Incidence 17. Pour une anthropologie Benjaminienne
Rusch Pierre ; Gribomont Cécile
KIME
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EAN :9782380721157
L'anthropologie, science de l'homme qui s'attache à interroger la relation de l'être humain au monde, par l'analyse des formes de son être naturel, historique et social, constitue sans doute la meilleure perspective pour ressaisir l'unité de la pensée protéiforme de Walter Benjamin, sa puissance de suggestion et sa frappante actualité. À l'heure où nous sommes requis de trouver de nouvelles approches dans nos manières de vivre, de penser et d'agir, la revue Incidence a sollicité des chercheurs familiers de l'oeuvre de Walter Benjamin pour nous donner accès à cette réflexion philosophique difficile et tenter d'élucider son caractère énigmatique, qui intègre la contradiction. À travers certaines notions benjaminiennes essentielles : la mimésis, le langage, le rêve, l'image, la « volonté de bonheur », l'enfance, « Le voyage mimétique », l?« espace de jeu », la « nature dans l'humain », la domination, l'oeuvre est chaque fois envisagée à la fois dans son ensemble et dans son mouvement, dans sa cohérence et ses ruptures. Elle nous dévoile les chemins que pourrait emprunter une anthropologie alternative en vue d'une pratique politique émancipatrice. Dans sa rubrique Prismes, Incidence rend hommage au psychiatre et psychanalyste Patrick Lacoste disparu le 2 novembre 2022, membre, depuis l'origine, du comité de rédaction et de lecture de la revue, fondateur par sa présence active et la densité de sa réflexion. La reprise d'un de ses textes essentiels et aux profonds accents benjaminiens : « La magie lente », rappelle avec insistance - et au vif de la clinique - la nécessité, pour la psychanalyse, de donner sa juste place à la force des mots. Cela en se méfiant de toute crédulité vis-à-vis d'un acte magique qui opérerait soudainement dans la parole, mais en misant résolument sur le temps long du dire dans la cure, le temps nécessaire pour que le pouvoir des mots puisse s'exercer aussi bien du dehors que du dedans.
Nombre de pages
256
Date de parution
17/11/2023
Poids
538g
Largeur
151mm
Plus d'informations
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EAN
9782380721157
Titre
Incidence 17. Pour une anthropologie Benjaminienne
Auteur
Rusch Pierre ; Gribomont Cécile
Editeur
KIME
Largeur
151
Poids
538
Date de parution
20231117
Nombre de pages
256,00 €
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A partir de l'oeuvre du dernier Lukács (1885-1971), cet essai vise à dégager quelques axes directeurs d'une pensée intégrée de l'homme, de la société et de la culture. La préoccupation majeure est de restituer cohérence et dignité à une réalité toujours plus morcelée : la vie quotidienne, lieu de toutes les aliénations, contient aussi en germe les formes d'activité les plus exigeantes et les plus rigoureuses. L'histoire montre certes comment ces sphères (spécifiées en religion, philosophie, droit, art, science, technique) se différencient et s'autonomisent progressivement, forgeant une nécessité propre qui vient se superposer à leurs fonctions sociales. Mais l'exigence morale s'accroît parallèlement de réintégrer toutes les avancées de l'esprit humain, et le souvenir de son histoire, dans une conscience commune de l'humanité. L'oeuvre d'art a ici une valeur paradigmatique, dans sa capacité à créer des mondes démarqués du monde vécu, à la fois témoignages et revendications. Pierre Rusch est philosophe, traducteur et enseignant. Son travail porte plus particulièrement sur la pensée allemande de l'entre-deux guerres et les représentants d'un marxisme non exclusif (Walter Benjamin, Max Raphael, Carl Einstein), avec pour thématique dominante l'intégration philosophique de l'anthropologie. Le présent ouvrage est issu de sa thèse de doctorat, présentée en 2008 à l'EHESS.
Les images énigmatique de Jérôme Bosch aiguillonnent l'imagination du spectateur et figurent depuis longtemps parmi les joyaux des principaux musées du monde. On y voit se côtoyer le plaisir et le bonheur, la douleur et le tourment. Aux paysages merveilleux, où les humains cohabitent dans une édénique harmonie avec les animaux et les créatures fabuleuses, s'opposent des visions d'apocalypse traversées de machines volantes qui s'affrontent à la lueur des explosions. Certains chercheurs ont vu dans de telles scènes une anticipation visionnaire des guerre à venir ; d'autres supposent que le peintre a surtout voulu prendre position contre l'Eglise catholique. Hans Belting, quant à lui, n'interprète le triptyque du Jardin des délices ni comme un chefs-d'?uvre hérétique, ni comme un règlement de comptes personnel avec les dogmes de l'Eglise, ni comme une somptueuse illustration du récit de la création. Il voit dans ces panneaux une utopie peinte, enracinée dans l'" esprit du temps ", une utopie qu'il met en relation avec les théories humanistes de Thomas More et Wilibald Pirckheimer. La question de Bosch était : " A quoi ressemblerait le monde, si le péché originel n'avait pas eu lieu ? " L'auteur, en outre, est parvenu à identifier le commanditaire laïc de l'?uvre et l'usage auquel elle était destinée.
Ce que social veut dire est un ouvrage en deux tomes, destiné au seul lecteur français. Il entend permettre à ce dernier de comprendre, à travers quelque vingt-cinq textes échelonnés sur vingt ans, l'évolution théorique d'Axel Honneth, représentant de la troisième génération de l'École de Francfort. Le premier volume (Le déchirement du social) rassemble les contributions dans lesquelles Honneth, à travers la confrontation avec des auteurs classiques (Kant, Fichte, Hegel) ou contemporains et la philosophie sociale (Sartre, Lévi-Strauss, Merleau-Ponty, Castoriadis, Bourdieu, Boltanski et Thévenot), précise les caractères constitutifs de la «lutte» sociale pour la «reconnaissance». Le second (Les pathologies de la raison, à paraître) appliquera la théorie de la reconnaissance au vaste domaine du diagnostic des injustices et des pathologies sociales (confrontations avec Adorno, Benjamin, Neumann, Mitscherlich, Wellmer, mais aussi la psychanalyse et la théorie de la justice). Ces deux aspects de l'évolution théorique - éclairer les causes des conflits sociaux et étudier comment ils peuvent être justifiés et jugés sur le plan normatif - sont ici distingués en deux volumes pour un souci de lecture, bien qu'ils se soient toujours chevauchés et mutuellement fécondés, dans un projet global très précis : rapporter toute vie sociale au désir des sujets de valoir aux yeux de leurs semblables comme des personnes à la fois dignes de considération et dotées d'une individualité unique. Ce qui exige que nous comprenions toujours les régulations centrales de la vie sociale comme des ordres de la reconnaissance, mais aussi comme la manifestation sociale d'un devoir-être moral. Prises ensemble, ces deux idées signifient également que la sociologie et la philosophie pratique ne peuvent s'exercer indépendamment l'une de l'autre.
Il y a exactement deux siècles, en 1821, Charles Nodier inventait l'appellation "genre frénétique" pour désigner la face sombre du romantisme, sa part d'horreur et d'excès, et il fustigeait l'immoralité du genre tout en reconnaissant les séductions sulfureuses que celui-ci exerce sur le lecteur. Alors que la critique du XXe siècle, des surréalistes à Annie Le Brun et Jean-Luc Steinmetz, a retourné la condamnation moralisatrice du XIXe siècle en faisant l'éloge de la portée subversive de ces oeuvres qui structurent leurs intrigues autour du conflit entre le bien et le mal, il est temps d'adopter une approche dépassionnée des morales du romantisme noir. Si les oeuvres noires, comme on le leur a parfois reproché, se caractérisent par leur manichéisme, celui-ci peut prendre des formes variées. Les romans valorisant la vertu et l'innocence de l'héroïne s'opposent ainsi aux récits sadiens faisant goûter au lecteur les délices vertigineuses de la cruauté. Dès l'époque romantique se multiplient les oeuvres ambivalentes, qui, infusant l'ironie dans le modèle du roman noir, rendent plus incertaine la frontière entre bien et mal. Quelles sont les valeurs défendues dans ces fictions ? Les variations morales dessinent-elles une évolution historique ? Sont-elles corrélées à des tendances esthétiques particulières ? Les études réunies ici proposent quelques réponses à ces questions, à travers l'analyse de l'axiologie du romantisme noir de Ducray-Duminil à Gaston Leroux, en passant par Nodier, George Sand, Balzac ou Pétrus Borel.
Comment des écrivains qui n'ont pas vécu la Shoah racontent-ils cet événement ? En France, cette question s'est posée de manière polémique à la parution des Bienveillantes de Jonathan Littell (2006) et de Jan Karski de Yannick Haenel (2009). Cet essai est consacré à l'ensemble de la littérature écrite en français par la génération des petits-enfants, soit par vingt-deux auteurs, qu'il s'agisse de descendants de victimes de la Shoah ou d'auteurs qui se sentent héritiers de cette mémoire. L'analyse de ces oeuvres permet de se pencher sur des questions très actuelles, comme la délicate appropriation d'un héritage, les supposés dangers de la fiction, ou encore l'utopie qui consiste à croire que l'on peut se faire témoin du témoin ou réparer le passé.
Si la plus importante figure philosophique du vingtième siècle était une femme, ce serait Simone Weil (1909-1943), comme on commence à le discerner aujourd'hui. En parcourant les lieux par où elle est passée, ce livre tente de reconstituer le chemin intellectuel et spirituel de Simone Weil. A chaque lieu, qui constitue un moment mental, est attaché un questionnement majeur de son oeuvre, si bien qu'à la fin la pensée de la philosophe apparaît dans sa globalité : c'est d'abord une philosophie de l'esprit où le miracle de la pensée tient dans le mystère des inspirations qui nous traversent. Mais Simone Weil ne peut suivre le fil de ses pensées que si elle se confronte à l'actualité de son époque, de 1929 à 1943, et qu'à travers les milieux sociaux très différents où elle sème le trouble (du syndicalisme à la France libre de Londres, en passant par le monde des usines, la guerre d'Espagne, l'exode de Juifs français) et les rencontres qu'elle fait. C'est une pensée à la fois très intérieure (mystique même) et complètement ouverte aux problèmes économiques, sociaux et politiques d'une tranche d'Histoire que ces pages essaient de reconstruire à partir de la géographie concrète que sa vie dessine. Cependant, l'ouvrage refuse d'enfermer Simone Weil en son temps et prend le risque d'actualiser sa pensée en interrogeant ce que sont devenus les campagnes, les villes et les pays qu'elle a traversés, jusqu'à faire un état des lieux de la France d'aujourd'hui. Une lecture des lieux à partir de sa pensée ; une lecture de sa pensée à travers les lieux.