Ce livre délivre un message clair : le travail social est communautaire ou n'est pas, tout en dévoilant comment il se donne : par le croisement des expériences mais aussi dans la solitude, celle du doute et de l'errance. Ce texte est fait d'expériences de vie, croisées au fil des ans et des rencontres, dont bon nombre sont autobiographiques mais dont l'auteur lui-même se demande ce qui les relie, éclairant paradoxalement la continuité du travail et la discontinuité de l'histoire. Ce qui les relie ? la volonté, la force, l'espoir et le doute, la présence à l'autre, l'amour, l'engagement. Ce qui pose question : les situations limites, la responsabilité, la reconnaissance, l'amour et la juste distance, la répétition et la reprise, l'accueil, le savoir supposé des experts, le savoir du profane, qui ne sait pas encore qu'il sait. Il s'agit en fait de rencontrer l'autre en personne, " qui " et non pas " quoi ", " qui il est " et non pas " ce qu'il est " — toxicomane, prostituée, malade, schizophrène, mauvais pauvre ou précaire. L'auteur montre le pouvoir de changement qui existe dans la rencontre. Comment aller vers les gens est une vraie question. Vers qui aller en est une autre : qui en a le plus besoin ? On ne peut que remarquer la quantité de femmes — il y a moins d'hommes que de femmes dans les cas présentés — prises ici comme exemples de situations qui emprisonnent doublement le travailleur social et son autre dans une réalité sombre et misérable, celle d'une identité qui n'a pas été choisie et que la violence catégorielle n'a cessé de montrer du doigt et d'abîmer au fil du temps. Il s'agit d'être en permanence en altérité. Dans les termes de Ricoeur, ce livre est dans la confrontation de soi à l'autre un " parcours de reconnaissance ".
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Nombre de pages
162
Date de parution
25/10/2018
Poids
215g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9791034604371
Titre
Travail social... le grand malentendu
Auteur
Kérimel de Kerveno Eric ; Naudin Jean
Editeur
CHAMP SOCIAL
Largeur
135
Poids
215
Date de parution
20181025
Nombre de pages
162,00 €
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Souvent usité par les professionnels du champ social et médicosocial le vocable "posture" se traduit le plus souvent par une manière professionnelle de se tenir tel le "peripateticos" avec des usagers du secteur. Cependant lorsqu'on interroge les professionnels pour donner une définition plus précise de ce terme les travailleurs sociaux sont contraints d'aller chercher dans la langue conceptuelle d'autrui les éléments d'explication. Cet essai est une tentative de clarification de ce que recouvre la posture en même temps qu'il cherche dans la pratique quotidienne les champs de force efficients qui pourraient aider les professionnels à sortir de pseudo techniques ou méthodes proposées par les experts à la mode. C'est dans le temps long au croisement de l'Histoire et de la philosophie mais aussi dans les situations vécues qu'il est proposé de repérer ce que la pratique nous permet de découvrir. C'est de l'engagement dont il est question ici, au risque de bousculer, de se bousculer.
Il y a dans cet ouvrage de la dénonciation et de l'énonciation. C'est une démarche politique assumée. La dénonciation est utile dans un temps où le tri des publics est en marche ; l'énonciation est salutaire car elle propose un nouvel élan à un travail social qui s'est égaré sur les chemins de la technicité et de la prestation. Personne ne pourra reprocher à Nicolas de ne pas connaître ce dont il parle. Nicolas est engagé au quotidien et fait de la participation et de la fraternité une discipline quotidienne. Il permet à Floriane, à Vanessa, à Salim et à tous ceux qu'il rencontre de porter leurs voix, une voix qui à force de prendre des coups, accuse le coup, comme l'écrit sublimement et avec force Floriane, après avoir été orientée sans aucun regard par un technicien du travail social.
Valsan Nicolas ; Kérimel de Kerveno Eric ; Carbona
Les textes que vous allez découvrir dans ce recueil sont issus du salon du livre social, et sont le fruit de véritables rencontres : car ne nous y trompons pas, ces Salons Nomades ne participent pas d'une intervention sociale affaire d'experts. Ils vont au-delà de la participation des personnes accueillies et accompagnées. Ils procèdent de l'action sociale, du changement social, du développement social, en tant que mouvement (aussi infime soit-il) que la société et la collectivité produisent sur elles-mêmes. Inhibés par l'écriture, curieux, amusés, passionnés... ils se sont prêtés au jeu de l'écriture, au plaisir d'être ensemble. Pas de commentaires, pas de jugement. Ne pas briser l'instant fragile de la rencontre. Et puis, progressivement, plus ou moins rapidement, alors, de multiples possibles se font jour pour chacun, individuellement et collectivement : la fulgurance d'un talent quand on s'en pensait dénué, l'évidence d'une place parmi les autres quand on se croyait seul, la découverte d'un sens, d'un chemin, d'un itinéraire enviable et désirable, le partage de souvenirs enfouis, la narration de ce que l'on ne pouvait pas exprimer, une amitié, un amour qui semblaient improbables. La rencontre, la poésie, le partage : avec le lecteur désormais, qu'il y soit le bienvenu !
Carbonara Michel ; Kérimel de Kerveno Eric ; Valsa
Maurice est assis sur une chaise, dans un coin de l'immense bibliothèque du CHRS le Mascaret où se côtoient sans sourciller un vieux guide du routard sur la Grèce, une biographie de Johnny Hallyday, un improbable traité de dignité du début du 20° siècle et une édition de luxe de Don Quichotte de 1852. Un lieu improbable dans les quartiers Nord de Marseille. Hors du temps. Pour l'instant, Maurice ne dit pas grand chose. C'est la première fois qu'il vient à l'atelier, mais son oeil saisit chaque mouvement du groupe, son oreille capte chaque mot prononcé. Les traits de son visage réagissent aux textes que nous écrivons et que nous nous partageons. Et puis sa voix s'élève. Grave, calme, profonde : "Finalement, écrire, c'est aussi l'art de décorer le silence ! ". Ecrire, c'est aussi l'art de décorer le silence. Nous nous regardons. Le temps se suspend encore plus. Maurice enchaîne. "C'est Debussy qui disait ça de la musique. La musique, disait-il, c'est l'art de décorer le silence. Mais en fait ça marche aussi pour les mots. Ecrire, c'est aussi l'art de décorer le silence". Et nous voilà une nouvelle fois projetés au milieu des voyages immobiles que nous aimons tant, entourés d'images poétiques qui se chevauchent et s'entremêlent. Ce n'est plus un stylo que nous tenons, c'est un pinceau. C'est une flute traversière. Et ce n'est plus une feuille qui est posée sagement devant nous sur la table. C'est une toile, c'est un orchestre symphonique. Ecrire, c'est aussi l'art de décorer le silence. Dix mots. Pas plus. Dix mots et les murs tombent, les douleurs s'atténuent, les sourires se rencontrent. Dix mots et nous voilà ailleurs. Nous voilà là où nous pouvons reprendre possession de nous. De notre histoire. De notre vie. Nous voilà en poésie... Ecrire, c'est aussi l'art de décorer le silence... Deuxième tome des écrits créés lors du Salon du Livre Social. Et toujours autant de beauté, de jeux, de rencontres, de partage, de cris, de colères, d'émotions... De poésie.
Jusqu'au XIXe siècle face aux difficultés que pose l'individu dans sa famille et la société, surtout dans les grands centres urbains, celui-ci est écarté afin de protéger le groupe. L'histoire de Camille Claudel est éloquente, elle passa 30 ans dans un asile psychiatrique et ce jusqu'à sa mort. Au début du XXe siècle une alternative s'offre alors pour la résolution de ces problèmes, alternative centrée sur la personne, la psychanalyse était née. Freud dira qu'il faut garder la famille en dehors de la cure. Pourtant, il fera de la systémie sans le savoir avec la cure du petit Hans, par l'intermédiaire du père de l'enfant, alors que la psychanalyse n'envisage pas l'intervention d'une tierce personne. Une autre voie verra donc le jour en 1950 à Palo Alto en Californie avec l'apparition de la systémie. L'individu est indissociable de son groupe, de sa famille. Dans cet ouvrage, nous évoquerons l'histoire de la systémie, ses concepts, mais surtout les outils utilisés, véritables supports pour libérer la parole. Ils permettent des médiations entre les membres de la famille, les groupes d'enfants dans les structures, les groupes d'adultes... Ils peuvent être utiles aux travailleurs sociaux, aux psychologues, aux psychiatres, à tous ceux qui sont en lien avec des personnes en difficultés.
Cette chronique institutionnelle d'un pédopsychiatre de province est un récit composé de différentes réflexions élaborées sur une période de vingt ans passés avec des enfants autistes et psychotiques dans le cadre du service public de psychiatrie. Tenir le pari de la durée avec eux est une des conditions de possibilité du soin en psychiatrie. L'idée de la musique est très proche de ces préoccupations psychopathologiques et thérapeutiques. Elle est référée au sentiment continu d'exister (Winnicott) dans la mesure où cet art de la voix et de ses représentants, les instruments de musique, se développe à partir de la temporalité et du rythme. Aussi, ces quelques textes sont-ils présentés selon une " logique " musicale. Après un prélude sur les rapports entre sensations et représentations, une première suite est tournée vers la fonction d'accueil de l'enfant selon ses différentes problématiques. En effet, il s'agit de l'accueillir de telle façon qu'il se sente attendu par le travail que ses parents auront fait à ce sujet, et dont nous mesurons tous les jours l'importance pour sa singularité. Comment donc être assez chaleureux pour lui indiquer l'intérêt que nous lui portons, mais assez à la bonne distance pour qu'il ne souffre pas d'intrusion ? La possibilité même de le soigner en dépend. Une deuxième suite aborde l'enfant par le biais de la clinique. Non seulement la clinique des livres de médecine qui est importante, mais aussi celle du signifiant, celle du message contenu dans le signe et celle du processus de sémiotisation. Enfin, un postlude reprend en un ch?ur final les articulations complexes entre le symbolique, les identifications et l'institutionnel.