Ces huit nouvelles ont été écrites en français par une jeune romancière d'origine russe. La surprenante poésie de leur contenu fait penser à la fois à Gogol, à Chagall et à Kafka. On y trouve le mystère, l'état de grâce, l'humour, la perversité tout à fait particuliers à la proche enfance. Mais au travers de ces histoires simples, apparemment limpides et comme tirées d'une succession de rêves, transparaît en filigrane une charge d'angoisse que l'auteur a sûrement vécue en profondeur, ainsi que la malignité d'une intelligence ne pouvant être sauvée qu'à condition d'exercer sans relâche ses dons de lucidité, la souplesse de son inspiration et l'acuité de sa plume. Tantôt Luba Jurgenson nous conte "la triste histoire d'un pharmacien qui avait perdu sa cravate". Tantôt elle nous peint un sordide restaurant russe dont le menu insipide réussit trop bien à faire revivre le passé. Ailleurs un solitaire s'éprend de la musique de son aspirateur, et un autre solitaire est aux prises avec les ébats nocturnes de ses propres souliers. Ou bien encore, plus tragiquement poétique, voici un funambule, à Rome, qui touche à la gloire au moment où il tombe, et meurt.
Nombre de pages
136
Date de parution
15/05/1981
Poids
200g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070246496
Titre
Avoir sommeil
Auteur
Jurgenson Luba
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
200
Date de parution
19810515
Nombre de pages
136,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Eh oui, la langue a le pouvoir de raconter à notre place notrepassé, sans nul doute, mais je crains qu'elle n'ait aussi cetteemprise sur notre futur, c'est pourquoi il convient de bienchoisir la sienne. En vouant mes filles à l'anglais, je partais del'idée que les derniers cataclysmes vécus dans cette langueremontaient à la peste de Londres. (Ce sont peut-être meslacunes en histoire qui me font dire cela, mais le fait mêmeque ces lacunes puissent exister prouve que j'ai raison. Qui, denos jours, en parlant des catastrophes ayant secouél'Allemagne, penserait en premier lieu à la guerre de Trenteans?). En leur racontant mon histoire en anglais, jel'arrangeais de façon qu'elle entre dans le nouvel emballage. Aprésent, l'allemand suintait à travers les syllabes lisses quej'avais forgées..." Voici trois temps forts de l'Histoire qui nousentraînent du fond de la Poméranie de 1913 jusqu'au Berlin de1933, puis du New York des années 50 au Nuremberg de1946, en passant par le Saint-Pétersbourg de 1880 et leMoscou des années 90. Trois drames de la judéité qui sejouent sur la scène intime des mots, des noms et des accentsrefoulés.
Il y avait un homme qui chevauchait dans la taïga. On racontait à son sujet toutes sortes de légendes. On disait qu'il était capable de rester plusieurs jours sans manger et qu'il pouvait dormir dans la neige. On racontait que son cheval était magique, qu'il savait se rendre invisible et survoler les obstacles. Parfois, on croyait qu'il avait complètement disparu. Mais il réapparaissait toujours. On disait qu'une étrange musique faisait vibrer la taïga juste avant qu'il ne surgisse. On disait que cet homme avait tout connu, même la mort, mais que son cheval magique l'avait ranimé. On disait qu'il n'avait pas toujours été sauvage, qu'il avait, autrefois, vécu dans une grande ville. On disait qu'il savait parler aux arbres et que les animaux de la taïga lui obéissaient. On disaitVoici son histoire. ".
Le vieux professeur Emmanuel R. a consacré sa vie d'exilé à consigner dans un vaste cahier les heurs et malheurs des poètes disparus, de sa Russie natale et tant d'autres existences vouées par l'histoire à l'anonymat. Avant de mourir, Emmanuel R. a incité Nathan, le poète, à poursuivre ce récit sans fin où sont dignes de figurer toutes sortes de destins pour peu que l'on veuille bien tendre l'oreille aux mille voix et manières à travers lesquelles des êtres bousculés par l'histoire et en quête d'eux mêmes se dévoilent ou se rêvent, survivent.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.