La présence française en Turquie apparaît aujourd'hui comme un lointain souvenir, un fragment parmi d'autres de cet espace francophone transnational qui, de l'Europe centrale à la Méditerranée orientale, a connu son apogée au tournant du XXe siècle. I)e cet archipel culturel, le rivage turc aura pourtant été le maillon fort. Nulle part la poésie, la philosophie et les ouvrages de médecine, mais aussi les manières de table, les recettes de cuisine, les articles de mode, les magazines de charme et les troupes de théâtre venues de France n'auront été aussi bien accueillis, écoutés, consommés, adaptés et réinterprétés que sur les bords du Bosphore. Pour être franco-turque, cette configuration culturelle n'a rien de symétrique. Emergeant dans le contexte de la guerre de Crimée, elle est indissociable des enjeux diplomatiques, économiques et militaires qui inspirent l'action des décideurs français en Orient. Plutôt que d'un " empire culturel français en 'Turquie. cet ouvrage offre le récit d'une extraversion sous dépendance. La culture française a été un filtre ou un levier grâce auquel les bourgeoisies ottonmanes, puis turques, se sont approprié un corpus de références européennes, dans un contexte de globalisation de la culture occidentale. En outre, les dispositions impériales des exportateurs culturels n'ont jamais cessé de croiser, sur le terrain, les stratégies de distinction des importateurs culturels. L'échange franco-turc, enfin, n'est pas un fait bilatéral. Il se noue à Paris et à Istanbul, niais aussi à Salonique, Jérusalem, Beyrouth, Odessa et Alexandrie. Outre des Turcs et des Français. il mobilise des Arméniens, des Grecs, des Juifs et des Kurdes de l'Empire ottoman, ainsi que toutes sortes d'Européens, sans compter ceux qui ne se rangent ni d'un côté ni de l'autre. Cela étant dit, l'échange culturel franco-turc est profondément transformé par les bouleversements démographiques qui affectent la Méditerranée orientale pendant la Première Guerre mondiale. L'apparition de la "Turquie nouvelle favorise l'assujettissement de l'échange culturel franco-turc aux acteurs étatiques. La parenthèse se referme quand la 'Turquie, intégrant l'alliance atlantique au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, importe les références drainées dans le sillage d'un nouveau partage de l'ordre international.
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Nombre de pages
387
Date de parution
04/09/2014
Poids
586g
Largeur
154mm
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EAN
9782753533493
Titre
Turcs et Français. Une histoire culturelle, 1860-1960
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Le japonais... comme au Japon. Chotto Nihongo vous offre : des explications en français facilitant l'auto-apprentissage, un lexique de plus de 1 300 mots et une centaine d'idéogrammes (Kanji) pour découvrir et pratiquer l'écriture japonaise ; un accès aux structures de base de la langue et de la grammaire japonaises avec des exercices corrigés ; des dialogues et de petits textes inspirés de la vie quotidienne avec les expressions usuelles pour se débrouiller dans la vie réelle. Ils sont suivis par des exercices de compréhension et leurs corrigés en fin de volume ; des présentations du contexte socioculturel japonais comme dans aucun autre manuel. Chotto Nihongo est un excellent outil interactif entre étudiants et enseignants dans un cursus d'apprentissage du japonais. C'est dans un tel cadre qu'il a été élaboré, au cours de plusieurs années, par l'auteur.
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Comment fabrique-t-on des héros et des héroïnes ? Comment expliquer que certains processus d'héroïsation aboutissent à la reconnaissance publique d'un individu comme supérieur, digne d'un culte (au sens propre ou métaphorique), alors que d'autres échouent ? Le livre qui étudie à la fois des textes et des images fixes ou en mouvement porte sur le phénomène de l'héroïsation conçu comme un processus de construction développé par un réseau d'acteurs. Il s'attache aux processus d'héroïsation eux-mêmes en examinant divers attributs, acteurs et obstacles. Il analyse différentes figures d'héroïnes et de héros à une période donnée, dans le temps long ou bien dans une perspective genrée. Il interroge la temporalité des héroïsations : certaines périodes historiques, certains régimes politiques, certaines sociétés ont été plus propices que d'autres au phénomène de l'héroïsation, et c'est précisément le cas de notre époque où l'on parle de plus en plus souvent de héros, comme on le constate depuis la Covid et la guerre en Ukraine. Il s'inscrit de façon pluridisciplinaire dans une vaste perspective chronologique, depuis l'Antiquité grecque, grande pourvoyeuse de héros, jusqu'à Zelenski, héros de la série télévisée "Serviteur du peuple" . Publié dans le cadre de la chaire Jean Monnet FABER de l'université Rennes 2
Fille aînée de Louis XV, Louise-Elisabeth (1727-1759), dite Madame Infante après son mariage avec Don Philippe, fils cadet de Philippe V d'Espagne, est sans doute l'une des princesses européennes les plus mystérieuses et les moins connues du XVIIIe siècle. Cette femme de tête connaît une destinée particulière en devenant, à l'issue de la guerre de Succession d'Autriche (1740-1748), duchesse de Parme, Plaisance et Guastalla. Cependant, Madame Infante ne voit dans ces Etats qu'un séjour de transition dans l'attente d'un établissement plus digne de sa naissance. Aussi n'a-t-elle qu'un seul souci, les échanger ou les agrandir. Jamais elle ne se résigne au rang modeste que lui assigne le traité d'Aix-la-Chapelle. Pour autant, elle ne se désintéresse pas des duchés et s'efforce d'y vivre en tentant de recréer la splendeur de la cour de Versailles, tout en cherchant à s'émanciper de la tutelle espagnole pour mieux défendre ses intérêts. Pour mener à bien sa politique de grandeur, elle cultive sans relâche son réseau de correspondants (ministres, diplomates, maîtresse royale) dont elle espère tirer les plus grands bienfaits. Eprise d'un amour filial, elle conserve aussi des relations très étroites avec sa famille et n'hésite pas à revenir à plusieurs reprises à Versailles pour plaider sa cause. Situé à la charnière de l'histoire des femmes de pouvoir et des relations internationales, l' ouvrage a pour ambition de dresser le portrait d'une souveraine en action, omniprésente tant dans la politique parmesane qu'européenne.
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