PENSER LA RELIGION. Recherches en philosophie de la religion
Greich Jean
BEAUCHESNE
37,00 €
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EAN :9782701012315
Penser la religion : ce titre cherche à cerner l'intention directrice qui a permis, il y a environ deux siècles, à la philosophie de la religion de s'établir en tant que discipline philosophique distincte, à peu près à la même époque où naissait la philosophie de l'histoire, une discipline qui souvent entretenait avec celle-ci des rapports étroits, non toujours dénués d'ambiguïté. Penser la religion, cela veut dire déployer, avec les ressources conceptuelles propres à la philosophie, trois questions fondamentales, dont l'articulation ne va nullement de soi : quelle est l'essence du phénomène religieux ? Que signifie le devenir historique des religions ? Quelle est la vérité de la religion ? Recherches en philosophie de la religion sont l'expression d'une recherche commune des enseignants de la Faculté de Philosophie de l'Institut Catholique de Paris. Si toutefois le présent volume comporte un nombre plus élevé de contributions extérieures, cela n'est pas tout à fait un hasard, mais l'expression d'une collaboration avec des groupes de recherche qui, à l'échelle européenne ont décidé d'associer leurs efforts pour promouvoir une discipline dont le statut universitaire n'est pas toujours clairement établi.
Nombre de pages
430
Date de parution
01/03/1991
Poids
530g
Largeur
137mm
Plus d'informations
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EAN
9782701012315
Titre
PENSER LA RELIGION. Recherches en philosophie de la religion
Auteur
Greich Jean
Editeur
BEAUCHESNE
Largeur
137
Poids
530
Date de parution
19910301
Nombre de pages
430,00 €
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Cette étude a pour but d'ouvrir une question. D'abord par l'exemple, en commençant de s'y attaquer positivement ; sans espérer pouvoir la traiter entièrement, mais en tentant de faire percevoir son existence. Cette question est une question de philosophie, dont la crise des années 1890-1910 fut une attestation sérieuse. C'est au niveau de la situation intellectuelle ainsi créée au sein de l'Eglise catholique par le modernisme et par sa condamnation de 1907 que la réflexion de philosophes croyants d'aujourd'hui voudrait intervenir.
Être et Temps": la conjonction de ces termes ne désigne pas seulement le maître-livre de Heidegger, Sein und Zeit, paru en 1927, mais aussi un chantier de travail inauguré dès 1919, qui prend une forme plus précise à partir de 1923, avant d'être provisoirement interrompu, sans être définitivement abandonné en 1928. La publication des enseignements donnés à Fribourg puis à Marbourg de 1919 à 1928 (ce qu'on peut appeler sa "décennie phénoménologique"), permet aujourd'hui de préciser la genèse du chantier et du livre "Être et Temps". Explorer aussi systématiquement que possible l'ensemble des liens qui rattachent le chantier au livre, telle est la tâche que s'assigne la présente interprétation qui se veut phénoménologique et critique. Phénoménologique, par le souci d'aller avec Heidegger aux "choses mêmes", au lieu de s'enfermer dans un jargon heideggérien; critique, par la volonté de faire intervenir des éléments déterminés de l'histoire de la réception de l'ouvrage et, le cas échéant, de suggérer une autre lecture possible de tel ou tel phénomène. Le commentaire intégral du texte de Sein und Zeit est précédé par une introduction historique: elle retrace l'itinéraire qui conduit de l'"herméneutique de la facticité", élaborée dans les premiers enseignements de Fribourg (1919-1923), à une "ontologie fondamentale", articulée sur une analytique existentiale. Le thème central est le lien entre l'être et le temps - problématique mise en chantier à Marbourg (1923-1928). L'ouvrage s'achève par une analyse des derniers enseignements de Marbourg, où se dessine la figure de la "différence ontologique" qui formera le thème central de l'"ontologie fondamentale" dont Sein und Zeit a jeté les bases. On conclut enfin sur la première grande auto-interprétation de 1928, qui revêt une valeur canonique pour le destin ultérieur du travail heideggérien. J. G.
Oui. Je possédais vraiment un trésor sur la terre, un trésor à garder, à défendre, qui serait mon but et ma richesse dans la vie." C'est ainsi, d'un amour pur et éternel, qu'André Dumas chérit le souvenir de son enfant. Dans la France de la Belle Époque, en terre bretonne, se tisse un lien rare et bouleversant entre un père et sa fille. Le quotidien d'un professeur d'histoire-géographie de province rythmé par l'énergie d'un coeur qui s'éveille au monde. Des joies simples, mais aussi de profondes souffrances. La vie. Grâce au pouvoir des mots et de la littérature, l'auteur offre à sa "petite Yvette" une existence éternelle. Un récit qui a ému chacun de ses lecteurs et une lectrice en particulier, à qui l'on doit cette réédition. Depuis sa (re)découverte, Hélène Greiche, férue de curiosités littéraires, oeuvre sans relâche pour mettre ce joyau entre toutes les mains.
Dans l'Eglise du Moyen Age central, l'inspiration charismatique n'est pas antinomique de la bureaucratisation : elle en est la condition nécessaire. C'est ce que montre cette étude des mobilisations ecclésiologiques de la référence à l'Esprit. Loin d'oublier l'Esprit dans la routine d'une bureaucratie sans âme, les agents de l'institution de l'appareil ecclésial sont les premiers à y faire référence pour opérer, à partir du milieu du XIe siècle, une centralisation pontificale des différentes tendances réformatrices. La monopolisation pontificale de la référence légitime à l'Esprit permet à la fois d'affirmer l'autonomie - la théonomie - de l'appareil ecclésial et d'en suspendre les règles ordinaires. L'appropriation de ce discours ecclésiologique par les chroniqueurs et réformateurs du XIIe siècle va conduire à une nouvelle perception de l'histoire, fondée sur l'idée d'un progrès inspiré et mené par des hommes spirituels. Moines charismatiques et administrateurs peuvent ainsi s'associer autour du fragile malentendu d'une institution spirituelle. Lorsque celui-ci se délite, les discours prophétiques en font l'aune à laquelle juger le présent ou un projet d'avenir. Au cours des XIIIe et XIVe siècles, ce modèle d'une bureaucratie charismatique se dissocie en conceptions antagonistes de la référence à l'Esprit : un usage intégré dans les rouages de l'administration, qui n'apparaît explicitement que dans les périodes de crise, et une référence de plus en plus eschatologique visant à condamner tous ceux qui persécutent les "spirituels".
Scolastique : dérisoire ou sérieuse ? Savante ou bornée ? Ratiocination ou perfection rationnelle de l'investigation universelle ? Virtuosité intellectuelle ou figement formel ? Peu de mots, assurément, résonnent de manière aussi contradictoire dans notre chambre cognitive. Faut-il s'en étonner ? La scolastique, avec le Sic et non d'Abélard au XIIe siècle, se construit sur l'exploration inextinguible de la contradiction. Elle progresse vers la vérité grâce au kaléidoscope des possibles logiques. En son âge d'or, du XIIIe au XVe siècle, auxquels est consacré ce volume, elle ne structure pas seulement la pensée des intellectuels. Imprimant sa forme et ses processus heuristiques à la littérature - latine ou romane - qu'elle érige en son extension, elle trouve en celle-ci non seulement un réceptacle et un lieu de diffusion, mais un révélateur. Codifiée mais libre comme une forme fixe, elle est littérature à part entière, partageant avec elle les ambitions et les modalités protéiformes d'une architectonique savante dévouée à l'éveil de l'esprit. Les vingt-quatre contributions ici réunies sondent la manière dont la littérature médiévale, tirant partie de sa propre diversité, sérieuse, comique, savante, ambiguë ou critique, s'est emparée de la scolastique pour faire d'un phénomène social qui aurait pu devenir un puissant outil de contrôle, un formidable moteur d'émancipation individuelle.
Une exclamation d'Origène (empruntée à Jérémie) : Tu m'as trompé, Seigneur ! Une autre de saint Anselme : Seigneur, je cherche ton visage ! L'une et l'autre nous a paru valoir d'être scrutée, comme introduisant à une demarche de pensée qui caractérise chacun de ces deux grands esprits, et plus encore au mouvement foncier de leur âme. Deux exemples, propres à faire voir, à travers les différences de deux époques aussi bien que de deux individualités, une parenté plus essentielle. Et nous encore, "nous sommes de leur race" . Tous ceux que nourrit de sa substance indéfiniment féconde une même grande tradition, sont frères. Pour compléter ce sentiment de l'unité dans un incessant pluralisme, nous avons cru pouvoir proposer un troisième exemple, pris à notre siècle même, celui du débat qui fut institué, au cours des années trente, sur les rapports de la foi chrétienne, et de la philosophie. Le lecteur verra de lui-même, sans qu'il soit besoin d'instituer parallèles ou contrastes, combien les questions qui agitaient ce débat sont encore aujourd'hui les nôtres.
En octobre 1703, Claude Poullart des Places, un jeune Rennais, arrive à Paris sans autre intention que de faire sa théologie au collège Louis le Grand. Un an plus tard, simple tonsuré, il fonde un séminaire pour les pauvres écoliers, ces aspirants au sacerdoce dont la misère, par ses conséquences, est la plaie majeure de l'Eglise de France. Il assure à ses élèves une longue et solide formation théologique et sait leur communiquer sa mystique de pauvreté et sa hantise des âmes abandonnées. Il meurt en 1709, prêtre depuis moins de deux ans. Il laisse soixante-dix séminaristes et une petite équipe de directeurs, noyau de cette congrégation du Saint-Esprit qui compte aujourd'hui 4 000 religieux. La Compagnie de Marie de son ami Grignion de Montfort ne voit le jour et ne survit jusqu'à la Révolution que grâce à son affiliation à la congrégation du Saint-Esprit ; pendant près d'un siècle et demi, ses membres se font appeler Prêtres missionnaires du Saint-Esprit. Quant aux Filles du Saint-Esprit, la plus florissante des congrégations bretonnes, elle doit son existence à l'un des premiers disciples de Poullart des Places qui leur forma un règlement sur le modèle de celui qui s'observait au Séminaire du Saint-Esprit. Poullart des Places est le plus jeune fondateur d'ordre et aussi celui qui disposa du délai le plus court pour consolider son oeuvre. Son histoire était une énigme que, grâce aux archives de l' Aa, une congrégation secrète de piété, Joseph Michel réussit à élucider. La cause de canonisation de Poullart des Places a été introduite en 1989.