats religieux, s'est engagée dans de grands projets de société. L'anthropologie et la sociologie se sont emparées du passé autochtone du continent et ont transformé les problèmes raciaux en objets d'études. Au moment même où la modernité américaine s'est affirmée, elle a été contestée par des populations qu'elle reléguait dans un passé sauvage. En explorant ces questions dans leurs contextes urbains, sociaux et institutionnels, Catherine König-Pralong montre que l'engagement moral et politique a été constitutif des sciences américaines, leur conférant une forte dimension polémique qui éclaire les "guerres culturelles" de la fin du XXe siècle, mais aussi des controverses plus récentes.
Norman McLaren oeuvre dans le domaine onirique de l'animation. David Cronenberg est maître du genre de l'horreur intérieure. Que peuvent donc partager ces deux cinéastes canadiens aux univers si distincts ? Chacun a construit une relation à long terme avec un compositeur - respectivement Maurice Blackburn et Howard Shore. D'un duo à l'autre, le musicien occupe une place centrale au sein de la création collective ; sa musique se révèle comme une composante fondamentale. Quels processus créatifs lui permettent de se déployer ? Le livre fait la lumière sur les mécanismes collaboratifs et la pensée de ces duos. Plus généralement, il établit une poïétique de la création musico-filmique, décrit et comprend les processus créateurs filmique et musical qui déterminent la composition d'une musique de film et, plus encore, une musicalité de tout le complexe audiovisuel. Du cinéma d'animation expérimental (A Phantasy) au long-métrage de fiction (Crash, A Dangerous Method) en passant par le documentaire engagé (Jour après jour), l'auteure offre un portait inédit de pratiques musico-filmiques novatrices tout en proposant de nouvelles approches analytiques pour la musique de film.
Généralement cité pour mémoire, Francis Hutcheson (1694-1746) mérite d'être lu dans le texte. La question de la nature et des rapports du Beau, du Bien, du Vrai et du Juste se pose à lui dans un contexte renouvelé : il s'agit, dans le cadre de la théorie lockienne des idées, et contre la rationalité pratique d'un Hobbes ou d'un Mandeville, d'aller plus loin que Shaftesbury pour sauver la morale du relativisme. Identifier, au coeur de la vertu, la spécificité du sens et du sensible face aux calculs de la raison, telle est la tâche que Hutcheson s'est assignée. Sa postérité, de Hume et Kant, qui lui doivent beaucoup, s'étend jusqu'à la philosophie analytique, qui voit en lui l'initiateur original de questions actuelles.
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