L'art n'est-il pas l'expression, à travers ses ?uvres, d'une attitude fondamentalement immédiate, émotive, à l'égard des êtres, des situations et des choses ? Et ne demande-t-il pas qu'on l'apprécie de la même manière, c'est-à-dire d'abord par le sentiment ? - Sans doute. Mais l'évidence de la réponse à ces deux questions dissimule néanmoins un réel problème : quel est le rôle attribué à l'intuition, à cette " sympathie " de l'esprit dans le domaine de l'art ? L'esthétique du XVIIIe siècle s'était déjà interrogée en son temps sur ce rapport affectif - non inférentiel et non conceptuel - à certains objets, qu'il s'agisse de la nature ou de l'?uvre d'art. La présente étude se propose d'élaborer une nouvelle signification de la relation intuitive que le public ou l'artiste entretient avec les objets d'art. Elle souhaite toutefois s'acquitter de sa tâche en tenant compte de l'irruption scandaleuse et bouleversante de ces objets tout faits - les ready-made de M. Duchamp - dans le champ artistique du début du XXe siècle. De telles ?uvres sont en effet paradigmatiques de l'art que l'on dit " conceptuel ", un art devenu entre-temps une tendance dominante dans la création des artistes contemporains. En s'appuyant sur certains philosophes de l'art récents (Arthur Danto, Jean-Marie Schaeffer, Gérard Genette), de même que sur l'herméneutique de Hans-Georg Gadamer et de Paul Ric?ur, la réflexion ambitionne de clarifier l'enchevêtrement de notions - l'intuition, l'esthétique, l'art - souvent mal comprises. Cette clarification s'efforce donc de reconstruire le parcours auquel nous engage une ?uvre d'art qui nous interpelle dans notre singularité. Elle amène finalement à penser ce parcours comme le lieu privilégié d'une double métamorphose : celle d'un simple objet et celle, plus radicale, de soi-même.
Nombre de pages
180
Date de parution
14/03/2002
Poids
246g
Largeur
145mm
Plus d'informations
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EAN
9782841742691
Titre
La métamorphose de l'art. Intuition et esthétique
Auteur
Hess Gérald
Editeur
KIME
Largeur
145
Poids
246
Date de parution
20020314
Nombre de pages
180,00 €
Disponibilité
Epuisé
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La nature peut-elle devenir à proprement parler objet de considération morale ? Depuis son émergence comme discipline académique dans les années 1970, l'éthique environnementale a fait de cette question un thème de recherches et de discussions passionnées. Les réponses qu'elle y apporte sont nombreuses et divergent les unes des autres. Avec la crise écologique apparue dans la seconde moitié du XXe siècle, des voix se sont élevées contre le développement économique et technoscientifique du monde occidental qui a fait de la nature une pure ressource au service des besoins et désirs humains. Aujourd'hui, ce sont les conditions de vie même sur la planète qui sont menacées. Le présent ouvrage se propose de faire le point et présente une cartographie des différentes positions morales élaborées au long de ces décennies. Dans un contexte où les fondements de notre rapport à la nature doivent être interrogés, il examine cette " nouvelle éthique " qu'est l'éthique de la nature.
Cette étude se propose de réfléchir à la relation que l'intuition du singulier entretient avec le langage. Contrairement à une idée fort répandue, l'intuition ne s'oppose pas au langage. Le défi du concept de langage de l'intuition consiste à tenter un dépassement de l'opposition classique entre intuition et langage en considérant deux domaines de la culture -le mythe et la philosophie du langage- où cette dichotomie se voit sérieusement battue en brèche. Le singulier peut être l'objet de discours sans être forcément assimilé au concept, telle est ici la thèse défendue.
Le présent ouvrage rappelle une évidence?: nous provenons de la terre et nous y retournerons un jour. Les concepts ébauchés par les sciences naturelles ? la cosmologie, la biologie, l'écologie, les sciences du système Terre ? nous apprennent que nous sommes issus de la nature et que nous en faisons partie. Toutefois, nous avons de la peine à y croire. Éloignés plus que jamais de la nature, nous éprouvons de la difficulté à ressentir et à vivre notre appartenance au monde naturel qui nous précède dans l'histoire du vivant et de la Terre et qui nous survivra après notre mort. À partir d'une prise de conscience de notre propre mortalité, la réflexion initiée dans ce livre s'efforce de retourner à l'amont de la démarche scientifique, là où s'éprouve ? dans notre propre corps ? notre lien charnel à la nature. Elle invite à penser les conditions d'une écologie subjective. Ces conditions sont celles qui permettent à chacun d'entre nous de comprendre, dans son for intérieur, l'expérience que nous vivons en relation avec le vivant, la Terre ou l'Univers. Elles portent au jour la provenance et la finalité cosmiques de notre existence et de notre humanité. Elles sont, autrement dit, constitutives d'une conscience cosmique au fondement de l'écologie en première personne. Gérald Hess (1960) est philosophe et juriste. Il enseigne l'éthique et la philosophie de l'environnement à l'université de Lausanne. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages dans ce domaine. Sa réflexion autour des enjeux de l'écologie s'élabore au croisement de la phénoménologie, de l'éthique, de l'épistémologie et de la philosophie politique.
Des conflits géopolitiques au changement climatique, des aléas de l'économie mondiale à la difficulté que j'éprouve à saisir le sens de mon existence, de la diffusion bigarrée et incontrôlable des informations sur les réseaux sociaux à ma propre participation tout aussi incontrôlable à ces réseaux, notre expérience collective personnelle et quotidienne du monde est bien celle de sa complexité. La pensée positiviste classique encore prédominante aujourd'hui n'en continue pas moins de poser que tout est réductible à la science et que les dérèglements contemporains ne sont que les résultats de nos manquements à la raison. C'est à cette posture "réductionniste" que s'oppose cet ouvrage en montrant combien il est préférable d'appréhender notre rapport au monde dans une approche qui ne néglige surtout pas les points aveugles, irréductibles, de toute connaissance humaine.
Il y a exactement deux siècles, en 1821, Charles Nodier inventait l'appellation "genre frénétique" pour désigner la face sombre du romantisme, sa part d'horreur et d'excès, et il fustigeait l'immoralité du genre tout en reconnaissant les séductions sulfureuses que celui-ci exerce sur le lecteur. Alors que la critique du XXe siècle, des surréalistes à Annie Le Brun et Jean-Luc Steinmetz, a retourné la condamnation moralisatrice du XIXe siècle en faisant l'éloge de la portée subversive de ces oeuvres qui structurent leurs intrigues autour du conflit entre le bien et le mal, il est temps d'adopter une approche dépassionnée des morales du romantisme noir. Si les oeuvres noires, comme on le leur a parfois reproché, se caractérisent par leur manichéisme, celui-ci peut prendre des formes variées. Les romans valorisant la vertu et l'innocence de l'héroïne s'opposent ainsi aux récits sadiens faisant goûter au lecteur les délices vertigineuses de la cruauté. Dès l'époque romantique se multiplient les oeuvres ambivalentes, qui, infusant l'ironie dans le modèle du roman noir, rendent plus incertaine la frontière entre bien et mal. Quelles sont les valeurs défendues dans ces fictions ? Les variations morales dessinent-elles une évolution historique ? Sont-elles corrélées à des tendances esthétiques particulières ? Les études réunies ici proposent quelques réponses à ces questions, à travers l'analyse de l'axiologie du romantisme noir de Ducray-Duminil à Gaston Leroux, en passant par Nodier, George Sand, Balzac ou Pétrus Borel.
Comment des écrivains qui n'ont pas vécu la Shoah racontent-ils cet événement ? En France, cette question s'est posée de manière polémique à la parution des Bienveillantes de Jonathan Littell (2006) et de Jan Karski de Yannick Haenel (2009). Cet essai est consacré à l'ensemble de la littérature écrite en français par la génération des petits-enfants, soit par vingt-deux auteurs, qu'il s'agisse de descendants de victimes de la Shoah ou d'auteurs qui se sentent héritiers de cette mémoire. L'analyse de ces oeuvres permet de se pencher sur des questions très actuelles, comme la délicate appropriation d'un héritage, les supposés dangers de la fiction, ou encore l'utopie qui consiste à croire que l'on peut se faire témoin du témoin ou réparer le passé.
Si la plus importante figure philosophique du vingtième siècle était une femme, ce serait Simone Weil (1909-1943), comme on commence à le discerner aujourd'hui. En parcourant les lieux par où elle est passée, ce livre tente de reconstituer le chemin intellectuel et spirituel de Simone Weil. A chaque lieu, qui constitue un moment mental, est attaché un questionnement majeur de son oeuvre, si bien qu'à la fin la pensée de la philosophe apparaît dans sa globalité : c'est d'abord une philosophie de l'esprit où le miracle de la pensée tient dans le mystère des inspirations qui nous traversent. Mais Simone Weil ne peut suivre le fil de ses pensées que si elle se confronte à l'actualité de son époque, de 1929 à 1943, et qu'à travers les milieux sociaux très différents où elle sème le trouble (du syndicalisme à la France libre de Londres, en passant par le monde des usines, la guerre d'Espagne, l'exode de Juifs français) et les rencontres qu'elle fait. C'est une pensée à la fois très intérieure (mystique même) et complètement ouverte aux problèmes économiques, sociaux et politiques d'une tranche d'Histoire que ces pages essaient de reconstruire à partir de la géographie concrète que sa vie dessine. Cependant, l'ouvrage refuse d'enfermer Simone Weil en son temps et prend le risque d'actualiser sa pensée en interrogeant ce que sont devenus les campagnes, les villes et les pays qu'elle a traversés, jusqu'à faire un état des lieux de la France d'aujourd'hui. Une lecture des lieux à partir de sa pensée ; une lecture de sa pensée à travers les lieux.