Comme la plupart des jeunes de sa génération, Abdallah, un étudiant de Bassora, ne s'intéresse qu'aux choses de la vie quotidienne. Durant la guerre Irak-Iran, il est appelé sous les drapeaux et, pour une raison futile, se retrouve en prison où il assiste à d'horribles séances de torture. Une fois libéré, il cherche à déserter avec un autre conscrit, mais ils sont pourchassés dans le désert et arrêtés. Jeté dans l'enfer des combats et blessé, Abdallah se retrouve au Kurdistan, contraint de combattre des ennemis dont il ignore tout. Après moult déboires, il parvient à se procurer de faux papiers et rentre à Bassora, vidée de ses habitants, pour vivre seul, dans les décombres, comme une bête traquée... Les guerres de Saddam Hussein ont suscité des dizaines d'écrits de commande, en vers ou en prose, tous à la gloire du régime. C'est avec Pays de nuit, dont l'édition originale date de 2002, soit près de quinze ans après la fin du conflit avec l'Iran, que le roman de cet épouvantable carnage nous est enfin donné à lire. Une des plus puissantes critiques de la guerre jamais écrites en langue arabe.
Nicolas Mathieu ouvre pour nous une fenêtre sur le ciel avec ce roman qui n’est constitué que de déclarations d’amour. Son entrelacs de textes composent un hymne à la vie et à ses moments forts. Magnifié par les illustrations d’Aline Zalko.
En ce jour d'août 1982, les troupes israéliennes assiègent Beyrouth et la résistance palestinienne se résout à un nouvel exil. Prisonnier entre les murs de son appartement, dans la ville bombardée, Mahmoud Darwich tente douloureusement de rallier le territoire impossible de la mémoire. Pour dire la complexité du réel, les angoisses de l'enfermement, la folie de la guerre et l'au- delà des souvenirs et des espoirs, l'écrivain compose un récit mêlant dialogues imaginaires, textes du patrimoine arabe classique et poèmes. Chronique amoureuse d'une ville où la violence mortelle a effacé les frontières supposées du corps et de l'esprit, de l'amour et du politique, "Une mémoire pour l'oubli" recueille les fragments d'un passé éclaté et témoigne de l'inévitable travail du deuil et de l'oubli.