Eh oui, la langue a le pouvoir de raconter à notre place notrepassé, sans nul doute, mais je crains qu'elle n'ait aussi cetteemprise sur notre futur, c'est pourquoi il convient de bienchoisir la sienne. En vouant mes filles à l'anglais, je partais del'idée que les derniers cataclysmes vécus dans cette langueremontaient à la peste de Londres. (Ce sont peut-être meslacunes en histoire qui me font dire cela, mais le fait mêmeque ces lacunes puissent exister prouve que j'ai raison. Qui, denos jours, en parlant des catastrophes ayant secouél'Allemagne, penserait en premier lieu à la guerre de Trenteans?). En leur racontant mon histoire en anglais, jel'arrangeais de façon qu'elle entre dans le nouvel emballage. Aprésent, l'allemand suintait à travers les syllabes lisses quej'avais forgées..." Voici trois temps forts de l'Histoire qui nousentraînent du fond de la Poméranie de 1913 jusqu'au Berlin de1933, puis du New York des années 50 au Nuremberg de1946, en passant par le Saint-Pétersbourg de 1880 et leMoscou des années 90. Trois drames de la judéité qui sejouent sur la scène intime des mots, des noms et des accentsrefoulés.
Nombre de pages
366
Date de parution
20/04/2012
Poids
486g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782363710284
Titre
Trois contes allemands
Auteur
Jurgenson Luba
Editeur
PG DE ROUX
Largeur
140
Poids
486
Date de parution
20120420
Nombre de pages
366,00 €
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Ces huit nouvelles ont été écrites en français par une jeune romancière d'origine russe. La surprenante poésie de leur contenu fait penser à la fois à Gogol, à Chagall et à Kafka. On y trouve le mystère, l'état de grâce, l'humour, la perversité tout à fait particuliers à la proche enfance. Mais au travers de ces histoires simples, apparemment limpides et comme tirées d'une succession de rêves, transparaît en filigrane une charge d'angoisse que l'auteur a sûrement vécue en profondeur, ainsi que la malignité d'une intelligence ne pouvant être sauvée qu'à condition d'exercer sans relâche ses dons de lucidité, la souplesse de son inspiration et l'acuité de sa plume. Tantôt Luba Jurgenson nous conte "la triste histoire d'un pharmacien qui avait perdu sa cravate". Tantôt elle nous peint un sordide restaurant russe dont le menu insipide réussit trop bien à faire revivre le passé. Ailleurs un solitaire s'éprend de la musique de son aspirateur, et un autre solitaire est aux prises avec les ébats nocturnes de ses propres souliers. Ou bien encore, plus tragiquement poétique, voici un funambule, à Rome, qui touche à la gloire au moment où il tombe, et meurt.
Il y avait un homme qui chevauchait dans la taïga. On racontait à son sujet toutes sortes de légendes. On disait qu'il était capable de rester plusieurs jours sans manger et qu'il pouvait dormir dans la neige. On racontait que son cheval était magique, qu'il savait se rendre invisible et survoler les obstacles. Parfois, on croyait qu'il avait complètement disparu. Mais il réapparaissait toujours. On disait qu'une étrange musique faisait vibrer la taïga juste avant qu'il ne surgisse. On disait que cet homme avait tout connu, même la mort, mais que son cheval magique l'avait ranimé. On disait qu'il n'avait pas toujours été sauvage, qu'il avait, autrefois, vécu dans une grande ville. On disait qu'il savait parler aux arbres et que les animaux de la taïga lui obéissaient. On disaitVoici son histoire. ".
Le vieux professeur Emmanuel R. a consacré sa vie d'exilé à consigner dans un vaste cahier les heurs et malheurs des poètes disparus, de sa Russie natale et tant d'autres existences vouées par l'histoire à l'anonymat. Avant de mourir, Emmanuel R. a incité Nathan, le poète, à poursuivre ce récit sans fin où sont dignes de figurer toutes sortes de destins pour peu que l'on veuille bien tendre l'oreille aux mille voix et manières à travers lesquelles des êtres bousculés par l'histoire et en quête d'eux mêmes se dévoilent ou se rêvent, survivent.
L'inconnu continuait à me fixer. Qu'est-ce qu'il voulait, à la fin ? M'accueillir dans sa propre solitude ? Pas question. Même si la mienne était insupportable. Une engelure tenace. J'ai voulu me protéger à ma façon, et d'une voix narquoise : - A votre avis, quand le type en trench est entré et qu'il a glissé deux mots à l'oreille de l'autre, qu'est-ce qu'il lui a dit ? II est resté impassible, l'air de ne pas comprendre. Ou de s'en foutre éperdument. Peut-être avait-il dormi pendant le film ? - Si on allait prendre un verre ? J'ai secoué la tête énergiquement. Et avec forfanterie, voire provocation : - Non, merci. Je ne bois pas. Je ne fume pas. Je ne me drogue pas. De toute façon, j'attends quelqu'un. - Vous attendez quelqu'un ? a-t-il dit sur un ton de perplexité moqueuse." Michel Lambert nous fait pénétrer à nouveau dans l'univers chancelant des couples ou des compagnons de route improbables, des secrets douloureux à retardement, des derniers pas que promènent, au fil d'un poignant chant du cygne, ceux qui ne pourront plus jamais se retrouver comme avant, dans l'illusion ou le fantasme, soudain surpris par l'éternel lendemain et sa lumière trop forte et trop blanche.
La vogue actuelle de l'écologie (et de l'écologisme) s'explique par deux facteurs essentiels : l'aggravation des pollutions de toutes sortes, qui saccagent les paysages, détruisent les écosystèmes, infectent les nappes phréatiques et menacent les océans ; et l'épuisement programmé des réserves naturelles, dont on sait aujourd'hui qu'elles ne sont ni inépuisables ni gratuites, à un moment où plus des trois-quarts de nos ressources énergétiques sont encore des ressources fossiles (gaz, pétrole, charbon, uranium). S'y ajoutent les débats sur le réchauffement climatique, le traitement des déchets industriels et nucléaires, les perturbateurs endocriniens, les menaces sur l'alimentation, etc. De nombreux auteurs se sont déjà attachés à étudier ces problèmes. Mais peu l'ont fait au point de prendre fermement position en faveur de la décroissance. Le constat de base que font les "décroissants" est celui-ci : une croissance matérielle infinie est impossible dans un espace fini (comme l'est notre planète). Sans pour autant vouloir arrêter l'histoire ni retourner en arrière, vient un moment où il est nécessaire comprendre que "plus" ne veut pas automatiquement dire "mieux" et qu'il est parfois nécessaire de dire : "C'est assez !" Alain de Benoist, à qui l'on doit déjà de nombreux essais d'histoire des idées et de philosophie politique, explique dans ce nouveau livre pourquoi le " développement durable " est voué à l'échec : en prétendant concilier croissance et écologie, il revient, dans le meilleur des cas, à réduire la vitesse sans pour autant changer de cap dans la mauvaise direction. La notion même de croissance, issue de la modernité occidentale, est ici déconstruite à partir d'une critique radicale, qui s'appuie notamment sur les notions d'"empreinte écologique" et d'"effet-rebond". L'ouvrage contient également plusieurs textes sur le sens profond de le pensée écologiste, ainsi que sur l'idée de "valeur intrinsèque de la nature". L'auteur plaide, en conclusion, pour restituer un rapport de co-appartenance à la nature rompant avec l'idée d'un monde transformé en simple objet du vouloir humain : "Le monde naturel n'est pas un simple décor de nos existences, c'est l'une des conditions systémiques de la vie".