Jamais le mot créateur... Correspondance 2000-2008
Hantaï Simon ; Nancy Jean-Luc
GALILEE
29,00 €
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EAN :9782718608877
Simon Hantaï, connu comme un des plus grands peintres français des années 1960 à 1990, avait décidé de ne plus peindre ni exposer. En revanche il lisait des philosophes et entretenait des rapports avec certains, soucieux qu'il était des enjeux de son art. Au fil d'années de conversations et d'un travail commun autour d'un livre de Jacques Derrida, Jean-Luc Nancy avait essayé d'ouvrir une voie vers un projet qui n'aurait pas abouti à une "exposition" mais à une mise au jour, à une monstration du travail et de la pensée de Hantaï. Celui-ci en vint à approuver ce projet qui commençait en même temps à pouvoir être pratiquement mis en oeuvre. Mais sa disparition, en 2008, suspendit l'entreprise dès son premier pas. Le chemin qui y avait mené n'en était pas moins consigné dans un certain nombre de lettres par lesquelles Hantaï avait accepté de répondre à la demande de Jean-Luc Nancy: parler de son travail et de son histoire, dire ce qui, pour lui, faisait l'essentiel de la peinture. Un motif domine ses déclarations: l'effacement de l'"auteur", du "créateur", l'impersonnalité de l'acte d'où surgit l'oeuvre. Ce retrait farouche du "moi" le tenait à l'écart aussi bien de la scène artistique publique que du marché de l'art et des revendications théoriques, des mouvements ou des tendances. Ce volume contient les lettres échangées dans ce contexte ainsi qu'un certain nombre de documents auxquels elles font référence, travaux anciens de Hantaï ou bien textes auxquels il renvoie.
Commandé avant 16h, livré demain
Nombre de pages
215
Date de parution
15/05/2013
Poids
502g
Largeur
170mm
Plus d'informations
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EAN
9782718608877
Titre
Jamais le mot créateur... Correspondance 2000-2008
Auteur
Hantaï Simon ; Nancy Jean-Luc
Editeur
GALILEE
Largeur
170
Poids
502
Date de parution
20130515
Nombre de pages
215,00 €
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Simon Hantaï, pour accompagner un livre de Jacques Derrida sur Jean-Luc Nancy (Le Toucher, Jean-Luc Nancy, Galilée, 2000), et sur la proposition de ce dernier, a réalisé une série de travaux nommés par lui-même "de lecture" - écrivant les uns sur les autres des textes des deux philosophes, en encres de couleurs diverses, sur des toiles de baptiste froissées dont il encollait les plis. Pendant les deux ou trois mois d'écriture de Hantaï, celui-ci et Nancy échangèrent des lettres. Avec ces lettres, les toiles sont aujourd'hui reproduites, en couleurs et en macrophotographie. A cet ensemble répond, pour finir, un envoi de Derrida. Dans cet exercice de copie suspendu entre plastique et graphie, entre écriture et peinture, Hantaï désigne sa "manière de connaître les textes".Comme si la patience de former les lettres jusqu'à les enfouir dans les plis de la toile et dans les brisures de leurs lignes devenant illisibles venait toucher à la lisibilité excessive du sens lui-même.
Le terme " réexamen " apparaît dans une formulation de Simon Hantaï au sujet de son tableau A Galla Placidia des années 1958-1959 : il écrit exactement " réexamen rétrospectif de 10 ans de travail ". En considérant l'ensemble des textes et entretiens de ce recueil, ce mot semble à la fois approprié pour désigner ce que ce livre entend offrir au lecteur — l'occasion d'un réexamen de ce qu'un peintre a écrit et dit conjointement à ce qu'il a peint — et adéquat à ce que Simon Hantaï lui-même a incarné au cours de son existence : une résolution à se réexaminer sans trêve et quelles qu'en soient les conséquences. Il s'agit non seulement pour lui de considérer telle réalité — par exemple la peinture — avec une attention toute particulière qui conduit à ne jamais s'en satisfaire mais, en outre, d'être habité par une incertitude qui motive ce réexamen proprement interminable. Les textes et entretiens réunis ci-après, nous permettent de suivre et sans doute de mieux comprendre ce qui se passe avec les peintures que Simon Hantaï met en circulation depuis qu'il s'est exilé à Paris à partir de septembre 1948 et qu'il entre ensuite en contact avec André Breton et les surréalistes. Par comprendre la peinture de Simon Hantaï, il ne faut naturellement pas entendre que les diverses déclarations qui suivent et qui courent sur cinquante années vont rendre les gestes de ce peintre transparents ou évidents. Il ne tenait pas à ce qu'ils le soient pour lui-même. Celui qui va revendiquer le pliage comme " méthode " à compter de 1960 entend rompre avec l'ancienne logique picturale et recommencer une activité apparemment plus simple en pliant des toiles. Hantaï suit sa méthode du pliage pour découvrir du nouveau, plutôt que des variations d'un imaginaire qu'il estime éculé. " Je ne veux pas une réponse qui m'assure quelque chose, je ne veux justement aucune réponse, je veux l'absolu non-réponse, c'est-à-dire l'infini. " A la lecture de ces textes et entretiens, on entrera mieux dans une pensée de la peinture ayant permis la mise à jour de la conscience du peintre lui-même , ce qui ne garantit pas pour autant qu'on saura mieux regarder cette peinture.
Résumé : Eclats et Débris, l'étonnant récit que livre Agnès Schlesinger, née en 1925 en Hongrie, dans une famille juive de grands propriétaires terriens, relève à la fois de l'évocation et de la confession. Elle y restitue un monde qu'elle a quitté et y consigne l'histoire de sa sensibilité depuis son enfance jusqu'aux prémices de l'âge adulte. L'univers y est familial et néanmoins national. Le contexte est celui de l'ancien empire des Habsbourg tel qu'il apparaît après sa chute, déjà mort politiquement mais prolongé au plan social. C'est moins une digression sur la lente agonie d'un monde que sur le temps immédiat qui précède son total anéantissement sous le coup du nazisme. Agnès Schlesinger appartient à la noblesse privilégiée qui partage son temps entre ses résidences urbaines et divers grands domaines ruraux. Eclats et Débris est une quête de la beauté, de la profondeur et du sens de la vie. Ce volume se distinge par son écriture, son souci de la nature, ses capacités à faire revivre les lieux et les destins, la maturité des jugements et des actions. Une âme d'artiste n'en finit pas d'y défier le réel. La personnalité attachante et vive, rêveuse et active, d'une jeune fille extrêmement intelligente et raffinée ses dégage de ce parcours. On suit d'un bout à l'autre de son aventure Agnès Schlesinger, ancienne aristocrate ruinée et prête à se battre pour survivre, pour donner chance au passé de ne pas totalement tomber en poussière. Yves Peyré
Résumé : L'étude proposée entend considérer le roman Isla de bobos dans le cadre générique et idéologique de la réécriture fictionnelle de l'histoire nationale, dont les discours sont questionnés pour donner la parole à ceux qui sont restés dans l'ombre, écartés de la mémoire historique. La tragédie des naufragés oubliés de l'île de Clipperton constitue le point d'ancrage référentiel d'une fiction romanesque qui discute les principes d'héroïsme et de patriotisme et tire de l'oubli, non seulement un épisode brumeux de l'histoire mexicaine, mais aussi et surtout les acteurs féminins de cette tragédie. La mise en évidence de la construction du roman permet d'en dégager les lignes de force : le jeu temporel et narratif fait éclater l'oubli historique et ramène à la lumière fictionnelle, qui rivalise avec celle de l'île de K., des destins qu'une société hiérarchisée et patriarcale a modelés et blessés tout à la fois. Il s'agit de montrer que l'île excentrée de K., reflet infernal des mondes perdus dont les fictions littéraires ont rêvé, concentre les espoirs fous et le désespoir amer de personnages trahis par l'idéal de la patrie.