Décider en incertitude. Les cas d'une technologie à risques et de l'épidémie d'hépatite C
Jouzel Jean-Noël ; Landel Dorothée ; Lascoumes Pie
L'HARMATTAN
20,50 €
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EAN :9782747594578
Beaucoup d'acteurs publics ont la nostalgie des choix tranchés. Aujourd'hui, la décision serait devenue lourde voire impossible. Il faut la préparer en amont, l'étayer, l'amender en cours d'élaboration, la justifier auprès de multiples publics, la laisser ouverte à des évolutions futures, etc. L'accumulation de ces exigences est accentuée par les contextes d'incertitude qui demandent à la fois prudence et action. Enfin, l'existence de dangers collectifs et leur complexité due à l'urgence et à la technicité mettent particulièrement à l'épreuve les modes de décision classiques. Une question se pose donc de plus en plus fréquemment dans quelle mesure une controverse publique rend-elle la décision plus difficile, ou au contraire est-elle un moyen de la préparer et de la solidifier ? Cet ouvrage contribue à répondre à cette question à travers l'étude de deux exemples de décision inattendue : l'une parce qu'elle semblait prévisible s'inscrivant dans une procédure bien formatée, l'autre parce qu'elle semblait s'imposer au vu d'une urgence. Mais dans les deux cas la décision attendue échoue : le premier est une décision " contre-intuitive " qui concerne un projet innovant d'usine dans le Finistère. Celle-ci présentait toutes les garanties techniques possibles, résolvait un problème local majeur (élimination des lisiers excédentaires) et disposait du soutien d'une vaste coalition d'acteurs. Mais un télescopage inattendu avec la catastrophe d'AZF à Toulouse déstabilise radicalement un processus qui semblait joué d'avance. Le second est une " décision molle ", qui alterne des séquences de non-décision avec des mesures minimales malgré une urgence sanitaire qui ne le devient jamais politiquement. Il s'agit de l'épidémie d'hépatite C qui touche aujourd'hui plus de 500 000 personnes, mais qui est restée depuis vingt ans un enjeu latent, un problème public silencieux.
Nombre de pages
215
Date de parution
15/11/2005
Poids
230g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782747594578
Titre
Décider en incertitude. Les cas d'une technologie à risques et de l'épidémie d'hépatite C
ISBN
2747594572
Auteur
Jouzel Jean-Noël ; Landel Dorothée ; Lascoumes Pie
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
230
Date de parution
20051115
Nombre de pages
215,00 €
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Les pesticides sont des produits dangereux. Pour cette raison, ils comptent parmi les substances chimiques les plus surveillées et ce, depuis des décennies. Des agences d'évaluation des risques contrôlent leur mise sur le marché et assurent une toxico-vigilance de leurs effets sur la santé. Comment alors expliquer l'accumulation de données épidémiologiques qui attestent la sur-incidence de pathologies chroniques - maladies neurodégénératives, hémopathies malignes, cancers - parmi les populations humaines les plus exposées, en particulier les agriculteurs ? Pourquoi des résultats aussi inquiétants ont-ils si peu de répercussion sur les autorisations de mise en vente ? Le sociologue Jean-Noël Jouzel a mené l'enquête en France et aux Etats-Unis pour comprendre ce qui conduit les agences d'évaluation à ignorer volontairement certaines données scientifiques lorsqu'elles n'ont pas été élaborées selon les normes de la toxicologie réglementaire. Cette routine normative profite aux industriels, qui ont tout intérêt à suivre ce cadre et sont les seuls à disposer des ressources matérielles nécessaires pour s'y conformer.
Consommateurs ou travailleurs, nous sommes quotidiennement exposés à de nombreuses molécules de synthèse, aux effets parfois dangereux. Pourtant, l'émergence de pathologies afférentes à ces substances, fausses couches ou cancers par exemple, reste controversée. A partir du cas, aux Etats-Unis et en France, d'une famille de solvants toxiques, les éthers de glycol, Jean-Noël Jouzel décrit la mobilisation des avocats, syndicats, associations de consommateurs et autres collectifs engagés dans la reconnaissance de la nocivité de ces substances. En comparant les carrières contrastées de cette cause de part et d'autre de l'Atlantique, il met en évidence les contraintes politiques, économiques et légales qui pèsent sur les formes d'enquêtes étiologiques que déploient ces acteurs. Ainsi, ces mouvements sociaux contribuent à la fois à rendre visibles mais aussi à laisser dans l'ombre les effets pathogènes du monde qui nous entoure. Par une approche comparée des enjeux en matière de santé environnementale, ce travail ethnographique construit une sociologie des problèmes publics "à bas bruit" et met en lumière les dynamiques de construction sociale de l'ignorance.
Le 19 mars 2011, une dizaine d'agriculteurs se retrouvent à Ruffec. Ils sont accueillis sur l'exploitation céréalière de Paul François, atteint de troubles neurologiques à la suite d'une intoxication par un herbicide sept ans plus tôt. Les autres agriculteurs présents souffrent également de pathologies chroniques lourdes. Ce jour-là est créée Phyto-victimes, première association française d'agriculteurs victimes des pesticides. Rien ne prédisposait ces exploitants, partie prenante d'un système agricole fondé sur l'utilisation massive de produits phytosanitaires, à s'engager dans une telle action collective. Ce livre, fruit d'une enquête menée pendant plus de dix ans, raconte leur difficile cheminement pour se dire victime et obtenir réparation. Il pointe le rôle décisif joué par les proches familiaux mais aussi l'importance des alliés objectifs dans la mobilisation, médecins, syndicalistes, militants environnementalistes, avocats, journalistes, scientifiques, issus de mondes parfois très distants les uns des autres. A travers cette histoire à la fois intime et politique, il montre les effets sur le long terme d'une agriculture intensive toujours dominante aujourd'hui.
Henry Emmanuel ; Gilbert Claude ; Jouzel Jean-Noël
Les scandales sanitaires qui ont secoué la France et les pays occidentaux au cours des dernières décennies ont mené à la création d'agences chargées d'évaluer les risques en matière de santé publique et d'environnement, tandis que les injonctions à une expertise toujours plus indépendante, transparente, objective et scientifique se sont multipliées. Pourtant, les pratiques restent souvent éloignées de ces Impératifs. Compromis toujours "impur" entre science et politique, l'expertise résulte largement de luttes se jouant bien en amont, autour de la production de connaissances, qui mobilise une multitude d'intervenants : chercheurs, agents administratifs, collectifs de victimes, industriels, lobbyistes, journalistes, lanceurs d'alerte, etc. A destination des praticiens, étudiants et enseignants, ce premier dictionnaire consacré à l'expertise sanitaire en décrit les usages, notions et concepts en quelque 40 notices. S'appuyant sur les recherches les plus récentes, il rend compte à la fois des contextes institutionnels dans lesquels l'expertise s'inscrit et des acteurs qui y participent ou en subissent les conséquences.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...