Interroger les gouvernances urbaines. Entre fragmentation et contrat territorial
Iraki Aziz ; Miras Claude de ; Tozy Mohamed
KARTHALA
32,00 €
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EAN :9782811118099
De quelles gouvernances traite cet ouvrage ? De la gouvernance non normative : celle qui n'est pas une somme d'injonctions, de règles administratives ou de périmètres institutionnels, mais d'abord un ensemble complexe de pratiques sociales, de consensus transitoires et d'équilibres labiles à l'échelle d'un territoire. Cet ouvrage se propose donc d'interroger des gouvernances territoriales en situation, à partir de cas aussi variés que ceux liés aux différents services urbains (transport, décharge publique, eau et assainissement) d'une grande métropole, ou à la planification territoriale. Comment une coordination territoriale de l'action publique et collective peut-elle émerger de processus de déconcentration encore très centripètes, de décentralisations souvent inachevées, d'un "urbanisme de projets" dispersé ? L'efficacité de l'action publique se cherche dans des champs politiques souvent fragmentés et marqués par une multiplicité d'acteurs publics et privés. Elle demande d'analyser les processus conflictuels, décisionnels et politiques dans leur capacité à produire des consensus viables. A cet égard, que nous disent les expériences ayant débouché sur une action publique coordonnée localement par un acteur ayant acquis une certaine légitimité politique ? Dans cette perspective, les contributeurs à cet ouvrage analysent l'intimité systémique de onze contextes très diversifiés, allant de l'Afrique subsaharienne (Mali, Bénin) à ceux de pays d'Europe occidentale (Italie, France) en passant par des pays d'Amérique latine (Mexique), du Maghreb (Maroc) ou du Moyen Orient (Liban).
Nombre de pages
352
Date de parution
12/06/2017
Poids
560g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782811118099
Auteur
Iraki Aziz ; Miras Claude de ; Tozy Mohamed
Editeur
KARTHALA
Largeur
160
Date de parution
20170612
Nombre de pages
352,00 €
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Gouverner une métropole suppose toujours une mise en équilibre entre pouvoirs métropolitains et injonction du pouvoir central, puisque cela nécessite des flux colossaux et incessants d'investissements. Une analyse de ces rapports de pouvoirs à travers divers enjeux urbains est produite à partir de sept cas d'études (Casablanca, Rabat, Salé, Tanger, Fès, Kénitra et Agadir). Selon qu'il s'agisse de grands projets à capitaux internationaux, de transport et mobilité ou de ramassage des ordures, les configurations changent, et la place du pouvoir central aussi. Ces études montrent des acteurs aux capacités d'intervention fluctuantes selon les temporalités de l'action (les temps de la mise à l'agenda, de la mise en oeuvre et de l'exécution, de la gestion) et selon la longue histoire qui lie chaque territoire au centre. Cet ouvrage éclaire une part de la dimension territoriale dans l'analyse des modes de gouverner au Maroc.
Depuis le début des années 2000, plusieurs mécanismes (Initiative Nationale de Développement Humain, demande de "participation" des bailleurs de fonds) ont mis sur le devant de la scène politique locale marocaine ces nouvelles figures de la légitimité de proximité : les ould derb ("enfants du quartier") et les femmes les plus dynamiques, ayant un certain niveau d'instruction, qui se retrouvent tous dans les milieux associatifs. Les contributeurs à cet ouvrage collectif interrogent les mécanismes par lesquels ces femmes et ces hommes trouvent dès lors une place dans leurs relations aux notables traditionnels et aux nombreux élus locaux issus de l'administration dans les années 1980. Ils analysent comment s'opère l'hybridation entre ces anciennes figures et les nouvelles. Ils montrent des situations très contrastées qui mettent en lumière une intermédiation plurielle. Autre constatation majeure, peu de partis politiques relaient l'action de cette élite de proximité et lui ouvrent la voie à une carrière politique. Cette situation pousserait à conclure que seule la cooptation donne naissance à l'élite locale instituée ; mais elle traduit aussi l'état de l'offre politique démocratique au Maroc et la place du Parti Justice et Développement (islamiste modéré).
A travers une approche comparative des politiques du logement et des dispositifs d'ingénierie sociale au Maghreb et en Afrique de l'Ouest (Algérie, Maroc, Sénégal et Tunisie), cette publication collective interroge de manière critique et distanciée les notions volontaristes et normatives de gouvernante urbaine et de participation appliquées au domaine de l'habitat. Les politiques de lutte contre la pauvreté et de résorption de l'habitat insalubre, les configurations institutionnelles et organisationnelles auxquelles elles donnent lieu, ainsi que la participation de la société civile et les nouveaux instruments d'ingénierie sociale, facilitent-ils l'accès au logement des populations défavorisées? De quelle manière et quelles sont les conséquences en termes de fabrication urbaine dans les territoires périphériques? Si certains problèmes sont résolus, d'autres difficultés demeurent récurrentes et de nouvelles contraintes émergent. Alors que les partenariats multi-acteurs et la participation sont censés garantir un processus plus inclusif, plus équitable et plus efficace que les interventions stato-centrées habituelles, ces initiatives se heurtent en pratique à de multiples défis d'ordre socio-économique, organisationnel et politique. A partir d'une lecture transversale des principaux éléments de réflexion rassemblés dans cet ouvrage, la conclusion générale tente de mettre en perspective les différents contextes nationaux et les expériences complexes étudiés en profondeur: les apports empiriques et analytiques de chaque article constituent le socle de ce chapitre conclusif. Cet ouvrage collectif fait suite au séminaire "Habitat social durable: regards croisés Maghreb - Sénégal" qui a eu lieu à Rabat, en juin 2008, au siège de la Caisse de Dépôt et de Gestion. Le séminaire et la publication ont bénéficié du concours financier de l'Institut CDC pour la Recherche.
Le fait urbain est au coeur des mutations que vit le Maghreb. En quelques décennies l'urbanisation a été massive, rapide et parfois brutale tant les bouleversements dans les modes de vie et les structures sociales ont été profonds. Produit des transformations de la société, la ville est elle-même génératrice d'importantes mutations sociales. De tels processus interpellent la recherche urbaine, dont le dynamisme reflète toute l'acuité des problèmes posés par la transition en cours. Pour saisir cette complexité, les coordonnateurs de ce dossier et la rédaction de L'Année du Maghreb ont opté pour une entrée "par le bas", à l'échelle de ceux qui vivent la ville au quotidien. Les contributions portent sur les processus de production de l'urbain, du bâti et des espaces, les modes de vie, les pratiques et les représentations sociales induites par la ville, la construction des territoires urbains, le rapport entre l'espace voulu et l'espace vécu, la question de la gestion des cadres de vie, l'interaction enfin entre les politiques publiques et l'action collective. L'univers des signes par lesquels se disent et se lisent les villes est aussi le lieu où s'exprime l'exigence de nouvelles citoyennetés, déclinées du quartier à l'espace mondialisé, en passant par toutes les échelles de l'accès au politique.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
La question de l'évangélisation est au coeur de ce récit à caractère autobiographique. Prêtre du diocèse de Vannes, Bertrand Jégouzo a passé plusieurs années de sa vie comme missionnaire Fidei donum dans le diocèse de Riobamba, en Equateur. Plus précisément dans les Andes au milieu d'une population majoritairement indienne. Très vite, il s'est trouvé confronté à l'interrogation à la base de l'évangélisation : comment un missionnaire occidental, formé dans la théologie catholique du XXe siècle, peut-il transmettre - ou partager - la foi chrétienne à des paysans quechua vivant dans une culture plus que millénaire ? Comment composer avec les formes et les traditions d'un christianisme implanté au temps de la conquête espagnole ? A travers le récit d'histoires et d'aventures vécues au quotidien, l'auteur questionne la pratique missionnaire. Dans les sociétés latino-américaines, l'enjeu est d'assurer le droit à la différence dans les manières de vivre, de penser et d'élaborer ses propres conceptions culturelles et religieuses. Son témoignage aborde des questions essentielles et respire l'authenticité.