
Happycratie. Comment l'industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies
Le bonheur se construirait, s'enseignerait et s'apprendrait : telle est l'idée à laquelle la psychologie positive prétend conférer une légitimité scientifique. Il suffirait d'écouter les experts et d'appliquer leurs techniques pour devenir heureux. L'industrie du bonheur, qui brasse des milliards d'euros, affirme ainsi pouvoir façonner les individus en créatures capables de faire obstruction aux sentiments négatifs, de tirer le meilleur parti d'elles-mêmes en maîtrisant leurs désirs improductifs et leurs pensées défaitistes. Mais n'aurions-nous pas affaire ici à une autre ruse destinée à nous convaincre que la richesse et la pauvreté, le succès et l'échec, la santé et la maladie sont de notre seule responsabilité ? Et si ladite science du bonheur élargissait le champ de la consommation à notre intériorité, faisant des émotions des marchandises comme les autres ? Edgar Cabanas et Eva Illouz reconstituent ici avec brio les origines de cette nouvelle "science" et explorent les implications d'un des phénomènes les plus captivants et inquiétants de ce début de siècle.
| Nombre de pages | 272 |
|---|---|
| Date de parution | 23/08/2018 |
| Poids | 360g |
| Largeur | 147mm |
| EAN | 9791094841761 |
|---|---|
| Titre | Happycratie. Comment l'industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies |
| Auteur | Illouz Eva ; Cabanas Edgar ; Joly Frédéric |
| Editeur | 1ER PARALLELE |
| Largeur | 147 |
| Poids | 360 |
| Date de parution | 20180823 |
| Nombre de pages | 272,00 € |
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Ce premier chapitre offre un nouveau regard sur le déroulement d'une grossesse ainsi qu'une perspective historique sur la découverte du microchimérisme, qui remonte à plus d'un siècle. On découvre que les f?tus égrènent leurs cellules au-delà du placenta, dans l'organisme des mères, où elles peuvent persister toute la vie. Le récit de ces découvertes scientifiques pose d'emblée des questions d'ordres métaphysiques : les frontières sont sans cesse remises en question et la définition du soi, toujours provisoire.Chapitre 2 : Les invasions barbares ?Dans ce chapitre, nous verrons comment le langage influence les trajectoires de recherche et les représentations d'un nouvel objet scientifique. Le microchimérisme est en effet souvent décrit via des métaphores nationalistes : il est questions de " frontières ", de " migrations ", d'" étrangers ", de " moi " contre " eux ". Sans surprise, les scientifiques se sont d'abord focalisés sur les effets négatifs de ces cellules. 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Nous retraçons ici les étapes scientifiques qui ont mené à la découverte du microchimérisme d'origine maternelle et décryptons comment, ici aussi, ces cellules ont d'abord été suspectées de causer des problèmes. En réalité, nous hébergeons tous des cellules d'origine maternelle et ces dernières peuvent, elles aussi, participer à certaines fonctions physiologiques.Chapitre 5 : L'autre en soiCe chapitre raconte les histoires renversantes de femmes et d'hommes qui ont découvert par accident que leurs gonades étaient habitées par des cellules d'autrui. Impossible pour eux de transmettre leur propre patrimoine génétique : ce sont les cellules de leur jumeau évanescent, donc d'un frère ou d'une s?ur qui n'a jamais existé, qui composent leurs ovules ou leurs spermatozoïdes, brouillant la transmission génétique classique, rendant ineptes nos tests ADN de filiation. Ici, les quantités de cellules " étrangères " sont telles qu'on ne parle plus de microchimérisme, mais de macrochimérisme.Chapitre 6 : Les autres soiÀ côté de ces sources naturelles de microchimérisme, nous pouvons acquérir des cellules d'individus inconnus, extérieurs à notre cercle proche, via les transfusions sanguines et les greffes. En réalité, du point de vue du microchimérisme, tout se passe comme si la greffe était un f?tus : le greffon égrène ses cellules dans l'organisme du receveur, qui envoie lui-même des cellules à l'intérieur du greffon. Lorsque ce chimérisme dit iatrogène est découvert dans les années 1990, il est d'emblée considéré comme un élément positif : il serait la clé du mécanisme de tolérance des greffes. Une approche diamétralement opposée à celle du microchimérisme naturel.Chapitre 7 : Une multitude de soiNous avons évoqué les cellules qui proviennent de nos f?tus, celles qui proviennent de nos mères, celles de nos jumeaux et celles issues des greffes et des transfusions sanguines. Cela fait déjà du beau monde pour un seul et même corps. Mais de toute évidence, le compte n'y est pas. Ce chapitre dévoile les autres origines des cellules microchimériques découvertes dans nos organes : celles en provenance des f?tus qui nous ont précédé dans le ventre de nos mères, celles des aînés de nos mères et même celles de nos grand-mères, voire plus loin encore. Le microchimérisme, une porte d'entrée possible vers l'éternité ?Chapitre 8 : Déchiffrage babélienDes tours de Babel, version cellulaire. Voilà ce à quoi nous commençons à ressembler. 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