Incidence N° 16, printemps 2022 : Nos mots et les leurs. Autour d'un texte de Carlo Ginzburg
Gribomont Cécile
KIME
24,99 €
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EAN :9782380720570
Le numéro 16 de la revue Incidence est organisé autour d'un essai de Carlo Ginzburg qui touche au coeur ignoré de la plus brûlante actualité, dans le monde globalisé qui est le nôtre, celle qui voit se déchaîner des conflits entre les cultures, les genres, les religions... : "Nos mots et les leurs. Une réflexion sur le métier d'historien, aujourd'hui" . Que peut apporter la réflexion d'un historien sur la démarche qui permettrait de tenter de comprendre l'autre, celui qui est en face ? Carlo Ginzburg, à partir de son métier, préconise une attitude critique et détachée qui exige de prendre en compte deux niveaux, non seulement celui de la parole de ceux qui se font entendre à travers les traces laissées par l'Histoire, mais aussi celui de l'observateur lui-même impliqué dans sa recherche avec ses propres mots, et les façons de penser qu'il partage avec ses contemporains. L'historien part donc de ses propres questions, inévitablement anachroniques, pour chercher des réponses, mais ces réponses modifient elles-mêmes les questions, de sorte que, dans un jeu dynamique d'allers et retours, s'affine peu à peu la possibilité de parvenir à l'interprétation des sources en reconstruisant les modes de pensée des individus et des sociétés des époques analysées, si différentes des nôtres. Mais il précise bien que cela reste une interprétation, c'est à dire que même parvenu à restituer les réponses apportées par les documents, il doit garder à l'esprit qu'il y a toujours un travail de traduction. Il est donc important de maintenir la tension entre les questions et les réponses, nos mots et les leurs. Ce que l'historien a élaboré pour tenter de penser le passé peut servir de modèle pour aider à franchir les distances qui séparent aujourd'hui les genres, les cultures, les nations etc. au niveau mondial. Carlo Ginzburg dans le déroulement de ce fil réflexif ne cesse de rayonner vers les autres sciences humaines, s'enrichissant de cette ouverture constante aux disciplines elles aussi confrontées aux nécessités de l'enquête et de l'interprétation : la linguistique et l'anthropologie qu'il donne en exemple de cette rigueur méthodologique, mais aussi la philologie et la littérature. La revue Incidence réunit ici des chercheurs de grande compétence, de sciences humaines, et de critique littéraire, pour dialoguer avec lui à partir des problèmes auxquels ils sont confrontés dans leur propre domaine d'étude.
Nombre de pages
320
Date de parution
13/05/2022
Poids
484g
Largeur
151mm
Plus d'informations
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EAN
9782380720570
Titre
Incidence N° 16, printemps 2022 : Nos mots et les leurs. Autour d'un texte de Carlo Ginzburg
Auteur
Gribomont Cécile
Editeur
KIME
Largeur
151
Poids
484
Date de parution
20220513
Nombre de pages
320,00 €
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L'anthropologie, science de l'homme qui s'attache à interroger la relation de l'être humain au monde, par l'analyse des formes de son être naturel, historique et social, constitue sans doute la meilleure perspective pour ressaisir l'unité de la pensée protéiforme de Walter Benjamin, sa puissance de suggestion et sa frappante actualité. A l'heure où nous sommes requis de trouver de nouvelles approches dans nos manières de vivre, de penser et d'agir, la revue Incidence a sollicité des chercheurs familiers de l'oeuvre de Walter Benjamin pour nous donner accès à cette réflexion philosophique difficile et tenter d'élucider son caractère énigmatique, qui intègre la contradiction. A travers certaines notions benjaminiennes essentielles : la mimésis, le langage, le rêve, l'image, la "volonté de bonheur" , l'enfance, "Le voyage mimétique" , l' "espace de jeu" , la "nature dans l'humain" , la domination, l'oeuvre est chaque fois envisagée à la fois dans son ensemble et dans son mouvement, dans sa cohérence et ses ruptures. Elle nous dévoile les chemins que pourrait emprunter une anthropologie alternative en vue d'une pratique politique émancipatrice. Dans sa rubrique Prismes, Incidence rend hommage au psychiatre et psychanalyste Patrick Lacoste disparu le 2 novembre 2022, membre, depuis l'origine, du comité de rédaction et de lecture de la revue, fondateur par sa présence active et la densité de sa réflexion. La reprise d'un de ses textes essentiels et aux profonds accents benjaminiens : "La magie lente" , rappelle avec insistance - et au vif de la clinique - la nécessité, pour la psychanalyse, de donner sa juste place à la force des mots. Cela en se méfiant de toute crédulité vis-à-vis d'un acte magique qui opérerait soudainement dans la parole, mais en misant résolument sur le temps long du dire dans la cure, le temps nécessaire pour que le pouvoir des mots puisse s'exercer aussi bien du dehors que du dedans.
L'Homme vert Qui donc sont ces hommes verts qui peuplent en nombre les culs-de-lampe, chapiteaux, clefs de voûte ou modillons de nos édifices religieux ? D'où viennent-ils ? Quel âge ont-ils ? Comment sont-ils parvenus jusqu'à nous ? Constituent-t-ils un archétype ? Possèdent-ils un caractère divin ? Quelle est leur signification symbolique ? Si les origines, le statut et la signification symbolique de cet être énigmatique qu'est l'Homme vert (les anglais le dénomment "Green man") demeurent un grand mystère, l'auteur tente pourtant ici de nous révéler son secret en retraçant sa genèse, c'est-à-dire en remontant à ses sources historiques (antiquité, Moyen-âge, Renaissance), géographiques (Orient et Occident) et socio-culturelles (légendes, mythologie, idolâtries), en évoquant son passage dans le contexte de notre civilisation judéo-chrétienne (Ecritures, Christianisme) et en rappelant les diverses manifestations de son ancrage notable dans notre monde moderne. Po
Au moment où la théologie scolastique commence à prendre forme par l'introduction de la dialectique dans les écoles, Rupert incarne la réaction de la "Lectio divina" traditionnelle. Dans la troisième partie de son ouvrage sur la Trinité, il développe les "oeuvres du Saint-Esprit" au fil de l'histoire sainte avec quelques digressions dogmatiques. Les deux livres présentés dans ce tome traitent de l'ancien et du nouvel Adam, du baptême au Jourdain et du livre de Job.
Le troisième livre des "oeuvres du Saint-Esprit" traite de la Sagesse comme don de l'Esprit dans les sacrements du baptême et de l'eucharistie. Le livre IV parle du don de l'Intelligence, avec comme point de départ l'intelligence des prophéties accordée aux apôtres dès le soir de Pâques.
Comment des écrivains qui n'ont pas vécu la Shoah racontent-ils cet événement ? En France, cette question s'est posée de manière polémique à la parution des Bienveillantes de Jonathan Littell (2006) et de Jan Karski de Yannick Haenel (2009). Cet essai est consacré à l'ensemble de la littérature écrite en français par la génération des petits-enfants, soit par vingt-deux auteurs, qu'il s'agisse de descendants de victimes de la Shoah ou d'auteurs qui se sentent héritiers de cette mémoire. L'analyse de ces oeuvres permet de se pencher sur des questions très actuelles, comme la délicate appropriation d'un héritage, les supposés dangers de la fiction, ou encore l'utopie qui consiste à croire que l'on peut se faire témoin du témoin ou réparer le passé.
Le poème, le juste : comment la poésie a-t-elle à voir avec la justesse et la justice ? "Rendre justice" suppose connaître la justesse de ce que l'on fait et dit. L'application mécanique du droit n'est pas la justice. N'est-ce pas une leçon de poésie qui se dit ici ? Si la justice passe d'elle-même, c'est par la vertu de l'agencement même du poème, dans l'équilibre de ses éléments et traits, condition sine qua non pour qu'elle soit ce qu'elle doit être. La "justice poétique" évoque une justice rendue sans l'intervention d'une tierce partie cherchant expressément à récompenser ou punir. Quelque chose comme une autorité simple se manifestant par le poème. La justesse trouverait-elle ainsi son efficacité propre, en poésie - et parfois, dans le monde ? Le fait que la justice réelle soit plus rarement présente dans le monde que la justesse dans la poésie ne constitue pas un constat d'impuissance quant à la poésie : au contraire, la pointe extrême, sociale, de ce que dit la proximité entre justice et justesse, entre politique et langage pourrait être le lieu même de la poésie. A travers des cas exemplaires, cet ouvrage invite à réfléchir sur la justice et la justesse de la poésie, en ouvrant les points de vue thématiques, génériques, métriques, l'histoire des théories poétiques, confrontant la littérature et les sciences humaines, afin de tenter de comprendre pour quelle raison la poésie, la justesse et le désir de justice sont si intrinsèquement liés.
Durkheim prononce son cours sur le Contrat social de Rousseau à l'Université de Bordeaux, où il enseigne la pédagogie et les sciences sociales de 1887 à 1902. Il présente la pensée sociale de Rousseau comme une source inspiratrice et un n'ud de problèmes. Peut-on à la fois soutenir que les individus sont le fondement de l'autorité politique et affirmer la supériorité de la loi sur l'individu? Quel individualisme la société moderne tend-elle à dissoudre ou à consacrer? C'est le sociologue autant que l'homme impliqué dans l'Affaire Dreyfus qui engage avec le théoricien de la volonté générale un dialogue sans concession.