Eclats et Débris, l'étonnant récit que livre Agnès Schlesinger, née en 1925 en Hongrie, dans une famille juive de grands propriétaires terriens, relève à la fois de l'évocation et de la confession. Elle y restitue un monde qu'elle a quitté et y consigne l'histoire de sa sensibilité depuis son enfance jusqu'aux prémices de l'âge adulte. L'univers y est familial et néanmoins national. Le contexte est celui de l'ancien empire des Habsbourg tel qu'il apparaît après sa chute, déjà mort politiquement mais prolongé au plan social. C'est moins une digression sur la lente agonie d'un monde que sur le temps immédiat qui précède son total anéantissement sous le coup du nazisme. Agnès Schlesinger appartient à la noblesse privilégiée qui partage son temps entre ses résidences urbaines et divers grands domaines ruraux. Eclats et Débris est une quête de la beauté, de la profondeur et du sens de la vie. Ce volume se distinge par son écriture, son souci de la nature, ses capacités à faire revivre les lieux et les destins, la maturité des jugements et des actions. Une âme d'artiste n'en finit pas d'y défier le réel. La personnalité attachante et vive, rêveuse et active, d'une jeune fille extrêmement intelligente et raffinée ses dégage de ce parcours. On suit d'un bout à l'autre de son aventure Agnès Schlesinger, ancienne aristocrate ruinée et prête à se battre pour survivre, pour donner chance au passé de ne pas totalement tomber en poussière. Yves Peyré
Nombre de pages
377
Date de parution
22/09/2022
Poids
642g
Largeur
156mm
Plus d'informations
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EAN
9782718610276
Titre
Eclats et Débris. Un testament
Auteur
Schlesinger Agnès ; Hantaï Daniel
Editeur
GALILEE
Largeur
156
Poids
642
Date de parution
20220922
Nombre de pages
377,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Schlesinger Klaus ; Argelès Daniel ; Argelès Jean-
Quatre nouvelles - quatre décennies d'histoire allemande. Le destin d'un enfant messager de la résistance lors des derniers jours du ghetto de Varsovie ; le sort de deux amis inséparables le jour de la mise en place du Mur de Berlin ; les affres d'une femme d'âge mûr empêtrée dans une affaire de marché noir dans l'Allemagne divisée de l'après-guerre ; les rêves d'un enfant dans la RDA des années 1970 : dans chacun des récits proposés ici, Klaus Schlesinger place ses personnages au coeur de l'histoire allemande, face à son impact et aux choix qu'elle impose. Né en 1937 à Berlin-Est, Klaus Schlesinger a vécu et écrit des deux côtés du Mur. Il écrit dans une langue à la fois simple, sensible et dotée d'une grande force narrative qui, de la Shoah au Mur, de la guerre froide à l'expérience du socialisme, aborde des thèmes essentiels de la littérature allemande. Un auteur à découvrir. Traduit de l'allemand par Daniel et Jean-Marie Argelès Préface, notes et annexes de Daniel Argelès
Etre ou ne pas être... une victime. Pour Laura Schlessinger, les malheurs de l'enfance ne déterminent pas nécessairement la vie adulte. Notre quotidien se compose souvent des souffrances d'hier mêlées aux déceptions d'aujourd'hui. Bien sûr, il existe un lien direct entre les expériences du plus jeune âge et nos comportements actuels. Mais nous consacrons trop de temps à répéter les dynamiques traumatisantes de l'enfance dans l'espoir de se réconcilier avec des blessures profondes ou des aspirations frustrées. La douleur émotionnelle devient alors le prétexte pour contrôler les autres ou excuser son propre comportement inacceptable et destructeur. Beaucoup de gens survivent au moyen de l'alcool, du travail, des drogues, et autres comportements compulsifs qui visent à étouffer la douleur, la colère, le désespoir. Certains se tournent vers la thérapie, mais s'apitoient sur leur sort et restent pessimistes. Peu importe le milieu dont nous sommes issus ou notre situation actuelle, nous sommes tous responsables de la manière dont nous agissons. C'est dans l'acceptation de cette vérité fondamentale que réside le pouvoir d'obtenir la vie heureuse à laquelle nous aspirons. Dans un style direct, avec des exemples tirés du quotidien, Laura Schlessinger montre comment renoncer à l'identité de victime ou de survivant pour devenir un vainqueur.
Démocrite fut dans la Grèce antique un philosophe matérialiste fêté, qui parcourut le monde. Lors de son périple jusqu'en Inde, il a constaté la vilenie des hommes, à la suite de quoi il fit construire une petite cabane au fond de son jardin pour y finir en sage le restant de ses jours. Je nomme tentation de Démocrite et recours au forêt ce mouvement de repli sur son âme dans un monde détestable. Le monde d'avant-hier, c'est celui d'aujourd'hui, ce sera aussi celui de demain: les intrigues politiques, les calamités de la guerre, les jeux de pouvoir, la stratégie cynique des puissants, l'enchaînement des trahisons, la complicité de la plupart des philosophes, les gens de Dieu qui se révèlent gens du Diable, la mécanique des passions tristes ? envie, jalousie, haine, ressenti-ment le triomphe de l'injustice, le règne de la cri-tique médiocre, la domination des renégats, le sang, les crimes, le meurtre... Le repli sur son âme consiste à retrouver le sens de la terre, autrement dit, à se réconcilier avec l'essentiel: le mouvement des astres, la logique de la course des planètes, la coïncidence avec les éléments, le rythme des saisons qui apprennent à bien mourir, l'inscription de son destin dans la nécessité de la nature. Fatigué des misères de ce temps qui sont les ancestrales souffrances du monde, il faut planter un chêne, le regarder pousser, débiter ses planches, les voir sécher et s'en faire un cercueil dans lequel on ira prendre sa place dans la terre, c'est-à-dire dans le cosmos.
Que puis-je faire d'autre aujourd'hui, pour camper ici, dans ce Collège d'études mondiales en création, la question si générale de l'altérité - peut-être la plus générale de la philosophie - que d'indiquer en commençant d'où - par où - je l'aborde? Donc, pour éviter des vues trop vagues et les banalités qui déjà nous menacent, de vous inviter à entrer dans la singularité - modeste - de mon chantier? Que puis-je faire d'autre, autrement dit, pour débuter ce périlleux exercice de la "Leçon", que de me justifier dans ma nature hybride: de philosophe et de sinologue? J'ai dit souvent, quitte à provoquer un haussement d'épaule chez mon interlocuteur, que, jeune helléniste à la rue d'Ulm, j'ai commencé d'apprendre le chinois pour mieux lire le grec... Nous disons si volontiers, en effet, que nous sommes "héritiers des Grecs". Mais, justement, la familiarité n'est pas la connaissance. Ce qui est "bien connu", disait Hegel, n'est, de ce fait, pas connu, weil es bekannt ist, nicht erkannt. Il faut, dirons-nous, de l'autre pour y accéder. Mais pourquoi le chinois? Pourquoi la Chine? Je n'avais, par famille et par formation, vraiment rien à voir avec la Chine. Mais justement...
Il ne s'agit pas d'ajouter quelque chose à Derrida. Pas non plus de suppléer à des manques chez lui. Rien du double sens de ce mot - supplément - dont il a fait une de ses signatures conceptuelles. De manière générale, on ne complète ni on ne remplace jamais rien dans l'oeuvre d'un auteur : elle vaut telle qu'elle existe. Je pense plutôt à un troisième sens du mot, à ce sens littéraire ou journalistique selon lequel on joint une publication à une autre pour offrir un autre registre ou un autre aspect (un supplément illustré, sonore, ou bien encore le Supplément au voyage de Bougainville...). Ces textes écrits au gré des circonstances - colloques, ouvrages collectifs - et au fil de vingt-cinq années ne sont ni des études, ni des commentaires, ni des interprétations de la pensée de Derrida. Ce sont, pour le dire ainsi, des réponses à sa présence - telle qu'elle est venue et qu'à nouveau elle nous vient, supplément d'elle-même.
Libre parole rassemble trois essais de style et de circonstance différents : la Conférence Hrant Dink sur la démocratie et la liberté d'expression par temps de violence, donnée en public à Istanbul en janvier 2018 ; les Thèses élaborées en 2015 sur "Liberté d'expression et blasphème", pour intervenir dans la discussion qu'ont relancée les assassinats par les membres de Daech de journalistes de Charlie Hebdo associés à la publication des "caricatures de Mahomet" ; enfin, le séminaire donné en 2013 et rédigé l'année suivante sur les formes de la parrésia selon Michel Foucault, où se trouve déployée à partir de l'exemple grec sa conception du courage de la vérité. Leur objectif commun est de problématiser les conditions et la fonction de la liberté d'expression en tant que droit aux droits, plus fondamental que jamais dans une période de régression des formes démocratiques, facilitée par les effets désagrégateurs de la mondialisation capitaliste, et surdéterminée par les effets de terreur et de contre-terreur que suscite une situation de guerre endémique à laquelle aucune région du monde n'échappe entièrement désormais. Il est aussi de montrer que, si la liberté d'expression institutionnellement garantie, et la libre parole qui en forme la contrepartie subjective, constituent une "propriété" inaliénable des individus et des groupes dont l'autonomie est (théoriquement) reconnue en démocratie, il faut s'élever à la conception d'un bien public de la communication si l'on veut en généraliser l'exercice, en prévenir les usages discriminatoires, et lui conférer par là-même toute sa normativité politique.