Crimes hiltériens. Une exposition-deuil au sortir de la guerre
Gruat Cédric
TIRESIAS
18,00 €
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EAN :9782915293951
A l'été 1945, la foule se presse pour visiter au Grand Palais l'exposition du moment organisée à grand renfort de publicité par le gouvernement du général de Gaulle : "Crimes hitlériens". Première du genre, cette exposition à base de photographies et d'objets ramenés de divers lieux de massacre exhibe dans toute leur crudité les preuves des atrocités nazies commises en France et dans toute l'Europe. Véritable "musée des horreurs", cette manifestation à la fois pédagogique et spectaculaire est interdite aux moins de 16 ans en raison de sa dureté. Une telle mise en scène de l'atroce en plein coeur de la capitale nous semblerait aujourd'hui inconcevable car jugée choquante, voire obscène. Un mois après la capitulation de l'Allemagne nazie, l'exposition du Grand Palais est largement plébiscitée et connaît une affluence record. Affluence renouvelée dans les mois qui suivent à chaque étape de sa présentation en province, dans les capitales européennes et certaines villes allemandes. A travers l'exhumation d'archives et de photographies inédites, ce livre propose pour la première fois une analyse des enjeux et des raisons du succès de cette exposition hors du commun. Alors que la France pleure ses morts et tente de se reconstruire, il montre de quelle façon cette exposition-deuil, axée sur l'idée d'une communauté de souffrance et le rejet du peuple allemand tout entier, a donné à chaque visiteur l'occasion de se retrouver dans les épreuves endurées par le pays au cours des années noires. Et nous dévoile comment, dans la perspective des procès d'après-guerre, les crimes de l'ennemi ont constitué alors pour le gouvernement un thème mobilisateur censé permettre à la France de retrouver sa place de grande puissance auprès de ses Alliés et de participer pleinement au règlement du problème allemand.
Nombre de pages
175
Date de parution
10/11/2017
Poids
255g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782915293951
Titre
Crimes hiltériens. Une exposition-deuil au sortir de la guerre
Auteur
Gruat Cédric
Editeur
TIRESIAS
Largeur
140
Poids
255
Date de parution
20171110
Nombre de pages
175,00 €
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Alors que le général de Gaulle ne maîtrisait que l'allemand, chacun de ses voyages à l'étranger était marqué par d'étonnants discours appris par coeur dans la langue du pays. Dans quel but? Arme de propagande permettant de frapper les esprits et de susciter l'enthousiasme des foules, geste symbolique comme en Allemagne pour sceller la réconciliation, arme politique de premier plan pour flatter les orgueils nationaux, exhorter les peuples à rejeter toute domination - que ce soit en Amérique latine vis-à-vis des Etats-Unis ou en Europe de l'Est pour contrer l'influence de l'URSS - et défendre la troisième voie. En se plongeant dans les archives du Quai d'Orsay et de la présidence de la République, Cédric Gruat a pu reconstituer toute l'histoire de ces célèbres discours. Comment le général de Gaulle les préparait-il? Quelles réactions souhaitait-il provoquer? Comment ces allocutions étaient-elles perçues par les grandes puissances ? Jalousie, méfiance ou admiration? Le portrait original d'un chef d'Etat qui est toujours resté soucieux de se démarquer et de prouver son indépendance en tout lieu et sous toutes les latitudes.
En juin 1940, Adolf Hitler est à Paris. Les images tournées alors par la propagande allemande, suite de clichés réalisés à l'Opéra, à la Madeleine ou sur l'esplanade du Trocadéro, le montrent allant de monuments en lieux emblématiques dans une ville presque déserte. Contre toute attente et seulement quelques jours après la signature de l'armistice et le début de l'Occupation, le chef de l'Allemagne nazie ne vient pas célébrer sa victoire militaire sur la France, mais visiter en touriste incognito la Ville lumière pour la seule et unique fois de sa vie. Que sait-on au juste de cette visite et des raisons de cette pérégrination ? A quelle stratégie répond-elle ? Que se cache derrière ces images d'un Hitler se présentant sous les traits d'un amoureux de l'art et de la culture ? C'est à ces diverses interrogations que l'auteur de ces pages tente de répondre sous la forme d'un essai critique. A travers une mise à nue sans concession, Cédric Gruat désarticule et " désarchitecture " la visite de ce peintre raté clans cette ville unique qui incarne pour lui l'âme de la vie artistique. Levant le voile sur les mystères et les flous entourant cette véritable " traversée " de Paris, il en montre les enjeux symboliques et propagandistes au-delà du récit traditionnel qui en est généralement fait. Et révèle la stratégie du dictateur allemand, alors obsédé par la fabrication de son mythe.
Nous savons sur les Justes, nous savons sur ceux qui se mirent en danger pour sauver des enfants, des adultes et des vieillards juifs. Mais que savons-nous sur la solidarité de certains Français et Françaises envers le Juif insulté, humilié, marqué ? Ouvrir ces pages nous permet de découvrir, comme une chose rare, que des femmes et des hommes, jeunes pour la plupart, choisirent en 1942 de porter un insigne jaune ou une étoile détournée aux inscriptions diverses : zazou, Auvergnat, swing, bouddhiste, goï, papou. En arborant publiquement ces bouts de carton ou de tissu, ils ont voulu ainsi exprimer leur révolte spontanément, avec humour et sans violence. Par ce geste à la fois dérisoire et essentiel, ils ont participé à une résistance symbolique contre l'occupant et ses sbires. Alors que l'extermination des Juifs était en en cours, ces femmes et ces hommes furent arrêtés et internés dans des camps en France comme " Amis des Juifs ". Ces résistants aux étoiles nous restaient inconnus : grâce à nos auteurs, deux jeunes chercheurs, ce déni de justice est réparé. Ils nous expliquent ces parcours d'exception et donnent pour la première fois la parole à ces témoins retrouvés soixante ans après les faits. S'appuyant notamment sur des archives privées et des documents iconographiques inédits, ce travail propose un regard neuf sur les formes de solidarité en France sous l'Occupation, et une réflexion originale sur le combat symbolique mené contre l'horreur et le cynisme du système nazi.
En juin 1941, à Madrid, la France et l'Espagne signent un accord portant sur un échange d'archives et d??uvres d'art majeures, parmi lesquelles figurent un Murillo (L'Immaculée Conception), un Vélasquez, un Greco et la célèbre Dame d'Elche. Fruit de longues et difficiles tractations entamées un an plus tôt entre les régimes de Pétain et de Franco, cette négociation est présentée comme une manifestation de l'amitié franco-espagnole. En réalité, elle s'inscrit dans un véritable rapport de force aux enjeux opposés. Pour la France, il s'agit de s'assurer de la neutralité de l'Espagne et de l'empêcher de se rapprocher de l'Allemagne nazie. De son côté, l'Espagne cherche à régler un vieux contentieux avec sa voisine et à s'affirmer comme une nation forte de son identité. À travers une plongée dans les archives tant espagnoles que françaises, ce livre nous dévoile pour la première fois les ressorts et les arcanes de cette incroyable négociation. La replaçant dans la perspective plus large des relations tumultueuses entre les deux pays au fil des siècles, il soulève, depuis Napoléon, l'épineuse question du devenir des ?uvres d'art sorties de leur territoire d'origine.
C'est l'histoire au quotidien de ces résistantes arrêtées qui, souvent après avoir été torturées, se retrouvent dans ces prisons et ces pages vont nous faire vivre leur itinéraire. Chacune d'entre elles se raconte et nous raconte son arrestation mais aussi son engagement, la vie carcérale, les s?urs gardiennes, la police, les " Droit Commun ", les " Politique " et leur lutte pour rester dignes et fidèles combattantes de l'armée de l'ombre. Cet ouvrage rend hommage à ces étrangères qui très tôt entrèrent en lutte et furent emprisonnées : Espagnoles, Allemandes, Polonaises... On sait maintenant leur condition de détention, leur vécu, mais aussi, chose rare, le fonctionnement de ces lieux d'oppresson, de collaboration et de résistance. C'est la part noire de l'histoire des prisons parisiennes pendant l'occupation. Si beaucoup partiront dans les convois les emmenant vers Auschwitz ou Ravensbrück, si beaucoup mourront en déportation ou du typhus, celles, libérées ou évadées, continueront le combat clandestin. Ce livre est comme une stèle du souvenir pour ces lieux de supplices (dont deux seront rasés après la guerre). Il révèle la volonté de continuer à témoigner et appartient à notre mémoire collective. Ces pages sont une ode à la femme dont le rôle et la lutte pendant cette période ont été trop souvent oubliés sinon négligés.
Ces pages ouvrent un nouveau chantier de recherches et d'investigations sur notre Histoire du XXe siècle. Nous proposons d'ouvrir le dossier sur les prisonniers de guerre de 14-18 pour découvrir le petit peuple des prisonniers poilus, du deuxième classe au sous-officier, ce combattant devenu prisonnier dont on parle trop peu souvent, et le mépris qu'on lui porte fait en sorte qu'on ignore la tragédie de sa condition. Plus terriblement, sont mis à jour les sévices et l'horreur qu'ont subis les populations civiles - enfants, femmes, invalides, vieillards. Jean-Claude Auriol fait appel tant à la littérature qu'aux correspondances, travaux de la Croix-Rouge, rapports administratifs pour relater l'horreur des faits vécus. L'auteur écrit : " Sans doute est-il bien tard pour parler encore de la guerre... Cependant un chapitre reste encore trop ignoré, celui des prisonniers de guerre français en Allemagne... certains témoignages furent détruits par les Allemands en 1940, à leur arrivée en France... à l'époque, être prisonnier était avilissant. " Citons cet exemple : en plein Sénat en 1916, un général déclarait : " Les prisonniers ne sont pas intéressants, ce sont des chevaliers de la crosse en l'air et des embusqués. " La mémoire collective a oublié que le prisonnier de guerre est passé par le front. Ces hommes partirent vers le nord, l'est ou le sud de l'Allemagne. Ils connurent la faim, la soif, l'insomnie et la plupart en ont gardé un souvenir pénible d'ennui, de privations et de rigueurs. Travail et devoir de mémoire, mais œuvre de Justice.