Wulf Kirsten, né en 1934 et vivant à Weimar, est une des grandes voix poétiques de l'Allemagne contemporaine. Membre des Académies de Berlin et de Darmstadt (qui décerne le prix Büchner), il est l'auteur d'une oeuvre importante (poèmes, autobiographie et essais), publiée aux éditions Fischer. Il a été couronné par de nombreux prix, parmi lesquels les prix Peter Huchel, Konrad Adenauer, Josef Breitbach et celui de la ville de Weimar. Depuis de nombreuses d'années déjà, Wulf Kirsten est connu du public francophone grâce à son traducteur Stéphane Michaud, qui a fait paraître ses textes dans de nombreuses revues. LA DOGANA, qui a déjà donné en 2014 un volume bilingue, images filantes, poursuit son chemin avec lui, à l'image de Philippe Jaccottet, l'un des premiers lecteurs du présent recueil attraction terrestre. Modèle de rigueur et de concision, la langue de Kirsten est à la fois rude et savoureuse. Avec une précision étonnante, elle évoque les richesses du sol, le cycle des saisons et l'histoire des hommes. Baignée dans la tradition allemande, vivifiée par les audaces de l'expressionnisme, musicale, rapide et parfois caustique, cette poésie relaie des instantanés venus de toute l'Europe. Le dernier poème du recueil attraction terrestre célèbre "le monde, une demeure à vivre" .
Nombre de pages
177
Date de parution
20/11/2020
Poids
318g
Largeur
162mm
Plus d'informations
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EAN
9782940055906
Titre
Attraction terrestre
Auteur
Kirsten Wulf ; Michaud Stéphane
Editeur
DOGANA
Largeur
162
Poids
318
Date de parution
20201120
Nombre de pages
177,00 €
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Paradis des souvenirs, d'une nature toute proche, des maraudes enfantines sur les terres des Princesses, telle est la Saxe des environs de Dresde pour le conteur qui ressuscite un monde évanoui. Mais ce monde paysan immobile est ici bousculé par les événements d'une histoire qui embrase le monde : les années 40, qui sont au coeur du livre, voient l'agonie du nazisme, la libération par les troupes russes, les balbutiements de la future République démocratique allemande. Elles retentissent directement sur la vie du petit village natal de l'auteur. Il fallait la tendresse d'un grand poète, son authentique veine populaire, son humour aussi pour nous restituer, bien des années après, les éléments contradictoires d'un destin qui nous concerne au plus près.
Les graviers que roule ici la langue, en ses harmonies rauques, sont les souvenirs d'une enfance paysanne, les scènes d'une vie dont l'histoire s'empresse d'effacer les traces, plutôt que de faire face aux changements qui ont secoué l'Allemagne et à une culpabilité collective difficilement assumée. Lorsque la parole est captive, il n'y a pas de tâche plus urgente que de dire. La poésie sauve de l'oubli et fait lien. Elle ouvre un espace partagé - celui de la révolte, de l'amour des êtres et des choses. La Saxe natale de Kirsten, une terre marquée par les stigmates des régimes passés (nazisme, stalinisme), communique ici fraternellement avec les autres marches de l'Est. La voix de Kirsten, nourrie de toutes les saveurs de la langue, tire sa force de la probité de tous les artistes qui, à travers l'Europe, ont façonné un espace habitable.
Kirsten Jacobsen (née en 1942), journaliste et biographe danoise réputée, a approché Mankell en 2010, lui proposant de le suivre dans ses déplacements dans le monde (New Delhi, Davos, Jaïpur?), de l'observer, de l'écouter, et de converser avec lui pendant un an. Le résultat: un livre d'entretiens où Mankell se livre comme jamais auparavant quant à son parcours personnel (son enfance dans le Norrland, où son père a élevé seul ses trois enfants abandonnés par la mère, sa période française en 1968, ses mariages, ses enfants), son processus créatif (Mankell, l'héritier des Lumières, conteur avant tout qui contrôle les détails de ses constructions littéraires, Mankell, non seulement "le père" de Wallander, mais le raconteur de l'Afrique, l'auteur de livres pour la jeunesse, le dramaturge, pilier de la troupe théâtrale Avenida à Maputo), ses engagements sociétaux et politiques (en Afrique, création d'écoles et de centres de soins et d'aide aux personnes atteintes du sida; soutien à la cause palestinienne avec l'expédition vers Gaza). De ces entretiens émerge le tempérament de l'homme: solitaire, pressé, en colère, inquiet, impatient, altruiste, généreux. Selon l'expression de sa femme, Eva Bergman, "un troll devenu humain". Un homme profondément intègre qui lutte depuis toujours contre le racisme et place au coeur de sa vie et de son oeuvre un postulat: démocratie et solidarité.